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ISBN : 2354088175
Éditeur : Mnémos (21/02/2020)

Note moyenne : 3.96/5 (sur 25 notes)
Résumé :
Silas, Morue et Rossignol rêvent d'aventures et de grands faits d'armes tout en vidant chope de bière sur chope de bière à la taverne du Grand Tintamarre, qu'ils peuvent à peine se payer. Alors que Morguepierre devient le théâtre d'enlèvements de jeunes orphelines et que des marie-morganes viennent s'échouer sur ses plages, les trois compères se retrouvent adoubés par un vieux baron défroqué et chargés de mener l'enquête. Les voilà lancés sur les traces d'un étrange... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
Dionysos89
  03 mars 2020
Comme chaque année en février, les Indés de l'Imaginaire (ActuSF, Les Moutons électriques et Mnémos) mettent chacun en avant un roman francophone et pour 2020, la Pépite de l'Imaginaire de Mnémos est le premier roman de Raphaël Bardas, Les Chevaliers du Tintamarre !
Trois héros déjantés dans une enquête qui ne l'est pas moins
Silas, Morue et Rossignol sont dans une auberge et se narrent leurs exploits de la nuit. Ils investissent comme très souvent la taverne renommée il y a peu le Grand Tintamarre et participent la plupart du temps au bruit ambiant. L'attelage est comaque : le premier est un charcutier rêveur voire romantique spécialisé dans la confection de pâtés, le deuxième un poissonnier analphabète qui brille à la boxe et la savate mais dont le parler est plus que contestable, enfin le troisième un accordéoniste maigrichon mais rigolard. Tous trois se vantant de foncer au secours de n'importe quelle donzelle en détresse, en tout cas à leurs yeux, ils se mettent bille en tête pour suivre une soi-disant piste : la péripétie nocturne de l'un d'eux les conduit à s'intéresser à des disparitions au sein de leur cité. En effet, dans ce lieu nommé Morguepierre, ténébreuse cité de pêcheurs construite sur le flanc d'un volcan sorti de la mer et dévolue au géant de la Lune, une enquête est en cours sur l'échouage de créatures marines que l'armée semble appeler « marie-morgane », des tentatrices de l'océan qui se retrouvent mortes sur la plage avec un corps sans coeur.
Crapule fantasy
Au départ, au vu du pitch, on peut raisonnablement y voir une aventure de jeu de rôle dans ses grands classiques : une compagnie de trois personnages, très bien caractérisés, qui se retrouvent à la taverne et une aventure leur tombe sur le coin du museau, le tout dans un espace géographique très marqué. Heureusement, on comprend bien vite que cela va plus loin que ce premier apriori. Les « héros », tout d'abord, sont bien peu héroïques ou alors sans trop le vouloir, et là en l'occurrence, nos trois « héros » sont tout ce qu'il y a de plus bêtes, de rigolards et de complètement inconséquents ! Ils sont loin de réfléchir vite et quand ils s'en donnent la peine, leurs conclusions tombent souvent à côté. Ce sont en fait les personnages secondaires qui cadrent l'intrigue, apparaissant par ellipses et donnant des billes bienvenues à ce trio de bras cassés : le rugueux capitaine Korn qui dirige sa caserne davantage avec des injures que des ordres, l'outrecuidant Malverne (et son violon grinçant) qui tente de se reconvertir de malandrin à escorteur de jeunes nobles, l'attirante Alessa qui dirige d'une main de maître la maison des orphelines et l'agaçant Rodrigue, jeune nobliau qui veut faire ses preuves dans les bas-fonds. Ajoutez à cela que, justement, ces bas-fonds de Morguepierre, le lecteur les parcourt en long et en large pendant deux cent cinquante pages, les toponymes ne nous trompant pas (la « Rade », le « Ventre », etc.) ; nous sommes là typiquement dans une ambiance de « crapule fantasy », où l'héroïque est largement mis en berne par la filouterie, ambiance tout à fait digne de l'une des lignes éditoriales de Mnémos depuis quelques années, dans la lignée d'un Fabien Cerutti au début du Bâtard de Kosigan ou d'un Thibault Latil-Nicolas avec Chevauche-Brumes par exemple.
Style accrocheur
Raphaël Bardas a choisi de conter son histoire d'une façon particulière, puisque le ton colle à l'intrigue : rigolard, braillard et pétaradant. L'ensemble est assez burlesque. Il y a une certaine ambiance kaamelotesque qui peut se ressentir dans certains dialogues chaloupés et dans l'incompétence notoire de certains personnages. Toutefois, le ton est également teinté de fortes inspirations bretonnes, à commencer par le lieu pittoresque, cette Morguepierre où vivent surtout des pêcheurs et des militaires attentifs comme des gardiens de phare (les nobles vivent dans les hauteurs de la cité et sont très peu visibles, au fond). Et puis le folklore utilisé, notamment ces marie-morganes qui déclenchent l'enquête, immerge parfaitement dans un imaginaire de bout du monde, auxquelles sont ajoutés un nain sorcier et un « gargueulard », entre autres, assez truculents... Si on en est à parler références, je me risquerais assez à voir une allusion à Futurama dans une des toutes dernières scènes (j'ai illico pensé à l'Hypnotoad, mais ce n'est sûrement que moi)… Dans tous les cas, l'auteur a fait un travail visible sur le vocabulaire argotique, les répliques mordantes, voire des blagues d'un goût exquis (quoi que ce dernier aspect vient peut-être plus naturellement, car certains blagues sont juste immanquables dans de telles situations, Silas en sait quelque chose avec sa « Courtepine »), l'ensemble se lit très rapidement (trop peut-être) et avec un plaisir de lecture tout à fait certain.
Les Chevaliers du Tintamarre sont donc une enquête échevelée qui usent d'un rythme effréné et de personnages loufoques pour nous proposer un très bon moment de lecture !
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JustAWord
  23 mars 2020
Seconde Pépite de l'Imaginaire après le Chant des Cavalières de Jeanne Mariem Corrèze, Les Chevaliers du Tintamarre est le premier roman du français Raphaël Bardas, professeur documentaliste et amateur de savate, un savant mélange qui annonce déjà la couleur d'une histoire haute en couleurs.
Morguepierre, cité fantasque
D'entrée de jeu, voici le lecteur plongé dans les ruelles et les tavernes de Morguepierre, une étonnante cité née d'un volcan et dont certains quartiers se trouvent suspendus dans les airs, abritant de facto les nobles et la haute société qui regardent avec dédain la populace d'en-dessous.
De cette organisation verticale (littéralement) du pouvoir, Raphael Bardas adopte le point de vue le plus terre-à-terre, celui de trois fieffés crapules.
La Morue, tout d'abord, poissonnier et lutteur à l'esprit aussi simple que sa propension à foncer dans le tas tête baissée, Rossignol, poète accordéoniste et érudit à la petite semaine et puis Silas, aventurier-charcutier et beau-parleur qui aimerait devenir justicier des faubourgs et héros populaire. Un trio magnifique qui ne manque pas de caractère et qui sera, tout du long, le visage de Morguepierre, celui des petits et des oubliés, des roublards et des coquins.
Morguepierre, plus encore qu'une vision saisissante pour héros low-cost, c'est avant tout un univers riche qui regorge de créatures fantastiques, de la marie-morgane au troll en passant par l'ogre gargantuesque. Pourtant, jamais Bardas n'oublie la question sociale de son monde et, comme Wastburg de Cédric Ferrand, nous voici aux cotés des déshérités et des chevaliers de rien qui aiment boire, se foutre sur la tronche et trousser de la riche pucelle en goguette.
Une enquête gouailleuse
Une fois le tableau principal dressé et l'état des lieux terminé, Raphael Bardas installe son intrigue grâce à une langue joueuse et enlevée, quelque part entre Steffan Platteau et Cédric Ferrand.
D'une part, des créatures marines appelées marie-morganes s'échouent mortes et le coeur arraché sur les rivages de Morguepierre, et d'autre part des prostituées disparaissent sans laisser de traces.
Ce double fil narratif permet à la fois de poursuivre l'exploration crapule-fantasy entamée avec le trio du Tintamarre, mais aussi de découvrir un peu plus le monde de la haute en compagnie du capitaine Korn et de son affection Deadwoodesque qui rappelle que la vie n'est simple pour personne à Morguepierre. L'imagination du français, toujours débordante, se mêle à des affrontements succulents où les Mousquetaires honoraires affrontent d'autres bandits repentis tandis que Korn confronte des nobles cocus et d'autres créatures étonnantes. Les Chevaliers du Tintamarre joue la carte du divertissement fantasy et du chahut héroïque, tire son épingle du jeu grâce à ses personnages attachants et atypiques et réjouit par le foisonnement de son background fantasy assumé et foutraque. Seule ombre au tableau général, une résolution précipitée de l'intrigue principale où les révélations s'empilent trop rapidement et qui, un temps, perdent totalement le lecteur avant d'enfin remettre les choses dans l'ordre pour un épilogue à la fois triste et magique, à l'image de cette aventure forte en gueule qui fait du bien là où elle passe. En filigrane, Raphaël Bardas honore les sales gueules et les héros qui n'en ont pas l'apparence, fustige les riches qui laissent crever les autres bien à l'abri dans leur petit confort de plumes et de satin, anoblit les gens simples qui ont souvent plus de coeur que bien des seigneurs.
Premier roman réussi et enjôleur, Les Chevaliers du Tintamarre de Raphael Bardas vous offre une balade dans une cité cosmopolite et magique en compagnie de sales gosses sacrément attachants et bagarreurs. Une belle découverte qui mérite bien une tournée générale !
Lien : https://justaword.fr/les-che..
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LesFantasydAmanda
  31 mars 2020
--- Mon facteur serait-il un voleur de littérature ? ---
C'est avec un temps de retard que je publie cette chronique. Je devais en effet recevoir Les Chevaliers du Tintamarre il y a plusieurs semaines déjà, mais il semblerait que le colis se soit perdu en chemin…
Heureusement, j'ai pu récupérer mon exemplaire à la Foire du Livre de Bruxelles (un miracle qu'elle n'ait pas été annulée…). Je remercie donc les éditions Mnémos pour ce service de presse. Même si je n'ai pas adhéré au style de l'auteur, je reconnais qu'il s'agit d'un one-shot aux nombreuses qualités et comprends pourquoi il fait partie des pépites des Indés de l'imaginaire.
--- Ça commençait pourtant très bien… ---
Cela peut paraître étonnant, mais j'ai savouré les premières pages ; l'histoire de Morguepierre et la présentation du capitaine Korn m'ont emballée. Néanmoins, les héros de ce one-shot, ce sont bien Silas, la Morue et Rossignol, des « rêveurs cabochards, fanfarons et querelleurs pleins de gouaille ». Je n'aurais pas dit mieux !
Pourtant, difficile de s'attacher à des personnages aussi hauts en couleur, au point qu'ils en deviennent grotesques. Certes, leurs traits de caractère sont volontairement accentués, mais ça ne marche pas avec moi.
Si l'on excepte ses biceps très utiles dans les combats, la Morue n'est rien d'autre qu'un imbécile heureux qui ignore délibérément les règles élémentaires de l'hygiène. Rossignol aime, quant à lui, se lancer dans des tirades soi-disant philosophiques et des proses inspirées, mais sa fonction de beau parleur atteint rapidement ses limites. Enfin, Silas est le joli coeur de la bande, jouant de son physique attrayant et de ses talents au hachoir pour remporter des duels.
Alors, oui, ils sont caricaturaux et non, je n'aime pas ça.
--- Des mots pour des mots ---
J'en viens maintenant au noeud du problème : le style de Raphaël Bardas. Avant d'aller plus loin, je tiens cependant à préciser que mon avis est purement subjectif. Je suis persuadée que ce qui me rebute ici plaira à d'autres lecteurs !
Voilà, je peux rentrer dans le vif du sujet. Vous êtes prêts ? Répliques lourdingues, langage de charretier, commentaires grivois et argot à tout-va : voici de quoi se compose la majorité des dialogues. Ajoutez à ceci les explications interminables de Rossignol ainsi que les embrouilles à deux sous dans lesquelles nos compères se jettent tête la première, et le texte s'alourdit considérablement.
Bref, j'ai détesté la narration, plus encore lorsque l'auteur nous prouve qu'il est parfaitement capable d'adopter une plume fluide dans de rares passages. Mais je n'en doutais pas, cela va sans dire.
--- L'enquête sur un fil ---
Comme je viens de le souligner, le style de l'auteur n'est pas franchement ma tasse de thé. Pour moi, il s'encombre d'éléments parasites qui ont tout simplement noyé l'enquête sous trop de désinvolture. Bon, il est vrai que les aventures de nos héros m'ont rapidement désintéressée, raison pour laquelle j'ai dû louper quelques indices, mais… comment sont-ils parvenus à avancer dans leur investigation ? Je me le demande !
Soyons un peu plus précis : au début de l'histoire, Silas assiste à l'enlèvement d'une jeune femme et se met en tête de la retrouver, sans pour autant disposer de la moindre piste. Et ça ne l'arrête absolument pas ! L'auteur comptait peut-être sur l'authenticité et la bonne fortune de ses personnages pour faire oublier ce genre de facilités, malheureusement… ça m'a sauté aux yeux !
Par ailleurs, en dépit de leurs dires, nos héros ne prennent jamais rien au sérieux, ni les disparitions, ni les morts. Résultat : à aucun moment, je ne me suis sentie impliquée dans l'enquête.
--- Frustration ultime : l'univers était prometteur ! ---
Si je ne devais retenir qu'une seule chose des Chevaliers du Tintamarre, ce serait bien le monde créé par Raphaël Bardas. Celui-ci m'a plus qu'enchantée ! Cité construite sur les pentes d'un volcan, Morguepierre habite un large éventail de créatures (marie-morganes, alfes, trolls…) sans qu'un bestiaire ne soit pour autant indispensable.
En outre, sur le plan géographique, une fracture s'est opérée avec le temps ; les riches se sont attribué les récifs flottants, tandis que les pauvres doivent se contenter des faubourgs crachés, au plus près de l'eau. Un cadre parfait pour de la bonne fantasy !
--- J'ai terminé sur une note positive ---
À ma plus grande surprise, j'ai apprécié les 50 dernières pages, davantage dans l'action. Il faut dire que la résolution de l'enquête approche à grands pas. Les pièces du puzzle s'assemblent doucement, tandis que l'auteur nous dévoile un nouveau pan de son univers, et force est de constater que ces passages m'ont beaucoup plu.
Seul bémol : il m'a fallu quelques instants de réflexion, après avoir fermé le livre, pour faire le lien entre tous les événements survenus. Cela est dû, j'imagine, à mon inattention tout au long de ma lecture…
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LaGeekosophe
  27 mars 2020
Merci aux éditions Mnémos pour cette pépite : couverture somptueuse, résumé qui promettait une aventure déjantée aux côtés de personnages atypiques... Les chevaliers du Tintamarre s'est révélé être une aventure rythmée aux accents picaresques et aux personnages atypiques.
C'était très immersif alors que le roman ne démarrait pas avec tous les points de son côté. L'une de mes premières lectures du confinement, j'avais beaucoup de mal à entrer dans cette histoire au vocabulaire particulier, qui ne laissait que peu de répit à mes neurones manquant de capacité de concentration. Mais l'aventure s'est révélée assez addictive pour me séduire par sa légèreté et sa solide trame narrative.
Les chevaliers du Tintamarre m'a globalement surprise. J'ai beaucoup aimé le monde présenté, notamment ses légendes autour des Morguepierres et des Marie-Morganes, des créatures marines semblables aux sirènes qui noient les marins dont elles tombent amoureuses. La Cité en elle-même est divisée entre les quartiers très pauvres et les cieux, certes une séparation courante mais qui ici prend tout son sel quand on rencontre les vices dans uns et des autres. L'enquête gagne en intensité au fil du récit, ce qui ne rend le scénario que plus agréable à suivre. Il y en plus une pointe de magie, mais qui ne prend pas trop de place.
Grâce à un langage pour le moins coloré, Raphaël Bardas nous entraîne dans des lieux qui détournent les codes de la fantasy traditionnelle. Avec ses héros au verbe fleuri et direct, ses bas-fonds miteux et ses aventures parfois reluisantes, Les chevaliers du Tintammare reprend avec talent les codes d'une fantasy qui se veut terre-à-terre, grouillante et pas très reluisante. Il y a un gros travail sur les dialogues, qui déborde d'un vocabulaire braillard et d'une recherche assez profonde sur l'argot.
Parfois même un peu trop. J'ai mis beaucoup de temps à me faire à ce langage particulier, très recherché sous ses abords rugueux et directs, ce qui a un chouïa nui à mon immersion de début de lecture. Parfois, j'ai trouvé une lourdeur et un manque de naturel dans certaines tournures, dans cette volonté de vouloir à tout prix la jouer rigolard de basse extraction. Mais heureusement, cet effet n'a pas du tout gâché l'ensemble de la lecture.
Car il y a un chouette groupe de personnages. le trio de tête est truculent. J'ai curieusement bien aimé Morue, géant aux capacités linguistiques limitées mais à la mémoire magique. Silas, le charcutier qui est sensible aux charmes féminin. Enfin, Rossignol, un musicien tout grêle mais à la langue bien pendue. Ils ne sont pas vraiment l'équipe du siècle mais se dépatouillent comme ils peuvent face à une série de curieux meurtres.
Les personnages secondaires sont aussi bien décrits. Il y a d'abord Rodrigue, jeune premier agaçant qui est sous les ordres de l'énergique capitaine Korn. le Duc de Fréjac, l'un des rares personnages qui semble avoir la tête sur les épaules, avec Alessa. Alessa est une jeune femme qui dirige d'une main forte un orphelinat de jeunes filles. le reste des personnages apportent un peu de cadre à un trio en roue libre et donnent de la mâche à un univers déjà bien structuré.
J'ai finalement beaucoup aimé mon voyage à travers la cité de Morguepierre. L'histoire est entraînante, sous la forme d'une enquête aux accents picaresques. le contexte est bien situé et mis en scène. Si j'ai eu de mal à entrer dans le rythme, une fois bien plongée dans ma lecture, ce petit voyage avec Silas, Morue et Rossignol s'est révélé sympathique et truculent. Les dialogues sont bien écrits et n'hésite pas à venir bousculer le lecteur.

Lien : https://lageekosophe.com/
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Aelinel
  17 mars 2020
Je ne suis pas très assidue en ce moment sur mon blog et je m'en excuse auprès de celles et ceux qui me suivent et me lisent. Il faut dire qu'avec le contexte actuel, j'ai beaucoup de mal à lire ou à me consacrer à l'écriture des articles de mon blog. Toutefois, je tenais à revenir sur le roman de Raphaël Bardas, l'une des Pépites de l'Imaginaire 2020 qui m'a beaucoup diverti par son humour et son ambiance déjantée. Et à ce titre, je tiens à remercier Estelle et les éditions Mnémos pour ce Service Presse.
Dans les bas fonds de la cité de Morguepierre, trois compères en mal d'aventure, le boucher Silas, le poissonnier Morue et le chanteur Rossignol passent leur temps libre à vider des chopes à l'auberge du Tintamarre et à distribuer des pains à tous ceux qui leur chercherait querelle. Alors qu'un soir, Silas était en train de compter fleurette à la femme d'un bourgeois, il surprend dans la rue deux hommes, un nain et un géant, en train d'enlever une jeune fille. N'étant pas vraiment en position de s'interposer, il n'intervient pas mais retient un indice du nom d'Alessa. Les trois compagnons décident alors d'en savoir plus.
Pendant ce temps, le capitaine Korn et son second Fréjac découvre le corps d'une marie-morgane échouée sur la plage. Cette dernière ne ressemble en rien aux légendes rapportées : au lieu d'une gracieuse jeune fille à la voix mélodieuse et à la queue de poisson, ils se retrouvent au contraire face à une créature plutôt difforme et à l'apparence proche d'un lamantin. Or, ce n'est pas le premier corps qu'ils retrouvent, les deux gardes décident alors eux aussi de mener l'enquête.
Un humour bien développé
Comme je l'ai dit en introduction, ce qui frappe à la lecture des premières pages et ce qui caractérise le roman est l'ambiance complètement déjantée et loufoque. L'auteur utilise pour cela plusieurs procédés :
Le comique de situation notamment lorsque Silas raconte à ses deux compagnons son aventure burlesque chez la femme du bourgeois et l'enlèvement de la jeune femme.
Un style d'écriture humoristique et imagé :
« Achevant son déplacement guerrier, il lui flanqua un coup de coude à la base de la nuque. le garde traversa la rue d'un pas brusque et sans élégance, achevant sa course en plantant ses dents dans le rebord d'une fenêtre voisine. Il y constata que la pierre dont elle était faite s'avérait bien plus solide que sa propre denture. Comprenant cela avec la déception d'un enfant découvrant qu'il y avait encore des fayots au dîner, il préféra s'évanouir plutôt que de compter ce qu'il restait dans la bouche. » (P. 77-78)
La gouaille de ses trois personnages principaux : Silas, Morue et Rossignol sont des personnages issus des couches populaires de Morguepierre. Ils possèdent un langage fleuri assez drôle (dans le cadre duquel l'auteur n'hésite pas à faire du néologisme), préfèrent régler leur problème à coup de poing plutôt que de parlementer et ne s'embarrassent pas des conventions sociales. Ce sont des personnages hauts en couleur, pas toujours très adroits, ni éclairés mais ils sont finalement très sympathiques. Les autres personnages ne sont pas en reste non plus, notamment celui d'Alessa qui ne manque pas de caractère et sait s'imposer parmi la galerie des personnages masculins. C'est une femme déterminée qui sait ce qu'elle veut sans se conformer au rôle que la société veut bien lui imposer.
Un fond relativement classique mais qui réserve quelques surprises
- L'univers s'inspire du folklore breton : la ville bien qu'elle soit construite sur un volcan est côtière et il semblerait que l'essentiel des activités du quartier dans lequel vivent nos trois compères soit tourné vers la mer. Morue est ainsi poissonnier et a pour caractéristique de ne pas sentir très bon à cause du poisson. de plus, le récit fait intervenir des créatures surnaturelles comme les marie-morgane qui sont des sortes de sirènes. Dans les légendes, elles entraînent les pêcheurs dans les bas-fonds de la mer en usant de leur charme et de leur voix mélodieuse. Dans le roman, au contraire, Raphaël s'approprie le mythe et en propose une nouvelle version, je n'en dirai évidemment pas plus pour ne pas dévoiler une partie de l'intrigue.
- La répartition sociale dans le cadre urbain bénéficie en revanche d'un traitement plus classique : en effet, une ségrégation spatiale et verticale divise la société entre les plus pauvres situés sur la côte et les pentes volcaniques tandis que les plus riches habitent des îlots flottants uniquement accessibles par des navettes volantes.
- Enfin, l'intrigue est bien menée et relativement équilibrée : s'il est vrai que j'ai eu un peu de mal avec les scènes qui se sont déroulées dans le volcan (c'était un peu WTF!), en revanche, l'enquête possède son lot de rebondissements. Si j'avais soupçonné quelques subterfuges, je dois tout de même bien avouer que j'ai été au contraire plutôt surprise par d'autres révélations.
En conclusion, Les chevaliers du Tintamarre est un premier roman très réussi, à l'écriture jubilatoire et bourrée d'humour, aux personnages truculents, maladroits mais sympathiques et à l'intrigue pleine de rebondissements. J'avais vraiment besoin de ce genre de lecture en ce moment et sans nul doute que je suivrai avec attention les prochaine parutions de Raphaël Bardas et peut-être aussi le rencontrer aux Imaginales?
Lien : https://labibliothequedaelin..
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
JustAWordJustAWord   23 mars 2020
Qu’est-ce donc ? Un chevalier avec un accordéon ? Et pourquoi pas un palefrenier avec une flûte ?
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JustAWordJustAWord   23 mars 2020
Ils étaient rendus à cette heure de la nuit où la ville dort sans plus se soucier de rien. Cette heure où les bourgeoises ont oublié le goût de poiscaille des assauts de leur époux, celle où les enfants ont cessé de craindre le croque-mitaine pour se blottir dans les bras du bonhomme de la Lune. Mais au Tintamarre, il n’en était rien. Dans cet endroit, que d’aucuns aimaient qualifier de lieu de débauche, mais que ses habitués préféraient dire « de bohème », à cette heure de la nuit, on s’amusait encore. À deux heures du matin, au Grand Tintamarre, on tintamardait.
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JustAWordJustAWord   23 mars 2020
D’une certaine façon, cette femme-là avait trois fils, et s’ils ne vivaient pas sous son toit, il n’était pas rare qu’elle les nourrisse ou les loge, bon gré, mal gré. Malheureusement, ce n’était pas un conte de fées et il n’y avait ici aucun lit douillet, pas de pain tendre ou de bonne soupe. Avec toute la bonne volonté du monde, il n’y avait jamais ici que des mets secs et durs servis par une vieille bête vilaine et soupe au lait.
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Dionysos89Dionysos89   24 février 2020
Les jumeaux Paolo et Benicio avaient un jour volé la vedette à Rossignol lors d’un festival de poésie. Avec leurs voix aiguës et leurs larges poitrines, les deux gaillards – c’en étaient ! – avaient une présence sonore à laquelle l’accordéoniste peinait à prétendre. Aussi, ils étaient acrobates, des acrobates obèses capables de chanter l’opéra en pleine voltige… Une concurrence souvent déloyale. Pour se venger, il avait couché avec leurs deux sœurs, des jumelles elles aussi, et l’avait crié sur les toits ; au sens propre de l’expression. Paolo et Benicio lui avaient alors cassé la figure pour venger l’honneur familial, et Rossignol avait riposté en couchant cette fois avec leur mère. Après une nouvelle embuscade où on lui fit cracher quelques dents, Rossignol écrivit cette fois une chanson racontant ses amours médiocres avec deux jumelles et leur mère, aussi laides qu’ennuyeuses sous l’homme. Une mère à l’haleine fétide et deux sœurs qui s’avéraient de moins bonnes amantes que ne l’avaient été leurs frères. Cette chanson coûta à Rossignol son accordéon, qu’il récupéra flottant dans les eaux du port et crevé de toutes parts.
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Dionysos89Dionysos89   16 mars 2020
Ils étaient rendus à cette heure de la nuit où la ville dort sans plus se soucier de rien. Cette heure où les bourgeoises ont oublié le goût de poiscaille des assauts de leur époux, celle où les enfants ont cessé de craindre le croque-mitaine pour se blottir dans les bras du bonhomme de la Lune. Mais au Tintamarre, il n’en était rien. Dans cet endroit, que d’aucuns aimaient qualifier de lieu de débauche, mais que ses habitués préféraient dire « de bohème », à cette heure de la nuit, on s’amusait encore. À deux heures du matin, au Grand Tintamarre, on tintamardait.
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Vidéo de Raphaël Bardas
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Avant d'être héros, chevalier ou prince, il faut savoir lever le coude !
Silas, Morue et Rossignol rêvent d'aventures et de grands faits d'armes tout en vidant chope de bière sur chope de bière à la taverne du Grand Tintamarre, qu'ils peuvent à peine se payer.
Lorsque la fantasque et très inégalitaire cité de Morguepierre, entassée sur les pentes d'un volcan, devient le théâtre d'enlèvements de jeunes orphelines et voit des marie-morganes s'échouer sur ses plages, les trois compères se retrouvent adoubés par un vieux baron défroqué et chargés de mener l'enquête. Les voilà lancés sur les traces d'un étrange spadassinge, d'un nain bossu et d'un terrible gargueulard, bien décidés à leur mettre des bâtons dans les roues… et des pains dans la tronche.
Né en 1976, Raphaël Bardas a grandi près d'un moulin à vent. Passionné par les sports de combat et les jeux de rôle, il étudie le théâtre et la littérature puis devient professeur documentaliste tout en dirigeant son propre club de savate. Son premier roman, Les Chevaliers du Tintamarre, met en scène les (més)aventures hautes en couleur d'un trio de doux rêveurs cabochards, fanfarons et querelleurs dans une histoire profondément attachante, pleine de panache et de gouaille.
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