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Clément Baude (Traducteur)
ISBN : 2253129453
Éditeur : Le Livre de Poche (31/03/2010)

Note moyenne : 4.01/5 (sur 559 notes)
Résumé :
Venise, 1882. La belle et impétueuse Lou Salomé aborde le Dr Breuer, ancêtre de la psychanalyse et mentor du jeune Sigmund Freud. Elle vient solliciter son aide pour son ami, Friedrich Nietzsche. Le philosophe, malgré la parution du Gai Savoir et de Humain, trop humain, est encore méconnu du grand public. Après l'échec de son ménage à trois avec Lou Salomé et Paul Rée, Nietzsche est plongé dans le plus profond désespoir. Irvin Yalom imagine la rencontre fictive entr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (93) Voir plus Ajouter une critique
Eve-Yeshe
  25 août 2015
Quelle idée géniale : faire se rencontrer Friedrich Nietzsche et Josef Breuer. L'un n'est encore qu'un philosophe en herbe qui n'a écrit que « humain, trop humain » et « le gai savoir ». L'autre est un médecin célèbre, reconnu par ses pairs à Vienne. Il s'intéresse à l'hypnose, et ébauche une technique qui deviendra la cure par la parole. Ils auraient pu se rencontrer, car les dates coïncident. Cette rencontre fictive est un pur bonheur.
Josef Breuer ne sait comment aborder ce personnage énigmatique, secret qu'est Nietzsche qui ne laisse transparaître aucune émotion, signe de faiblesse pour lui. Il a une idée : demander à Nietzsche de l'aider car il serait victime d'obsession de type sexuelle vis-à-vis d'une de ses patientes. On assiste à des échanges pudiques de la part des deux hommes, Breuer se livrant avec sincérité à Nietzsche pour que celui-ci baisse sa garde et avoue le désespoir qui le mine.
Ils vont parler de tout ensemble, des femmes, du désir sexuel, de la vie, de la mort, ou de la solitude, chacun avançant ses pions et ses pièces maitresses comme dans un jeu d'échecs qui se déroulerait dans la réalité. (Breuer joue très bien aux échecs).
Breuer est un clinicien hors-pair ; son examen minutieux de Nietzsche est extraordinaire, inenvisageable à l'heure actuelle par nos médecins trop pressés par le temps : à l'époque la clinique primait, il n'y avait pas toute la batterie radiologique, biologique qui existe maintenant donc, pas d'interrogatoire précis, pas d'examen rigoureux, pas de diagnostic, tout cela impliquait : pas de traitement efficace.
Friedrich Nietzsche est passionnant dans ce roman : il a une santé vraiment précaire, souffre de migraines épouvantables, sa vue est très affectée. Il consomme beaucoup de médicaments : chloral, véronal, morphine Haschich. Il est lucide, il sent bien que ses souffrances sont réelles et qu'il ne peut se réfugier encore longtemps derrière ses préceptes philosophiques car il nierait ainsi ses émotions, les refoulant.

Nietzsche est englué aussi dans son éducation chrétienne qu'il rejette tout autant, ce qui donne lieu à des échanges savoureux, lui tentant de tout expliquer par la philosophie, l'autre sentant que les émotions refoulées ont un impact puissant sur l'individu, pouvant déclencher des maladies. D'un côté la maîtrise de soi, de l'autre la libération des émotions par la catharsis. Irvin Yalom nous explique ainsi les premières réflexions qui aboutiront à une oeuvre importante qui dans la réalité est en gestation à cette époque de la vie du philosophe. Je veux parler bien-sûr de « Ainsi parlait Zarathoustra ».
La médecine et surtout la psychiatrie sont mon domaine depuis longtemps et j'étais comme un poisson dans l'eau, en lisant ce livre, j'étais dans le bureau de Breuer, dans son fiacre lorsqu'il se rendait chez ses patients. Je parcourais les rues de Vienne dans son ombre. Je l'entendais discuter avec Freud, exprimant les premières ébauches de ce qui allait devenir la psychanalyse. On parle alors de "Ramonage de cheminée"
Il est de bon ton de s'en prendre à Freud à notre époque, il n'y a qu'à voir le nombre d'ouvrages qui tentent de le démolir en commençant par Ernest Jones, le biographe de Freud qui a jeté le discrédit sur Breuer pour qu'il ne fasse pas de l'ombre au grand Sigmund, jusqu'à récemment Michel Onfray dans « le crépuscule d'une idole » , ou l'ouvrage collectif sous la direction de Catherine Meyer : « le livre noir de la psychanalyse », ou Jacques Bénesteau avec « Mensonges freudiens » qui parle de désinformation, voire de propagande. C'est tellement tentant de tout expliquer par la neurobiologie, dans une société où la spiritualité a laissé la place au matérialisme. On brûle ce qu'on a adoré, c'est connu. La vérité est entre les deux, la voie du milieu, diraient les Bouddhistes.
Je suis attirée par Nietzsche depuis très longtemps, je collectionne ses citations, et jusqu'ici, j'avais peur d'ouvrir un de ses livres, d'étudier vraiment sa pensée car je ne suis pas très branchée philosophie, je l'ai déjà dit. Je pars du principe que je ne vais rien comprendre car cela vole trop haut pour moi. Je pense que je ne le verrai plus jamais comme un géant inabordable, hermétique. J'ai déjà « le gai savoir » et « Ainsi parlait Zarathoustra » dans ma bibliothèque, et au passage, j'ai ressorti « Etudes sur l'hystérie » coécrit par Freud et Breuer car envie de relire le cas « Anna O. »
Irving Yalom, en échangeant les rôles, décrit le patient et le thérapeute, laisse deviner ce qu'on appellera plus tard, le Moi, le ça et le surmoi, mais aussi le transfert, le contre transfert. La neutralité bienveillante par contre n'est pas encore de mise, chacun des protagonistes échangeant sur leurs vies personnelles ou du moins leurs idées. Mais, ce sont les balbutiements d'une technique qu'on appellera la Psychanalyse.
J'ai adoré ce livre car il est consacré avec brio à une période de l'Histoire et à des hommes et des femmes qui m'intéressent depuis longtemps, à la médecine, la philosophie (Breuer s'intéressait beaucoup à la philosophie, tout comme Irvin Yalom). Ce livre m'a accompagnée cet été, pendant une période très difficile où je souffrais beaucoup et il m'a nourrie. Je l'ai lu et relu, avec des retours en arrière, il est rempli de passages surlignés. En le refermant, j'ai continué à m'intéresser aux protagonistes, je suis revenue sur certains passages. Il ne s'agit pas d'un polar qu'on laisse une fois l'énigme résolue. L'auteur a ouvert une porte et j'ai bien l'intention de lire, dévorer ses autres livres.
Vous l'avez deviné je suis tombée sous le charme de l'auteur, et devenue « Yalomaniaque », tant ce livre est savoureux et« Mensonges sur le divan » m'attend déjà dans ma bibliothèque et ensuite à moi ses autres livres (« le problème Spinoza », « La méthode Schopenhauer » …).
Il a 505 pages et on ne voit pas le temps passer, il n'y a pas de redites, l'auteur ne délaye pas mais étudie en profondeur ses personnages, son sujet. Brillant.
Note : 9,5/10
challenge destination PAL été 2015
challenge ABC
Challenge Pavés

Lien : http://eveyeshe.canalblog.co..
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Marple
  01 janvier 2015
Et si Nietzsche avait rencontré le Docteur Breuer à Vienne dans les Années 1880 et avait essayé de le soulager de son désespoir... n'auraient-ils pas tous les deux inventé la psychanalyse ?
La relation imaginaire entre ces deux génies bien réels est assez savoureuse : à tâtons, ils se dissimulent et se dévoilent tour à tour, comme dans un grand jeu de dupes. Entourés, conseillés ou manipulés par d'autres personnalités comme Freud ou Lou Salomé, ils évoquent dans leurs longues conversations l'amour, la mort, la solitude, l'oeuvre, la douleur, la liberté, mais aussi le sexe ou les migraines...
Il est des livres qui nous donnent de l'énergie et l'envie de faire et de découvrir plein de choses. 'Et Nietzsche a pleuré' a été pour moi l'un de ceux-là : j'ai cherché sur le web des infos sur Lou Salomé et Josef Breuer, je voudrais me plonger dans le Zarathoustra de Nietzsche et pourquoi pas commencer une psychanalyse... Rien que pour ça, je suis contente de ma lecture.
En outre, elle a été très agréable en elle-même, grâce aux dialogues souvent brillants, aux anecdotes amusantes et à l'ambiance viennoise désuète. L'alternance des points de vue (Nietzsche, Breuer, Freud, Max, Lou...) et des modes de narration (discussions, extraits de correspondance, journaux intimes, récits simples, rêves et transes) rend l'ensemble tout à fait passionnant.
Challenge Pavés de Gwen21 14/xx
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viou1108
  08 août 2013
Lu dans le cadre du Challenge ABC
Nous voici à Vienne en automne 1882, à l'aube de la psychanalyse. Ceci est une fiction, mais dont les personnages ont existé : la jeune et fatale Lou Salomé force la main du Dr Josef Breuer, éminent médecin, pour qu'il s'occupe du « cas » de Friedrich Nietzsche. Celui-ci a une santé fragile, pour ne pas dire précaire, tant physiquement que mentalement, et, ce qui complique les choses, un caractère qu'on qualifierait aujourd'hui d'imbuvable. Son état inquiète son entourage, qui met secrètement au point un stratagème consistant à amener Nietzsche à consulter le Dr Breuer de sa propre initiative.
La partie d'échecs mentale peut alors commencer entre ces deux esprits brillants, Breuer feignant le désespoir pour amener Nietzsche à se confier, mais se prenant à son propre jeu. On observe l'un mettant en place « in vivo » les bases de la « cure par la parole », l'autre testant les prémices de sa pensée philosophique. Qui manipule qui, qui est le cobaye ? Lequel guérira l'autre ?
A la recherche d'un roman dont le nom de l'auteur commencerait par Y (pour le Challenge ABC de Babelio), voilà que je tombe à la librairie sur les livres de I. Yalom. Au hasard, je choisis Et Nietzsche a pleuré. Je l'ai entamé avec un peu d'appréhension, craignant que les considérations sur la philo et la psychanalyse ne soient trop ésotériques pour la commune mortelle que je suis.
Fi donc de ces alarmes inutiles ! A mon grand étonnement, ces pages se sont révélées tout à fait lisibles, et même réellement captivantes. Ce n'est sans doute pas idéal pour une lecture de plage ou de métro (surtout si dans votre wagon se trouve un groupe de scouts en partance pour le camp ou un violoneux écorchant « La chanson de Lara »), mais l'analyse et les descriptions psychologiques sont fines et intelligentes (le contraire serait un comble, l'auteur étant psychiatre). Ce livre m'a interpellée à plusieurs reprises (cf les citations que j'en ai extraites), d'autant plus que je suis en pleine phase de réorientation professionnelle. Il m'a renvoyé sa question centrale, celle du libre choix de sa propre vie. Il m'a permis aussi d'aborder la pensée de Nietzsche d'une façon non rébarbative, d'explorer le fonctionnement tortueux du mental.
Au final, c'est drôlement intéressant (même si l'humour n'est pas si présent que ça), au point de me donner envie de lire d'autres livres de Yalom. C'est une lecture largement abordable, sauf si les mots « philosophie » ou « psychanalyse » provoquent chez vous larmes et hystérie…

Lien : https://voyagesaufildespages..
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Krout
  28 décembre 2015
Dans la représentation mentale du monde où je suis enfermé, entre la réalité et la réalité fantasmée laquelle des deux m'impacte-t-elle le plus ? Quel prix suis-je prêt à payer pour ma liberté, et d'ailleurs qu'est-ce que la liberté ? En imaginant à posteriori, en faisant jaïllir du néant post mortem en quelque sorte, la rencontre plausible mais avérée non historique de Fredriesch Nietzsche et de Josef Breuer à Vienne en 1882, Irvin Yalom m'a emmené dans une ballade de l'impossible à la recherche de l'humain trop humain qui m'habite pour immanquablement déboucher sur les illusions perdues. Je ne regrette en rien de m'être quelque peu extirpé de ma rudimentaire caverne où je trouve habituellement un confort réducteur et trompeur. Mais comment garder une trace intacte de cette lecture éclairante et comment la partager ?
Plutôt que me concentrer sur le livre en lui-même, il me semble intéressant dans ce cas précis de décrire le décor dans lequel j'ai réalisé cette ballade. Je vais tracer un carré et placer aux coins quatre lectures récentes : Heisenberg et le principe d'incertitude, L'audace de vivre, Quand reviennent les âmes errantes, Le problème Spinoza. Au-dessus au milieu, à une certaine hauteur, je positionne Et Nietzsche a pleuré. Considérant chacun des coins comme un puissant projecteur, leurs faisceaux viennent éclairer la lecture en cours, mettant consciemment en lumière des associations de pensée avec mes lectures récentes. Le tout forme une pyramide facilement visualisable.
Il me faut encore placer à un niveau sous-jacent les souvenirs enfouis mais persistants de lectures plus anciennes préalablement déjà associés respectivement Comme un chant d'espérance, L'infini dans la paume de la main, Le Petit Prince, Quattrocento et sur la même verticale que Et Nietzsche a pleuré, à une profondeur d' à peu près six fois la hauteur de la pyramide supérieure des tas de souvenirs très enfouis donc et en apparence recouverts à jamais. Mais attention, ils peuvent parfois, par petites touches, subreptissement réapparaître dans des textes comme Cellule 252, turbulences poétiques en espace confiné. Il fait à l'évidence beaucoup plus sombre dans cette seconde pyramide inversée et aussi beaucoup plus malaisé de s'y promener par les étroits souterrains encore parfois appelés cheminées et aboutissant le plus souvent à une chambre mortuaire bien cachée.
Que dire de plus sinon que l'auteur nous décrit un Nietzsche principalement cantonné dans la pyramide supérieure empreint de liberté et de lucidité mais coupé de son espace intérieur et un Breuer s'étant aventuré dans le labyrinthe inférieur d'une de ses patientes au risque de s'y retrouver enfermé. Encore un mot pour dire que de par mes précédentes lectures je n'ai pas été surpris des similitudes qu' Irvin Yalom souligne entre psychothérapie et philosophie. Le contraire serait étonnant, toutes deux étant issues du cerveau humain. J'en retire aussi une confirmation que l'enfer ce n'est pas les autres contrairement au dicton populaire. En lisant bien ce livre, je comprends que l'enfer (ou le paradis) c'est ici et maintenant et c'est aussi moi qui me le crée jour après jour. Au final, cette lecture certes me dépouille/me libère de certaines illusions mais ne m'a pas tué et donc, m'a rendu plus fort. Sur ce, je continue MON chemin sans vouloir pour cela tracer le VOTRE ni empiéter sur votre liberté. Puisse ce message être largement entendu et apporter la paix.
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caro64
  04 juillet 2010
Imaginez une rencontre au sommet entre le philosophe Friedrich Nietzsche , le célèbre docteur viennois Joseph Breuer et son jeune ami le docteur Freud – les deux pères de la psychanalyse – et Lou Salomé, Muse sublime, intelligente et libre... la passion de Nietzsche.
Nous sommes dans les années 1880 à Vienne et Irvin Yalom nous fait vivre la naissance en direct de la psychanalyse.
Tout commence par ce fameux rendez-vous où Lou Salomé arrive à convaincre le docteur Breuer de soigner Nietzsche à ses dépens. Ce qui semble a priori contraire à la théorie de psychanalyse – soigner un malade contre son gré -, le docteur Breuer va le tenter. Il faut dire qu'on ne peut rien refuser à cette si flamboyante et si convaincante Lou … Et Nietzsche a de si violentes migraines que rencontrer l'éminent docteur ne peut que le soulager. Il accepte donc de lui parler de ses douleurs physiques mais en fait Breuer essayera de soigner ses douleurs psychiques. le médecin doit alors imaginer une toute nouvelle méthode de traitement, fondée sur la célèbre "cure par la parole" ainsi qu' un stratagème déconcertant : devenir le patient de Nietzsche en feignant une crise de désespoir similaire à celle du philosophe.
S'engage alors entre les deux hommes une longue conversation absolument captivante. D'une intelligence sans pareille, les dialogues enlevés sont ponctués d'extraits d'"Ainsi parlait Zarathoustra", "Humain, trop humain" et du "Le Gai Savoir", de la pensée philosophique de Nietzsche, mais aussi de ce qu'il aurait pu penser de la psychanalyse. C'est là que le livre est passionnant. La relation entre Joseph et Friedrich n'a jamais existé, et pourtant leurs échanges semblent parfaitement cohérents et réels ! On a l'impression d'assister à l'élaboration de la théorie psychanalytique, où le médecin passe subrepticement au statut de patient, et où se tisse un lien ambigu entre les deux. On découvre ainsi la pensée nietzschéenne de manière ludique, originale et divertissante. Les thèmes principaux, le couple, la mort, la fuite du temps, sont abordés avec talent et tout en subtilité.
Ce livre érudit se lit très facilement… à travers l'écriture simple, précise et efficace d'Irvin Yalom, tout est parfaitement limpide. Je me suis laissée emporter par le rythme soutenu de ce huis clos sans la moindre difficulté, ni ennui. Nul besoin d'être féru de psychanalyse pour se laisser prendre. Il y a une sorte de suspense, on se demande à chaque instant ce qui va se passer et on ne lâche pas. C'est émouvant, ça nous interroge, nous bouscule, nous renvoie à nos propres faiblesses.
J'ai passé un très agréable moment à lire ce roman, j'appréciais de m'asseoir chaque jour en compagnie de ses personnages. Et même si je ne vais pas plonger dans les profondeurs de la philosophie "nietzschienne", je sais que je vais approfondir cette lecture par quelques documentaires. J'ai également envie de lire les autres titres d'Irvin Yalom dont "Mensonges sur le divan".
A la fin du livre, dans la postface et une note de l'auteur, Irvin Yalom explique comment il a eu l'idée de ce livre. Il dit également que des contacts avaient été établis entre ces deux hommes mais ils n'avaient pas abouti. Il a donc essayé d'imaginer ce qu'aurait pu être leur rencontre et cela a donné naissance à ce livre.
Un livre audacieux et passionnant à découvrir !

"Et Nietzsche a pleuré" vient de remporter le Prix "Saint-Maur en poche" du meilleur roman en juin 2010.
Un film a été tiré de ce livre en 2007, avec le même titre : "When Nietzsche wept".
Pour ceux et celles qui ont lu ce roman, vous pouvez voir la séquence finale en Vidéo, ci-joint.

Lien : http://www.youtube.com/watch..
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Citations et extraits (242) Voir plus Ajouter une citation
colimassoncolimasson   20 avril 2013
- Malgré tout, Josef, vous fuyez ma question. Avez-vous vécu votre vie ? Ou bien est-ce votre vie qui vous a vécu ? L’avez-vous choisie ? Ou avez-vous été choisi par elle ? L’avez-vous aimée ? Ou la regrettez-vous ? Voilà ce que j’entends lorsque je vous demande si vous avez vécu jusqu’au bout. […]
« Ces questions… Mais vous en connaissez la réponse ! Non, je n’ai pas choisi ! Non, je n’ai pas vécu la vie que j’ai voulue ! J’ai vécu celle que l’on m’a donnée. J’ai été, moi, le vrai moi… j’ai été enfermé dans ma propre vie.
- Et c’est là, Josef, j’en suis persuadé, la cause première de votre angoisse. Cette pression précordiale que vous ressentez est tout simplement due au fait que vous débordez d’une vie non vécue. Et votre cœur bat à l’unisson du temps qui passe, de ce temps qui ne cesse d’être vorace, qui engloutit, mais ne rend jamais rien. Qu’il est terrible de vous entendre dire que vous avez vécu la vie qu’on vous a donnée ! De vous voir affronter la mort sans avoir jamais réclamé votre liberté, si dangereuse fût-elle ! »
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LuniverLuniver   02 août 2016
[Breuer] médita sur son propre cas. Ses états d'esprit les plus fluctuants, il les avait connus avec des femmes. Certains jours il se sentait fort et protégé : ce jour précis, à l'abri de la forteresse qu'était son cabinet de consultation, en faisait partie. Dans ces moments-là, il voyait les femmes telles qu'elles étaient : des créatures en quête de reconnaissance qui luttaient face aux difficultés sans fin de la vie quotidienne ; il voyait également la nature profonde de leurs seins : des amas de cellules mammaires flottant dans des lacs de lipides. Il connaissait leurs écoulements, leur problèmes dysménorrhéiques, leurs sciatiques, leurs diverses excroissances anormales – matrices et vessies effondrées, hémorroïdes bleuâtres et varices.

Mais, à d'autres moments, il était enchanté, captivé par des femmes hors du commun, dont les seins gonflaient pour former des globes à la fois puissants et magiques, submergé par un formidable désir de se mêler à leur corps, de lécher leurs tétons, de se glisser dans leur chaleur et leur moiteur. Cet état d'esprit pouvait se révéler absolument implacable et bouleverser toute une vie. Dans son travail avec Bertha, cela avait même failli lui faire perdre tout ce à quoi il tenait.

Tout était question de perspective, de passage d'un état mental à l'autre. S'il pouvait apprendre aux patients la manière de faire cela sur commande, par la seule volonté, alors il pourrait, en effet, devenir ce que Mlle Salomé cherchait : un médecin du désespoir.
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FRANGAFRANGA   28 juillet 2012
Malgré mes belles paroles, malgré ma posture de philosophe posthume, malgré la certitude que mon heure viendra, malgré enfin ma théorie de l'éternel retour, j'ai une peur terrible de mourir seul. Savez-vous ce que c'est de savoir qu'une fois mort, on ne découvrira pas votre corps avant des jours, des semaines peut-être, jusqu'à ce que l'odeur intrigue enfin quelque étranger de passage ? J'essaie de me rassurer. Souvent, au plus fort de mon isolement, je me mets à parler tout seul. Pas trop fort, cependant, car j'ai peur de mon propre écho caverneux.
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viou1108viou1108   25 juillet 2013
Allons, disséquez encore un peu plus vos raisons profondes! Vous découvrirez que personne n'a jamais, jamais, agi entièrement pour les autres. Tout acte est dirigé vers soi, tout service ne sert que soi, tout amour n'aime que soi. (...) Vous paraissez surpris par mes propos? Peut-être songez-vous aux êtres que vous aimez. Creusez plus profondément, et vous verrez que vous ne les aimez pas. Ce que vous aimez, ce sont les petites sensations agréables qu'un tel amour suscite en vous! Vous aimez le désir, et non l'être désiré.
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PiertyMPiertyM   14 avril 2014
Pour établir une relation avec autrui, il faut d'abord établir une relation avec soi-même. Si nous sommes incapables d'affronter notre propre solitude, nous ne faisons qu'utiliser les autres comme des boucliers.


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