> Marie-France Girod (Traducteur)

ISBN : 2266175963
Éditeur : Pocket (2008)


Note moyenne : 4.31/5 (sur 217 notes) Ajouter à mes livres
Quand la mort vous raconte une histoire, vous avez tout intérêt à l'écouter. Une histoire étrange et émouvante où il est question : d'une fillette ; des mots ; d'un accordéoniste ; d'Allemands fanatiques ; d'un boxeur juif ; de vols. Traduit en 20 langues, le best-selle... > voir plus
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Critiques et avis

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  • Par sylvie, le 12 juin 2008

    sylvie
    Cette lecture, partagée avec tant d'autres, ne m'a pas laissée indifférente.
    Si je n'ai pas vraiment accroché au souffle froid de la narratrice qui veut incarner la mort et qui n'arrive qu'à ressembler à un masque grossier derrière lequel elle se cache, je me suis quand même laissée prendre au piège de ce récit bien ficelé, où on nous annonce à l'avance les dénouements comme pour mieux nous y préparer, par attention, précaution,sans doute, pour nos âmes sensibles qui vont voir le voile se lever souvent sur l'horreur de la condition humaine,et l'absurdité de la vie.
    La toile de fonds de ce roman est la page la plus noire de notre histoire, et nous y plongeons en suivant une petite fille prise dans la tourmente de l'histoire, au cœur de l'Allemagne nazie , entre 1939 et 1945.
    Elle même victime du nazisme, ses parents ayant été détruits pour cause de communisme, notre petite héroïne n'aura de cesse d'essayer de survivre malgré ses multiples rencontres avec la mort, qui l'aura effleurée mainte fois, sans jamais réussir à l'emporter.
    Elle sera recueillie par un couple pauvre vivant dans la banlieue de Munich et essayant de survivre eux aussi et de s'adapter tant bien que mal aux nouvelles normes sociales érigées par Hitler.
    Elle découvrira la lecture et l'écriture, et cultivera une passion ambivalente pour les mots. C'est ce qui la sauvera.
    Elle sait qu'ils sont capables du meilleur et du pire, mais jamais elle ne renoncera à apprendre, à lire, à dire, puis à écrire.
    Ceux qui la mettent sur la voix sont les livres qu'elle rencontre sur son chemin et qu'elle ne peut s'empêcher de voler, son père adoptif, qui aura le courage de lui apprendre à lire la nuit, lorsque ses cauchemars l'empêchent de retrouver le sommeil, et l'adolescent juif caché dans le sous-sol qui lui écrira des histoires illustrées poétiques et allégoriques donnant un sens à l'absurdité de la vie qu'ils mènent.
    Dans ce magma de terreur, de guerre, de bombes et de décombres, nous aurons l'occasion de voir éclore des moments de bonheur fugaces et simples qui suffisent à illuminer la vie d'une enfant. Je pense aux livres que l'homme aux cheveux de plumes écrit et illustre sur un volume de "Mein Kampf", que les parents de Liesel ont aidé à repeindre pages par pages pour qu'il puisse y arriver; Je pense aussi au seau de neige emporté par la petite fille dans le sous sol et à toute la famille qui s'unit pour confectionner un bonhomme...
    Ce livre peut surprendre et irriter un peu par le ton de cette drôle de narratrice fictive, mais si on la laisse grimacer dans son coin en se concentrant sur l'histoire qu'elle nous raconte, alors nous avons la chance de découvrir un très beau récit d'amour et d'amitié, de courage et d'audace, malgré la rage, la peur, l'humiliation, la faim, le froid, et le désespoir, qui érodent les personnages les uns après les autres.
    http://sylvie-lectures.blogspot.com/2008/06/la-voleuse-de-livres-markus-zusak.html
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    Critique de qualité ? (17 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par horline, le 01 octobre 2011

    horline
    Lorsque la Mort raconte le parcours d'une jeune orpheline plongée au cœur de l'Allemagne nazie, elle met un point d'honneur à préciser qu'elle "n'a pas de faux, ni de faucille, [qu'elle] ne porte une robe noire à capuche que lorsqu'il fait froid et [quelle n'a] pas cette tête de squelette que vous semblez prendre plaisir à [lui] attribuer".
    Elle emprunte une voix étonnamment légère et décalée pour entraîner le lecteur dans un récit à la trame bousculée où se succèdent les évènements sombres jalonnant la vie de Liesel. Cette petite fille de neuf ans perd successivement son frère, sa mère avant d'être recueillie dans un foyer en apparence rude et besogneux du côté de Molching, non loin de Dachau.
    Mais la Mort emprunte également une voix plus profonde lorsqu'elle fait résonner pêle-mêle le désarroi, la colère, la témérité, l'empathie et la solidarité au fur et à mesure que cette petite fille pleine de compassion, saisie par le besoin de comprendre le monde qui l'entoure, se nourrit de livres et de mots peints sur les murs du sous-sol pour survivre dans le chaos. On se laisse alors séduire par une voix pleine tendresse et de candeur qui ravive la plus élémentaire des humanités chez quelques uns et rappelle la stupidité des évidences dans les faits les plus cruels. Elle confère à la Mort une sensibilité humaine ; elle qui s'attache à recueillir paisiblement au creux de ses bras les nombreuses âmes perdues alors que celle de Liesel lui échappe. Certes, cette histoire atypique racontée par la Mort recèle une étonnante force émotionnelle. Mais avec la volonté forcenée de louer l'universalité de l'amour, l'écriture scellée au vibrato des sentiments apparaît parfois maladroite.
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    Critique de qualité ? (12 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par 100choses, le 19 février 2011

    100choses
    J'ai acheté ce livre à l'aéroport en juillet dernier, et après en avoir dévoré les 150 premières pages, je l'ai finalement abandonné sans bien savoir pourquoi. Manque de temps certes, mais pas seulement. C'est finalement une LC qui m'a incitée à rouvrir ce roman.
    J'ai choisi de recommencer ma lecture en entier, même si je gardais un souvenir assez net des pages déjà lues. Et alors que je trouve de nombreux points positifs à ce roman, ma lecture fut assez laborieuse. J'étais incapable de lire de longs moments d'affilée. L'intrigue m'intéressait, le style me plaisait, mais je n'arrivais pas vraiment à rester concentrée sur cet ouvrage, et je n'étais jamais particulièrement curieuse de découvrir la suite. Ce qui explique sans doute que je l'ai si facilement abandonné cet été. J'ai tout de même beaucoup de mal à m'expliquer cela, parce que je ne vois pour l'instant rien de particulier à reprocher à ce roman. Peut-être que le rédaction de ce billet m'aidera à y voir plus clair.
    J'ai tout d'abord particulièrement aimé le cadre de l'histoire. Si de nombreux ouvrages ont été publiés sur la seconde guerre mondiale, il est rare qu'ils nous présentent la vie quotidienne du peuple allemand. J'ai aimé découvrir ces habitants ni super-héros, ni monstres sans pitié. Ce sont tout simplement des hommes et des femmes, pris dans quelque chose qui les dépasse, qu'ils ne maîtrisent ni ne comprennent vraiment. Pour eux la guerre est quelque chose d'assez abstrait dont parlent les journaux. le quotidien, c'est grandir, aimer, trouver à manger malgré le rationnement, obéir au parti, ne pas faire de vagues pour rester en vie et protéger sa famille. Vivre, tout simplement Ils obéissent pour rester dans le cadre et parce qu'ils n'ont pas le choix. Chaque décision personnelle, même anodine, prend soudain des proportions dramatiques et si l'on admire les choix de certains, on n'arrive pour autant pas à vraiment détester les autres. Ils sont humains et veulent vivre, c'est tout ! Qu'aurions nous fait à leur place ? C'est facile de s'imaginer en héros, en « mec bien », mais est-ce vraiment réaliste ? Les circonstances, le passé de chacun ont un rôle important à jouer sur ce point. Markus Zusak, réussit très bien à rendre l'absurdité de la situation, l'ignorance du peuple et les contraintes qu'il subit. On découvre une population allemande touchante et souffrant de la guerre, les parents voyant leurs enfants mourir au combat. L'antisémitisme est bien là, présent, insidieux, au détour d'une petite remarque, mais finalement pas plus qu'ailleurs à la même époque. Markus Zusak nous offre une vision de la guerre d'autant plus sombre qu'on est loin du manichéisme habituel lorsqu'il s'agit de traiter de ce sujet.
    Au niveau de la forme, j'ai aimé la mise en page mettant en scène les diverses notes, remarques et digressions de la Mort, ainsi que les diverses créations des personnages. Cela donne un certain rythme, renforcé par un style fluide, des phrases parfois minimalistes et des paragraphes aux tonalités se répondant. Les mots allemands parsemés au fil du texte résonnent bien. Au final, l'ensemble coule presque comme de la musique. le narrateur se permet des traits d'un cynisme qui tout en nous faisant sourire, lui permettent d'asséner des vérités terribles, plus marquantes que si elles étaient énoncées sur un ton neutre. On sent le ton doucereux et le sourire jaune derrière chaque tournure.
    Quant à la question du narrateur, je suis assez indécise, j'ai trouvé cet aspect très irrégulier. Par moment, j'oubliais totalement son identité ; une espèce de « on me voit/on me voit plus », qui ne m'a pas particulièrement convaincue. le jeu sur les couleurs apparait bien trop rarement, alors qu'il est sensé être une des caractéristiques principales du regard que pose le narrateur sur le monde. de même, son caractère omniscient n'apparait que de trop rares fois à mon goût. Au final, je ressors plutôt mitigé, avec l'impression amère que c'était plus un argument vendeur qu'autre chose.
    Enfin, j'ai trouvé très étrange et plutôt maladroit cette façon d'énoncer de but en blanc les événements à venir en début de chaque partie ou chapitre, pour les développer par la suite. Cela casse le rythme de l'intrigue et l'effet de surprise ; c'est d'ailleurs justement ce que souhaite le narrateur lui-même, comme il nous l'explique. Ce procédé intéressant au début m'a vite lassée, et c'est peut-être bien là, l'élément qui a fait que je ne reste pas scotchée à mon beaucoup et que je réussisse à l'abandonner sans scrupule pendant six mois. Il ne se passe pas déjà grand-chose au cours de ces 500 pages et chaque événement est énoncé d'avance, de sorte que j'ai eu une sensation de longueurs, de répétitions et que je me suis parfois profondément ennuyée. Alors certes, certains passages sont bouleversants, mais la plupart du temps je suis restée de marbre face au sort des personnages. Là encore, j'ai la sensation d'une grande inégalité et si cela n'avait tenu qu'à moi, le texte aurait subi de nombreuses coupes avant sa publication.
    Bref, un ouvrage qui malgré de nombreux aspects positifs n'a pas su me convaincre entièrement et j'ai vécu la fin de ma lecture comme un véritable soulagement, même si les dernières pages sont particulièrement poignantes.

    Lien : http://leboudoirdemeloe.wordpress.com/2011/02/19/zusak-markus-the-bo..
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    • Livres 3.00/5
    Par amanda, le 26 décembre 2007

    amanda
    Liesel a neuf ans quand sa mère communiste la confie à Hans et Rosa Huberman, en 1939. Son frère est mort pendant le voyage.
    Hans et Rosa Huberman vont élever Liesel comme leur propre fille.
    Pendant la guerre, ce couple d'allemands pauvres vont cacher Max. Hans Huberman a connu son père pendant la première guerre mondiale et lui a promis de l'aider en cas de besoin.
    De son coté, Liesel est attirée par les livres. Elle les vole, les dévore, les lit et les relit, assistée dans ses larcins par son ami Rudy.
    Le tout sous le regard bienveillant de la Mort qui recueille les âmes et nous raconte cette histoire.
    Un roman assez surprenant, tout compte fait.
    L'histoire est assez jolie, souvent émouvante, parfois amusante. La guerre y est décrite « coté allemand » : le village de Molching, prés de Munich, héberge des familles pauvres, qui subissent plus qu'ils n'encouragent le Fürher et sa folie dévastatrice. Des allemands qui endurent les bombardements, pleurent leurs enfants partis au front, souffrent du rationnement et effectuent le Heil Hitler parce c'est obligatoire et qu'ils doivent se soumettre.
    L'amitié qui lie rapidement Liesel et Max est attendrissante. Elle le sauve par ses mots, ses histoires, il la remerciera avec un livre, écrit juste pour elle.
    Une histoire assez touchante, des personnages attachants sont les points forts du roman.
    En revanche, le style plaira davantage aux amateurs d'histoires émouvantes plutôt qu'à ceux qui s'attachent davantage à la beauté des phrases et la magie des mots. Il est simpliste voire élémentaire, tenant plus du roman jeunesse que d'une littérature adulte, alors que le titre et les éléments du roman (la « Secoueuse de Mots ») acclament la beauté des mots et leurs pouvoirs magiques.
    Quant à la quatrième de couverture, qui annonce que « La Voleuse de livres a sa place aux cotés au Journal d'Anne Franck et de La nuit d'Elie Wiesel », je l'ai trouvé ici pompeuse et très injustifiée. N'exagérons pas. C'est une petite histoire attendrissante qui a agréablement meublé un voyage de 700 km en voiture, que je ne regrette absolument pas d'avoir lue et que je recommanderai aux adolescents, parce qu'elle délivre un message de tolérance et de bienveillance.
    http://amandameyre.hautetfort.com/archive/2007/12/26/la-voleuse-de-livres-–-markus-zusak.html
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    • Livres 5.00/5
    Par Trolly44, le 18 décembre 2011

    Trolly44
    1939 en Allemagne nazie. Liesel Meminger, une petite fille de sept ans malmenée par les tourments de la guerre, tente de grandir et de survivre avec la complicité de son père adoptif. Ensemble, ils apprennent à lire. Avec le temps, Liesel voit à travers les livres son unique salut pour sortir du cauchemar... Elle n'a plus qu'une idée en tête, celle de voler et de partager les livres. Son histoire, c'est la Mort qui nous la raconte.
    L'auteur soulève une réflexion sur la liberté d'expression et place l'objet-livre comme un outil libérateur et de résistance.
    Liesel vit dans une société apocalyptique et totalitaire. Autour d'elle, c'est la peur qui domine. Les interdictions sont de plus en plus nombreuses. Pourtant, elle brave à sa manière les interdits en se procurant des livres, des objets considérés comme dangereux.
    Markus Zusak signe un beau roman aux multiples rebondissements qui nous tient en haleine jusqu'au bout.
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Critiques presse (1)


  • Lecturejeune , le 01 septembre 2007
    Lecture jeune, n°123 - Un pavé de 560 pages à propos de la Seconde Guerre mondiale, rien d’attirant au départ. Mais très vite, le choix de la narratrice fait mouche : il s’agit de la mort en personne, non pas la figure galvaudée des récits d’horreur mais un être sensible, compatissant à sa façon, poète à ses heures. Dotée d’un humour particulier et d’un regard décalé, la mort s’exprime avec concision et interpelle le lecteur à l’occasion ! Elle promène ce dernier à travers la « grande Histoire » de 1939 à 1945 (triomphe de la propagande nazie, bataille de Stalingrad, déportation des Juifs, bombardements alliés sur l’Allemagne…). Mais ce qui l’émeut et la hante, c’est le sort des « survivants », des êtres qu’elle a rencontrés et laissés sur terre : Liesel surtout, une fillette allemande « qui sait ce qu’être abandonnée veut dire ». Confiée par sa mère à un couple nourricier, Liesel tisse des liens de grande tendresse avec son père adoptif, des liens forts avec sa nouvelle maman qui pourtant la rudoie, avec Rudy, un petit voisin qui se prend pour Jesse Owens. Le lecteur découvre grâce à elle la survie au quotidien d’une bourgade proche de Munich, ses nazis arrogants et ses résistants de l’ombre. Les vols de livres ponctuent les grands moments de sa vie rue Himmel, leur lecture la sauve du naufrage, les mots sont sa nourriture, sa source d’énergie ; ils la « ramènent à la vie » même quand les coups du sort s’acharnent sur elle. Markus Zusak anime avec justesse et sensibilité une galerie de personnages dont la rencontre avec les déchaînements de l’Histoire bouleverse le lecteur. Au fil d’un récit savamment structuré, plein d’ellipses, de retours en arrière, il braque le projecteur sur les différents protagonistes et joue avec les paradoxes (un Juif sauvé par Mein Kampf !). Ce roman surprenant, très émouvant, variation originale sur le rôle des mots et des livres, sans concession aux modes éditoriales, a trouvé un large public (adolescent et adulte) hors de nos frontières. Gageons qu’il en sera de même en France, ce ne serait que justice ! Marie-Françoise Brihaye

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Citations et extraits

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  • Par Nanne, le 06 mai 2010

    Elle a lâché le livre.
    Elle est tombée à genoux.
    La voleuse de livres a hurlé.
    Lorsqu'on a nettoyé la route, son livre a été piétiné à plusieurs reprises. Les ordres étaient de dégager seulement les gravats, mais le bien le plus précieux de la fillette a été jeté dans la benne à ordures. Je n'ai alors pu m'empêcher de monter à bord et de le prendre, sans savoir que je le garderais et que je le consulterais un nombre incalculable de fois au fil des ans. J'observerais les endroits où nos chemins se croisent et je m'émerveillerais de ce que la fillette a vu et de la façon dont elle a survécu. C'est tout ce que je veux faire - remettre ces événements en perspective avec ceux dont j'ai été témoin à cette époque.
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  • Par kathy, le 09 juin 2011

    Le monde bouillonnait en elle tandis qu'elle était là, parmi les jolis livres aux titres bien nets. Elle sentait ce grand brassage tandis qu'elle parcourait les pages aux ventres pleins à ras bord de paragraphes et de mots.
    Petits salauds, pensait-elle.
    Jolis petits salauds.
    Ne me rendez pas heureuse. Surtout ne venez pas me remplir pour que je croie que quelque chose de bon peut sortir de tout cela. Regardez mes meurtrissures. Regardez cette écorchure. Voyez-vous l'écorchure que j'ai à l'intérieur? La voyez-vous s'étendre sous vos yeux et me ronger? Désormais, je ne veux plus espérer. Je ne veux plus prier pour que Max soit sain et sauf. Ni Alex Steiner.
    Parce que le monde ne le mérite pas.
    Elle arracha alors, une page du livre et la déchira.
    Puis un chapitre entier.
    Bientôt, elle fut entourée de mille morceaux de mots. Les mots. Pourquoi fallait-il qu'ils existent? Sans eux, il n'y aurait rien de tout cela. Sans les mots, le Führer ne serait rien. Il n'y aurait pas des prisonniers boitillants. Il n'y aurait pas besoin de consolation et de subterfuges pour les réconforter.
    A quoi bon des mots?
    Elle le répéta à haute voix, dans la pièce baignée d'une lumière orange. "A quoi bon des mots?".
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  • Par Tsubaki, le 21 janvier 2011

    la politique contradictoire d'Alex Steiner

    Un : il était membre du parti nazi, mais il ne haïssait pas les juifs, ni qui que ce soit, d'ailleurs.
    Deux : toutefois, il ne put s'empêcher d'éprouver un certain soulagement (ou pire un certain contentement) quand des boutiquiers juifs furent privés de travail, car d'après la propagande, des tailleurs juifs n'allaient pas tarder à venir lui voler sa clientèle.
    Trois : mais cela signifiait-il qu'ils devaient être définitivement chassés ?
    Quatre : sa famille. Il devait évidemment tout faire pour l'entretenir. Et si cela voulait dire être membre du parti, eh bien, il était membre du parti
    Cinq : quelque part, tout au fond de son coeur, il éprouvait une démangeaison, mais il refusait de se gratter. Il redoutait ce qui pourrait alors suinter
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  • Par Miaka, le 16 février 2011

    Quels que fussent les sentiments qui animaient les témoins de ce défilé – fierté, audace ou honte-, nul ne fit rien pour l'interrompre. Du moins pas encore.
    De temps à autre, le regard de l'un de ces hommes ou de ces femmes – non, ils n'étaient pas considérés comme des hommes ou comme des femmes, c'étaient des juifs – croisait celui de Liesel dans la foule. Il exprimait la défaite et la voleuse de livres ne pouvait rien faire, sinon leur rendre ce regard durant un long, un inguérissable moment, avant qu'ils ne disparaissent à ses yeux. Elle espérait seulement qu'ils liraient sur son visage à quel point le chagrin qu'elle éprouvait était profond, et sincère.
    J'ai l'un des vôtres dans mon sous-sol ! Avait-elle envie de leur crier. On a fait ensemble un bonhomme de neige ! Je lui ai offert treize cadeaux quand il était malade !
    Mais elle se tut.
    Cela n'aurait servi à rien.
    Elle comprenait qu'elle ne leur était d'aucune utilité. Il était impossible de les sauver. Dans quelques minutes, elle verrait quel sort était réservé à ceux qui tentaient de les aider.
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  • Par joedi, le 04 mai 2011

    Ces images, c'était le monde et le monde bouillonnait en elle tandis qu'elle était assise là, parmi les jolis livres aux titres bien nets. Elle sentait ce grand brassage tandis qu'elle parcourait les pages aux ventres pleins à ras bord de paragraphes et de mots.
    Petits salauds, pensait-elle.
    Jolis petits salauds.
    Ne me rendez pas heureuse. Surtout, ne venez pas me remplir pour que je croie que quelque chose de bon peut sortir de tout cela. Regardez mes meurtrissures. Regardez cette écorchure. Voyez-vous l'écorchure que j'ai à l'intérieur ? La voyez-vous s'étendre sous vos yeux et me ronger ? Désormais, je ne veux plus espérer. Je ne veux plus prier pour que Max soit sain et sauf. Ni Alex Steiner.
    Parce que le monde ne les mérite pas.
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