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EAN : 9782072926525
260 pages
Gallimard (26/08/2021)
3.85/5   65 notes
Résumé :
« J’ai cru que l’événement de ces dernières semaines, c’était ma rencontre avec Vincent, mais sur ce chemin qui me menait à lui, j’ai retrouvé la mémoire. Et en ouvrant la trappe où j’avais jeté mes souvenirs, la petite est revenue, elle attendait, l’oreille collée à la porte de mon existence. »

Cette histoire nous entraîne sur les traces d’une femme, Mona, qu’une passion amoureuse renvoie à un passé occulté. Un passé fait de violence, à l’ombre d’une... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (29) Voir plus Ajouter une critique
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Kittiwake
  27 octobre 2021
Mona, la quarantaine, vit un quotidien quasi-idéal près d'un compagnon aimant et aidant, peut-être un peu trop lisse. La rencontre avec Vincent, lors d'une première séance de Tai chi est un coup de tonnerre dans un ciel serein. L'attirance est réciproque, mais plus spirituelle que sexuelle et l'oreille attentive de l'homme ouvre un accès pourtant jusque là bien clos à un passé douloureux. L'exil, l'emprise d'un père abusif, la dépression d'une mère perdue, l'enfance refait surface au gré des confidences.

Même si le pouvoir d'empathie de Vincent semble un peu étrange, dans cette histoire d'amour-amitié, le roman séduit pour ce qu'il parvient à faire surgir de la mémoire de Mona, dont l'apparente adaptation cache de douloureux secrets. La nostalgie n'est ps d émise lorsque l'enfance est peuplée de fantômes malveillants

Un premier roman riche de promesse, porté par une écriture subtile et habilement travaillée.
Lien : https://kittylamouette.blogs..
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alexb27
  07 janvier 2022
« Je croyais que ma mémoire était un lieu sans importance, je saurais plus tard qu'elle est une eau qui bout. Nous avons eu deux enfants. À trente-deux ans, j'avais émacié mes rêves jusqu'à en dépeupler mon existence tout entière, j'étais aussi perdue qu'une photo mal cadrée prise entre les pages d'un dictionnaire. »
J'ai commencé le livre sur la pointe des pieds, sans vraiment savoir où l'histoire allait m'embarquer : un adultère ? (l'héroïne, mariée, rencontre un autre homme qui la subjugue). Une saga familiale sous fond d'exil ? Une chronique de la violence par un père abusif ? le portrait d'une écrivaine en devenir ? Finalement ce texte est tout ça et bien plus encore ; c'est un pur condensé d'émotions porté par une plume à fleur de peau. Avec des phrases superbes. Bouleversantes. Et des pages qui se tournent vite.
Une très belle découverte 🤩
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hcdahlem
  12 septembre 2022
Vincent, Paul et un autre
Delphine Arbo Pariente signe son entrée en littérature avec Une nuit après nous. Ce roman qui retrace la vie de Mona, une femme qui cherche à oublier un traumatisme d'enfance, est servi par un style étincelant.
«Je m'appelle Mona, j'ai quarante-six ans, je suis en couple avec Paul depuis douze ans, j'ai trois enfants dont deux d'un précédent mariage, et il y a quelques mois j'ai rencontré Vincent. J'aime mon mari, qu'il s'endorme à mes côtés chaque nuit, en glissant sa jambe sous ma jambe comme une cale, qu'il gère le quotidien en sifflotant parce que cela ne lui pèse pas comme à moi, qu'il suspende son manteau à côté de mon manteau dans l'armoire et l'imprègne de son odeur, qu'il laisse ses chaussures près de la porte d'entrée à côté des miennes et de celles de Rosalie, j'aime l'homme qui m'a donné son nom, son temps, ses hivers, je l'aime ; et j'aime le temps que je passe avec Vincent, dont je ne sais presque rien et qui entre ici les mains nues.»
Mona partage désormais sa vie entre deux hommes, son mari Paul et son amant Vincent. L'un est calme et rassurant, l'autre est passionné et attentionné. Une sorte de double-vie parfaite, car Paul ne se doute de rien et Vincent n'est à Paris que quelques jours par semaine, allant rejoindre sa femme et ses enfants du côté de Montélimar en fin de semaine.
Une double-vie qui cache aussi un traumatisme qui réapparaît avec cette liaison. Un traumatisme qui remonte à l'enfance, quand ses parents ont quitté leur Tunisie natale pour venir s'installer en banlieue parisienne, quand ils luttaient contre la misère. Ils se débrouillaient pour se nourrir dans les supermarchés avant de devenir les rois des larcins, notamment quand sa mère est devenue enceinte. Sous la robe de grossesse elle cachait de nombreuses courses et, quand Mona est née, le landau a pris le relais. C'est donc tout naturellement que la fille a suivi les pas de ses parents. Son plus beau coup ayant été de réussir à voler un autoradio et de gagner le regard admiratif de son père. Et à propos de regard, le drame va se jouer quand son père comprend le pouvoir de sa fille quand elle prend son petit air qui lui permet d'obtenir ce qu'elle veut. "c'est comme ça qu'elle fera tourner les têtes, à oublier le nom des fleurs, c'est comme ça qu'elle lui échappera, qu'elle ira se faire aimer ailleurs. Les garçons la veulent quand elle a cet air-là, plus tard ils auront envie d'elle, de lui bouffer les seins, surtout ses seins à elle, les plus beaux de l'école, la douceur des pêches. Quand le père lui tombe dessus, à cause du sang qui bout dans son corps, qu'il lui dit c'est pas la peine de prendre ton petit air, elle comprend qu'elle a ce visage soudain. C'est un visage pour échapper à la foudre, pour gagner du temps, peut-être celui d'une prière. Elle sait que le jour de la naissance du petit frère, il n'a pas suffi à barrer la folie, à éteindre l'incendie, à moins que ses seins, ce jour-là, le père les ait voulus pour lui tout seul."
Comment se construire après l'inceste? Comment ne pas voir dans la fragilité de sa mère un signe de complicité? Comment aimer ce frère né quelques heures avant cette douloureuse épreuve?
Delphine Arbo Pariente va patiemment tisser tous les fils de cette histoire, raconter la misère sociale, la peur du lendemain, la honte aussi qui s'attache à elle comme une seconde peau. Tous ces jours où, pour faire plaisir à son père, elle déroule la spirale infernale.
Il faudra la rencontre avec Vincent pour qu'enfin les mots viennent combler le vide, dire la souffrance, même si là encore on sent combien il est difficile, voire impossible de se construire un avenir sur le secret et la dissimulation.
En s'appuyant sur un style brillant, constitué d'images fortes et empreint de poésie, ce roman prouve une nouvelle fois combien la littérature est une thérapie. Magnifique et tragique.

Lien : https://collectiondelivres.w..
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Calimero29
  13 septembre 2021
Mona, 46 ans, architecte d'intérieur, est en couple avec Paul, 56 ans, depuis 12 ans; elle a 2 enfants d'un précédent mariage et une fille de son union avec Paul. La vie coule paisiblement et harmonieusement.
Et cela ne peut faire un roman, on s'en doute...
Apparaît alors Vincent, marié, 2 enfants; son coeur s'affole, sa vie tremble. Cette irruption de sentiments forts est le catalyseur d'un retour vers son enfance, dont elle avait soigneusement enterré les douleurs et les cicatrices. Seule l'écriture et l'écoute que lui offre Vincent lui permettront de renaître à elle-même, de pouvoir avancer en toute conscience.
On retrouve le thème des blessures transgénérationnelles, ici l'exil des grands-parents et des parents de Mona; ils ont dû quitter la Tunisie, précipitamment, dans les années 60, en laissant tout derrière eux, dans la peur, à la fin du protectorat français, car juifs dans un pays musulman. Mona en porte la trace et le poids inconscients même si elle n'a pas vécu personnellement cet arrachement. Autre thème, très présent, l'absence d'amour pour la petite fille qu'était Mona de la part d'une mère dépressive et d'un père violent, rempli de colère face au statut social qu'il ne peut avoir et qu'il jalouse chez les autres. Enfin, le thème de l'inceste, de la sensation de souillure, du sentiment de honte de la victime, des tendances auto-destructrices plus tard.
La force de ce primo- roman réside dans la beauté de l'écriture, la poésie du style, la puissance des images. J'ai d'ailleurs ressenti le besoin de lire des passages à voix haute pour m'imprégner de la musicalité de la langue.
Une belle réussite pour un premier roman.
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BiblioJoy
  12 décembre 2021
Un premier roman qui retrace l'histoire d'une femme qui a enfoui son passé au plus profond de sa mémoire.
« S'efforcer d'oublier n'est pas l'oubli, je faisais de mon mieux. »
Elle retrouvera la mémoire du passé, suite à un sentiment naissant révélateur de lumière ; une chape d'immense chagrin posée sur ses souvenirs traumatiques.
« (…) sur ce chemin qui me menait à lui j'ai retrouvé la mémoire, j'ai remis les mots à leur place ».
Lors d'une rencontre, passion amoureuse qui la révèle à elle-même, Mona va lever le voile sur une époque de sa vie à jamais abîmée à cause d'un père tyrannique et toxique, violent et ignoble, aux côtés d'une mère effacée et marquée par l'exil, incapable de la protéger.
Comment, à l'âge adulte, vivre des instants lumineux après avoir connu, dans l'enfance, les ténèbres douloureuses, le cercle infernal, la honte, l'humiliation, et pire encore…
« (…) J'écrirai bientôt à bout portant, l'intact sanctuaire ».
La traversée d'une femme devenue, fillette meurtrie. Quels désirs peut-elle avoir aujourd'hui ?
L'auteure a réussi le contraste entre la prose poétique et la violence sordide.
Belle écriture ciselée et recherchée.
Néanmoins, je reste sur l'impression d'avoir survolé certains personnages.
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Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
hcdahlemhcdahlem   12 septembre 2022
(Les premières pages du livre)
Il ne vient pas me chercher à la gare, il ne m’appelle pas pour mon anniversaire ni pour savoir si je vais mieux à cause du rhume qui m’a clouée au lit. Il ne m’écrit pas de cartes postales de là où il est, jamais il ne me laisse de message téléphonique. Nous n’allons pas au restaurant ni au cinéma, faire les magasins, prendre un café. Je ne lui demande pas ce qu’il fait en ce moment, ni ce qu’il fera l’été prochain, ni s’il s’ennuie depuis qu’il est à la retraite. Je me couperais la langue plutôt que de prononcer son prénom.
J’ignore s’il s’est remarié ou si une femme partage sa vie. Il ne connaît pas mon mari ni Rosalie. Il ne voit pas grandir mes aînés, jamais ils ne s’enquièrent de lui. Je ne sais pas à quoi il ressemble maintenant, je me souviens du visage qu’il avait lorsque mon frère est né, il n’avait pas quarante ans, de ce visage je me souviens parfaitement. C’est un visage impossible à déloger de ma mémoire, c’est un visage de tôle froissée sur une bande d’arrêt d’urgence. Toutes les fois qu’il revient sans prévenir, c’est ainsi qu’il surgit, comme un platane. Trente-cinq ans me séparent de cette image de lui, je ne peux pas imaginer ce que le temps a fané. Pour moi, il restera cet homme assis près d’un cendrier rempli de mégots, le corps flouté par les volutes de Gitanes bleues, dans sa bouche l’haleine de tabac froid, dans ses yeux le feu, dans le corps l’épine. Dans ses bras manque l’enfant dont c’est la place et qui attend qu’on la porte sur les épaules ou qu’on l’embrasse, espérant une sucrerie ou une poignée d’amandes. Il dure malgré moi comme un œillet, hantant de sa grammaire chaque cage d’escalier à l’odeur de bois ciré, chaque papier peint fleuri, au fond du corps comme un foret. Cette histoire, c’est une tache de vin sur un chemisier blanc. J’ai pourtant fait le nécessaire, tout ce que j’ai pu, j’ai effacé son nom de mon répertoire, celui de ses amis aussi, j’ai jeté toutes les photos, j’ai brûlé tous les dessins, je ne dis jamais papa.
J’ai commencé à comprendre le jour où j’ai commencé à écrire, arrêtant de courir sur les tommettes. Il y avait ce que j’étais prête à donner et ce que j’étais vouée à retenir. Mon histoire était emballée dans du papier journal, parfois quelques lettres s’en échappaient, formant des mots, rarement des phrases, je confondais aimer avec marié, écrire avec crier. Je m’empruntais de temps en temps puis retournais là où l’on m’attendait, le corps devant un évier ou au-dessus d’une poussette, j’étais une femme, une mère, jamais une fille.
J’ai cru que l’événement de ces dernières semaines, c’était ma rencontre avec Vincent, mais sur ce chemin qui me menait à lui j’ai retrouvé la mémoire, remis les mots à leur place. Et en ouvrant la trappe où j’avais jeté mes souvenirs, la petite est revenue, elle attendait, l’oreille collée à la porte de mon existence. Elle faisait des bateaux en papier, jouait avec des noyaux d’abricot, sans jamais se plaindre. J’ignore combien ses silences ont traversé les miens, elle a eu la grâce de me laisser vieillir, de me laisser le temps d’aller la chercher pieds nus sur la passerelle. Je ne lui avais pas dit au revoir, je l’avais quittée et elle savait que je reviendrais, que je n’aurais d’autre choix que de déchirer le dais des nuits denses. J’ai longtemps cru que loger mon corps dans d’autres corps l’éloignerait, je l’offensais davantage. Même l’amour de Paul n’a pas suffi à l’étouffer totalement, j’entendais sa respiration par-delà les hublots, il restait encore un embrun d’elle. Elle avait pour moi cette patience obèse et intraitable. Je gardais partout où j’allais la mémoire de son corps, des intonations de sa voix et de son air à tomber.
Si j’entendais parfois les murs percés de cris, je mettais ça sur le compte du voisinage mais au fond, je savais la petite qui appelait. J’avançais jusqu’à elle sans jamais pouvoir l’atteindre, j’avais sur la rétine un voile de tulle accroché à une branche, flottant dans le vent.
Je distingue déjà un peu ses traits, même si elle est encore loin, longeant cette plage, dépassant les cabines de bain. Elle est comme je m’en souviens sur ce polaroid pâlissant, un râteau et une pelle à la main. Avec Vincent, j’inverse les saisons, je pars en voyage, il me vide de mes silences sans forcer les tiroirs. Et dans les mots qui viennent, puisque la vie sait des choses que nous ne savons pas, c’est elle que voilà, dans son petit maillot rouge retenu par un nœud sur les hanches, debout, devant moi, parfaitement nette.
Cette enfant, c’est moi, je viens te chercher.
Je m’appelle Mona, j’ai quarante-six ans, je suis en couple avec Paul depuis douze ans, j’ai trois enfants dont deux d’un précédent mariage, et il y a quelques mois j’ai rencontré Vincent. J’aime mon mari, qu’il s’endorme à mes côtés chaque nuit, en glissant sa jambe sous ma jambe comme une cale, qu’il gère le quotidien en sifflotant parce que cela ne lui pèse pas comme à moi, qu’il suspende son manteau à côté de mon manteau dans l’armoire et l’imprègne de son odeur, qu’il laisse ses chaussures près de la porte d’entrée à côté des miennes et de celles de Rosalie, j’aime l’homme qui m’a donné son nom, son temps, ses hivers, je l’aime ; et j’aime le temps que je passe avec Vincent, dont je ne sais presque rien et qui entre ici les mains nues.
La première fois que je l’ai vu, c’était l’été. Je m’étais inscrite à son cours de tai-chi, nous étions une dizaine à l’attendre dans la salle aux murs blancs, je me souviens d’un fond sonore d’aquarium, un léger clapotis de bord de mer comme sur les plages de la Côte d’Azur. La porte s’ouvre, laissant entrer les rayons du soleil sur le parquet, une explosion de blanc et de lumière, le voilà.
Je perçois d’abord sa démarche de félin, quand il se déplace dans la pièce ses pieds ne semblent pas toucher le sol, on croirait qu’il avance sur un escalator ou un tapis de mousse. S’il m’arrive de revoir ce moment où il entre dans ma vie, je l’assimile à un temps simple, comme de glisser sous une couette disposée sur un lit, dans une chambre fraîche. Il doit avoir une quarantaine d’années, son visage est doux, les traits sont fins, pas une beauté spectaculaire, je ne crois pas que je l’aurais remarqué dans d’autres circonstances et pourtant, le regarder me serre le cœur, sans trop savoir jusqu’où. Lorsque je pense à lui, des mois après ce jour, c’est bon comme de plonger dans une source claire. J’ai beau comprendre les flots et la foudre, j’ai beau sentir la force du courant qui m’emporte, je promène mon automne dans cet instant d’été, ces quelques secondes qui ont effacé la vie d’avant, là où j’avais pied, comme une gomme magique.
En sortant de son cours, le ciel était si bleu qu’il brûlait mon visage comme l’éclat d’une lame et j’entendais encore les mots qu’il venait de m’adresser, j’ai l’impression de vous connaître. Il me regardait de ses yeux bruns, dont je percevais les nuances pour la première fois, des petites touches de vert autour de l’iris, comme la peau d’un crocodile. Je n’ai pas su quoi répondre, j’ai répondu merci, à bientôt, et je suis partie au plus vite, comme pour fuir un drame ou éviter un accident.
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KittiwakeKittiwake   27 octobre 2021
À trente-deux ans, j’avais émacié mes rêves jusqu’à en dépeupler mon existence tout entière, j’étais aussi perdue qu’une photo mal cadrée prise entre les pages d’un dictionnaire.
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rkhettaouirkhettaoui   28 août 2021
Pendant le cours, je me laissais distraire, j’évaluais son corps sous l’ampleur des vêtements, j’imaginais son odeur, un mélange de verdure et de bois, peut-être la campagne, quelque part en Italie. Tout ce que disait Vincent semblait m’être adressé. Il parlait de créativité, d’enfance, il était question de l’importance de bien respirer, de laisser l’air entrer, sortir, de reprendre son souffle. Un jour, il a pris mes poignets et doucement a dessiné un huit dans l’air, de gauche à droite, c’était une danse lente, presque érotique. Cela a duré quelques secondes, je sentais sa force me traverser.
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rkhettaouirkhettaoui   28 août 2021
J’aimais cette vie simple avec Paul, je dormais enfin tranquille, moi dont le cœur ne connaît pas le repos des transats. Il y avait du soulagement à être aimée ainsi, dans le calme des promesses tenues, loin du vertige, préférant depuis Paul la paix à l’étoupe. Cela faisait douze ans que je n’avais pas pensé à un autre homme qu’à mon mari, cela ne m’avait pas effleuré l’esprit. Avant Vincent, je n’avais aucune raison d’attendre un homme dans un café, de regarder mon téléphone vingt fois par jour, d’inventer des rendez-vous à la dernière minute, d’avaler des pastilles pour l’haleine, des capsules pour la peau.
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rkhettaouirkhettaoui   28 août 2021
Pour moi, il restera cet homme assis près d’un cendrier rempli de mégots, le corps flouté par les volutes de Gitanes bleues, dans sa bouche l’haleine de tabac froid, dans ses yeux le feu, dans le corps l’épine. Dans ses bras manque l’enfant dont c’est la place et qui attend qu’on la porte sur les épaules ou qu’on l’embrasse, espérant une sucrerie ou une poignée d’amandes. Il dure malgré moi comme un œillet, hantant de sa grammaire chaque cage d’escalier à l’odeur de bois ciré, chaque papier peint fleuri, au fond du corps comme un foret.
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