AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Ryôji Nakamura (Traducteur)René de Ceccatty (Traducteur)
ISBN : 2070733203
Éditeur : Gallimard (24/09/1996)

Note moyenne : 4.07/5 (sur 100 notes)
Résumé :
Pendant la seconde guerre mondiale, des enfants d'une maison de correction cheminent dans la campagne japonaise, accompagné de leur éducateur, en direction d’un village de montagne, censé leur offrir un refuge contre les bombardements. Arrivés à destination, ils réalisent rapidement que le « refuge » sera en fait leur prison : le village est isolé dans la montagne, cerné par les falaises et les ravins. Transis de froid, épuisés par la longue marche et les privations... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
Patsales
  31 janvier 2019
A priori, les listes genre « Les 1001 livres à lire avant de mourir » m'indiffèrent et même me font ricaner -Le côté emphatique, ben oui à lire avant de mourir c'est mieux, parce qu'ensuite on n'est sûr de rien et aussi le côté littérature à thèse, 1984 en tête de gondole, Dieu sait que je n'ai rien contre 1984 mais enfin ce n'est pas le Livre le plus exceptionnel de tous les temps. Mais, soyons juste, un tel recensement a l'immense avantage de ne pas être euro-centré, et encore moins franco-centré; me voilà donc à piocher de la littérature japonaise -ce qui s'apparente chez moi à une vaste terra incognita- et à ouvrir ce court roman au titre énigmatique.
Eh ben c'est la claque. Comme si son auteur avait décidé d'accumuler tous les trucs les plus difficiles à accomplir en fiction -et à chaque fois c'est une réussite totale. Narration à la première personne, sans être un roman de formation. Personnages frustres, ô combien, décrits sans le moindre écart stylistique, ni condescendance, à hauteur d'auteur. Tragédie absolue, sans pathos, âpre et radicale.
C'est un adolescent qui parle, aucun doute, un ado roublard et brutal, naïf et pitoyable et le grand écrivain qui lui prête sa voix parvient à le rendre intensément réel sans jamais s'effacer et jamais l'ado ne dégrade le romancier ni le romancier ne phagocyte le jeune homme.
Bref c'est un chef d'oeuvre
Et je m'en vais ravaler mes blagues à 2 balles pour explorer consciencieusement les 1000 titres qui m'attendent encore.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          374
kuroineko
  08 juillet 2018
En lisant Arrachez les bourgeons, tirez sur les enfants, on sait dès le titre qu'on n'entre pas dans cet univers contemplatif si caractéristique d'un pan de la littérature japonaise. Ôè Kenzaburo démontre ici qu'ils sont très forts dans le domaine du réalisme le plus cru.
Pendant la seconde guerre mondiale, les jeunes garçons d'une maison de correction sont conduits jusqu'à un village perdu dans la montagne afin d'échapper aux bombardements aériens. Mal nourris, harassés, ils doivent en outre subir injures et humiliations dans chaque village traversé. Une fois parvenus à leur refuge, les villageois leur font très explicitement comprendre qu'ils sont des "bouches inutiles et indésirées". Alors que les animaux meurent en nombre d'une mystérieuse maladie ainsi que quelques humains, tout le village s'enfuit, bloquant le seul passage possible. Les enfants se retrouvent abandonnés et prisonniers.
Difficile de ne pas se sentir ébranlé et bouleversé par cette terrible histoire. L'auteur la place dans la bouche du narrateur, adolescent accompagné de son petit frère. Celui-ci, envoyé à la maison de correction par son père afin d'être évacué avec son aîné, est le personnage le plus pur du roman. Son innocence représente le pivot qui maintient le fragile équilibre du groupe abandonné
Ôè Kenzaburo imprègne son récit d'une force incroyable. Les émotions s'exacerbent et s'entremêlent dans cette situation si particulière. Je quitte son ouvrage éreintée, coeur et gorge serrées. Voilà un livre que j'ai envie de faire découvrir à mon entourage, malgré la noirceur dramatique. Pour partager la puissance narrative et l'engagement intellectuel si palpable de l'écrivain.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          323
horline
  17 juillet 2014
Arrachez les bourgeons, tirez sur les enfants. le ton est donné dés le titre. Ici pas de place pour une évocation sensible du monde, ni pour la noblesse des sentiments. On est au coeur de la haine et la violence dans un Japon en pleine bourrasque, l'auteur ayant choisi pour cadre le Japon de la seconde guerre mondiale.

A quelques mois de la capitulation, sous le feu des bombardements ennemis, la population des villes se réfugie dans les campagnes. Parmi elle, des enfants d'une maison de correction dont le narrateur et son petit frère. Echoués dans cette institution parfois pour des faits étrangers à la délinquance, ils prennent la route d'un village isolé, perdu au milieu d'une forêt dense sur le flanc de la montagne, accessible uniquement par un wagonnet "sur des rails qui enjambaient la vallée", escortés de leur éducateur et des regards méprisants des paysans croisés sur leur chemin. Ils sont sales, ont des manières assez primaires et peu d'instruction. On se dit que la rencontre entre ces jeunes criminels de la ville et les villageois chargés de les accueillir que l'on imagine paisibles s'annonce rude.
Rude, glaciale, hostile, elle le fut, mais pour les enfants, qui seront enfermés dans un hangar lorsqu'ils ne seront pas chargés d'accomplir des tâches ingrates à la place des paysans. Une maladie mortelle s'insinue au sein du village, l'hostilité se transforme en haine fiévreuse… et le village en un piège qui se referme douloureusement sur les réfugiés.

Du monde extérieur, ces jeunes n'en découvrent que sa face la plus abjecte. Cynisme, barbarie, humiliation, ils sont les témoins de ce que l'auteur appelle sans cesse une "époque de folie" car " tel un interminable déluge, la guerre inondait les plis des sentiments humains, les moindres recoins des corps". Abandonnant toute humanité pour exorciser leurs peurs et les menaces, les paysans se montrent in fine bien plus rustres et féroces que les jeunes délinquants traités pas mieux que des bêtes. Pour le jeune narrateur, "il aurait mieux valu qu'ils soient des êtres sans volonté ni regard, comme une pierre, une fleur, un arbre, des êtres simplement regardés".
Un roman donc sombre, hanté par la mort, mais Kenzaburo Ôé maîtrise l'art de transformer cette réalité impitoyable et écoeurante en un roman magnifique, une véritable quête, formatrice, à laquelle les jeunes accèdent en faisant la paix avec leurs démons d'enfants. Car derrière leurs mauvaises manières et leur frustration contenue, il y a en embuscade de la solidarité, du courage profond, du désir de sincérité. Surtout chez le narrateur, personnage lumineux de ce roman prêt à se lever contre l'injustice. Et derrière l'écrivain il y a en embuscade l'homme d'empathie capable de mettre de la beauté là où il n'y en a pas. Une plume élégante, un rythme infiniment précis, une violence contenue font de cet auteur un magicien des émotions.
Arrachez les bourgeons, tirez sur les enfants fait partie de ces romans qui interpellent le lecteur par l'émotion vive qu'ils suscitent.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          230
bilodoh
  15 décembre 2013
Un roman asiatique pas du tout zen! Il ne s'agit pas d'humour, on y tire vraiment sur les enfants!
Ce texte aurait pu être publié dans une collection de romans noirs : on trouve y des enfants sales et affamés dont le destin est de se faire cracher dessus, d'être battus et humiliés, des cadavres pourrissant à enterrer, des excréments et des maladies mortelles, c'est horrible, fétide, abject…
Des enfants d'une maison de correction doivent être déplacés pour éviter les bombardements. C'est probablement la Deuxième Guerre mondiale, mais la guerre n'est qu'un contexte global. L'histoire pourrait aussi bien se dérouler un siècle plus tôt tant la misère semble grande dans le village rural isolé où sont conduits les enfants, un environnement aux gens hostiles et cruels, un lieu oublié de la civilisation.
Ce climat de survie génère des sentiments humains contradictoires : camaraderie et trahison, honte et fière rébellion, peur et bravoure. Au milieu du désespoir et la résignation, on trouve aussi un amour fraternel et un peu d'amour et d'amitié…
Un texte fluide et d'une grande force évocatrice qui plaira aux amateurs d'horreur réaliste.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          241
MMChretien
  30 mars 2015
Ce livre au titre surprenant est un roman puissant mais dur et particulièrement dérangeant, qui décrit le traitement infligé à un groupe d'enfants délinquants par des villageois rongés par la peur et le repli sur soi, dans un Japon rural secoué par la guerre. Mais c'est aussi une vivante plongée dans l'enfance à travers une histoire de solidarité et d'organisation humaine au sein d'un groupe de délaissés, rejetés et abandonnés de tous.
L'histoire a pour toile de fond une période de guerre, dont on imagine qu'il s'agit de la Seconde Guerre mondiale, une "époque de tueries" où les bombardements incessants font perdre la tête aux hommes. Un groupe d'enfants issus d'une maison de correction est emmené par un éducateur, pour y être mis à l'abri, dans un village perdu dans les montagnes, puis confié aux habitants. Ces derniers se montrent d'emblée hostiles et méprisants envers les enfants et leur imposent les tâches les plus viles, avant de finalement les abandonner, livrés à eux-mêmes, par peur de la propagation d'une épidémie. le petit groupe d'adolescents tente alors de s'organiser et de survivre dans le village désert, puisant dans les rares ressources laissées dans les maisons, pour enfin parvenir à partager quelques rares moments de joie, d'insouciance et de camaraderie, jusqu'au retour de villageois plus noirs et plus lâches que jamais.
Le récit se découpe en effet en plusieurs temps bien distincts, aux atmosphères particulières : des premiers et derniers quarts se dégagent des moments de fureur, d'angoisse et de désespoir, lorsque les enfants sont confrontés aux villageois, des moments d'une violence et d'une brutalité inouïes, presque insoutenables. Les adultes du village se montrent cruels, inhumains, sans pitié, infligeant insultes, brimades et humiliation aux bambins, qui sont alors traités plus bassement que les plus nuisibles des parasites. Des temps et des scènes, majoritaires, véritablement éprouvants pour le lecteur sensible. Pourtant, la partie centrale du livre, lorsque les enfants sont livrés à eux-mêmes, offre une ambiance diamétralement opposée et apporte un soulagement au lecteur, lui insufflant une respiration tout enfantine au coeur de la violence et de la haine. Après un temps de flottement marqué par l'attente et l'ennui, une sorte de sas où le temps semble suspendu, une espérance nouvelle se fait jour parmi les enfants, une joie naïve s'installe et l'apaisement règne enfin au sein de cette micro société animée par le partage, l'entraide et la solidarité.
Toutefois, tout au long du récit, l'auteur déploie un langage charnel et un vocabulaire du corps, des fluides, des sens et des sensations, parfois à la limite de l'obscénité, décrivant les moindres odeurs, grouillements, suintements, les reniflements et les vomissements, la crasse comme la pestilence, les frottements des corps comme la douleur physique, laissant au lecteur une impression de dégoût qui ne vient qu'ajouter à l'horreur des comportements humains, et à la misère économique et sociale décrites ici.
Si les villageois "dévorés de malveillance" envers les enfants les perçoivent comme "la lèpre", comme "une épine qui s'incrustait dans la peau et dans la chair", l'auteur lui, porte un regard profondément humain sur cette bande de marmots, qui ne sont jamais présentés comme des voyous ou de dangereux délinquants. le lecteur ne devinera que vaguement et tardivement ce qui a pu conduire en maison de correction ces garçons un peu voleurs et bagarreurs, parfois fugueurs, peut-être légèrement obsédés, sans doute impolis et grossiers, mais surtout miséreux, rejetés de tous et dont personne ne veut s'encombrer. C'est avant tout le portrait d'enfants comme il y en a tant d'autres, celui de gosses joyeux, bruyants, turbulents, téméraires, moqueurs, rivaux, complices, inventifs... qui est dressé par l'auteur, loin de l'image brutale et hostile qu'en ont les adultes qui les entourent.
Les enfants ne sont pas tous individualisés, la plupart d'entre eux constituant le groupe, sont désignés par "nos camarades", "un garçon", "la petite"... Seuls quatre ou cinq gamins, dont le narrateur et son frère, sont personnalisés et agissent en tant qu'individus, avec des attitudes, des comportements, des caractères, des réactions bien identifiés et affirmés. Pourtant, tout au long du livre, Kenzaburo Oé rend avec justesse les émotions propres à l'enfance et emporte le lecteur au plus profond des sentiments et des sensations de ses personnages. Cette palette d'émotions accompagne la trame de l'histoire qui fait naître tantôt chez les petits protagonistes des sentiments de terreur, d'humiliation, d'injustice ou d'incompréhension, suscités par les actes des adultes, tantôt les ramène dans le monde de l'enfance, fait d'émotions et d'attitudes marquées par la simplicité et la spontanéité, lorsque l'excitation, l'émerveillement, la curiosité, la complicité ressurgissent, offrant alors au lecteur des instants touchants, attendrissants et vraiment magnifiques.
Un roman marquant qui assurément ne laissera personne indifférent.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80

critiques presse (1)
Telerama   07 mars 2012
Un grand roman sur le courage et la quête de la liberté.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (28) Voir plus Ajouter une citation
jeronimusjeronimus   29 juillet 2017
- Je ne voulais pas faire la guerre, moi, dit soudain le soldat, d'un air grave. Je ne voulais tuer personne.
Cette fois-ci il s'installa un silence encore plus long, avec un sentiment général de malaise. Nous avons dû réprimer un fin sourire insaisissable, comme si on nous avait chatouillés à la taille, aux fesses.
- Moi, je veux faire la guerre et je veux tuer, déclara Minami.
- À votre âge, on ne comprend rien à ces choses. Et soudain tout devient clair.
Nous avons gardé un silence perplexe. On ne pouvait pas dire que c'était un sujet très drôle. C'est alors que le chien qui dormait entre les genoux de mon frère se leva lentement et alla flairer les genoux minces du soldat. L'homme lui caressa avec hésitation la tête.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
kuroinekokuroineko   08 juillet 2018
N'oubliez surtout pas que vous n'êtes que des bouches inutiles. Nous avons la bonté de vous protéger et de vous nourrir. Gardez toujours bien en tête que vous n'êtes que des bouches inutiles et indésirées. Compris?
Commenter  J’apprécie          154
kuroinekokuroineko   07 juillet 2018
C'était une époque de tueries. Tel un interminable déluge, la guerre inondait les plis des sentiments humains, les moindres recoins des corps, les forêts, les rues, le ciel, d'une folie collective.
Commenter  J’apprécie          160
crapahutevidacrapahutevida   04 juin 2017
"— Je n’en sais rien, répondit-il froidement. Il n’y a ni médicament ni rien, je ne peux rien faire.
En fermant la porte devant nous, il avait une expression glacée, distante, comme si une couche épaisse avait commencé à se coaguler sous sa peau.
Lee et moi, nous nous sommes tus, en nous serrant, épaule contre épaule, et nous avons regagné la place de l’école. La fatigue enflait en moi comme une éponge que l’eau imbibe lentement.
Nos camarades étaient assis autour du feu, la tête baissée. M’apercevant alors que mon frère leur tournait le dos, dans une attitude hostile, à l’écart de leur cercle, en caressant Léo, je fus rempli d’inquiétude. Minami se leva, fit un pas vers nous et nous regarda, Lee et moi dans les yeux. Il avait les lèvres convulsées. Il déglutit avant d’ouvrir la bouche et j’eus alors un élan pour l’en empêcher. C’était trop tard.
— D’après le diagnostic du soldat, déclara-t-il précipitamment, elle est touchée par l’épidémie."
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
bilodohbilodoh   14 décembre 2013
Nous savions parfaitement quelle était la cause de la peur soudaine et impétueuse de ce garçon. Un homme mince, de haute taille, derrière le maire tenait fermement dans la main droite une lance de bambou : il y avait, collé à la pointe qui venait d’être effilée quelque chose de rouge sombre et visqueux et le creux de la tige était bourré, de manière évidente, de viscères humains. (P.217)
Commenter  J’apprécie          62
Videos de Kenzaburo Oé (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Kenzaburo Oé

Marque-page 2013-12--193-003048BDD2D9.mp4
Payot - Marque Page - Kenzaburô Oé - Adieu, mon livre !
autres livres classés : japonVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Les mangas adaptés en anime

"Attrapez-les tous", il s'agit du slogan de :

Bleach
Pokemon
One piece

10 questions
383 lecteurs ont répondu
Thèmes : manga , littérature japonaiseCréer un quiz sur ce livre
.. ..