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Stéphane Bardon (Autre)
EAN : 9782351203309
181 pages
Editions Complicités (11/03/2021)
3.79/5   17 notes
Résumé :
Au XVIe siècle, alors que les explorateurs européens se lancent à l'assaut du Nouveau Monde, un chef amérindien découvre l'Ancien Monde.
Saint-Malo, 1536. Le navigateur Jacques Cartier ramène dix indigènes de son deuxième voyage exploratoire au Canada. Leur séjour au royaume de France connaîtra un retentissement extraordinaire, au point que leur chef Donnacona, seigneur du Canada, sera présenté en grande pompe à Sa Majesté François Ier. A une époque où le ro... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
L'enlèvement au XVIème siècle d'un groupe d'Amérindiens à leurs terres de l'actuel Canada par Jacques Cartier et son équipage est un fait historique peu connu et rarement conscrit, jusqu'à ce jour, dans les textes. Stéphane Bardon prend le parti d'en faire un roman et, de manière originale, nous conte la découverte de notre Vieux Monde au travers des yeux écarquillés de la presque innocence sauvage. Nous offrant ainsi un miroir fascinant – même si parfois peu reluisant – de ce que fût notre contrée pour nos ancêtres et les primo arrivants de l'époque.

Quand le roman commence, nous sommes en 1536, moins de 50 années après la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb. Dans son apogée de la Renaissance, la France est obnubilée par la conquête des terres lointaines, le besoin illimité de richesses qui serviront à financer des guerres de possession coûteuses en Europe ; les principautés d'Italie notamment. La péninsule italienne se trouve d'ailleurs finement représentée par l'auteur dans les pages consacrées à la Demeure Royale de Fontainebleau. Avec le même talent pour nous introduire aux objets d'art, à l'architecture et plus généralement à la fascination française de l'époque pour l'Italie, Stéphane Bardon décrit, dans ce château de François Ier, les castes dirigeantes et les courtisans, inutiles et aveuglés par leurs certitudes de conquérants et leurs conversations aussi périssables qu'interminables. Tout le monde semble ainsi se gargariser d'apparences costumées, de parfums trop capiteux et de la recherche des bons mots placés pour plaire à ce Roi bon vivant, le plus Français de tous les Français.

Pour autant, l'auteur évite l'écueil de dépeindre une société française entièrement négative ou ennemie raciste de ces « sauvages ». Ou de montrer les Amérindiens uniquement sous une lumière qui ne serait que flatteuse. Stéphane Bardon rappelle, dès les premières lignes, que le Royaume de Saguenay est un mensonge ourdi par les captifs, espérant ainsi un jour être renvoyés dans leurs terres. Passé cet avant-propos en forme de rappel historique, l'auteur se concentre sur cette aventure humaine rude et inégalitaire parce que forcée. La France, qui deviendra bon gré mal gré l'amie de ces indigènes, restera incapable d'aider leur physiologie à s'adapter au climat du Royaume.

Premier roman comme l'indique la quatrième de couverture, il est presque impossible de croire à cette assertion au fur et à mesure où l'on tourne les pages qui rappellent combien le Français est la plus riche des langues pour décrire l'être humain, des époques disparues et la myriade de sentiments fugaces et perceptibles uniquement dans un regard ou un souffle.

Chaque scène est parfaitement construite, offrant une description fouillée et riche de mots parfois rares, nous dévoilant des émotions aussi profondes que personnelles notamment face à la Mort, l'éloignement et la solitude. Non sans nous rappeler, à certains égards, la superbe de grands auteurs français, incontournables dans notre jeunesse écolière. Avec une infinité de précision mais sans jamais la moindre lourdeur, Stéphane Bardon – dont le travail de recherche historique est évident à chaque ligne – nous transporte avec aisance, nous offrant ainsi de construire nos propres peintures jaillies d'une imagination initiée par ses mots.

L'auteur excelle dans la description atteignant même un summum dans les dernières pages avec cette vie fuyant doucement le corps du roi amérindien. Donnacona, qui aurait tant voulu revoir une dernière fois son Royaume, y abandonne sa dernière quête, dans un cabanon face à la mer, entouré de ses deux seuls véritables amis Français : la bougonne servante malouine et le fidèle chien du Domaine.

En refermant ce livre au même moment où se termine la vie du protagoniste, en nous remémorant toutes les images construites au fil des pages, nous voulons croire que l'aventure de ce premier roman ne fait que commencer et que, notamment, un traitement cinématographique attend cette oeuvre rigoureuse et personnelle.

Et plus que tout, on nourrit l'espoir que Stéphane Bardon s'installe durablement dans le paysage littéraire hexagonal avec un succès à venir dont le mérite semble déjà promis et évident.
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😊 A la découverte de 😊
Le royaume de Saguenay de Stéphane Bardon
Éditions complicités

Merci à l'auteur pour cette lecture riche en découvertes.

Saint-Malo en 1536, Jacques Cartier revient d'une longue expédition des Indes occidentales (l'Amérique) avec à son bord dix indiens, adultes et enfants, enlevés pour être présentés au roi de France.
Pour espérer un jour retrouver leur terre d'origine, ils n'ont pas le choix, il faut donner envie aux Français de lancer une nouvelle expédition. Ceux que l'on considère comme des sauvages, des grands enfants vont faire preuve d'intelligence pour arriver à leurs fins et manipuler les grands des couronnes européennes.

L'auteur nous plonge dans ce récit historique dans lequel nous allons côtoyer les grandes figures du passé et redécouvrir la course effrénée des grandes puissances européennes pour découvrir de nouveaux territoires et mettre la main sur leurs richesses. Une nécessité pour ces royaumes qui ne cessent de guerroyer et qui ont cruellement besoin de renflouer les caisses.

Face à ces considérations politiques, le vie et le bien-être des populations locales a bien peu d'importance. Ces indiens ramenés par Jacques Cartier suscitent mépris, répulsion ou interrogation parmi les Français croisés. Ils sont considérés comme sous développés, incultes, rustres, grossiers, tout juste bons à être asservis et à amuser la galerie.
L'auteur nous présente pourtant une vision plus fine de ces otages menés en France. Ils se révèlent fins stratèges, observateurs et plutôt censés dans leurs analyses. Ils ont aussi bien conscience de la supériorité militaire de la France, et préfère envisager un partenariat qu'un affrontement dans lequel l'issue ne pourrait leur être favorable.
C'est aussi l'opposition d'un monde de vie simple et ancestral basé sur la nature et les besoins primaires de l'homme face à une civilisation occidentale où se côtoient le faste de la Cour de France et la misère la plus totale.

Ce livre nous retrace l'histoire des prémices de la colonisation française du Canada. Jacques Cartier est celui qui explorera le plus ces terres et qui espère que le roi François 1er lui financera de nouvelles expéditions.
La vraie colonisation débutera plus tard, en 1608 avec la fondation de la ville de Québec.

Un livre très intéressant de part la partie historique, mais aussi sur cette vue de l'histoire des yeux de ce roi du Canada enlevé et mené contre son gré en France. On y suivra avec lui ses découvertes, ses interrogations, et ses désillusions.

Pour retrouver ce livre, c'est par ici https://www.editions-complicites.fr/pages-auteurs/st%C3%A9phane-bardon/
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L'auteur a parfaitement su dépeindre l'ambiance général de l'époque et le ressenti de chaque parti. D'un côté les français, qui se jugent au-dessus de ces sauvages et plus éduqués, de l'autre les indiens qui découvrent un énorme pays aux multiples richesses d'abondance de nourriture, de terrain et d'animaux.
Nous nous confrontons à un véritable choc des cultures dans une ambiance qui ne peut être que révoltante aujourd'hui.
L'auteur décrit clairement un foire aux sauvages afin de divertir les nobles et autres courtisans qui ne savent que se gausser, où tout est dans l'apparat et le faste de l'étalage de la cour. Mais il nous donne aussi le point de vue très lucide des indiens qui ne peuvent que constater l'oisiveté générale et la débauche. Ils sont complétement dépaysés.
On constate l'envie des chrétiens de les convertir, alors qu'on se rend compte que les croyances ne sont pas si différentes.

Personnellement, j'ai beaucoup aimé ce livre qui m'a fait découvrir une part de l'histoire que je ne connaissais absolument pas. L'auteur a une plume fluide et nous embarque rapidement dans l'ambiance de l'époque. le seul ''reproche'' que je ferai est sur l'avant-propos, qui m'a fait peur et que je trouve indigeste. Je l'aurai placé en fin, comme complément d'information pour ne pas ''spoiler'' l'histoire à ceux qui la découvrent et surtout éviter le côté rébarbatif.

Je recommande sinon sans autre à tout amateur de roman historique et de découverte de l'Amérique.

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Passionnant roman historique qui met le doigt sur la suprématie d'une race sur une autre, thème on ne peut plus d'actualité. Un livre que j'ai beaucoup aimé car il permet de prendre conscience des enjeux et des conséquences de ces explorations. Donnacona chef indigène canadien et neuf autres membres de sa famille capturés par le navigateur Jacques Cartier vont devoir découvrir les us et coutumes françaises à leur dépens et le profond gouffre entre les deux cultures va pour le moins les déstabiliser. Entre mensonge, suprématie, mépris et désillusion Donnacona au crépuscule de sa vie restera fidèle à ses origines et à ses croyances.
L'écriture de Stéphane Bardon fluide, prenante transporte son lecteur au coeur de cette France du 16eme siècle sous le règne de François 1er. Ce roman nous plonge au coeur de vérités cruelles. La force de ce récit réside dans son authenticité qui lui donne des airs de témoignages.
Un livre humaniste qui fut un réel coup de coeur pour moi : hâte de découvrir les prochains écrits de l'auteur.
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Le commentaire de Martine :
On se retrouve avec Jacques Cartier qui va partir à la découverte du nouveau Monde, un récit passionnant, intrigant et très déconcertant, l'auteur nous amène au Canada au sein des événements qui se dérouleront de 1536 à 1540. L'auteur relate l'histoire d'une dizaine d'Amérindiens qui se retrouvent sur le continent en France et dans la cour de François I.
C'est un récit qui démontre très bien le choc des cultures rencontrées entre les Européens et les Amérindiens et toutes les péripéties que chacun rencontrera durant ses moments importants.
Un récit historique très bien présenté, un roman qui nous plonge dans la réalité un peu sombre de ses rencontres et ses relations entre Jacques Cartier et Donnacona chef amérindien et sa famille, deux cultures, deux histoires, deux coutumes qui vont se confronter avec des frictions assez mémorables. Stéphane Bardon ose révéler des faits de soulever les cruautés, les imbroglios, les conflits qui auront marqué cette époque. Une bonne lecture, dans un langage très facile à lire, une intrigue qui captive du début jusqu'à la fin.
Une bonne recommandation qui permet de lire un pan de l'histoire présenté d'une façon différente.
Lien : https://lesmilleetunlivreslm..
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
— J’ai rencontré plusieurs peuples des terres occidentales. Et je suis témoin, pour avoir demeuré parmi eux, que tous ces indigènes ont des mœurs hospitalières. Ils sont si effarouchables que nous les soumettrons sans livrer bataille, et si malléables que nous n’aurons aucune difficulté à en faire des chrétiens. Lors de ma visite à Hochelaga, figurez-vous que leur chef, en plus de crouler sous le poids des années, avait les membres paralysés. Il me fit signe de lui frotter les bras et les jambes, ce que je fis volontiers pour le contenter. Bientôt, on m’amena des malades, des perclus, des aveugles, des borgnes et des boiteux. Ils me prirent pour un dieu capable de les guérir, c’est dire combien ces sauvages sont crédules !
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L’aînée des enfants avait douze ans, les garçons dix et neuf ans et la benjamine sept ans. Leurs traits étaient si finement tracés que les garçons se distinguaient à peine des filles, d’autant qu’ils étaient emmaillotés dans les mêmes draps en toile à voile. Ils inspiraient tendresse et compassion tandis que les hommes déclenchaient chez les spectateurs des gestes et des grimaces simiesques.
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