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EAN : 9782380460148
112 pages
Éditeur : Petit à Petit (30/10/2020)

Note moyenne : 4/5 (sur 3 notes)
Résumé :
À Sétif, le 8 mai 1945, les Algériens ne célèbrent pas l’armistice. Ceux qui ont donné leur sang pour la France réclament désormais leur indépendance. Mais le rêve de liberté va se transformer en cauchemar. Un cauchemar qu’on finira par nommer, bien des années plus tard, la guerre d’Algérie.

Cet album retrace l’histoire de deux Algériens, Yacine et son fils Sélim, engagés dans la résistance armée, brutale et périlleuse.
La bande dessinée met ai... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Fandol
  17 décembre 2020
La guerre d'Algérie a profondément marqué l'Histoire de notre pays et ses conséquences sont encore bien palpables aujourd'hui. Trop de victimes innocentes ont payé de leur vie l'entêtement de la France à vouloir garder coûte que coûte l'Algérie française.
Des historiens ont écrit, des films ont été tournés, des bandes dessinées ont été éditées – beaucoup figurent dans les pages documentation – mais il est indispensable de rappeler encore ce qui s'est passé là-bas entre 1945 et 1962 et ce qui en a résulté ensuite.
Aussi, lorsque Babelio m'a proposé Une Histoire de la guerre d'Algérie, Docu-BD des éditions petit à petit, je n'ai pas hésité pour me rafraîchir la mémoire et revisiter une période bien douloureuse des deux côtés de la Méditerranée.
C'est la première fois que je lis ce type d'ouvrage bâti autour d'une bande dessinée, histoire de deux familles algériennes complétées par des pages documentaires essentielles, signées Isabelle Bournier et Olivier Petit) pour bien fixer dates et faits.
Jean-Claude Djian et Isabelle Bournier ont pu bâtir un scénario intéressant, émouvant, qui n'évacue aucun problème et permet de vivre à l'intérieur du drame débutant à Constantine, le 2 avril 1945.
Sergio Alcala a su donner formes et couleurs à l'histoire de Yacine, Mustapha, Sélim, Achour, Fatima, Djalila qui vont être pris dans la tourmente. Pour cela, le dessinateur a opté pour des couleurs sombres avec beaucoup de scènes nocturnes et des visages très expressifs.
Quand Yacine et Mustapha rentrent au pays, le 5 avril 1945, fiers de s'être battus pour la France, leur déception est grande d'avoir tant de peine à trouver du travail.
Mais voilà que se prépare une grande fête de la Victoire, le 8 Mai 1945, événement que les nationalistes algériens veulent exploiter pour affirmer leur volonté d'indépendance. le drapeau algérien, interdit par la France, est brandi. Un soldat tire et la réplique est instantanée. C'est le début d'une révolte matée durement. L'historien Guy Pervillé, en fin d'ouvrage, analyse ces événements et détaille leur complexité.
Il faut attendre 1954 pour voir reprendre la révolte à nouveau durement réprimée à Sétif, Bône, Blida, Guelma avec des morts, des morts… La guerre pour l'indépendance est lancée. le FLN (Front de libération nationale) est créé ainsi que l'ALN (Armée de libération nationale). le 1er novembre 1954, c'est la Toussaint rouge puis on dénombre de plus en plus de morts des deux côtés comme ces dizaines de colons tués à Philippeville, le 20 août 1955 et la répression qui s'ensuit.
Tout cela va durer jusqu'en 1962 avec des maquis, une bataille des frontières avec le Maroc et la Tunisie, des milliers d'appelés du contingent envoyés là-bas faire un service militaire à rallonge. Ceux que les Français nommaient les Fellaghas, ces Moudjahidins ou Djounouds n'hésitent pas à punir de mort leurs compatriotes qui collaborent ou sont simplement neutres. de son côté, l'armée française arrête, emprisonne, torture…
Enfin, il y a ceux appelés « pieds-noirs », européens bien installés en Algérie, certains prospères mais d'autres bien moins fortunés qui ont dû quitter l'Algérie en catastrophe en laissant tout. Les plus violents créent l'OAS (Organisation de l'armée secrète) et sèment la mort. le général De Gaulle, revenu au pouvoir en 1958, accorde l'autodétermination aux Algériens qui choisissent l'indépendance scellée aux accords d'Évian le 18 mai 1962, officielle le 3 juillet. Avec ça, rien n'est réglé car ceux appelés les Harkis, Algériens s'étant engagé dans l'armée française, sont abandonnés à leur triste sort, même si 138 800 d'entre eux ont pu tenter de vivre en France.
Il y aurait tellement à dire sur cette période dramatique de notre Histoire, sur ces dirigeants qui se sont arc-boutés pour conserver à tout pris un pays qui ne demandait qu'à suivre le mouvement de décolonisation. Tout cela a causé tellement de victimes, de règlements de compte comme c'est bien montré dans cette bande dessinée précieuse et instructive avec des pages de documentation claires et bien construites.

Lien : http://notre-jardin-des-livr..
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Meps
  03 février 2021
Je me suis essayé ces derniers temps à la bande dessinée "sérieuse", politique, moi qui suis habituellement plutôt adepte des BD soit humoristiques, soit d'aventures (soit des deux mêlés, encore meilleur !). J'avais découvert à quel point les bandes dessinées à visée pédagogique pouvaient également être agréables et pas seulement des supports de cours (des mauvais souvenirs d'enfance sans doute).
Quand j'ai vu dans cette Masse critique graphique (merci Babelio et merci aux édition Petit à Petit au passage) une bande dessinée sur le thème de la guerre d'Algérie, le clic a été rapide. le thème regroupe tout ce qui peut être intéressant dans ce type d'ouvrage: un moment complexe de l'histoire, fruit d'enjeux du passé et charnière pour le développement futur du monde ; des drames humains avec des déchirements inévitables entre personnes proches, des prises de position extrêmes, des débats qui sont tous sauf manichéen.
Le défi était donc de taille... et il n'est pour moi que partiellement réussi... et sans doute finalement parce que trop ambitieux. En effet, comment réussir à être à la fois complet, pédagogue et en même temps retranscrire un souffle historique sur une période aussi complexe en un seul volume d'à peine plus de 100 pages. L'ouvrage est du coup parfois un peu fourre tout, avec des doubles pages thématiques intercalées entre les planches qui veulent nous donner à la fois le contexte historique, les repères au niveau du lexique, des personnages clés, des citations d'hommes de l'époque, des conseils de lecture... Trop de choses en somme.
Et les planches de bande dessinée reviennent parfois sur les choses développées dans ces explications au lieu de se concentrer uniquement sur les hommes et leurs histoires, avec un effet de répétition pas forcément agréable. Même le graphisme, qui à certains moments à des choix audacieux et réussis sur les ambiances lumineuses, les couleurs, les cadrages, présente sur d'autres passages des flous que je n'ai pas su s'ils étaient volontaires ou parfois dus à un papier ou une impression mal choisis.
J'ai également regretté la double page finale qui est une sorte de tribune donnée à un historien pour donner sa version des évènements de Sétif. Pourquoi cet éclairage mis sur un évènement certes essentiel dans la guerre n'arrive-t-il qu'à la fin alors qu'il concerne le tout début de cette guerre et qu'on attendrait plutôt en fin de volume une ouverture sur les suites de l'histoire, voir sur l'époque actuelle.
Finalement cette ambition excessive est presque annoncée puis retirée dans le titre qu'on pourrait lire "Histoire de la guerre d'Algérie" (très pompeux)... mais nuancée par l'article "une" qui le précède, inséré dans l'étoile rouge reprise du drapeau... comme un aveu de l'impossibilité de l'exhaustivité sur un tel thème.
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AuPouvoirDesMots
  03 février 2021
1954/1962, c'est la guerre d'Algérie, désordonnée, violente, entre répression et mouvements de libération. La guerre de la honte pour une France qui ne veut pas renoncer à son empire colonial. Sept années de guerre pour mettre fin à plus d'un siècle de colonisation.
Les auteurs de cette bande dessinée ont choisi de nous expliquer cette guerre en suivant deux familles algériennes qui vont prendre deux chemins différents. Pour mieux éclairer le lecteur, des pages de documentation ont été glissées entre les planches, support utile pour qui, comme moi, connaît mal cet épisode de notre Histoire.
Les illustrations sombres, entre sépia et noir et blanc, appuient la violence de ces instants. Seuls les symboles forts sont colorisés comme le drapeau algérien ou le sang qu'il a fait couler pour pouvoir flotter au vent.
Cette bande-dessinée est une réussite tant dans l'effort pédagogique que dans l'approche dramatique et scénaristique.

Lien : http://www.aupouvoirdesmots...
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
FandolFandol   01 février 2021
Sélim mon fils, mon cœur est rempli de joie de t’avoir retrouvé. Rentrons chez nous tant qu’il est encore temps. Je connais la guerre. Elle ne donne rien de bon, si ce n’est le malheur.
- Laisse-moi ! Mais de quel chez nous parles-tu ? Ils nous ont tout pris. Jamais je ne rentrerai. Si tu as peur, va-t’en. Oublie-moi… Nous allons combattre à la vie à la mort ! (page 57)
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FandolFandol   17 décembre 2020
Les choses ont commencé à changer en Algérie depuis le débarquement des Américains. On nous a parlé de la charte atlantique qui dit que les peuples ont le droit de choisir la forme de gouvernement sous laquelle ils veulent vivre. Un vent de liberté souffle sur le pays, Yacine. (page 13)
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FandolFandol   01 février 2021
C’est après Philippeville que tout a basculé, Yacine. Trop de sang versé. Les Algériens ne supportent plus la répression.
- L’armée pratique la guerre psychologique comme en Indochine. Pour eux, l’enjeu c’est le peuple.
- Pour nous aussi, l’enjeu, c’est le peuple. Et nous châtierons durement les Algériens qui ne soutiennent pas la Révolution. (page 75)
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FandolFandol   02 février 2021
Décembre 1960, après l’annonce du général De Gaulle d’un référendum sur l’autodétermination, de violentes manifestations éclatent à Alger. Les Européens d’abord scandent leur désaccord. Puis les Algériens, leur enthousiasme. (page 94)
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FandolFandol   30 janvier 2021
Les Françaouis nous privent de nos droits. On est leurs esclaves. On a le droit de mourir pour défendre leur liberté ! Et notre liberté à nous ? (page 13)
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