AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Brigitte Vergne-Cain (Traducteur)Gérard Rudent (Traducteur)
ISBN : 2253057843
Éditeur : Le Livre de Poche (01/01/1991)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 4.24/5 (sur 5197 notes)
Résumé :
Czentowic, champion d'échecs arrogant, esprit borné à outrance, inculte et étonnamment stupide, occupe le premier plan jusqu'à l'entrée en scène de Monsieur B. Dès lors que cet aristocrate autrichien s'intéresse à la partie livrée entre le champion et les passagers amateurs, la direction du texte bascule.

Par un effet de symétrie, la narration se transforme en un face à face tendu entre un esprit brillant et rapide à l'intelligence abstraite et un cer... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (417) Voir plus Ajouter une critique
Annette55
  08 février 2014
C'est un petit livre magnifique,court,dense,merveilleusement écrit qui se lit d'une traite.
C'est une œuvre posthume de Stefan Zweig , publiée en 1943, qui n'a pas pris une ride.
Un illustre champion mondial d'échec ,frustre ,antipathique se fait battre par un inconnu.
Celui- ci,emprisonné dans des circonstances terribles,fin et raffiné,apprend des combinaisons par cœur,après avoir subtilisé un petit livre qui les relate.
N'ayant que ce livre à sa disposition, il l'a lu et relu, se l'est approprié.
C'est un chef d'œuvre de tension psychologique,qui montre la puissance de l'imagination,le fait que l'on peut atteindre à la folie lors d'un grand isolement et le danger extrême d'une ou de plusieurs addictions .
Pris par hasard à la bibliothèque à cause du nom du grand Stefan Zweig dont j'ai quelques titres , je vais l'acheter pour le relire.
Commenter  J’apprécie          1365
Nastasia-B
  18 août 2012
En regard du nombre étonnant de critiques sur cette oeuvre, je me contenterai simplement d'une petite comparaison. Voici un petit livre qui me rappelle beaucoup "Vingt-quatre heures de la vie d'une femme".
En effet, la technique de construction en est la même : le récit rétrospectif d'un personnage qui se confie au narrateur. le thème abordé est assez proche bien que très différent en apparence. Il s'agit de la folie du jeu, ou, plus exactement, de l'emprise que peut avoir un jeu jusqu'à rendre fou. Nous avions affaire au casino dans "vingt-quatre heures", ici ce sont les échecs, mais la lente aliénation est assez semblable.
Pareillement Stefan Zweig débute son histoire par une introduction concernant un autre personnage mais qui appelle l'analogie avec le récit central, comme dans "vingt-quatre heures". Enfin, de la même façon qu'avec la vielle dame, ici aussi, un bref épisode de la vie du personnage central a un retentissement à vie durant. (Au passage, cette construction en deux moments distincts doit nous faire catégoriser l'ouvrage parmi les romans et non parmi les nouvelles bien que sa faible longueur puisse nous y faire songer.)
En somme, si vous avez aimé l'un (vingt-quatre heures), vous aimerez l'autre (joueur d'échecs). C'est court, c'est facile à lire, c'est bien fait dans son style, mais il me manque le petit brin de je-ne-sais-quoi qui me fait croire au chef-d'oeuvre quand un livre m'enthousiasme complètement mais, vous l'aurez compris, ceci n'est que mon avis, c'est-à-dire, pas grand chose.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          1164
Yggdrasila
  06 novembre 2014
Il y a des livres pour lesquels je me demande pourquoi j'ai attendu aussi longtemps avant de les ouvrir.
Celui-ci est court, brillant, efficace et sans fioritures. C'est un coup de coeur pour moi.
Je l'ai lu d'une traite et avec beaucoup de frénésie. Je n'avais jusqu'alors pas encore lu de livres de cet auteur, pourtant il était dans mon programme de terminale, mais je l'avais délibérément zappé. Oui chers amis babeliotes, vous pouvez me huer! Malheureusement à l'époque, je n'avais pas conscience du génie de cet auteur.
J'ai aimé le début de l'histoire sur le paquebot. Ensuite, au début du récit de M.B lorsqu'il raconte sa malencontreuse histoire avec la Gestapo, je me suis dit que l'auteur allait partir dans une lourde litanie. Mais quelle fut ma surprise en lisant ce passage qui constitue une histoire dans l'histoire de ce livre. J'ai adoré, j'ai trouvé ce récit d'une grande émotion. Il est empli d'obsessions et de ferveur de la part du personnage. Zweig parvient à nous faire ressentir, avec des mots simples, toute la détresse de son personnage, et c'est très fort. On comprend tout à travers ce récit.

J'ai trouvé les personnages très profonds: entre Mirko, ce personnage arrogant et si singulier qui excite la curiosité et que l'on admire du coin de l'oeil. Mac Connor l'ingénieur trop sûr de lui qui est prêt à tout pour se mettre en avant, le personnage de M.B très attachant et remarquable à la fois, sans oublier le narrateur qui nous retranscrit l'histoire et qui est le fin observateur lors de ce voyage sur le paquebot.
Un livre à lire et à relire. Si vous ne l'avez pas encore fait, foncez, car je pense que c'est une histoire qu'il faut avoir lu au moins une fois dans sa vie. Et pas besoin d'être un amateur d'échecs pour cela.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          1146
palamede
  31 août 2016
En 1939, entre New York et Buenos Aires, Mirko Czentović, l'arrogant champion mondial des échecs, affronte un aristocrate autrichien, un homme, torturé par les nazis, qui a été sauvé de la folie par le jeu d'échecs.
On peut bien sûr faire un parallèle entre le champion d'échecs et les nazis, Stefan Zweig étant l'aristocrate de cette oeuvre posthume - qui est une abstraction du conflit mondial dont il imagine l'issue.
Une oeuvre admirable de la part d'un homme qui veut mourir, ne supportant plus le sort réservé aux Juifs et le délitement de la culture européenne. Un expatrié forcé qui n'espère plus en un monde qui agonise, mais garde sa confiance en l'homme.
Commenter  J’apprécie          1072
greg320i
  17 octobre 2014
Il faut un début à tout, c'est un fait :
L'alphabet commence par A, bien que finissant sur le son 'bé'
Les livres par des sommaires devant et leur épilogue par des lexiques derrière .
On explique par A+ B que c'est en lisant que l'on devient un habile lecteur.
Qu' Hannibal lui,préférait la bile de ses victimes avec deux doigt de chianti .
Que le joueur d'échecs ...Mon dieu .. C'été lui ??
Non, quand même .
Bien qu'une version horrifique de Stephan Zweig m'eut été plaisant , mon cas transcendant ici va vers l'inédit .. quand même oui .
Mais alors ,, premier livre-audio pardi ! Mon classique conté et raconté par Jacques Weber l'érudit . Allez hop , C'est parti.
Frèreuuh Jacqueuuh ... (bis) Dormez-vous ? (bis)
C'est un peu mou , c'est un peu lent je trouve ..
Oui bon, l'occasion n'est certes pas donné ici de mettre le maximal de votre capacité vocale sur une grande tension genre l'échiquier du mal version Dan Simmons, ou l'histoire d'un Cavalier Fou tuant des Dames dans une Tour ; mais je constate le manque de vigueur dans le verbe c'est indéniable : vous ne putes donc lire ces quelques vocables qu' aussi sagement ?
Du reste s'il en reste je prends plaisir à découvrir que je peut (enfin !) écouter tranquillement et faire cheminer mes mains à autre chose que tenir un bouquin
R-é-v-o-l-u-t-i-o-n-n-a-i-r-e. qu'on se le dise .
Voilà pourquoi aujourd'hui , cette nuit, je défend ardument désormais la cause et la causerie des audit par autrui .
Marre des poignets enflé à tenir des pavés de 1200 pages ? Fatigués du tennis elbow à tourner les pages ? Alors prenez votre courage à deux mains . Relâcher votre ouvrage, voyez, écoutez et soyez aussi libre qu'un sauvage . L'ivresse du verre à la main avec un Cd audio :
Rigoletto de l'opéra sur les oreilles,c'est rigoler tard à l'apéro.. même sans les mains.

Et si voulez savoir le finaud de l'histoire selon Zweig ,allez pécher les très bonnes critiques émises par les lecteurs Babélionaute , -presque deux cent- dont je saluerai toujours leur mérites et leur grandes lignes décisives d'explicatives.

+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          8510

critiques presse (2)
LaCroix   15 juillet 2019
Une vision saisissante de l’Europe déchirée par la guerre et par le nazisme, que l’auteur a écrite
peu avant de se suicider.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Lexpress   12 juillet 2013
Un autoportrait à peine déguisé, une histoire poignante derrière laquelle se profile tout le drame de Zweig, qui se suicida après avoir rédigé cet ultime récit, en 1941.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (217) Voir plus Ajouter une citation
philippe91philippe91   09 octobre 2019
Les monomaniaques de tout poil, les gens qui sont possédés par une seule idée m'ont toujours spécialement intrigué, car plus un esprit se limite, plus il touche par ailleurs à l'infini.
Commenter  J’apprécie          60
MyrinnaMyrinna   29 mars 2010

Dès le moment où je cherchais à jouer contre moi même, je me mis inconsciemment au défi. Le noir que j'étais rivalisait avec le blanc que j'étais aussi, chacun d'eux devenait avide et impatient en voulant gagner la pensée de ce que je ferais en jouant avec les blancs, me donnaient la fièvre quand je jouais avec les noirs. L'un des deux adversaires qui étaient en moi, triomphait, et s'irritait à la fois quand l'autre commettait une erreur ou manquait d'astuce.
Tout cela paraît dépourvu de sens, le serait en effet s'il s'agissait d'un homme normal vivant dans des conditions normales.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          1101
le_Bisonle_Bison   30 juillet 2014
Autour de moi, c’était le néant, j’y étais tout entier plongé. On m’avait pris ma montre, afin que je ne mesure plus le temps, mon crayon, afin que je ne puisse plus écrire, mon couteau, afin que je ne m’ouvre pas les veines ; on me refusa même la légère griserie d’une cigarette. Je ne voyais aucune figure humaine, sauf celle du gardien, qui avait ordre de ne pas m’adresser la parole et de ne répondre à aucune question. Je n’entendais jamais une voix humaine. Jour et nuit, les yeux, les oreilles, tous les sens ne trouvaient pas le moindre aliment, on restait seul, désespérément seul en face de soi-même, avec son corps et quatre ou cinq objets muets : la table, le lit, la fenêtre, la cuvette. On vivait comme le plongeur sous sa cloche de verre, dans ce noir océan de silence, mais un plongeur qui pressent déjà que la corde qui le reliait au monde s’est rompue et qu’on ne le remontera jamais de ces profondeurs muettes.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          484
le_Bisonle_Bison   08 mai 2014
Mais n’est-ce pas déjà le limiter injurieusement que d’appeler les échecs un jeu ? N’est-ce pas aussi une science, un art, ou quelque chose qui, comme le cercueil de Mahomet entre ciel et terre, est suspendu entre l’un et l’autre, et qui réunit un nombre incroyable de contraires ? L’origine s’en perd dans la nuit des temps, et cependant il est toujours nouveau ; sa marche est mécanique, mais elle n’a de résultat que grâce à l’imagination ; il est étroitement limité dans un espace géométrique fixe, et pourtant ses combinaisons sont illimitées. Il poursuit un développement continuel, mais il reste stérile ; c’est une pensée qui ne mène à rien, une mathématique qui n’établit rien, un art qui ne laisse pas d’œuvre, une architecture sans matière ; et il a prouvé néanmoins qu’il était plus durable, à sa manière, que les livres ou tout autre monument, ce jeu unique qui appartient à tous les peuples et à tous les temps, et dont personne ne sait quel dieu en fit don à la terre pour tuer l’ennui, pour aiguiser l’esprit et stimuler l’âme.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          420
DavidG75DavidG75   22 avril 2019
Qualifier les échecs de jeu, n’est-ce pas déjà les réduire et commettre une injustice ?

Ne sont-ils pas aussi une science, un art, quelque chose qui plane entre ces deux pôles comme le cercueil de Mahomet entre le ciel et la terre, une incomparable association de tous les contraires ?


Très anciens et pourtant toujours neufs, mécaniques par leur dispositif, mais n’agissant qu’avec le ressort de l’imagination ; à la fois limités à un espace géométrique et figé, et illimités par leurs combinaisons, se développant sans cesse et pourtant stériles ; une réflexion qui ne mène à rien, une mathématique qui ne calcule rien, un art qui ne crée pas d’œuvres, une architecture sans matière, mais dont l’être et l’existence sont incontestablement plus durables que tous les livres et toutes les œuvres , le seul jeu qui appartienne à tous les peuples et à toutes les époques, et dont nul ne sait quel dieu l’a apporté sur terre pour tuer l’ennui, pour aiguiser l’esprit, pour stimuler l’âme.

Où commence-t-il, où finit-il ?

Tout enfant peut en apprendre les premières règles, tout butor peut s’y essayer ; et pourtant, dans les limites de cet étroit et invariable carré, ce jeu est capable d’engendrer une espèce singulière de maîtres, absolument incomparables [...]

J’avais admis depuis toujours le principe qu’un jeu aussi incomparable et aussi génial devait nécessairement générer des matadors spécifiques ; mais comme il était difficile, et même impossible, d’imaginer la vie d’un être intelligent et vif pour qui le monde se réduit à un étroit parcours entre le noir et le blanc, et dont toute la vie consiste à chercher le triomphe à partir des seules allées et venues, des seuls déplacements d’avant en arrière de trente-deux pièces ; quelqu’un pour qui une nouvelle ouverture, par exemple en choisissant le cavalier plutôt que le pion, représentait déjà une prouesse et une minuscule portion d’immortalité, quelque part dans un livre sur les échecs ; un être dont l’esprit est capable, sans devenir fou, de concentrer toutes ses réflexions pendant dix, vingt, trente, quarante ans d’affilée sur un but ridicule : acculer un roi de bois dans un angle sur une planche de bois !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110
Videos de Stefan Zweig (37) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Stefan Zweig
Extrait de "fouché" de Stefan Zweig lu par Éric Verdin. Editions Audiolib. Parution le 11 septembre 2019.
Pour en savoir plus : https://www.audiolib.fr/livre-audio/fouch%C3%A9-9791035401085
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature des langues germaniques. Allemand>Romans, contes, nouvelles (879)
autres livres classés : littérature autrichienneVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Le joueur d'échec de Zweig

Quel est le nom du champion du monde d'échecs ?

Santovik
Czentovick
Czentovic
Zenovic

9 questions
1228 lecteurs ont répondu
Thème : Le Joueur d'échecs de Stefan ZweigCréer un quiz sur ce livre
.. ..