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La Rose de Djam tome 3 sur 3
EAN : 9782367935362
L'Atalante (23/01/2020)
4.17/5   3 notes
Résumé :
« Un derviche n’a rien à lui et ne tend pas la main : il attend de trouver sous ses pas ce qui l’aide à vivre. Un derviche est fol aux yeux des hommes : tu devras jouer les imbéciles, muette obstinément. Ni mensonge, ni dévoilement. Ainsi, tu avanceras sous la protection du Pôle. Si tu en sors, même Lui ne pourra t’aider. » Sibylle a arraché la Rose de Djam au dragon. Mais rapporter la coupe aux Quarante sans tomber aux mains des Noirs et de leur roi-serpent, qui ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique

Sandrine Alexie poursuit la rédaction de sa série « La Rose de Djam » dont on peut saluer la vitesse de parution puisqu'elle en est déjà à son troisième tome en moins d'un an. Et la qualité est encore une fois au rendez-vous. « Le Pôle du monde » nous offre l'occasion de retrouver Sybille, Pèir Esmalit, Shudja et les autres dans la suite de leur quête de la rose de Djam, coupe légendaire porteuse de toute la connaissance du monde et convoitée par de nombreuses forces plus ou moins obscures. [Prenez garde au risque de spoilers si vous n'avez pas encore eu l'opportunité de vous plonger dans les deux précédents volumes.] le troisième opus de la série se situe dans la droite lignée des précédents avec lesquels il partage de nombreuses caractéristiques (reconstitution historique impeccable, personnalité fouillée des protagonistes, fluidité de la narration…) mais se distingue malgré tout par son appartenance à la catégorie des tomes de transition. Les personnages se retrouvent en effet scindés en des groupes de plus en plus éclatés et tout l'enjeu du roman consiste ici à les suivre sur la route vers la prochaine étape de leur parcours. Séparée de ses compagnons depuis la fin du premier tome et sortie victorieuse de son épreuve initiatique, Sybille arpente ainsi à nouveau des chemins connus mais doit à tout prix passer inaperçue, tant aux yeux des noirs que des Quarante à qui elle n'est plus tout à fait sûre de pouvoir faire confiance. Pour ce faire, son énigmatique protecteur a jugé bon de l'affubler du déguisement de derviche, tout en lui enjoignant de rester muette sous peine de voir disparaître le sort lui permettant d'échapper à ses poursuivants (un phénomène surnaturel aussi efficace que malcommode lorsqu'on ne voyage pas en solitaire). Les conditions sont donc loin d'être idéales pour la jeune franque qui pourra heureusement toujours compter sur sa propre débrouillardise. Pèir, quand à lui, se retrouve confronté aux fantômes de son passé alors qu'il est envoyé sur la route de Terra Nuova pour revenir « là où tout a commencé ». Shudja poursuit quant à lui ses va-et-vient énigmatiques qui l'entraîneront, entre autre, du côté d'Alamut et de son leader charismatique. Si les pérégrinations de chacun d'entre eux se révèlent tour à tour drôles, instructives, émouvantes, voire carrément captivantes, on ne peut toutefois nier que l'intrigue générale avance peu. Et pourtant, le roman est rempli de petits rebondissements qui parviennent chaque fois à relancer l'intérêt du lecteur qui finit par accepter le rythme imposé par l'autrice, voire même à apprécier la lenteur du voyage.

Le roman nous fournit en effet l'occasion de bien cerner les nouveaux enjeux apparus suite aux événements relatés dans les deux premiers tomes, mais aussi de laisser le temps aux personnages d'encaisser les épreuves très différentes qu'ils ont du affronter au cours de leur périple. Leurs pérégrinations servent aussi évidemment de prétexte à l'autrice pour développer encore un peu plus le contexte de ce Moyen-Orient de la fin du XIIe. Une époque et une région qui apparaissent ici bien loin des clichés habituels et dont on réalise qu'on sait finalement peu de choses. Sandrine Alexie, elle, possède un sacré bagage historique et linguistique, et c'est avec enthousiasme qu'elle le mobilise ici pour tenter de rendre compte de la richesse et de la complexité des relations entretenues entre la multitude de population cohabitant sur place à l'époque. Si l'autrice échappe à l'écueil (pourtant difficile à éviter dans le contexte) du « cours d'histoire », elle ne se prive pas en revanche de multiplier les digressions. C'est d'autant plus flagrant en ce qui concerne Sybille qui multiplie les lieux et rencontres qui n'ont, à priori, aucun rôle à jouer dans l'intrigue, mais qui permettent de présenter une spécificité culturelle propre à telle religion ou telle tribu. Périlleux, l'exercice aurait pu finir par lasser le lecteur mais il n'en est rien, tant les différents aspects historiques évoqués se révèlent passionnants. L'autrice rend à nouveau compte du formidable brassage culturel ayant lieu dans la région, mais aussi des relations de bonne entente entretenues entre les membres des différentes religions. Elle met également en lumière la condition de derviche, en prenant bien soin de nous expliquer en quoi elle consiste et ce qu'elle implique. L'autrice nous fait aussi découvrir l'aménagement et les services proposés par l'incroyable réseau de caravansérails développé partout en Orient et qui permettait à « un derviche, un géographe de terrain, un modeste caravanier, un étudiant ou un lettré sans le sou [de] parcourir le monde en trouvant gîte et couvert du nord de l'Inde jusqu'en Espagne. » Les (brèves) notes historiques qui viennent compléter l'ouvrage permettent d'ailleurs de revenir sur ces différents points et de mesurer, en partie, le degré de précision de la reconstitution.

Le charme du roman vient également de ses personnages qui se montrent toujours aussi attachants, Sybille en tête. C'est d'ailleurs un plaisir de la retrouver enfin après l'avoir presque perdue de vu dans le deuxième tome. D'autant que la châtelaine paraît plus en forme que jamais ! On reproche souvent aux personnages affublés de l'étiquette d'« élu » de trop se laisser ballotter par les événements, mais on serait ici bien en peine de taxer Sybille de passivité. La demoiselle est en effet dotée d'un sale caractère qui pourrait la rendre agaçante si elle n'était pas aussi dotée d'un solide sens de l'humour et si elle ne se montrait pas si dure au mal. de toutes ses qualités, c'est toutefois sa volonté de ne pas se laisser dicter sa conduite, même par ceux qu'elle aime le plus au monde, qui lui donne le plus d'envergure et la rend aussi sympathique aux yeux du lecteur. On retrouve également avec grand plaisir le mercenaire gascon Pèir, même si c'est à son tour de s'effacer un peu du devant de la scène. le guerrier bénéficie cela dit de beaux moments, notamment une confrontation avec un groupe de chevaliers inattendus qui marque durablement les esprits. Shudja est lui aussi peu présent, mais les quelques scènes dans lesquelles on le retrouve suffisent à nous rappeler pourquoi on apprécie le personnage, aussi rude et inflexible qu'il puisse paraître. le roman fourmille également de quantité de personnages secondaires à qui l'autrice parvient systématiquement à donner de la consistance, qu'ils aient un rôle à jouer dans l'intrigue ou qu'ils ne servent que de « figurants » dans une quelconque péripétie. Un mot, pour terminer, sur la plume de l'autrice qui se révèle toujours aussi fluide tandis que l'emprunt de termes propres au franc, au gascon, au kurde ou à l'arabe demeure agréable et bien dosé. le ton est quant à lui un peu plus léger et, même si le roman comprend son lot de scènes graves, on est frappé par l'humour qui se dégage de certaines scènes particulièrement cocasses et qui permet de mettre en lumière un paradoxe ou une incohérence propre à telle religion ou telle tradition.

Troisième tome de la série « La rose de Djam » entamée l'an dernier par Sandrine Alexie, « Le Pôle du monde » ravira les lecteurs ayant déjà succombé au charme de cet Orient du XIIe plein de magie, de mystères et d'aventures. Certes, l'intrigue avance peu, mais il serait néanmoins dommage de bouder son plaisir de pouvoir s'immerger aussi pleinement dans une époque et une région dont on connaît finalement trop peu la richesse.


Lien : https://lebibliocosme.fr/202..
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Troisième tome de cette série qui me laisse un sentiment mitigé : d'un côté, les longueurs et l'emploi excessif de termes d'époque me conseillent d'arrêter les frais ; d'un autre, les personnages sont attachants et j'aimerais bien savoir comment tout cela va s'achever, ce qu'il va advenir de Sibylle, de Pèir, de Shudjâ' ou de Yahya.

D'autant que j'ai fini par m'habituer à cette tendance de Sandrine Alexie à utiliser de (trop) nombreux mots aux consonances anciennes (« enfançon », « guenilleux », par exemple) ou des expressions imagées (« malaise des tripes », « coupeurs de route dépenaillés », et bien d'autres). D'autant que j'ai fini par ne plus trop me perdre dans les multiples noms donnés aux mêmes personnages. D'autant que j'ai fini par apprécier la musicalité des noms de lieux, même si je suis totalement incapable de reproduire les chemins empruntés par les différents héros au cours de leurs nombreuses pérégrinations (et ils voyagent, dans ce roman, sans bien savoir où ils vont, d'ailleurs). D'autant que j'ai fini par sourire systématiquement au ton légèrement détaché et ironique de l'autrice, qui sait mettre de l'humour dans pas mal de situations tragiques (surtout quand on en vient à croiser tous ces peuples, toutes ces religions et qu'il suffirait d'une étincelle pour que tout dégénère : mais il faut croire qu'à cette époque, en tout cas chez Sandrine Alexie, on savait mieux vivre en bonne entente malgré les différences… ou en tout cas, on ne s'étripait pas au moindre prétexte).

Autrement dit, j'ai plus apprécié ce troisième tome que les deux premiers. Est-ce parce que cela bouge plus, qu'il y a plus d'action ? Peut-être. Même si, après tout, les personnages passent plus de temps à s'interroger sur le but de leurs voyages, voire à tourner en rond qu'à réellement agir. Mais j'ai été plus sensible au charme et à la poésie gouailleuse de l'autrice. Et j'ai vraiment pris plaisir à cette lecture et à la proximité avec ses personnages. Ce qui a rendu plus frustrante encore la fin. Alors que j'espérais une conclusion (quand on regarde les tranches des trois premiers volumes, elles semblent former un ensemble, un dessin terminé), je me suis retrouvé abandonné au milieu de rien, au milieu de tout. Rien n'est réglé, tout est ouvert. Ne reste plus qu'à attendre la suite. Avec impatience.

Challenge multi-auteures SFFF 2020

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Au catalogue des nouveautés des éditions L'Atalante, il y a des titres qui sont très attendus. La suite de la Rose de Djam de Sandrine Alexie en fait clairement partie.

Avec le Pôle du Monde, on replonge pour la troisième fois dans ce cycle très immersif où plane un vent d'évasion.

J'ai plaisir à retrouver la compagnie de Sibylle, de Peir Esmalit ou de Shudjâ. Alors que notre "mule franque" a mis la main sur la Rose de Djam et tente, par des chemins détournés, de retrouver les Quarante pour leur remettre ce précieux calice, Esmalit, lui, est mise à l'épreuve. C'est le moment pour lui de se montrer digne d'être le véritable seigneur de Terra Nuova. Quant au Loup de Daylâm, depuis qu'il a survécu aux tortures des Frères de la Droite Voie, il a compris qu'un traître se cache parmi les Quarante et que sa protégée court un grave danger. Pour tous, les événements s'accélèrent, alors ils n'ont pas d'autres choix que de se laisser emporter par ce maelstrom d'aventures qu'ils ne contrôlent pas. Même le sage Shudjâ n'a pas prise sur tout.

Voici un roman qui apporte son lot de surprises et fait monter la tension dans l'action. L'autrice lève le voile sur la traîtrise qui compromet la mission de Sibylle. On prend conscience de l'étendu du danger qu'encourent nos héros sans pour autant bien percevoir toute sa portée. Les enjeux mises à jour sont complexes.

On prête à cette Rose de Djam de tels pouvoirs qu'elle attise forcément la convoitise. Elle est un peu ce que l'Anneau unique a été pour Sauron dans les romans de J.R.R. Tolkien : un objet de puissance auquel les faibles ne résistent pas. C'est le motif de la quête que doivent mener ici les protagonistes de Sandrine Alexie. C'est l'élément fondamental de ce cycle qui agite autant l'avidité des personnages que notre curiosité de lecteurs et d'aventuriers.

Mais que serait un bon roman sans de charismatiques héros ?

Sandrine Alexie l'a bien compris et a intégré à son récit des personnages bien trempés, comme sa Sibylle qui n'hésite pas à s'aventurer seule sur les routes dangereuses du Moyen-Orient. Fougueuse, elle ne recule devant aucun péril, pas même face aux mercenaires que lui envoie la Droite Voie. Avec elle, Sandrine Alexie nous brosse le portrait d'une héroïne attachante que l'on n'a pas envie de quitter.

Ne passez pas à côté de cette écrivaine de talent !

Pour en savoir plus, allez sur Fantasy à la Carte


Lien : https://fantasyalacarte.blog..
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation

Marcher tout le jour en pissant le sang, sans pouvoir me changer, sinon en prétextant un mal d’entrailles… Ni Yahya, ni le Deuxième n’ont ces soucis !

En fait, elle n’était pas loin de tomber d’accord avec Yokhannân : pouvant choisir entre deux mâles, dont l’un était bâti comme un robuste beau coq, et dépit de tous les jeûnes qu’il s’imposait, pourquoi le Pôle avait-il préféré une femme ?

Parce que, quand il s’agit de jouer les derviches, Yahya n’a pas beaucoup à se forcer ! Mais ça, c’est bien la confrérie des « fort-membrés-doubles-couilles » : pour jouer de la gueule et fanfaronner, tout le monde est là ! Par contre, quand il faut y aller...

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Et voilà ! gémit-il. Nous avons offensé le Cavalier du printemps, et il s’en est allé, sans bénédiction pour nous ! Je sens que le lait de nos chèvres va tourner, sans compter celui de nos épouses. Mon pauvre enfançon, mon fiston, voué à dépérir et à quitter cette terre, en l’ayant si peu connue !

-Il l’a d’autant moins connue qu’il n’est pas né, ton fils, ô frère de l’Âne, et qu’aux dernières nouvelles il n’est pas près de le faire, vu que tu es eunuque.

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Pour toi, un bon chef, c'est celui qui te mène au butin ou te sauve la peau. Rien d'autre ! Mais pour le commun des fils d'Adam, observe bien que la plupart sont plus épris de défaites que de victoires. Ce n'est pas le gain qu'ils recherchent, mais le gain dans la perte. (p.49)

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Trop de saints, vois-tu, ça en déprécie un peu la valeur. Si tout le monde envoie ses derviches sur les routes, ça va finir par être un peu encombré. (p.107)

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Revenir sur ses pas quand on a fait fausse route, c'est encore ce qu'on peut faire de mieux. (p.94)

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