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ISBN : 2823611878
Éditeur : Editions de l'Olivier (24/08/2017)

Note moyenne : 3.09/5 (sur 35 notes)
Résumé :
Paul, étudiant le jour, gardien dans un hôtel la nuit, est fasciné par Amélia, l’occupante de la chambre 313. Tout chez elle est un mystère : ses allées et venues sur l’écran de surveillance comme les rumeurs qui l’entourent – un père for - tuné, une mère poétesse disparue, une indépendance inouïe... Un soir, Amélia descend le retrouver à la réception. Ils s’aimeront passionnément. Puis Amélia disparaît. Paul ignore alors qu’elle s’est rendue à Sarajevo, à ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
Bazart
  20 décembre 2017
Sur les bancs de l'université Paul va rencontrer Amélia. Il vient d'un milieu modeste, elle vient d'un milieu aisé. Il travaille comme gardien de nuit à l'hôtel Elisse. C'est là qu'elle y vit chambre 313.
le nouveau roman de l'auteur de la Blonde et le Bunker se mérite par son exigence, et aborde des problématiques , nombreuses et complexes. liées intimement à l'auteur , des questions qui tiennent à l'histoire de sa famille et à l'histoire de l'ex Yougoslavie
Une intrigue particulièrement retorse qui se construit pour se déconstruire inlassablement et qui sollicite la grande capacité de concentration d'un lecteur qui ne pourra pas rater des pages au risque de ne plus rien comprendre.
Un texte dense, précis et et exigeant qui demandera certes au lecteur une grande attention mais celle ci sera récompensée tant le roman est aussi intelligent que de grande qualité littéraire .
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lucia-lilas
  27 août 2017
Paul, étudiant en architecture, travaille comme gardien de nuit à l'hôtel Elisse. C'est le lieu qu'a choisi Amélia Dehr pour vivre, chambre 313. Dans son sillage, la jeune fille laisse planer sur elle mille légendes, mille rumeurs. On ne sait pas vraiment qui elle est : peut-être une étudiante richissime, héritière des hôtels Elisse, peut-être une femme à hommes… On dit que « quand elle entre dans une pièce, quelqu'un sort en pleurant. » On en dit tellement sur elle qu'elle en est devenue « une métastase de clichés ».
Si bien que la première fois que Paul voit Amélia (de la même façon qu'Aurélien vit Bérénice chez Aragon), il la trouve « plus petite et moins symétrique, les traits moins légendaires... » « C'est ça, Amélia Dehr ? » s'étonne-t-il. Bref, Paul est un peu déçu. Mais bon, peut-être, est-ce comme cela que naissent les belles histoires d'amour…
Paul, de son poste, observe via les caméras de surveillance de l'hôtel celle qu'il va aimer, l'amour de sa vie.
Ils suivent ensemble les cours d'une certaine Anton Albers, auteur d'une thèse « d'histoire sur la nuit, et d'une thèse d'économie sur la nuit, et d'une thèse d'urbanisme sur la nuit... » Dans les années 60, Anton Albers a fréquenté des artistes, rencontré et peut-être même aimé la mère d'Amélia… Son cours a pour sujet « la ville de demain » mais finalement, l'essentiel de son propos porte sur un sentiment : la peur. Peut-être les deux thèmes sont-ils intrinsèquement liés…
Paul n'est pas bien sûr de comprendre le sens des propos d'Albers, de ses digressions infinies sur la nuit. Amélia, elle, est toujours présente et attentive, certainement parce qu'Anton Albers est le seul lien qui lui reste avec sa mère disparue, une mère qui l'a abandonnée pour « empêcher une guerre » et qui en est morte. Une femme qui a quitté son pays « comme on quitte une robe trop petite » et au moment où a éclaté la guerre en ex-Yougoslavie, elle s'est installée à l'Elisse de Sarajevo  parce qu'elle considérait que « sa place était là ». Elle voulait dire au monde ce qu'elle voyait, et écrivait de la « poésie documentaire » considérant que c'était là une forme d'art qui aurait peut-être permis d'arrêter la guerre, « parce qu'elle pensait qu'il fallait trouver les mots pour la dire… »
Et que c'était justement le rôle de la poésie.
Mais elle ne revint jamais. Il reste juste à Amélia une boîte en carton remplie de poèmes que la jeune fille refuse de lire pour se venger d'avoir été abandonnée, elle, la gamine dont on a gâché l'enfance en la laissant seule dans un monde d'adultes sans amour.
Amélia, qui décide qu'elle a « autre chose à faire que d'être amoureuse. Être amoureuse c'est une façon de ne pas vivre », quittera Paul, retournera chercher sa mère dans un lieu, Sarajevo, où l'on s'empresse de tout reconstruire, au plus vite.
Mais reconstruire, c'est précisément effacer les traces de la guerre, de ce qui a été et donc les traces de la mère. Amélia supporte mal « l'obscénité de la reconstruction », considérant l'effacement comme un crime, mettant de la résine dans les trous d'obus pour qu'ils ne soient pas rebouchés, pour que l'on ne fasse pas disparaître les traces de l'Histoire.
Car pour ceux qui avaient vécu dans cette ville en guerre, « la ville était leur mère. La guerre était leur mère. » Que reste -t-il de la réalité, de la vérité si on l'oublie ?
 L'avancée de la nuit est l'histoire de deux jeunes gens traversant leur existence tels des fantômes sans trouver la porte de sortie, s'épuisant à la recherche d'une issue vers la lumière, vers la liberté, deux jeunes gens qui, finalement, ne parviennent pas à se réaliser, à s'incarner, à trouver un sens à leur vie dans ce monde moderne.
Que faire ? S'engager ? Lutter ? Créer ? Aimer ? Renoncer ? Se protéger ? Ou disparaître ?
« Qu'est-ce que tu sauverais du XXe siècle ? » demande Amélia à Paul. « Ma peau » dit-il.
Amélia ne sauvera pas la sienne (on le sait dès la première page), se suicidant, trouvant dans ce geste une ultime forme d'art, une ultime liberté, peut-être impossible à trouver ailleurs , que ce soit dans l'art ou dans la vie.
Paul, de son côté, renoncera, abdiquera, dans une terrible attitude de repli comme il le dit dès les premières lignes du roman: « Il s'était dit qu'ils pourraient se fondre dans les lieux, dans le décor, et que c'était peut-être cela, le bonheur, ou ce qui s'en approchait le plus. Une vaste entreprise de camouflage... »
Se cacher pour être heureux, se dissimuler sous une large couverture épaisse comme la nuit et, peut-être même, fermer les yeux, les verrous, les portes blindées et les chambres fortes. (Paul fera d'ailleurs fortune « dans la sécurité », une forme de renoncement…) Quand on ne peut agir, on se protège, on se calfeutre, on s'enterre...
Finalement, les futures générations, incapables d'échapper à cette nuit qui avance au même rythme qu'elles, recouvrant et anéantissant toutes leurs ambitions, leur soif d'absolu, les empêchant de s'épanouir et d'être heureuses, décideront de rester dans cette nuit, d'y vivre, de s'y planquer même, d'en profiter, qui sait, pour n'y être plus rien : « Ce qu'ils recherchaient, c'était la nuit, ce que la nuit faisait à la ville, à ses parcs, à ses musées. Tout était plus mystérieux alors, tout semblait plus franc. Ils voulaient être des chats, être des ombres, échapper à ce regard permanent qui pesait sur tout, tout le temps, et semblait les sommer de rendre des comptes, de choisir leur camp dans des luttes qu'ils ne souhaitaient pas vivre. » Des générations vouées à s'occuper d'elles-mêmes, de leur petit nombril et de leurs enfants, « leur petit matériel génétique »...
L'avancée de la nuit est le roman d'un accomplissement raté et d'une quête de sens impossible, qui semble se perpétuer de génération en génération, c'est l'histoire de ceux qui cherchent à sortir de cette prison de ténèbres entravant leurs gestes, qui se débattent pour trouver un sens à leur existence et être libres mais comme le dit Anton Albers : « On ne peut rien glisser entre une personne et sa liberté… Ni ses soi-disant responsabilités, ni même ses enfants. La liberté est une peau que nous portons, et comme la peau, elle a plusieurs couches et ne s'ôte qu'à grand prix. »
On n'est pas libre qu'à moitié.
Le roman de Jakuta Alikavazovic est un texte dense et exigeant de par les problématiques qu'il brasse, à la fois riches, nombreuses et complexes. On ne s'y précipite pas, on le lit, on le relit pour y découvrir toute sa profondeur et son extraordinaire construction.
Son écriture précise, intense, puissante demande au lecteur de l'attention, de la concentration car les nuances sont à prendre au sérieux. Un mot va faire bifurquer le sens du texte, un ajout retournera la situation, une parenthèse viendra réduire à néant la phrase précédente. La phrase avance en se corrigeant, en se précisant sans cesse. Tout se combine, se construit, se déconstruit inlassablement, image même du monde insensé qui est le nôtre...
Lien : http://lireaulit.blogspot.fr/
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Hardiviller
  08 février 2018
La quatrième de couverture indique au lecteur non averti un aperçu de qui est l'auteure . Cette dernière , à cheval sur plusieurs cultures use d'une écriture singulière qui convient merveilleusement bien à l'analyse du personnage principal ( Paul ) de ses peurs , de sa difficulté d'être , de son rapport aux femmes . J'ai eu l'impression au fil de la lecture de découvrir un style nouveau mais qui ne serait pas le résultat d'une volonté de se démarquer d'une tournure plus classique , quelques chose de naturel à cet écrivaine , son style . N'ayant rien lu d'autre d'elle , je ne puis être affirmatif la dessus . Voilà pour la forme . Résumer ce livre a déjà été fait , inutile donc , de se répéter . Le fond est , quant à lui , intéressant du point de vue de la vision de l'auteure sur les troubles d'un jeune homme à s'affirmer socialement , à se construire en dehors de références posées . Donc 4 étoiles me semblent méritées pour la nouveauté du style et l'originalité des analyses sur un sujet pas souvent abordé par une auteure .
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sweetie
  17 juillet 2018
Mon mari s'y est accroché jusqu'à la fin, bien obligé car c'est le seul roman qu'il avait apporté lors d'un séjour en camping... J'étais donc avisée de ses longueurs, de ses phrases répétitives et de ses redondances dans le propos.
D'abord, un abus inconsidéré de la conjonction « ou » nous a royalement agacés, par exemple :
« Il avait coupé les ponts ou croyait avoir coupé les ponts ou essayait de couper les ponts avec son milieu. »
« Son père était riche ou mort, ou riche et mort. »
« Il lui semblait que tout le monde était parti, au ski ou en famille ou pire encore au ski en famille. »
« Ma mère et Albers avaient décidé de travailler sur la question mais ont échoué. Ou peut-être réussi. Ou peut-être l'une a-t-elle réussi et l'autre échoué. »
« Écoute, dit-elle, à voix basse également, pour ne pas réveiller l'enfant ou pour ne pas réveiller autre chose ou les deux; »
« Elle avait peu de souvenirs de cette pension, ceux qu'elle avait tendaient à se confondre avec un film d'horreur célèbre, quoique avec ses scènes les moins horribles ou pas horribles du tout. »
« (…) le téléphone de la réception sonna, tard mais pas si tard, vers dix heures peut-être ou vers onze heures (…) »
Ensuite, certaines phrases creuses, d'une pauvreté littéraire, nous ont gâché notre lecture, par exemple :
« (…) un vague air de contentement détaché ou de détachement content (…) »
« Paul se sentit triste et exploité. Amélia se sentit exploitée et triste. »
Les personnages principaux (Paul et Amélia) sont désincarnés, peu sympathiques, ce qui rend leur parcours et leurs motivations peu intéressants. Je me serais attachée beaucoup plus au récit de la mère d'Amélia, originaire de Sarajevo et à son retour dans sa ville assiégée durant la guerre civile des Balkans. de même qu'à la figure professorale d'Albers et ses théories sur la mémoire. Bref, une lecture décevante…
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Pirouette0001
  03 janvier 2018
Extrêmement fortement conseillé par ma libraire -et par le magazine Lire aussi du reste- , je n'ai pas dépassé les cinquante premières pages.
J'ai trouvé le style pédant, le propos pas du tout enthousiasmant, le style mal fichu, je reste certainement aux premières marches de ce qui doit être un monument littéraire à ce que j'entends. Bien sûr, je ne suis pas très littérature française contemporaine, mais z'enfin, je pense aimer les belles écritures, ce qui n'est pas le cas, à mon humble estime.
Destination la prochaine "book box" où assurément ce livre pourra trouver lecteur plus complaisant que moi.
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critiques presse (7)
Actualitte   18 janvier 2018
L’Avancée de la nuit est un roman à la beauté quasiment insupportable. Un livre qui vous irradie, se lit comme on avale une boisson forte, à petites gorgées, qui vous brûle la gueule et vous troue le ventre.
Lire la critique sur le site : Actualitte
LePoint   22 décembre 2017
Avec ce récit noir et solaire sur fond de fantômes intimes et collectifs, où passe l'ombre de la guerre des Balkans, Jakuta signait en cette rentrée un retour incandescent.
Lire la critique sur le site : LePoint
Bibliobs   06 novembre 2017
Goncourt du premier roman en 2008, Jakuta Alikavazovic confirme son talent avec une “love story” impossible, entre Paris et Sarajevo.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LeFigaro   20 octobre 2017
À travers le destin tumultueux d'un couple, Jakuta Alikavazovic brosse le splendide portrait d'une femme fantasque et rétive.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LaLibreBelgique   26 septembre 2017
D’une plume éblouissante, Jakuta Alikavazovic emporte avec l’histoire singulière d’un amour singulier.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LeMonde   25 août 2017
Grand roman d’amour et d’épuisement, « L’Avancée de la nuit » est, surtout, hanté par le souvenir de la guerre en Bosnie.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LeJournaldeQuebec   16 août 2017
Un roman tout en demi-teintes qui nous permet de découvrir la très noire histoire d’une jeune femme hantée par le tragique passé de sa mère.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
sweetiesweetie   17 juillet 2018
La liberté est une peau que nous portons, et comme la peau, elle a plusieurs couches, et ne s'ôte qu'à grand prix.
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sweetiesweetie   17 juillet 2018
Étrange comme quelque chose d'aussi banal, d'aussi commun qu'une chambre d'hôtel peut soudain devenir inquiétant. Il suffit qu'elle soit entrouverte en pleine nuit, il suffit que le couloir où elle se trouve parmi d'autres toutes semblables soit mal éclairé à sa hauteur (...) Il suffit que l'on distingue, par l'entrebâillement, une obscurité totale, un noir parfait; cette légère variation, une bande de trois centimètres (...)
+ Lire la suite
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sweetiesweetie   17 juillet 2018
Étrange comme quelque chose d'aussi banal, d'aussi commun qu'une chambre d'hôtel peut soudain devenir inquiétant. Il suffit qu'elle soit entrouverte en pleine nuit, il suffit que le couloir où elle se trouve parmi d'autres toutes semblables soit mal éclairé à sa hauteur (...) Il suffit que l'on distingue, par l'entrebâillement, une obscurité totale, un noir parfait; cette légère variation, une bande de trois centimètres (...)
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sweetiesweetie   17 juillet 2018
Existe-t-il des récits qui tuent? Mais qui tuent lentement, à petit feu, comme ces prises curieuses d'arts martiaux qui ne sont en apparence qu'un contact, qu'une pression, et un an plus tard le coeur s'arrête soudain, comme de lui-même. Un crime parfait.
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sweetiesweetie   17 juillet 2018
Il n'y a pas de solitude plus abjecte que celle d'une enfant retenue dans un monde d'adultes.
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