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ISBN : 2253015598
Éditeur : Le Livre de Poche (01/02/1977)

Note moyenne : 3.84/5 (sur 440 notes)
Résumé :
Livre-cri, livre-coup, d'une sincérité violente, impudique et sans concession, ce récit ne ressemble à aucun autre. Ce n'est pas le première fois qu'une femme raconte une crise intime, mais jamais on n'avait osé employer comme elle le fait « les mots pour le dire », les mots vrais, les mots interdits, les mots qui délivrent.
Sujette à des troubles dont tout lecteur et toute lectrice ressentiront aussitôt comme en eux-mêmes l'insupportable chaîne, la jeune fe... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (47) Voir plus Ajouter une critique
zwyns
  20 septembre 2015
Que dire après tant de critiques aussi bonnes les unes que les autres...
Si ce n'est que le témoignage de Marie Cardinal m'a profondément troublé.
Au delà du récit de sa maladie,de sa psychanalyse interminable,ses rapports avec ses parents,on découvre une femme qui se libère, à une époque où il n'était pas convenu de parler et surtout d'écrire pour dévoiler une maladie ou une déficience psychologique ou physique.
Marie Cardinal n'hésite pas à utiliser un langage cru,à exposer son intimité corporelle et psychique,et avec audace,elle interpelle le lecteur,lui fait voir la réalité des choses que l'on tait.Enfin que l'on taisait à l'époque.
Une oeuvre forte,sans concession,un témoignage rare et courageux pour l'époque,à lire ou à relire .
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fredho
  22 décembre 2012
« Les mots pour le dire » est l'autobiographie poignante de la romancière Marie Cardinal.
La narratrice qui est l'auteure elle-même souffre, somatise, son corps réagit, saigne, il déverse des hémorragies inexpliquées par la médecine.
Son propre sang devient son pire ennemi, il coule sans prévenir, dans des lieux ou bien à des moments non propices. Chaque hémorragie est une douleur morale et physique et la jeune femme désemparée par son lamentable état, sombre et frôle la folie.
Dans un moment de lucidité, elle décide de suivre une psychanalyse, une approche complètement inconnue, mais au fur et à mesure des séances les mots et les maux se lâchent, s'expriment et se révèlent... Ce mal qui la ronge va se matérialiser dans l'image de sa mère, une mère qui est certainement la cause de son calvaire !
Marquée par une mère despote, sévère, froide, la jeune femme garde en elle les stigmates d'une enfance traumatisante. Elle évoquera pendant sa thérapie, ses démons, ses peurs, ses douleurs mais surtout l'essentiel : l'absence totale d'amour d'une mère qui lui reprochera indirectement d'être née.
Témoignage percutant de la romancière où dans son cas, le rôle de la psychanalyse pour cette pathologie, s'avère être bénéfique et positive pour la reconstruction mentale du puzzle de sa vie.
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Aela
  17 avril 2014
C'est un livre que j'avais lu il y a longtemps, peu après sa sortie en 1976, et je viens de le relire. Toujours autant d'émotion à lire ce livre inclassable, mélange d'autobiographie, de témoignage, de confession, de règlement de compte…
Dans ce livre l'auteure, Marie Cardinal, relate ses années de psychanalyse. Elle le fait sans aucune concession, c'est comme un cri, une crise interne.
Cela commence par un mal physique : la narratrice souffre d'hémorragies violentes depuis des années, sans qu'aucun traitement médical « classique » ne puisse la soulager.
Complètement désemparée, au bord de la folie et du suicide, elle décide de consulter un psychanalyste qui va la sauver et surtout, l'aider à accoucher d'elle-même.
Au fil des séances, nous remontons l'histoire de sa vie, son enfance dans une Algérie en guerre, le divorce de ses parents alors que sa mère n'avait que vingt-huit ans, le rejet par sa mère qui est certainement la cause principale de ses tourments.
Livre grave, document bouleversant sur la vie en Algérie peu avant la guerre et pendant la guerre, vécu d'une jeune femme au sein d'une classe bourgeoise jalouse de ses prérogatives.
Le livre est très riche, la langue est superbe, les émotions sont rendues avec un talent immense.
Un livre qui a été encensé par la grande romancière afro-américaine Toni Morrison, qui l'a lu en 1983 et qui a été bouleversée par l'importance de l'Afrique dans le parcours de l'auteure Marie Cardinal, Afrique de son enfance en Algérie, Afrique « culturelle » car les premières manifestations de son « mal » surviennent lors d'un concert de Louis Armstrong, le grand jazz man afro-américain. Une belle illustration de la puissance des connotations culturelles du jazz.
Toni Morrison reconnaît en effet s'intéresser depuis longtemps à la façon dont les Noirs déclenchent des moments cruciaux, des révélations. Elle a été bouleversée par cette « catalyse » de Louis Armstrong.
Il faut lire et relire ce livre avant de revoir le film qui en avait été tiré, dans lequel les comédiens Daniel Mesguich, Marie-Christine Barrault et Nicole Garcia avaient livré tout leur talent.
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Magenta
  01 septembre 2012
Impossible pour moi de faire la critique de cette histoire tant elle m'a chamboulée. Il est des lectures dont on ne se sort pas indemne et celle-ci en fait partie. Parce que sans être atteinte des troubles de Marie Cardinal, j'ai l'impression que j'aurais pu l'écrire moi-même...
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madameduberry
  01 juillet 2015
Un roman vrai et un vrai roman. Bien que remanié pour les besoins de la création littéraire, le récit romancé de Marie Cardinal décrit de façon très précise et très exacte les grandes étapes d'une cure psychanalytique dans les années 50 à 60.On y trouve des éléments historiquement intéressants concernant la façon dont une cure pouvait être menée/restituée, à cette époque. On y découvre l'illustration des thèses freudiennes sur les manifestations somatiques des conflits inconscients.Surtout, on y entend une voix personnelle, vraie, impudique, très osée pour l'époque, nommant certains aspects de la vie des femmes et de la sexualité féminine. Comment la psychanalyse fut une libération et un espoir, une issue hors de la pathologie mentale et une alternative à l'usage immodéré des psychotropes, c'est ce qu'une relecture de ce livre pourrait faire entrevoir en contrepoint des attaques dont elle fait pour l'heure l'objet.
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Citations & extraits (78) Voir plus Ajouter une citation
clarinetteclarinette   27 juillet 2008
Moi qui n’avais pas pu pleurer depuis si longtemps moi qui cherchais en vain depuis tant de mois le soulagement des larmes, voilà qu’elles coulaient enfin par grosses gouttes qui détendaient mon dos, mon torse, mes épaules. J’ai pleuré pendant longtemps. Je me vautrais dans cet orage, je le laissais prendre mes bras, ma nuque, mes poings serrés, mes jambes repliées sur mon ventre. Depuis combien de temps n’avais-je pas éprouvé le doux calme du chagrin ? Depuis combien de temps n’avais-je pas laissé mon visage barboter dans la tendresse des larmes mêlées d’un peu de salive et de morve ? Depuis combien de temps n’avais-je pas senti couler la gentille liqueur tiède de la peine ?
J’étais bien là, comme un enfant repu dans son berceau, les lèvres encore pleine de lait, envahi par la torpeur de la digestion, protégé par le regard de sa mère. J’étais allongée sur le dos, des tout mon long, obéissante, confiante. Je me suis mise à parler de mon angoisse et j’ai deviné que j’allais en parler longtemps, pendant des années. J’ai senti dans le fin fond de moi que j’allais peut-être trouver le moyen de tuer la chose.
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clarinetteclarinette   27 juillet 2008
A l'heure dite j'étais au fond de l'impasse, toute empaquetée de serviettes, de coton, engoncée dans des sortes de couches que je m'étais fabriquées. J'ai attendu un peu parce que j'étais arrivée en avance. La personne avant moi est sortie. Comme la veille j'ai entendu les ouvertures et les fermetures des deux portes. Enfin je suis entrée et j'ai dit tout de suite :
« Docteur, je suis exsangue. »
Je me souviens très bien avoir employé ce mot parce que je le trouvais beau. Je me souviens aussi que je voulais avoir un visage et une attitude pathétiques. Le docteur m’a répondu doucement et calmement :
« Ce sont des troubles psychosomatiques, cela ne m’intéresse pas. Parlez-moi d’autre chose. »
Il y avait là ce divan que je ne voulais pas employer. Je voulais rester debout et me battre. Les mots que cet homme venait de prononcer m’avaient giflée en pleine face, jamais je n’avais rien encaissé de si violent. En pleine figure ! Mon sang ne l’intéressait pas ! Alors tout était détruit ! J’en étais suffoquée, foudroyée. Il ne voulais pas que je parle de mon sang ! Mais de quoi d’autre voulait-il que je parle ? de quoi ? En dehors de mon sang il n’y avait que la peur, rien d’autre, et je ne pouvais pas en parler, je ne pouvais même pas y penser.
Je me suis effondrée et j’ai pleuré.
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mandarine43mandarine43   27 janvier 2012
Parler, parler, parler, parler.
"Parlez, dites tout ce qui vous passe par la tête, essayez de ne pas faire de tri, de ne pas réfléchir, essayez de ne pas arranger vos phrases. Tout est important, chaque mot."
C'était le seul remède qu'il me donnait et je m'en gavais. Peut-être que c'était ça l'arme contre la chose : ce flot de mots, ce maelström de mots, cette masse de mots, cet ouragan de mots ! Les mots charriaient la méfiance, la peur, l'incompréhension, la rigueur, la volonté, l'ordre, la loi, la discipline et aussi la tendresse, la douceur, l'amour, la chaleur, la liberté.
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KilamaKilama   11 janvier 2015
L'oubli est la plus compliquée des serrures mais il n'est qu'une serrure, il n'est pas une gomme ou une épée, il n'efface pas, ne tue pas, il enferme. Je sais maintenant que l'esprit capte tout, range tout et entretient tout...Même ce que je crois ne pas avoir vu, entendu ou senti, même ce que je crois ne pas avoir compris, même l'esprit des autres. Chaque évènement aussi minuscule soit-il, quotidien... est catalogué, étiqueté, serré dans l'oubli mais indiqué dans la conscience par un signal souvent microscopique : une brindille d'odeur, une étincelle de couleur, un clignement de lumière...un éclat de mot...un frôlement, un écho... un rien qui existerait.
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rolandm1rolandm1   16 janvier 2013
J'avais dix ans et je m'énervais à ne pas pouvoir m'endormir et je me levais. Je fabriquais un cornet, une sorte de tuyau plus évasé d'un côté que de l'autre que j'obtenais en enroulant autour de mes doigts une feuille de carton léger. Je le cachais sous ma chemise de nuit. Puis j'allais; dans la maison assoupie; ne faisant aucun bruit avec mes orteils nus, jusqu'aux toilettes, je me verouillais.A travers la lucarne, en journée on voyait la colline plantée de vignes et la forêt: Je cherchais le tuyau de papier caché et j'allais essayer de pisser debout comme les garçons, en dirigeant mon jet à travers le cornet. Je me rendais compte que les gestes que je faisast pour adapter le tuyau à mon corps étaient les mêmes que ceux que je faisais pour vérifier l'écoulement de sang : des mouvements furtifs,des frôlements, de légers tiraillements, d'imperceptibles va-et-vient et le fond de ma pensée était là au bout de mes doigts.
Je ressentais à la base des mollets un picotement à la frontière du plaisir et de la douleur qui montait dans mes cuisses puis envahissait mon ventre.Quand je pissais sur mes doigts cette urine chaude, mon corps était pris par un balancement, un mouvement qui me cambrait les reins et me procurait un bonheur complet qui me faisait peur.J'avais honte et jetais mon cornet de papier ramolli et mouillé et tirais la chasse.
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