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ISBN : 2351852761
Éditeur : Temps Present (11/06/2018)

Note moyenne : 5/5 (sur 2 notes)
Résumé :
Ce n'est sans doute pas un hasard si, depuis quelques dizaines d'années, les récits rapportant un vécu d'expérience de mort imminente se multiplient. Que cherche à nous faire comprendre l'inconscient ? Pourquoi apparaît-il à notre conscience sous la forme d'un somptueux et pourtant terrifiant ballet de la mort ? Et surtout, que faire de cette expérience ? Dans une approche qui relève de la psychanalyse analytique des profondeurs jungienne, ce livre s'interroge moins... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
SFuchs
  20 juin 2018
"Une recherche qui ne serait pas avant tout personnelle aurait-elle du sens ?"
C'est la question qui m'est apparue centrale dans Expérience de Mort Imminente - L'approche jungienne de Alexandra Arcé. La conjonction de l'individuel et du conceptuel apporte à une recherche sa force d'évocation. Elle éveille l'attention du lecteur, stimule son envie de s'immerger dans la réflexion proposée et de s'approprier son contenu.
Sur les concepts, l'auteure fait preuve d'une connaissance étendue et notablement assimilée de travaux de recherche ayant trait à la psychologie analytique, à la psychanalyse et plus généralement à l'étude de la conscience et de l'inconscient. Il en découle une densité de l'exposé mais surtout un didactisme que l'on souhaiterait trouver dans d'autres ouvrages.
Sur le plan individuel, Alexandra Arcé sort de sa réserve pour témoigner d'une expérience qu'on devine intime, précieuse et personnelle. La façon dont elle relate son Expérience de Mort Imminente ne subjugue pas ni ne stupéfie. Sa narration se situe plutôt à l'équilibre entre confession et pudeur. Elle touche le lecteur. On va dire les choses plus simplement : j'ai été touché.
Ce positionnement m'a invité à me poser la question en retour : et moi, ai-je connu une telle expérience EMI ? J'ai effectivement connu une expérience comparable de Plénitude Imminente, je m'en souviens. Il y a quelques années en plein après-midi d'été, en marche sur un chemin quelque part en Ardèche. J'ai découvert à cette occasion un attachement durable envers une nature qui m'avait laissé jusque-là indifférent. de cette expérience, je tire le même constat que l'auteure avec mes pauvres mots : "il s'est passé quelque chose". C'est difficile à décrire et pourtant souhaitable de s'y atteler pour ré-offrir en partage ce précieux moment, encourager chaque lecteur à faire mémoire et peut-être à témoigner à son tour. C'est ainsi que se réactualise l'imaginaire collectif, par l'expression mimétique d'un vécu témoignant d'une expérience singulière en même temps que d'intuitions communes. La vie, la mort, le sens que l'on accorde et qui nous accorde aux évènements de l'existence ; font partie des soubassements de l'EMI ou de ce qui s'en apparente, c'est pourquoi elle est vecteur potentiel du mythe réactualisé. Ce type d'expérience est généralement le premier pas sur un chemin - osons les grands mots - initiatique.
La qualité d'un témoignage ne saurait à lui seul justifier un ouvrage. L'auteure convoque - pour ne citer que cet aspect théorique car ils sont nombreux - quelques-uns des travaux tardifs de Carl Gustav Jung à propos de ce qu'il nomme "le mythe moderne" : il s'agit du phénomène Ovni. Celui-ci apparaît comme la forme émergente à l‘échelle collective - propre à la période de l'après-guerre dans sa forme - d'un Tout autre face auquel les consciences individuelles puissent mettre en forme et canaliser leurs tensions diffuses ; au risque d'imaginer, de fantasmer ou d'idéaliser la réalité de ce Tout autre de nature totémique.
Quant à l'EMI, elle accède au statut de mythe actualisé, dont le phénomène Ovni fut la forme pauvre et temporaire : il a fait long feu. Changement d'époque ou d'ère – nous entrerions dans celle du Verseau - et peut-être de paradigme ; l'EMI semble nous faire renouer avec des mythes plus fondateurs, plus ancestraux, plus fidèles à la réalité des hommes dans ce qu'elle a d'universelle. On pense notamment aux grands récits des traditions – actualisés par les imaginaires de chaque culture et de chaque époque - qui gravitent autour de la transformation, la renaissance, la résurrection, la métamorphose, la métanoïa, l'anamnèse etc.
L'essai de Alexandra Arcé a trouvé sa place dans ma bibliothèque au côté de mes livres favoris. Se placer - comme le fait l'auteure - en disciple de guides de conscience aussi sages et inspirés que Jung ou Wilber – pour ne citer qu'eux - augure d'un beau chemin qui s'ouvre et qui vient. Il ne s'agit pas d'un essai fleuve, il est plutôt dense et ramassé, comme je les préfère. La nuance du propos est remarquable, on est bien loin des approches magistrales ou formelles qui peuvent lasser à trop vouloir démontrer, convaincre ou forcer l'intime conviction du lecteur.
L'ouvrage est là, à portée de vue et de main, accessible et disponible pour être ré-ouvert, ré-annoté, relu, feuilleté à nouveau. On le laisse reposer un peu pour le redécouvrir un autre jour, comme on le fait avec tout livre qu'on a aimé.
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FRANGA
  25 septembre 2018
Il nous est donné parfois la chance de trouver des livres qui délivrent au fil des pages, émotion, interrogation, réflexion... celui d'Alexandra Arcé en fait partie.
L'auteure s'est intéressée jeune au questionnement du but de la vie, par la lecture de "La vie après la vie" de R. Moody.
"J'espérais au fond de moi que la vie avait un sens et qu'elle ne se terminait pas abruptement. Ce qui m'effrayait le plus, c'était l'absurdité." (page 22)
Après une période de pause dans cet intérêt, l'auteure s'est retrouvée confrontée aux E.M.I. par le biais d'une expérience personnelle qui a complètement changé sa manière de voir la vie.
"Cette lumière m'apprenait que tout était simple et bon une fois que le voile était soulevé : on vivait avec ou sans les autres, on était heureux d'être vivant et tout le reste, toutes nos occupations quotidiennes, n'étaient là que pour apporter du relief à notre quotidien".
C'est une des réflexions personnelles de l'auteure qui me touche le plus et que je me remémore dans mes moments de spleen...
On trouve dans ce livre une approche différente des EMI que celles qu'on peut trouver dans d'autres ouvrages, parce que reliée et expliquée par la psychanalyse
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
FRANGAFRANGA   10 juin 2018
Une recherche qui ne serait pas avant tout personnelle aurait-elle du sens ?
En ce qui me concerne, j’ai découvert les E.M.I. pour la première fois alors que j’avais une douzaine d’années avec La vie après la vie de Moody.
Je ne savais pas vraiment ce que j’allais trouver dans ce livre mais la rencontre fut réussie : c’était le livre que j’attendais pour nourrir les questionnements qui m’occupaient alors sur la vie, la mort et le destin.
J’espérais au fond de moi que la vie avait un sens et qu’elle ne se terminait pas abruptement.
Ce qui m’effrayait le plus, c’était l’absurdité. J’entrevoyais déjà ce qui menaçait l’apparence stable des existences que chacun se construisait de son côté. Les efforts qu’il fallait déployer, parfois jusqu’à l’usure, pour se construire une identité, pour mener une carrière, pour gagner sa vie, pour fonder une famille, pour développer une oeuvre ou n’importe quoi d’autre, s’achevaient sur la mort.
Je ne suis pas sûre de me situer encore dans cette ligne de pensée aujourd’hui mais peu importe, lorsque j’ai lu le livre de
Moody pour la première fois, il m’a fascinée. Les témoignages des patients qu’il avait rencontrés me confirmaient dans cet espoir que la vie se poursuit même après la mort.
Pour moi, cela ne faisait aucun doute. J’interprétais ce que je lisais en fonction de ce que j’avais besoin de croire. Mon inté-
rêt pour l’ésotérisme s’est poursuivi pendant un an ou deux encore. Je lisais tout ce qui me tombait sous la main pour trouver de nouvelles confirmations.
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FRANGAFRANGA   01 novembre 2018
L'homme moderne a cru pouvoir circonscrire le monde en projetant toute son énergie sur lui. Il a dilapidé son âme aux quatre coins de la terre, voulant tout voir d'elle et se faire payer de retour en l'exploitant. La conscience objective du monde extérieur voudrait nous faire croire qu'à son image, il n'existe qu'une conscience objective du mode intérieur et qu'à défaut de la penser, nous devrions l'exploiter. Comment peut-on se laisser persuader par une idée qui dénie outrageusement nos intuitions les plus évidentes ? Comment arrivons-nous à croire que notre pensée ne peut être que consciente ? Que faisons-nous de l'évidence de nos rêves et des expériences psychiques singulières ou extraordinaires comme celles des E.M.I. ? Par quelle force de persuasion finissons-nous par nous détourner de ces possibles auxquels les messages de l'inconscient nous invitent à nous abandonner ? Pourquoi refusons-nous d'éprouver ces numina et de leur donner une forme, ce qui nous ferait artistes de notre destinée ? Qu'est-ce qui se dissimule derrière les arguments d'autorité affirmant que notre âme n'est qu'une conscience, sinon la terreur face à l'étendue infinie de l'inconscient ? Que craignons-nous en nous-mêmes ? Nous qualifions d'obscurantistes les siècles derniers pour éloigner de nous le souvenir de massacres et de comportements terrifiants et nous brandissons une conscience que l'on imagine raisonnable pour se garder du retour de tels débordements. Mais ce comportement n'est pas celui d'hommes sages qui ont conscience de leurs démons, qui peuvent les identifier et qui restent vigilants lorsque ceux-ci se réveillent, c'est le comportement d'hommes qui refusent de voir leur part sombre, qui la répriment ou la projettent sur d'autres hommes qu'un jour, ils voudront combattre faute d'avoir su s'affronter eux-mêmes. L'inconscient est chargé de tous les maux et pourtant, il est un allié du conscient. De leur dialectique peut se développer un conscient plus fort, plus sûr de son existence, moins suggestible et moins malléable. Par le mythe de l'E.M.I., nous apprenons que le monde extérieur n'est pas tout et qu'il peut être bon de renoncer à nous en faire le maître pour que notre conscient s'abandonne aux messages de l'inconscient, pour qu'il en comprenne les numina. Au lieu que ce soit le destin qui nous attrape, peut-être arriverons-nous à suivre notre destinée à l'endroit où elle souhaite nous conduire.
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FRANGAFRANGA   16 juin 2018
C'est au cours de la rencontre avec l'"être de lumière " que le sentiment d'absolu se manifeste dans l'E.M.I. Cette entité lumineuse est le "tout autre" ; elle produit sidération et stupeur avant que le sentiment ne se délie comme si, par une transmission immédiate des qualités de l'entité à l'experienceur, celle-ci acceptait de le faire entrer dans le territoire du sacré. Moody résume ainsi : "La chaleur et l'amour qui émanent de cet être à l'adresse du mourant dépassent de loin toute possibilité d'expression. L'homme se sent comme envahi et transporté par cet amour ; il s'abandonne en toute sérénité au bienveillant accueil qui lui est fait". L'expérience relève en partie du numineux mais elle y incorpore quelque chose de plus.
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FRANGAFRANGA   08 juillet 2018
Retourner à la vie communément ordinaire après une telle expérience pourrait entraîner du désespoir ou de la déception. L'expérienceur dit avoir rencontré l'absolu mais il retrouve finalement son état de conscience ordinaire pour continuer à mener son existence ordinaire sur terre. Pourtant, la déception est rarement évoquée dans les témoignages. Briser les idoles, reconnaître qu'elles ne savent rien du désir du sujet, c'est retourner dans le même monde qu'avant mais le retrouver transfiguré, libéré de tous les filtres qui en modifiaient la couleur et la pureté-ces filtres que l'individu ne s'imposait que de soi à soi-même dans l'attente du regard de l'Autre qui seul pouvait alors lui donner forme et substance. Désormais, le sujet est prêt à s'en passer. (page 80)
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FRANGAFRANGA   29 octobre 2018
On fait peut-être prendre beaucoup de risques à l'expérienceur lorsqu'on lui demande d'interpréter son E.M.I. dans la période fraîche qui lui succède, lorsque les masques sont tombés et que le complexe du moi est encore fragile. Le recours à la fonction de l'imagination active lorsqu'elle n'est pas spontanée, telle qu'employée pour permettre la libre association des contenus du rêve par exemple, devrait alors se faire avec un encadrement adapté car le moi peut être encore trop fragile pour se distancer suffisamment des contenus autonomes de l'inconscient.
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