AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix BabelioRencontresLe Carnet

Note moyenne 3.88 /5 (sur 97 notes)

Nationalité : Roumanie
Né(e) à : Bucarest , le 23/07/1913
Mort(e) à : Paris , le 09/02/1994
Biographie :

Issu d'un milieu juif libéral il est très jeune en contact avec les cultures françaises et allemandes.
A la fin des années trente, il voyage à Paris pour étudier de plus près le surréalisme. Il est surpris par la guerre mais parvient à rentrer en Roumanie.
Avec quelques amis, il y crée un groupe surréaliste, juste avant l'avènement du socialisme qui produit des articles, des expositions.
En 1952, il quitte son pays pour venir s'installer en France. Ses poèmes, dessins ou collages ("cubomanies") sont publiés par la revue Phases. Il élabore des livres-objets. Il participe à de nombreux festivals de poésie dans toute l'Europe, dans lesquels les lectures publiques de ses textes étaient très renommées.

Ajouter des informations
Bibliographie de Ghérasim Luca   (17)Voir plus

étiquettes
Videos et interviews (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de

Avec Rainer J. Hanshe, Mary Shaw, Kari Hukkila, Carole Viers-Andronico, Pierre Senges, Martin Rueff & Claude Mouchard À l'occasion du dixième anniversaire de la maison d'édition new-yorkaise Contra Mundum Press, la revue Po&sie accueille Rainer Hanshe, directeur de Contra Mundum, Mary Shaw, Kari Hukkila, Carole Viers-Andronico & Pierre Senges. Rainer Hanshe et son équipe publient la revue Hyperion : on the Future of Aesthetics et, avec une imagination et une précision éditoriales exceptionnelles, des volumes écrits en anglais ou traduits en anglais (souvent en édition bilingue) de diverses langues, dont le français. Parmi les auteurs publiés : Ghérasim Luca, Miklos Szentkuthy, Fernando Pessoa, L. A. Blanqui, Robert Kelly, Pier Paolo Pasolini, Federico Fellini, Robert Musil, Lorand Gaspar, Jean-Jacques Rousseau, Ahmad Shamlu, Jean-Luc Godard, Otto Dix, Pierre Senges, Charles Baudelaire, Joseph Kessel, Adonis et Pierre Joris, Le Marquis de Sade, Paul Celan, Marguerite Duras, Hans Henny Jahnn. Sera en particulier abordée – par lectures et interrogations – l'oeuvre extraordinaire (et multilingue) de l'italien (poète, artiste visuel, critique, traducteur, « bibliste ») Emilio Villa (1914 – 2003). À lire – La revue Hyperion : on the Future of Aesthetics, Contra Mundum Press. La revue Po&sie, éditions Belin.

+ Lire la suite
Podcasts (9) Voir tous


Citations et extraits (88) Voir plus Ajouter une citation
Ghérasim Luca
Tandarica   28 avril 2020
Ghérasim Luca
La Sainte communion



Le 8 mai j’avais quitté l’usine effiloché comme d’habitude

couvert de poussière dans les rues coudoyant des messieurs en pelisses

parmi de belles femmes fatigué et effiloché

et un humide dégoût emplissait ma bouche

cette belle dame m’avait perçu du haut de sa voiture

j’étais un gars pas mal – le crachat ça ne se voit pas

elle avait des cheveux ondulés et une voiture

ma présence là noyée de poussière éveillait en elle un suave frisson sous ses bas

et jusqu’à la porte de son appartement luxueux la voiture légère a roulé

où travailles-tu me demanda-t-elle pendant qu’elle enlevait son manteau

depuis quelques jours à l’usine de gaz

tu es un gars bien bâti et assez beau tu pourrais mieux gagner

depuis six mois et jusqu’à hier je ne mangeais qu’une fois tous les deux jours

notre discussion pouvait se prolonger à l’infini

mes paroles à moi sentaient le pain le gaz

elle gazouillait comme un piano ouvert des paroles de romances à la mode

et pourtant la manière virile dont ma chair s’arrondissait sur les os

faisait que nous nous entendions à merveille

l’heure est avancée, couchons-nous

le lit sentait moelleusement le chaud et le propre

la dame savait mieux faire l’amour que discourir

et moi j’aimais ses cheveux parce que j’avais besoin de les tirer.

Le matin elle me dit au revoir mon cher

(il était 5 heures et à 6 l’usine ouvrait)

nous nous reverrons ce soir à 8 nous dînerons ensemble

auprès de mes paroles sentant le pain le gaz

je conservais une bouche pleine de crachats

elle la vit elle s’en effraya

cette belle dame avec laquelle toute nuit je me suis promené dans l’amour et l’automobile – elle disparut

à sa place fumait une vieille ridée, ses lunettes sur son nez qui lisait assidûment les Saintes Écritures.



(Publié dans « Meridian » N° 11,1927, puis traduit du roumain par Micaela Slăvescu et cité dans « La Réhabilitation du rêve », p. 510-511)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          540
Ghérasim Luca
Piatka   18 septembre 2013
Ghérasim Luca
Je te mains

je te sueur

je te langue

je te nuque je te navigue

je t'ombre je te corps et te fantôme

je te rétine dans mon souffle

tu m'iris

je t'écris

tu me penses



Extrait de Paralipomènes
Commenter  J’apprécie          473
Ghérasim Luca
Tandarica   28 avril 2020
Ghérasim Luca
Tragédies qui devront arriver



Je suis libre

et je puis remarquer avec une particulière attention les choses qui m’entourent

mes doigts tremblants comme des peupliers et courts comme des balles

ont serré aujourd’hui avec force le cou blanc d’une femme

de même que les poètes anciens serraient sur leur poitrine pendant leurs habituels accès d’amour pour la nature

les fleurs–les moutons–le champ et les étoiles

les poètes d’aujourd’hui, les poètes aux doigts tremblants comme des peupliers et courts comme des balles

ont chacun à la maison un cou blanc de femme qui doit être assassinée

la lucidité avec laquelle nous regarderons plus tard les choses qui nous entourent est tellement nécessaire

et leur langue violette, quel drôle de spectacle.



Maintenant puisque nous sommes libres notre promenade dans les rues présente une importance que nous devons bien comprendre :

les femmes sont plus élégantes aujourd’hui et plus provocantes mes gentils messieurs,

les vitrines des magasins plus chargées et plus illuminées

et nos poches d’habitude pleines de bonbons et de petits mots contiennent des cailloux de toutes les dimensions.

Avec nous sont sortis à la promenade aussi d’autres gens sur les grands boulevards de la ville

ils ont les doigts blancs et gras comme des morceaux de lard,

ils ont les doigts dans la poche

et à côté, à part la dernière photo de la bien-aimée un mouchoir plein de morve.



Les poètes d’aujourd’hui, les poètes aux doigts tremblants comme des peupliers et courts comme des balles

les poètes qui ont dans toutes les poches des cailloux

doivent savoir que la seule difficulté est la casse de la première vitrine rencontrée sur les grands boulevards,

car les autres vitrines se cassent toutes seules

de même qu’il suffit d’éteindre une seule étoile pour qu’ensuite les autres s’éteignent toutes seules.



Je vous demande pardon pour cette comparaison avec l’étoile

ô poètes,

ce n’est qu’un souvenir du temps jadis

lorsque je tombais en extase devant les arbres fleuris et je m’évanouissais à chaque lever de soleil.



Les poètes d’aujourd’hui, les poètes aux doigts tremblants comme des peupliers et courts comme des balles

ils peuvent jeter la pierre sur ma comparaison avec l’étoile

ce sera sans doute la première vitrine que vous allez casser

les autres vitrines se cassent toutes seules.



(Publié dans « Viața imediată » N° 1, décembre 1933, puis traduit du roumain par Dumitru Tsepeneag et cité dans « La Réhabilitation du rêve », p. 510-511)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          401
Ghérasim Luca
chrysalide   19 octobre 2014
Ghérasim Luca
Mais ce que nous aimons, toujours inattendu, toujours de l’autre côté du vent, obéit aux règles diffuses et tranchantes d’un jeu presque perceptible. Mettre son corps dans le secret du mental, s’attirer le hasard, mordre la nuit...



Gherasim Luca, inédits, Fusées n° 7
Commenter  J’apprécie          340
Tandarica   10 septembre 2021
Le vampire passif de Ghérasim Luca
Les objets, c'est mystérieuses armures sous lesquelles nous attend, nocturne et dénudé, le désir, ces pièges de velours, de bronze, de fils araignée que nous nous jetons à chaque pas ; chasseurs et gibiers dans les pénombres des forêts, à la fois forêt, braconnier et bûcheron, bûcheron tué à la racine d'un arbre et couvert de sa propre barbe sentant l'encens, le bien, le cela-n'est-pas-possible ;

(p. 41)
Commenter  J’apprécie          320
Tandarica   06 septembre 2021
Le vampire passif de Ghérasim Luca
De ce conflit entre le démon de la liberté et le dieu de la prison se détache, pour la justification de mon délire d'interprétation, le chiffre obsessionnel 9, que les calculs faits par la kabbale noire me désignent comme un chiffre entièrement analytique, et, tout puissant sous sa pèlerine de cristal, avec son œil rouge de comète, s'en détache encore L'AMOUR, fou et lucide, réel et virtuel, mort et vivant comme les cheveux de Déline. Déline, fantôme indéchiffrable de l'amour, s'endort sur mon épaule en obscurcissant l'obscurité.
Commenter  J’apprécie          280
Ghérasim Luca
coco4649   24 mars 2019
Ghérasim Luca
 

 

Libérez le souffle et chaque mot devient un signal.

Commenter  J’apprécie          290
Tandarica   07 juin 2019
Le chant de la carpe de Ghérasim Luca
Accouplé à la peur

comme Dieu à l’odieux



le cou engendre le couteau



et le Coupeur de têtes

suspendu entre la tête et le corps



comme le crime

entre le cri et la rime



(p. 99, À gorge dénouée)
Commenter  J’apprécie          260
Ghérasim Luca
coco4649   16 octobre 2021
Ghérasim Luca
JE M'ORALISE

transcription







extrait 3



Le poème, un lieu d'opération



Le mot y est soumis à une série de mutations sonores



chacune de ses facettes libère la multiplicité de sens

dont elles sont chargées



Je parcours aujourd'hui une étendue

où le vacarme et le silence s'entrechoquent



où le poème prend la forme de l'ombre

qu'il a mise en marche



Mieux,

le poème s'éclipse

devant ses conséquences



En d'autres termes



JE M'ORALISE

Commenter  J’apprécie          211
NadinePestourie   08 août 2008
Paralipomènes de Ghérasim Luca
e te lune

tu me nuage

tu me marée haute

Je te transparente

tu me pénombre

tu me translucide

tu me château vide

et me labyrinthe

Tu me paralaxe

et me parabole

tu me debout

et couché

tu m'oblique
Commenter  J’apprécie          180

Acheter les livres de cet auteur sur
LirekaFnacAmazonRakutenCultura

Listes avec des livres de cet auteur


Quiz Voir plus

Ecrivains prolifiques

Alexandre Dumas (père) a écrit un nombre pharamineux de romans et autres œuvres littéraires. Quel roman n’a-t-il PAS écrit ?

Joseph Balsamo
César Birotteau
Le comte de Monte Cristo
La reine Margot
Les compagnons de Jéhu
Vingt ans après

8 questions
134 lecteurs ont répondu
Créer un quiz sur cet auteur