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EAN : 9782823600629
204 pages
Éditeur : Editions de l'Olivier (23/08/2012)

Note moyenne : 2.88/5 (sur 32 notes)
Résumé :
«Gray était amoureux. Anna, non.
Gray dormait mal. Il errait dans la maison, contemplait ses verres d'eau ou la surface de son bain dans l'espoir de la voir lentement apparaître, comme une inconnue photographiée émerge peu à peu, affleure dans un bac de développement. Il se découvrit tout un imaginaire, toute une érotique des chambres noires. Anna lui manquait toujours, même lorsqu'elle était là. Il la sentait circuler autour de lui, la nuit; en lui, même - s... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
d1404micado
  03 avril 2020
Le récit commence par les « notes de conservation », passages très courts à propos d'oeuvres d'art et de leurs techniques de conservation.
Nous basculons ensuite directement dans la description de la rencontre de Gray, un intellectuel un peu naïf, avec Anna, photographe célèbre, divorcée, vivant dans la même maison que son ex-mari, John, écrivain. Gray tombe très vite amoureux d'Anna et emménage chez elle.
À la mort de John Volstead, Gray est chargé par le testament de celui-ci de mener l'enquête à la recherche d'une mystérieuse et insaisissable collection Castiglioni.
La narration se présente comme une photographie dont l'auteur nous fournirait aussi le négatif à deviner. C'est une boucle figurant les mythes d'Eurydice et de Perséphone où l'amant descend au sous-sol reprendre le coeur et le passé innocent de sa belle afin de mieux la posséder puis la conserver à jamais. La mise en abyme est permanente, l'auteur rappelle la quête précédente ensuite par la recherche de cette mystérieuse collection après la mort du mari. Une collection inaccessible, comme la quête de la vie éternelle, de l'amour, de la présence à soi et aux autres. Une aspiration qui pourrait figurer la recherche par l'Homme de la perfection, du bonheur ou tout simplement du saint Graal : le but de l'existence. L'angoisse de la mort paraît en transparence par la notion permanente et répétitive d'absence dans le récit. le style est tout à fait abordable dans la lecture. Toute la complexité du roman est dans les mises en abyme et dans les différentes possibilités d'analyse des tableaux de l'histoire.
J'ai passé un moment intéressant et je lirai peut-être d'autres ouvrages de cette auteure s'ils ne concernent pas l'art pictural, sujet dont je ne suis pas forcément adepte dans le roman.
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Fantine
  11 avril 2013
Ayant eu, tout à fait par hasard, entre les mains, ce titre de Jakuta Alizkavazovic, je l'ai emprunté par curiosité, et, j'avoue avoir été déçue par ma lecture.
En effet, j'ai été quelque peu désorientée par le fil conducteur de l'intrigue que j'ai eu beaucoup de mal à comprendre – voire même pas du tout compris – et, je me suis également, demandée où voulait en venir l'auteur. Par moment, je me suis ennuyée en suivant les pérégrinations, et, autres réflexions philosophiques du héros. Ces dernières sont pour moi sans intérêt.
Même si je n'ai pas apprécié outre mesure ma lecture, je reconnais que ce roman peut plaire à certains.
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Bazart
  17 juin 2013
Récit éclaté, notamment par sa chronologie, cette blonde et ce bunker, 3ème ouvrage de Jakuta Alikavanovic, mais premier que je lis de cette jeune auteur serbo-monténégrine, est à la fois érudit et très particulier...sorte d'OVNI qui est à la fois un livre sur l'art, un thriller, un roman d'amour, on est parfois un peu paumé, mais je reconnais quand même que l'écriture est superbe et l'oeuvre, assez fascinante...à lire pour partir à la rencontre d'une contrée littéraire peu commune...
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antibouille
  10 janvier 2013
Un livre surprenant.Par son histoire incroyable d'un jeune homme qui hérite de l'ex-mari de son amante, d'une ligne ou d'une phrase..."A Gray : elle prétendra avoir tout détruit.Elle mentira. Je ne suis pas sûr d'en savoir plus (Collection Castiglioni)" voilà le point de départ d'une enquête improbable autour d'une collection éphémère...Surprenant également par sa construction qui enchevêtre cette recherche avec sa propre vie amoureuse.Surprenant encore par son écriture ludique aux phrases déstructurées qui restent toutefois claires et précises.Surprenant enfin par son érudition sur l'art photographique entre autres et ses références artistiques...si vous acceptez d'entrer dans l'univers de cet auteur, je vous promets un grand plaisir de lecture et de découverte littéraire.
Vous l'avez compris, il faut lire "La blonde et le bunker" de Jakuta Alikavazovic .
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Brize
  13 octobre 2018
A sa mort, l'écrivain John Volstead a légué à Gray une ligne de testament énigmatique se référant à une mystérieuse Collection Castiglione.
John Volstead était l'ex-mari de la blonde et distante Anna, une photographe fascinée par les lumières artificielles, dont Gray était tombé amoureux. Gray s'était vu octroyer une petite chambre où elle venait le retrouver, dans leur maison en forme de bunker dont John occupait encore le sous-sol. Et, régulièrement, elle détruisait l'exemplaire d'une photo grand format où l'on voyait son mari signer un autographe sur le front d'une jeune femme blonde lui ressemblant.
Des pans de ce passé ressurgissent en même temps que Gray part en quête d'une Collection dont les apparitions sporadiques ne laissent que des traces fugitives de par le monde…
Singulier (et fort bien écrit), « La blonde et le bunker » réussit à accrocher son lecteur avec quelques fils narratifs improbables, où les réflexions sur l'art (photographie et cinéma compris) et sa conservation mêlées à celles sur le mythe d'Eurydice, la thématique du classement ou encore des doubles, croisent les vies de personnages dont nous ne saurons guère que ce qui les lie, mais cela fonctionne (pour peu que l'on ait envie de lire quelque chose de différent), on tourne les pages, intrigué, intéressé et curieux de ce qui va advenir.
Ce roman est doté d'un indéniable pouvoir de fascination, on pense au surréalisme, ou à l'absurde, on a l'impression de se promener dans un univers (un film) étrange, en noir et blanc, au sein duquel il reste toujours des non-dits.
Je craignais, néanmoins, d'être déçue par une fin en impasse ou ouverte (trop facile, je trouve, quand on ne se sort plus de ce qu'on a créé), mais l'auteur avait concocté un dénouement-résolution du mystère en bonne et due forme que j'ai trouvé fort malin (et avoir cru à tort qu'elle allait se jouer de nous m'a amusée).
Lien : https://surmesbrizees.wordpr..
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critiques presse (1)
Telerama   27 novembre 2012
A quoi bon raconter l'intrigue, elle est fumeuse au sens physique du terme, comme dans un film d'Orson Welles, mais envoûtante de bout en bout.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
Charybde2Charybde2   17 mai 2016
Gray héritait d’une ligne.
Il pensa au départ que c’était une façon de parler – mais non ; l’avoué n’avait pas coutume de jouer avec les mots. Gray héritait d’une ligne. Dans le document (par ailleurs incontestablement valide, rédigé par le testateur, le mort lui-même, avec une précision maniaque et une connaissance inquiétante, presque surnaturelle, du genre), il était littéralement interpellé. Ou était-ce une erreur ? Quoi qu’il en soit, il était mentionné à la fin d’une longue liste de récipiendaires.
À ma fille Estella ________
À ma première épouse Anna _______
Ces dispositions tombaient sous le coup du secret professionnel, mais le notaire, qui en avait pourtant vu d’autres, avait été si troublé par un point en particulier qu’il en fit part à Gray, alors même que cette indiscrétion ne lui ressemblait pas : il lègue les murs à l’une et les sols à l’autre – il faudra tout arracher (du si beau marbre ; du si beau bois) – mais qui fait cela ? Il était visiblement ému de ce vandalisme gratuit, de ce démembrement pervers intimé d’outre-tombe.
C’était tout à fait dans l’esprit du défunt, estima Gray.

Omission ou parti pris, la ligne qui lui était léguée ne respectait pas la structure habituelle. Gray : elle prétendra avoir tout détruit. Elle mentira. Je ne suis pas sûr d’en savoir plus (Collezione Castiglioni ?). Gray se sentit interpellé. Il sut immédiatement de quoi le mort l’entretenait. Au reste, cela faisait longtemps qu’il ne l’avait pas gratifié d’une phrase complète, leurs échanges vers la fin tenant de grognements ironiques et de regards sournois.
Gray prit sa ligne d’héritage, ou son héritage d’une ligne – ce qui revient au même – et quitta la ville.
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rkhettaouirkhettaoui   23 décembre 2012
Il s’était prononcé en faveur de « cette notion désuète qu’est le mystère » ; il jugeait néfaste de chercher à voir plus que ce que le peintre avait résolu de montrer. Étudier un tableau de cette façon, c’était se méprendre sur la nature de l’art
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rkhettaouirkhettaoui   23 décembre 2012
Il ne dit pas davantage qu’il maîtrisait le jargon des assurances comme une langue maternelle ; ni qu’il savait tout de la douleur ; préférant passer pour un imbécile plutôt que de lui livrer cette dernière part de lui-même
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rkhettaouirkhettaoui   23 décembre 2012
La femme sur cette photo était sa plus grande rivale. Elle ne vieillissait pas, elle ne se dévoilait pas, dans l’instant qu’avait duré la prise elle avait joui de toute l’attention de John. De son attention pleine et entière : ce qu’aimer veut dire.
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rkhettaouirkhettaoui   23 décembre 2012
Son histoire d’amour, donc, n’avait été qu’une expérience, un temps d’acclimatation. Ou d’incubation. Elle lui avait inoculé quelque chose, à son insu, et sa structure profonde avait changé.
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Videos de Jakuta Alikavazovic (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jakuta Alikavazovic
Avec Jakuta Alikavazovic, Keren Ann, Cynthia Fleury, Irène Jacob & Emmanuel Noblet Soirée animée par Sylvia Minne
Venez fêter la lecture ! Des artistes invités – comédiens, musiciens, écrivains – répondent en public au fameux questionnaire du site Readingwild.fr. Que leur apporte l'acte de lire ? Qui sont leurs auteurs favoris ? Quels livres ont changé leur vie ? Chaque artiste dévoile au cours de cette soirée son rapport à la lecture et ses livres préférés. Et partage avec le public des poèmes et des textes aimés – pages choisies dans sa bibliothèque idéale.
Reading Wild est une communauté de 25 000 booklovers sur les réseaux sociaux. le projet voit le jour en 2013. Sylvia Minne a l'idée de collecter sur la toile des photos de lecteurs iconiques : James Dean, Marilyn Monroe, Joaquin Phoenix, Janis Joplin, ou encore Patti Smith … Elle constitue un fil instagram résolument moderne, rock. Dans le même temps, Sylvia propose à la photographe Francesca Mantovani de créer l'exposition « Lecture, Mon Amour » avec des portraits d'artistes booklovers d'aujourd'hui. Elle lance dès 2015 son site readingwild.fr qui décline des interviews écrites de ces grands lecteurs, mais aussi des podcasts et des vidéos qui célèbrent la lecture.
Soirée dans le cadre de la Nuit de la lecture.
À lire – Collectif, Pourquoi lire, éd. Premier Parallèle, 2021.
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