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ISBN : 2757871609
Éditeur : Points (16/08/2018)

Note moyenne : 2.97/5 (sur 45 notes)
Résumé :
Paul, étudiant le jour, gardien dans un hôtel la nuit, est fasciné par Amélia, l’occupante de la chambre 313. Tout chez elle est un mystère : ses allées et venues sur l’écran de surveillance comme les rumeurs qui l’entourent – un père for - tuné, une mère poétesse disparue, une indépendance inouïe... Un soir, Amélia descend le retrouver à la réception. Ils s’aimeront passionnément. Puis Amélia disparaît. Paul ignore alors qu’elle s’est rendue à Sarajevo, à ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
Bazart
  20 décembre 2017
Sur les bancs de l'université Paul va rencontrer Amélia. Il vient d'un milieu modeste, elle vient d'un milieu aisé. Il travaille comme gardien de nuit à l'hôtel Elisse. C'est là qu'elle y vit chambre 313.
le nouveau roman de l'auteur de la Blonde et le Bunker se mérite par son exigence, et aborde des problématiques , nombreuses et complexes. liées intimement à l'auteur , des questions qui tiennent à l'histoire de sa famille et à l'histoire de l'ex Yougoslavie
Une intrigue particulièrement retorse qui se construit pour se déconstruire inlassablement et qui sollicite la grande capacité de concentration d'un lecteur qui ne pourra pas rater des pages au risque de ne plus rien comprendre.
Un texte dense, précis et et exigeant qui demandera certes au lecteur une grande attention mais celle ci sera récompensée tant le roman est aussi intelligent que de grande qualité littéraire .
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lucia-lilas
  27 août 2017
Paul, étudiant en architecture, travaille comme gardien de nuit à l'hôtel Elisse. C'est le lieu qu'a choisi Amélia Dehr pour vivre, chambre 313. Dans son sillage, la jeune fille laisse planer sur elle mille légendes, mille rumeurs. On ne sait pas vraiment qui elle est : peut-être une étudiante richissime, héritière des hôtels Elisse, peut-être une femme à hommes… On dit que « quand elle entre dans une pièce, quelqu'un sort en pleurant. » On en dit tellement sur elle qu'elle en est devenue « une métastase de clichés ».
Si bien que la première fois que Paul voit Amélia (de la même façon qu'Aurélien vit Bérénice chez Aragon), il la trouve « plus petite et moins symétrique, les traits moins légendaires... » « C'est ça, Amélia Dehr ? » s'étonne-t-il. Bref, Paul est un peu déçu. Mais bon, peut-être, est-ce comme cela que naissent les belles histoires d'amour…
Paul, de son poste, observe via les caméras de surveillance de l'hôtel celle qu'il va aimer, l'amour de sa vie.
Ils suivent ensemble les cours d'une certaine Anton Albers, auteur d'une thèse « d'histoire sur la nuit, et d'une thèse d'économie sur la nuit, et d'une thèse d'urbanisme sur la nuit... » Dans les années 60, Anton Albers a fréquenté des artistes, rencontré et peut-être même aimé la mère d'Amélia… Son cours a pour sujet « la ville de demain » mais finalement, l'essentiel de son propos porte sur un sentiment : la peur. Peut-être les deux thèmes sont-ils intrinsèquement liés…
Paul n'est pas bien sûr de comprendre le sens des propos d'Albers, de ses digressions infinies sur la nuit. Amélia, elle, est toujours présente et attentive, certainement parce qu'Anton Albers est le seul lien qui lui reste avec sa mère disparue, une mère qui l'a abandonnée pour « empêcher une guerre » et qui en est morte. Une femme qui a quitté son pays « comme on quitte une robe trop petite » et au moment où a éclaté la guerre en ex-Yougoslavie, elle s'est installée à l'Elisse de Sarajevo  parce qu'elle considérait que « sa place était là ». Elle voulait dire au monde ce qu'elle voyait, et écrivait de la « poésie documentaire » considérant que c'était là une forme d'art qui aurait peut-être permis d'arrêter la guerre, « parce qu'elle pensait qu'il fallait trouver les mots pour la dire… »
Et que c'était justement le rôle de la poésie.
Mais elle ne revint jamais. Il reste juste à Amélia une boîte en carton remplie de poèmes que la jeune fille refuse de lire pour se venger d'avoir été abandonnée, elle, la gamine dont on a gâché l'enfance en la laissant seule dans un monde d'adultes sans amour.
Amélia, qui décide qu'elle a « autre chose à faire que d'être amoureuse. Être amoureuse c'est une façon de ne pas vivre », quittera Paul, retournera chercher sa mère dans un lieu, Sarajevo, où l'on s'empresse de tout reconstruire, au plus vite.
Mais reconstruire, c'est précisément effacer les traces de la guerre, de ce qui a été et donc les traces de la mère. Amélia supporte mal « l'obscénité de la reconstruction », considérant l'effacement comme un crime, mettant de la résine dans les trous d'obus pour qu'ils ne soient pas rebouchés, pour que l'on ne fasse pas disparaître les traces de l'Histoire.
Car pour ceux qui avaient vécu dans cette ville en guerre, « la ville était leur mère. La guerre était leur mère. » Que reste -t-il de la réalité, de la vérité si on l'oublie ?
 L'avancée de la nuit est l'histoire de deux jeunes gens traversant leur existence tels des fantômes sans trouver la porte de sortie, s'épuisant à la recherche d'une issue vers la lumière, vers la liberté, deux jeunes gens qui, finalement, ne parviennent pas à se réaliser, à s'incarner, à trouver un sens à leur vie dans ce monde moderne.
Que faire ? S'engager ? Lutter ? Créer ? Aimer ? Renoncer ? Se protéger ? Ou disparaître ?
« Qu'est-ce que tu sauverais du XXe siècle ? » demande Amélia à Paul. « Ma peau » dit-il.
Amélia ne sauvera pas la sienne (on le sait dès la première page), se suicidant, trouvant dans ce geste une ultime forme d'art, une ultime liberté, peut-être impossible à trouver ailleurs , que ce soit dans l'art ou dans la vie.
Paul, de son côté, renoncera, abdiquera, dans une terrible attitude de repli comme il le dit dès les premières lignes du roman: « Il s'était dit qu'ils pourraient se fondre dans les lieux, dans le décor, et que c'était peut-être cela, le bonheur, ou ce qui s'en approchait le plus. Une vaste entreprise de camouflage... »
Se cacher pour être heureux, se dissimuler sous une large couverture épaisse comme la nuit et, peut-être même, fermer les yeux, les verrous, les portes blindées et les chambres fortes. (Paul fera d'ailleurs fortune « dans la sécurité », une forme de renoncement…) Quand on ne peut agir, on se protège, on se calfeutre, on s'enterre...
Finalement, les futures générations, incapables d'échapper à cette nuit qui avance au même rythme qu'elles, recouvrant et anéantissant toutes leurs ambitions, leur soif d'absolu, les empêchant de s'épanouir et d'être heureuses, décideront de rester dans cette nuit, d'y vivre, de s'y planquer même, d'en profiter, qui sait, pour n'y être plus rien : « Ce qu'ils recherchaient, c'était la nuit, ce que la nuit faisait à la ville, à ses parcs, à ses musées. Tout était plus mystérieux alors, tout semblait plus franc. Ils voulaient être des chats, être des ombres, échapper à ce regard permanent qui pesait sur tout, tout le temps, et semblait les sommer de rendre des comptes, de choisir leur camp dans des luttes qu'ils ne souhaitaient pas vivre. » Des générations vouées à s'occuper d'elles-mêmes, de leur petit nombril et de leurs enfants, « leur petit matériel génétique »...
L'avancée de la nuit est le roman d'un accomplissement raté et d'une quête de sens impossible, qui semble se perpétuer de génération en génération, c'est l'histoire de ceux qui cherchent à sortir de cette prison de ténèbres entravant leurs gestes, qui se débattent pour trouver un sens à leur existence et être libres mais comme le dit Anton Albers : « On ne peut rien glisser entre une personne et sa liberté… Ni ses soi-disant responsabilités, ni même ses enfants. La liberté est une peau que nous portons, et comme la peau, elle a plusieurs couches et ne s'ôte qu'à grand prix. »
On n'est pas libre qu'à moitié.
Le roman de Jakuta Alikavazovic est un texte dense et exigeant de par les problématiques qu'il brasse, à la fois riches, nombreuses et complexes. On ne s'y précipite pas, on le lit, on le relit pour y découvrir toute sa profondeur et son extraordinaire construction.
Son écriture précise, intense, puissante demande au lecteur de l'attention, de la concentration car les nuances sont à prendre au sérieux. Un mot va faire bifurquer le sens du texte, un ajout retournera la situation, une parenthèse viendra réduire à néant la phrase précédente. La phrase avance en se corrigeant, en se précisant sans cesse. Tout se combine, se construit, se déconstruit inlassablement, image même du monde insensé qui est le nôtre...
Lien : http://lireaulit.blogspot.fr/
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Ogrimoire
  22 août 2018
Voilà bien un livre qui ne peut pas laisser indifférent. On adore, ou on déteste. Et, parfois, sans doute, on fait un peu les deux en même temps.
Pour ma part, pendant les 150 premières pages, j'ai vraiment souffert. Paul est bizarre, Amélia pas très nette. Et, surtout, la progression de leur histoire nous est racontée à coup de phrases longues et alambiquées, qui accumulent les réitérations. J'ai eu un mal à rentrer dans l'histoire ! J'ai été totalement insensible à la poésie de cette langue, qui m'a semblé à la fois trop alambiquée et, surtout, excessivement artificielle.
Et puis on entre dans une autre phase. Paul élève seul sa fille, et l'on a alors une description de ses angoisses. Il veut évidemment protéger sa fille, de tout, de tous, et surtout d'elle-même. Il va tout de même jusqu'à lui faire poser une puce électronique, à son insu, pour pouvoir la retrouver où qu'elle puisse être. Une angoisse de père assez extrême, n'est-ce pas, mais que l'on peut presque comprendre, sinon partager.
Le plus beau passage, pour moi, est peut-être celui où la petite Louise, avec son grand-père, libère les oiseaux qu'ils élevaient ensemble. Ici, la poésie est parvenue à prendre le dessus…
Mais il reste une série de passages pour lesquels je ne comprend pas réellement – voire pas du tout – de quoi l'auteure parle. Par exemple, lorsqu'elle évoque le sable :
« Plus elle s'enfonce dans le coeur contemporain des ténèbres, plus les hommes lui semblent usés, du sable niché profondément dans les rides du visage, les plis de la peau, des grains à jamais collés à la commissure des lèvres, au coin des yeux, formant des larmes qui ne coulent pas, à jamais captives de la paupière, des pleurs mécaniques mais perpétuels et perpétuellement retenus qui sont, qui pourraient être en ces lieux désolés, un instrument d'optique. »
Le paragraphe dont est tiré cette – longue ! – phrase se termine alors par :
« Et tous ces hommes sont las, et tous s'appuient sur des fusils, qui sont parfois la somme de trois armes différentes. »
Du coup, des passages entiers m'ont semblé être excessivement travaillés, purs exercices de style dont je ne perçois pas l'apport à l'histoire. Et il faut ensuite attendre les sept dernières pages pour retrouver un passage émouvant, une très jolie fin, d'ailleurs.
Le thème qui m'a le plus parlé, c'est celui de la parentalité. Qu'est-ce que cela veut dire, être parent ? Que transmet-on, volontairement et involontairement ? Et que nous transmettent nos enfants, dans le même temps ? Ce n'est pas forcément le sujet de ce livre, mais cela m'a parlé…
Clairement, ce livre m'a laissé sur le quai. À quelques fulgurances près, je n'ai pas réussi à entrer dans cette histoire, dont la poésie m'a semblé un peu forcée par moments. En même temps, il essaye de dire quelque chose de l'ordre de l'indicible, sur l'amour, la nuit et la peur dans nos sociétés, dans nos villes, ce qui ne peut pas lui être reproché. Toujours est-il qu'à l'exception des deux passages signalés, je n'y ai pas pris de plaisir, sans en tirer non plus de grand message sur la guerre ou la peur, parmi les sujets évoqués. de ce « grand roman d'amour et d'épuisement », comme le définit le Monde, c'est essentiellement l'épuisement qui m'est échu…
Lien : https://ogrimoire.wordpress...
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Hardiviller
  08 février 2018
La quatrième de couverture indique au lecteur non averti un aperçu de qui est l'auteure . Cette dernière , à cheval sur plusieurs cultures use d'une écriture singulière qui convient merveilleusement bien à l'analyse du personnage principal ( Paul ) de ses peurs , de sa difficulté d'être , de son rapport aux femmes . J'ai eu l'impression au fil de la lecture de découvrir un style nouveau mais qui ne serait pas le résultat d'une volonté de se démarquer d'une tournure plus classique , quelques chose de naturel à cet écrivaine , son style . N'ayant rien lu d'autre d'elle , je ne puis être affirmatif la dessus . Voilà pour la forme . Résumer ce livre a déjà été fait , inutile donc , de se répéter . Le fond est , quant à lui , intéressant du point de vue de la vision de l'auteure sur les troubles d'un jeune homme à s'affirmer socialement , à se construire en dehors de références posées . Donc 4 étoiles me semblent méritées pour la nouveauté du style et l'originalité des analyses sur un sujet pas souvent abordé par une auteure .
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Pirouette0001
  03 janvier 2018
Extrêmement fortement conseillé par ma libraire -et par le magazine Lire aussi du reste- , je n'ai pas dépassé les cinquante premières pages.
J'ai trouvé le style pédant, le propos pas du tout enthousiasmant, le style mal fichu, je reste certainement aux premières marches de ce qui doit être un monument littéraire à ce que j'entends. Bien sûr, je ne suis pas très littérature française contemporaine, mais z'enfin, je pense aimer les belles écritures, ce qui n'est pas le cas, à mon humble estime.
Destination la prochaine "book box" où assurément ce livre pourra trouver lecteur plus complaisant que moi.
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critiques presse (7)
Actualitte   18 janvier 2018
L’Avancée de la nuit est un roman à la beauté quasiment insupportable. Un livre qui vous irradie, se lit comme on avale une boisson forte, à petites gorgées, qui vous brûle la gueule et vous troue le ventre.
Lire la critique sur le site : Actualitte
LePoint   22 décembre 2017
Avec ce récit noir et solaire sur fond de fantômes intimes et collectifs, où passe l'ombre de la guerre des Balkans, Jakuta signait en cette rentrée un retour incandescent.
Lire la critique sur le site : LePoint
Bibliobs   06 novembre 2017
Goncourt du premier roman en 2008, Jakuta Alikavazovic confirme son talent avec une “love story” impossible, entre Paris et Sarajevo.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LeFigaro   20 octobre 2017
À travers le destin tumultueux d'un couple, Jakuta Alikavazovic brosse le splendide portrait d'une femme fantasque et rétive.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LaLibreBelgique   26 septembre 2017
D’une plume éblouissante, Jakuta Alikavazovic emporte avec l’histoire singulière d’un amour singulier.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LeMonde   25 août 2017
Grand roman d’amour et d’épuisement, « L’Avancée de la nuit » est, surtout, hanté par le souvenir de la guerre en Bosnie.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LeJournaldeQuebec   16 août 2017
Un roman tout en demi-teintes qui nous permet de découvrir la très noire histoire d’une jeune femme hantée par le tragique passé de sa mère.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
michelekastnermichelekastner   18 octobre 2018
Un cheval de Troie. L'amour pour nos enfants est la façon dont un monde indéfendable paraît défendable et est pour, finir, défendu. Accueilli. Les mensonges. La surveillance globale. La militarisation insidieuse. Qui ne voudrait pas savoir ses enfants en sécurité ? Qui n'accepterait de payer le prix fort pour cela ? C'est par amour que nous équipons nos villes, nos rues et nos maisons. Mais c'est le mal qui s'infiltre. C'est le mal et toutes nos erreurs reviendront nous hanter. Elles viendront nous ronger le sommeil et les os. Nous vivons dans un monde qui a entièrement cédé à la brutalité et à l'injustice. Chacun pour soi. Chacun pour soi et ses propres enfants. Son propre petit matériel génétique. Et pendant ce temps, le principe directeur du monde est devenu l'expulsion. Des familles à la rue. Des villes rasées, des pays entiers contraints de prendre la route. Je regarde autour de moi et ce que je vois, c'est l'irruption de l'irréel dans le réel. Le fantastique est devenu la condition de nos existences, martela Albers, obstinée, et tout ce que Paul vit, ce fut une vieille femme, butée sous sa frange blanche.
+ Lire la suite
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VALENTYNEVALENTYNE   05 avril 2018
Oui, jusqu’ici tout va bien, se disait Paul, ce qui n’empêcherait pas les choses – le monde – d’empirer. Il y avait, semble-t-il, trop de tout. Mais pas assez de paix. Et pas assez d’eau. Louise regardait celle qui coulait du robinet, pensive. Elle l’ouvrait, le fermait. L’observait s’écouler en petites hélices dans l’évier. Bien entendu, elle ne le savait pas, la chère âme, que le désert progressait sur le globe et dans les cœurs. L’amour pour nos enfants est un cheval de Troie, déclara Albers sur un plateau télévisé. Louise la regardait, bouche bée, elle qui passait d’ordinaire, indifférente, devant ces images qui glissaient sans cesse, de meurtre et d’enquête, ou de ruine et de guerre, ou de villes immenses qui n’étaient pas des villes mais des tentes, des rangées de tentes dans le désert, où vivaient ceux qui de ville, justement, n’avaient plus. Louise toucha la surface de l’écran, qui était et n’était pas Albers.
Un cheval de Troie. L’amour pour nos enfants est la façon dans un monde indéfendable paraît défendable et est, pour finir défendu. Accueilli. Les mensonges. La surveillance globale. La militarisation insidieuse. Qui ne voudrait pas savoir ses enfants en sécurité ? Qui n’accepterait pas de payer le prix fort pour cela ? C’est par amour que nous équipons nos villes, nos rues et nos maisons. Mais c’est le mal qui s’infiltre. C’est le mal et toutes nos erreurs reviendront nous hanter. Elles viendront nous ronger le sommeil et les os. Nous vivons dans un monde qui a entièrement cédé à la brutalité à l’injustice. Chacun pour soi. Chacun pour soi et ses propres enfants. Son propre petit matériel génétique. Et pendant ce temps, le principe directeur du monde est devenu l’expulsion. Des familles à la rue. Des villes rasées, des pays entiers contraints de prendre la route. Je regarde autour de moi est ce que je vois, c’est l’irruption de l’irréel dans le réel. Le fantastique est devenu la condition de nos existences, martela Albers, obstinée, et tout ce que Paul vit, ce fut une vieille femme, butée sous sa frange blanche.
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fbalestasfbalestas   03 juin 2018
Elle était dans un piètre état. Paul voulut dire quelque chose, Tant mieux. Ca ne m'étonne pas, mais rien ne vint. Elle avait débarqué dans la cour, sans valise, sans sac, avec les habits qu'elle avait sur le dos, avec la peau sur les os, et jeté des projectiles sur la fenêtre d'Alberts jusqu'à ce que cette dernière, agacée, abandonne son poste pour aller voir qui, ou quoi, l'importunait ainsi. Quand j'ai ouvert la fenêtre et que j'ai vu Amélia en bas, dit Alberts, au départ je ne l'ai pas reconnue. Au départ j'ai cru voir sa mère, j'ai eu un sursaut de joie, mon corps a cru que ma jeunesse m'avait été rendue.
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OgrimoireOgrimoire   22 août 2018
Il avait coupé les ponts, ou croyait avoir coupé les ponts, ou essayait de couper les ponts avec son milieu, auquel il ne pensait pas comme à un milieu, mais comme à un incident, plus que cela même, un accident.
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rkhettaouirkhettaoui   16 novembre 2017
À la cité universitaire certains soirs il était resté dans sa chambre, dans le noir ; à écouter les bruits dans le couloir, et toute cette agitation estudiantine lui donnait le mal de mer ; et si quelqu’un frappait à sa porte, il ne répondait pas, horrifié à l’idée que ce soit une erreur comme à l’idée que ce n’en soit pas une. Il avait craint que ça ne finisse jamais et, sans jamais finir, ça n’avait pour autant duré que deux semaines, trois peut-être, déjà c’était passé. Déjà il était, croyait-il, comme chez lui. Il avait des amis, des amis plus proches que jamais, qu’il aimait sauvagement, pour lesquels, se disait-il parfois, il aurait donné un bras. Pour lesquels il aurait donné un rein,mais parfois il oubliait leurs noms, et parfois il oubliait leurs visages, à trois, quatre heures du matin il se rendait compte qu’il n’y avait dans sa mémoire, à la place de cette personne, de cet ami ou de cette amie, qu’une vague silhouette. Et parfois il pouvait les confondre avec son propre reflet. Peut-être qu’au fond une partie de lui continuait à vivre dans le noir. Peut-être qu’une partie de lui continuait à ne pas être à sa place. À flotter, dans l’obscurité
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