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ISBN : 2841099822
Éditeur : Le Temps des Cerises (03/10/2013)

Note moyenne : 4.5/5 (sur 1 notes)
Résumé :
De 1910 à 1914, Henri Barbusse a rédigé pour le quotidien Le Matin une centaine de courtes nouvelles, aujourd'hui quelque peu tombées dans l'oubli. Ce recueil, qui réunit vingt-cinq nouvelles dont certaines inédites, permet de découvrir la production de Barbusse dans toute sa variété par le choix des thèmes abordés. Dans ces textes, Barbusse se conforme au modèle contraignant du "feuilleton", grand succès de la Belle Epoque : format, facture classique de l'écriture ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
TREMAOUEZAN
  16 septembre 2015
Comment appréhender ce recueil de nouvelles, antérieures à la Grande Boucherie de 1914-1918 ?
Guy de Maupassant ? Il me semble plutôt que Barbusse a trempé sa plume dans l'encrier d'Octave Mirbeau, plus chargé en vitriol. Ils sont bien là, ces chérubins graines d'assassins, ces adultes paisiblement crétins - et lecteurs assidus du "Matin", n'en doutons pas ! - , ces hystériques des corridas, ces meurtriers sanguinaires, fervents adeptes d'une France coloniale ...
Mais on croisera également, ici et là, des jeunes gens timides à en mourir, une pauvre mère (ou mère pauvre) au petit chat, une petite couturière et son gentil forgeron. Là aussi , le Cinghalais déraciné (de sa terre natale, de son essence même), le bouvier au taureau.
La couverture de cette édition représente "L'Homme au Balcon, boulevard Haussmann" de Caillebotte. Il n'est cependant pas interdit de laisser son esprit traîner du côté des caricatures de Daumier.
J'aimerais quant-à moi imaginer ma petite couturière peinte par Degas, avec toute la délicatesse de son trait à lui posée sur la délicatesse de ses traits à elle. Et je voudrais, pour la mère au petit chat, pour le vieil homme dans l'arène, le Cinghalais du brouillard londonnien, le timide désespéré, que s'élèvent doucement des notes de musique.
Laissons à présent s'exprimer Debussy qui, à n'en pas douter, composa spécialement ses "Nocturnes" pour les âmes en peine dépeintes ici. Ecoutons "Nuages". Ecoutons "Sirènes" ...
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5Arabella
  18 juillet 2016
Henri Barbusse a publié, entre 1910 et 1914, une centaine de nouvelles dans le journal le Matin. Par contrat, il doit fournir deux nouvelles par mois. Une autre contrainte était une durée maximale de deux cents lignes. Et il fallait s'adapter aux goûts du lectorat du journal. le présent recueil est constitué de 24 de ces nouvelles auxquelles est associé un texte plus ancien et plus long, qui n'a pas été écrit pour le journal.
Textes courts, d'une facture très classique, avec le souci d'une narration, d'une chute, forcément un condensé où il faut aller à l'essentiel de suite. L'auteur privilégie des moments de tension, qui résument une vie, un destin. Ce ne sont pas des textes souriants ni d'un grand optimisme, les vies sont souvent des échecs, on voit des gens qui réalisent qu'ils sont passés à côté de quelque chose qu'ils ont du mal à définir d'ailleurs. Ou des être qui n'ont pas vraiment eu la possibilité de. L'auteur dresse en filigrane le portrait d'une société corsetée, qui donne peu de chances aux humbles, et oblige les moins défavorisés à une vie étouffante et peu épanouissante, hypocrite et mesquine. Il n'y a pas vraiment d'espace de liberté. Ce n'est pas aussi fort et personnel que le feu, mais montre un grand talent, malgré les contraintes. Et dresse le portrait de l'époque qui précède la première guerre mondiale.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
TREMAOUEZANTREMAOUEZAN   13 septembre 2015
La cinquantaine salissait de gris [l]es cheveux [de Caroline], l'ensevelissait dans la graisse. On devinait de quelle façon la vieillesse l'estropierait toute. Pourtant, sur sa figure ballonnée, flottait un vague sourire chronique. (page 77)

La jambe traînante, il alla souhaiter le bonsoir à ses parents. Il portait une figure mince, exsangue et comme légumineuse, et un regard si humble qu'il en louchait. A l'intérieur de son grand tablier, de sa veste flottante, de sa culotte pendante, on devinait un frêle organisme, mal raffermi par l'huile de foie de morue. (page 78)

("Le Conte de fées")
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TREMAOUEZANTREMAOUEZAN   16 septembre 2015
Il poussait mal. Massive et drue, sa carrure s'élevait de travers. Il portait ses solides épaules comme un fardeau embarrassant : une de ses lourdes mains se balançait plus bas que l'autre. De plus, le diable, qui pense à tout, lui mit sur la figure une laideur qui grandit et s'étala avec l'âge.
(...) Son esprit s'était peu à peu arrêté de progresser. Sa pensée somnolente n'était pas capable de bâtir, en lui, des drames. Il désapprit à espérer, puis à regretter.
("L'autre monde", page 168)
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TREMAOUEZANTREMAOUEZAN   11 septembre 2015
Très contemplatif, d'une contemplation qui tournait en mélancolie, (...), j'étais ébranlé par le spectacle des choses, j'aurais voulu faire des statues effrayantes, et il m'a fallu du temps pour comprendre qu'il n'y a rien de plus effrayant que de raconter doucement et scupuleusement la vie.
("L'Illusion", page 15)
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TREMAOUEZANTREMAOUEZAN   16 septembre 2015
Ils s'étaient rencontrés deux fois, par hasard, et cette fois, à l'heure de la sortie des ateliers, sans se connaître, ni s'être parlé, ils essayaient de se rencontrer par hasard une troisième fois.
("La Marche Funèbre", page 72)
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TREMAOUEZANTREMAOUEZAN   16 septembre 2015
Le fait que ce garçon et cette fille s'avisaient de s'amouracher l'un de l'autre, alors qu'un tel choix de jeunes gens des deux sexes foisonnaient dans la ville, prouvait leur immense stupidité.
("Histoire de Famille", page 90).
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Video de Henri Barbusse (2) Voir plusAjouter une vidéo

Henri Barbusse : Lettres à sa femme 1914 1917
A la Cité Internationale Universitaire de Paris, Olivier BARROT reçoit Xavier HOUSSIN sur le livre d'Henri BARBUSSE "Lettres à sa femme 1914-1917". Il s'agit de la correspondance de guerre de 1914 à 1917 d'H. BARBUSSE pour sa femme, où l'auteur relate son quotidien au front.
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