> Luce Hinsch (Traducteur)

ISBN : 2847201823
Éditeur : Gaïa (2011)


Note moyenne : 4.08/5 (sur 49 notes) Ajouter à mes livres

Sara Susanne, Elida et Hjørdis, sont respectivement l’arrière-grand-mère, la grand-mère et la mère de la narratrice. Cent ans est le roman de leurs vies, des hommes qu’elles voulaient et des hommes qu’elles ont eus, des... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par sandrine57, le 27 janvier 2012

    sandrine57
    Sara Susanne, Elida, Hjørdis, Herbjørg. Quatre femmes, quatre générations, quatre destins. Un siècle de l'histoire d'une famille et d'un pays.
    En six cahiers, sans respect de la chronologie, Herbjørg WASSMO nous raconte une lignée de femmes qui lui ont transmis des peurs, des peines, des blessures mais aussi des bonheurs, des valeurs, des amours, et surtout un courage à toute épreuve. de Sara Susanne, née en 1842, à Herbjørg, née en 1942, on découvre des vies de femmes qui ont aimé, souffert, subi, fait des choix.
    Un livre de femmes donc, mais où les hommes sont loin d'être absents. En épousant Johannes Krog, Sara Susanne fait un mariage de raison. L'homme est certes bègue mais il est entreprenant. Sur les îles Lofoten, la vie est rude, les finances dépendent de la pêche, le couple y réussira. Mais pour Sara Susanne, l'horizon se limite à ses grossesses. Elle aura douze enfants.
    La dernière, c'est Elida la rebelle. Elle se marie par amour mais contre l'avis de sa mère. Frédérik cultive un lopin de terre mais ce n'est pas un manuel et la famille vit chichement, surtout que les bouches sont nombreuses à nourrir. Mais Elida aime son mari, pour lui elle est prête à tout. Quand il doit être hospitalisé à Kristiana, elle n'hésite pas. Les quelques biens sont vendus, les enfants les plus jeunes placés et c'est le grand départ pour la capitale.
    La petite Hjørdis ne pardonnera jamais à sa mère cet abandon. de 4 à 6 ans, elle ne verra plus les siens et l'arrachement à sa famille nourricière sera une nouvelle douleur tout aussi impardonnable. Comme sa mère elle fera un mariage d'amour mais amour n'est pas toujours synonyme de bonheur...En pleine guerre mondiale, elle mettra au monde, seule, la petite Herbjørg.
    Herbjørg, petite fille sensible et torturée, sans cesse obligée de se cacher de "Lui". Ce qu'elle subit en silence fera d'elle l'écrivain de talent qu'elle est. Ecrire était sa seule façon de s'évader, de se libérer de ses souffrances. de petits carnets qu'elle cache soigneusement, un crayon jaune qu'elle taille avec un couteau naissent des histoires qu'elle écrit pour vivre et survivre.
    Les paysages rudes mais magnifiques de Norvège, la neige et le froid, des femmes fortes...Herbjørg WASSMO s'est construite à partir de tout cela. J'ai lu tous ses livres et je comprends mieux maintenant ce don qu'elle a d'inventer des personnages féminins aussi flamboyants. Les confidences très personnelles qu'elle distille, la terrible souffrance qu'elle évoque sans jamais la nommer éclairent son oeuvre d'un jour nouveau.
    J'ai dévoré ce roman, j'ai aimé et pleuré avec chacune de ces femmes. Herbjørg WASSMO a vraiment réussi, en mêlant la fiction et la réalité, en alternant les époques, à m'emporter pour un voyage bouleversant au pays des norvégiennes.
    Des voix de femmes qui résonnent encore dans ma tête des mois après ma lecture.
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    • Livres 5.00/5
    Par Nina, le 12 avril 2011

    Nina
    Herbjorb Wassmo fait revivre le temps d'un livre sous la forme de six cahiers, la vie de ses aïeules. Cent ans, quatre générations de femmes. Se raccrocher à ses racines, à une lignée de femmes à la personnalité originale, droite et courageuse : est-ce que cela suffit pour comprendre son destin ? Est-ce l'héritage de cette force féminine qui a fait que malgré les graves traumatismes de l'enfance, la petite Herbjorb est devenue une femme épanouie ? C'est peut-être ce que recherche Herbjorg Wasmo quand elle entreprend l'écriture de ce roman. le besoin de puiser plus loin que l'histoire de ses parents, pour comprendre sa propre histoire. Partir à la rencontre de toutes ces femmes qui lui ont transmises ces étincelles de vie qui ont été plus fortes que l'insoutenable distillé chaque jour par celui que la petite Herbjorb nomme il.
    Enfant, l'écriture la sauve du néant. La petite Herbjorb écrit, se livre, libère sa honte, ses angoisses de petite fille et cache ses petits carnets pour qu'il ne les trouve pas. Il est présent tout le long du roman, il rôde. On l'oublie pendant quelques pages, le temps de découvrir la vie de ces femmes. Et surtout celle qui fut pour l'auteur le pilier de sa famille. La belle et surprenante Sara Suzanne.
    "Cela réconforte de considérer la famille dans son ensemble. de voir autre chose que la dissimulation, la honte, et la haine. Cela réconforte aussi de voir chacun des membres en instantané, tels qu'ils étaient alors. Non tels qu'ils sont devenus plus tard. Lui aussi, à un moment, était un enfant. C'est à la fois une délivrance et un mal incurable."(extrait de la page 13)
    Cette épopée familiale commence en 1842 avec la naissance de Sara Susanne et se termine avec la naissance de l'auteur en 1942.
    Le destin de ces quatre femmes est bouleversant. A ces époques, la vie était rude en Norvège pour les familles. La mer et les travaux des champs étaient les principales sources de travail. Les femmes avaient en plus à charge des familles nombreuses, c'est à dire une dizaine d'enfants....
    "Elle se dit que c'était ainsi que les vingt-trois dernières années avaient passé. Avec un enfant sur une hanche et un autre dans le ventre." (extrait de la page 13)
    Sara Suzanne et sa fille Elida ont eu la « chance » d'avoir à leur coté des époux intelligents, compréhensifs. Des hommes sur qui elles ont pu compter, qui ont chercher à les comprendre, à réfléchir à leur condition de femmes.
    Pour Hjordis, la mère d'Herbjorg, ce n'est pas tout à fait pareil. Son enfance a été fragilisée par la mort de son père, puis il y a eu la guerre.... Mais je n'en dirais pas plus pour ne pas dévoiler la fin de ce magnifique roman.
    Un roman fascinant écrit avec une sobriété remarquablement maîtrisée. Herbjorb Wassmo nous prouve une nouvelle fois ses talents d'écrivain
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    • Livres 4.00/5
    Par litolff, le 14 avril 2011

    litolff
    Dans ce beau roman où se mêle l'autobiographie, Herbjorg Wassmo retrace la vie de ses ancêtres, sans doute pour mieux comprendre la sienne... on comprend dès le début du livre que la petite Herbjorg, arrière-petite-fille de Sara Susanne a un contentieux avec la vie, un secret que l'on devine douloureux mais qu'elle ne fait qu'effleurer.
    En racontant la vie de ces femmes, l'auteure raconte une lignée de femmes courageuses, dures au mal, résignées ou révoltées, à qui la vie n'a pas fait de cadeaux. de 1842, année de naissance de Sara Susanne, à 1942, année de naissance de Herbjorg Wassmo, les femmes se succèdent et avec elles les mariages plus souvent de raison que d'amour, les flopées d'enfants plus ou moins désirés, les existences rudes dans le grand nord de la Norvège : la pêche, les harengs, le froid, le soleil de minuit qui vient réveiller la nature au printemps après 6 mois de nuit boréale. Fortes et résistantes, elles se tuent à la tâche et s'éreintent de maternité en maternité. Elles n'en demeurent pas moins des femmes avec des questions, des envie et des dilemmes de femmes qui nous les rendent très proches malgré ces conditions de vie si éloignées de notre petit confort moderne et tempéré !
    Sans faire de psychologie, Herbjorg Wassmo rentre dans la tête et le coeur de ces femmes qui furent ses ancêtres, elle décrypte leurs difficultés et leurs dilemmes et nous livre un magnifique hymne aux femmes.
    Un très beau livre émouvant et souvent poignant, qui par certains cotés, m'a aussi fait penser à Karitas de Kristín Marja Baldursdottir.
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    Critique de qualité ? (11 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par zazy, le 11 mars 2012

    zazy
    Cent ans, c'est le temps qui sépare la narratrice de son arrière grand-mère : Sara-Suzanne.
    Ces femmes des îles Lofoten n'ont pas la vie rose c'est le moins que l'on puisse dire. Travailleuses, dures à l'ouvrage, d'un caractère fort et capable de passion. Herbjǿrg Wassmo, en fait des femmes très attachantes.
    Commençons par la doyenne. Sara-Suzanne, pour fuir la misère s'est mariée très jeune à Johannes Krog, jeune commerçant bègue et part vivre dans une des îles du Lofoten. le commerce prospère. le mariage de raison se transforme en une union féconde, amoureuse et voluptueuse. Un sacré caractère Sara-Suzanne, elle sait ce qu'elle veut et soutient son mari dans ses entreprises. le pasteur la peindra sous la forme d'un ange sur un retable qui existe réellement.
    Puis, nous avons Elida, fille de Sara. Elle fera un mariage d'amour en épousant, contre l'avis de sa mère, Frederik qui tombera malade. Elida l'emmènera à Kristinia, la capitale, pour essayer de le soigner et, se faisant, abandonnera ses enfants à des familles nourricières.
    Ainsi Hjørdis sera laissée à 2 ans et ne rencontrera sa famille que vers l'âge de 6 ou 7 ans.
    Elida et Hjørdis connaîtront les bouleversements de la modernité et les guerres.
    La dernière, Herbjǿrg Wassmo, fille de Hjørdis naîtra par une nuit de tempête et ne connaîtra pas les joies d'une famille aimante. Herbjǿrg passera sa vie à essayer de Lui échapper, LUI, son géniteur de père. Elle n'aura de cesse d'écrire dans de petits carnets jaunes, toujours aux aguets. « Durant mon enfance et mon adolescence à Vesterålen, je tiens un journal dont le contenu est terrifiant. Si éhonté qu'il n' doit tomber sous les yeux de personne ».

    Cette biographie « arrangée », en effet, Sara-Suzanne n'est pas sa vraie aïeule, lui permet de parler de son enfance, de sortir enfin de la honte, de pouvoir l'affronter LUI.
    C'est aussi un roman où soufflent le vent et la tempête omniprésents sur ses îles désolées où les hommes ne peuvent compter que sur eux-mêmes. Pardon, je devrais dire où les femmes ne peuvent compter que sur elles-mêmes, les hommes étant en mer.
    Un récit âpre mais attachant, Herbjørg Wassmo aime ses îles et cela se sent. Je l'ai trouvé un peu long par certains moments, alors je refermais le livres, passais à un autre et revenais vers ces femmes avec plaisir.


    Lien : http://zazymut.over-blog.com/article-herbjorg-wassmo-cent-ans-101370..
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    • Livres 5.00/5
    Par kathel, le 02 mars 2011

    kathel
    Que sait-on de ses arrière-grands-mères ? L'une est morte en accouchant de son neuvième enfant, une autre a été placée à la campagne par l'assistance publique, une autre encore vivait dans une région viticole comme en témoigne une photo de fin de vendanges, presque rien finalement… Dans le cas d'Herbjørg Wassmo, la curiosité de l'écrivain s'éveille lorsque sa fille trouve une publication parlant d'un retable dans la cathédrale des îles Lofoten. le peintre, très doué, était un pasteur, et le modèle une certaine Sara Susanne Krog, qui n'est autre que l'arrière-grand-mère maternelle de Herbjørg Wassmo. Elle se lance dans des recherches sur sa famille, s'inspire librement de ce qu'elle peut en retrouver, poussée par le fait que Cent ans exactement la séparent de Sara Susanne, et aussi peut-être parce qu'il est temps pour elle d'évoquer des souvenirs douloureux de sa propre enfance. Elle retrace donc un siècle, de 1860 à 1960 environ, entremêlant différents épisodes de l'histoire familiale, commençant dans le Nord avec Sara Susanne, son arrière-grand-mère, qui épouse Joannes Krog parce que sa famille peine à nourrir de trop nombreuses bouches. Elle-même aura de nombreux enfants, dont Elida, qui quittera les Lofoten pour Kristiania, avant qu'elle ne devienne Oslo, pour faire soigner son mari gravement malade. L'une de ses filles, Hjørdis, reviendra dans le nord et sera la mère de la petite Herbjørg.
    Rassurez-vous, on ne se perd pas du tout dans la généalogie, et cette saga familiale vue du côté des femmes, mais également de leurs relations avec les hommes est tellement passionnante que je n'ai pas vu filer les 560 pages !
    la suite...

    Lien : http://lettres-expres.over-blog.com/article-herbj-rg-wassmo-cent-ans..
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Citations et extraits

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  • Par kathel, le 02 mars 2011

    Il y avait un type à Kristiania dénommé Schreiner à qui le Parlement avait donné de l’argent pour décrire l’anatomie des Lapons de Tysfjord. Une drôle d’occupation pour un homme dans la force de l’âge. Peder avait raconté à Fredrik que sa famille avait même dû se déshabiller. ils avaient attrapé sa mère un jour qu’elle revenait de la montagne. Sans même lui donner le temps de s’arranger ni de se reposer, ils l’avaient forcée. D’abord, ils avaient essayé de l’amadouer, puis ils lui avaient donné quelques perles de verre dans un cornet en papier. Quand elle avait refusé la verroterie et s’était mise à les repousser et à pleurer, ils l’avaient fait entrer de force dans le chalet et l’avaient pesée et mesurée quand même. il avait tout vu des hauteurs où il s’était caché jusqu’à leur départ. Quand sa mère lui avait dit qu’ils allaient revenir pour mesurer le reste de la famille, il s’était enfui pour échapper à cette humiliation.
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  • Par Margotte, le 22 mars 2011

    Dans ce livre je suis à la recherche de mes aïeules et de leurs époux. Mais c'est une grande famille qui ne demande qu'à être découverte. Certains restent cachés, ou bien laissés dans l'ombre. Lui demande plus de labeur que les autres. Il écrase tout, il n'apporte que le chaos et l'obscurité. (…) Il a le pouvoir de détruire la moindre fragile petite joie ou pensée positive. Ce n'est qu'après sa mort que je peux entreprendre la tâche essentielle, celle d'essayer de le considérer comme un être humain. Non pas pour lui pardonner, mais pour sauver mon âme.
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  • Par morin, le 28 novembre 2011

    Le point de départ de mon histoire, la rencontre de Sara Suzanne avec le pasteur-peintre Jensen, je ne l'ai trouvé décrite nulle part. Et même si cela était, je ne l'aurais pas prise à la lettre. Celui qui raconte une histoire choisit ce qui lui convient de raconter. C'est ainsi que l'on peut enterrer les pires histoires de famille et que chacun doit repartir à zéro. Quant à ma propre histoire, je ne me souviens pas beaucoup de ce qui m'a formée. Peut être parce que je ne veux pas m'en souvenir. J'ai employé tant d'énergie à aller de l'avant, aussi vite que possible. Comme si on pouvait construire l'avenir sans avoir besoin de regarder en arrière.
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  • Par saphoo, le 06 juillet 2011

    La nuit était claire. Elle ne dormait pas et écoutait la pluie tomber doucement. Devant ses yeux défilaient des couleurs. Des lignes qui s’enchevêtraient pour former un tout. Elle se sentait faire partie de l’univers. Pas du tout inutile, comme elle l’avait cru avant son mariage. Elle représentait une petite planète à elle toute seule. Peut-être même plusieurs planètes ? quand on pensait aux gouttes de pluie. A la somme de toutes ces gouttes. Aux récoltes et aux inondations. A tous les ruisseaux. Aux grands fleuves. A toute vie sur la terre, en fait. Et elle représentait bien plus qu’une goutte d’eau. C’était évident. Elle était pourvue d’une volonté. Quand elle se réveillait la nuit, comme maintenant, et écoutait la pluie tomber, elle ressentait une chaleur douce, comme une caresse sur la joue, un parfum d’eau de rose ou de bruyère. Elle aimait le vent, aussi. Mais pas autant que la pluie.
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  • Par Vivienne, le 18 mars 2011

    c'est le livre dans lequel je me suis plongé et qui me passionne littéralement,tant par la beauté du texte que par la description de la vie ces femmes marquées par les enfantements et le travail très rude dans une Norvège glacée. .tout ceci est très intense et c'est la force romanesque dont l'auteur est dotée qui nous rends ce récit si sensible. Attention c'est 555 pages mais à lire sans tarder!
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