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EAN : 978B088M9GJ95
61 pages
Éditeur : 1001 Nuits (24/06/2020)

Note moyenne : 3.73/5 (sur 31 notes)
Résumé :
"Le vin exalte la volonté, le haschisch l'annihile [...]. Le vin rend bon et sociable ; le haschisch est isolant... Enfin, le vin est pour le peuple qui travaille et qui mérite d'en boire. Le haschisch appartient à la classe des joies solitaires ; il est fait pour les misérables oisifs."
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
ATOS
  25 août 2020
Entre le Spleen et l'Idéal faut-il choisir?...Entre scythes et bacchanales quels cieux nous faudra-t-il bénir ou maudire ? Baudelaire choisit la belle sarmenteuse, la dite Vigne.
Au café des illustres, Théophraste et Platon de le contrediront pas.
" j'ai dit que le vin était assimilable à l'homme, et j'ai accordé que leurs crimes étaient égaux à leurs vertus". et d'ajouter : " N'est-il pas raisonnable de penser que les gens qui ne boivent jamais de vin, naïfs ou systématiques, sont des imbéciles ou des hypocrites; des imbéciles, c'est-à-dire des hommes ne connaissant ni l'humanité ni la nature, des artistes repoussant les moyens traditionnels de l'art; des ouvriers blasphémant la mécanique;-des hypocrites , c'est-à-dire des gourmands honteux, des fanfarons de sobriété, buvant en cachette et ayant quelque vin occulte? Un homme qui ne boit que de l'eau a un secret à cacher à ses semblables;"... Voilà pas de demie mesure chez Baudelaire. Quant au haschisch, façon salon 19e siècle, le voilà étiqueté par le poète d'inutile et dangereux, dangereux pour l'élévation, inutile pour la création. C'est toujours un plaisir que de lire la prose baudelairienne. Qu'il s'agisse d'Art ou de pinard, on peut compter sur l'artiste !
Nous sourions souvent, rions parfois. Critique, évidement il le fut toute sa vie, mais expert, également.
Les 1001 nuits de chez Fayard nous donnent l'occasion, sous un format très abordable de retrouver l'esprit de l'un de nos plus grands "élégistes." Enivrez-vous ! Il faut être toujours ivre. Tout est là : c'est l'unique question. Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du Temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.
Mais de quoi ? de vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. Mais enivrez-vous.
Et si quelquefois, sur les marches d'un palais, sur l'herbe verte d'un fossé, dans la solitude morne de votre chambre, vous vous réveillez, l'ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l'étoile, à l'oiseau, à l'horloge, à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est ; et le vent, la vague, l'étoile, l'oiseau, l'horloge, vous répondront : « Il est l'heure de s'enivrer ! Pour n'être pas les esclaves martyrisés du Temps, enivrez-vous sans cesse ! de vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. »
Charles Baudelaire - le Spleen de Paris, XXXIII
Astrid Shriqui Garain - 08.2020
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Cer45Rt
  21 avril 2019
"Du vin et du haschish" est un court essai de Charles Baudelaire, dont le sujet est les vertus comparées du vin et du haschisch.
Décrivant avec une grande précision, les processus dont la consommation de haschisch est la cause, il condamne celui-ci et fait l'éloge du vin, avec un peu d'exagération, sans doute.
Le plus intéressant dans cet essai est la description très précise des conséquences de l'ingurgitation de ses deux matières.
Toutefois, je ne juge pas cette lecture indispensable et je trouve l'éloge que fait Baudelaire du vin un tant soit peu exagéré.
Il s'agit d'une lecture intéressante, néanmoins.
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olivberne
  14 mars 2012
Baudelaire exprime son amour des adictions, de l'alcool et des drogues. Il le fait avec poésie et qualité comme toujours mais ce n'est pas sûr qu'il serait publié aujourd'hui et pas seulement pour le scandale. A lire quand on aime Baudelaire, ou quand on partage ses idées.
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leslivresquejaime_
  18 décembre 2020
Je ne connaissais pas cet essai de Baudelaire, très cocasse, très osé, pour un lecteur de notre époque.
Il y fait une éloge passionnel pour le vin, dont il retrace les origines, et pour lequel il donne des exemples concrets de ses bienfaits... Une ode à la consommation de cet alcool divinisé...
Il reste davantage mitigé pour le haschisch, en évoquant les dangers qui peuvent découler d'une consommation trop excessive de sa substance...
J'ai apprécié ces pages, où les sensations de l'ivresse sont décrites de manière poétique et agréable. Lire l'essai d'un poète assure de belles phrases et de belles descriptions. Les choix des mots sont justes, inutile de préciser que Baudelaire est talentueux. Quelque soit le sujet, il nous embarque dans des descriptions fines et profondes... Un plaisir à la lecture.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
ange77ange77   25 janvier 2016
La plupart du temps, les novices, à leur première initiation, se plaignent de la lenteur des effets. Ils les attendent avec anxiété, et comme cela ne va pas assez vite à leur gré, ils font des fanfaronnades d’incrédulité qui réjouissent beaucoup ceux qui connaissent les choses et la manière dont le haschisch se gouverne. Ce n’est pas une des choses le moins comiques que de voir les premières atteintes apparaître et se multiplier au milieu même de cette incrédulité. D’abord une certaine hilarité saugrenue et irrésistible s’empare de vous. Les mots les plus vulgaires, les idées les plus simples prennent une physionomie bizarre et nouvelle. Cette gaieté vous est insupportable à vous-même ; mais il est inutile de regimber. Le démon vous a envahi ; tous les efforts que vous ferez pour résister ne serviront qu’à accélérer les progrès du mal. Vous riez de votre niaiserie et de votre folie ; vos camarades vous rient au nez, et vous ne leur en voulez pas, car la bienveillance commence à se manifester.
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KrisPyKrisPy   20 novembre 2015
Voici une confiture verte, singulièrement odorante, tellement odorante qu'elle soulève une certaine répulsion, comme le ferait, du reste, toute odeur fine portée à son maximum de force et pour ainsi dire de densité. Prenez-en gros comme une noix, remplissez-en une petite cuiller, et vous possédez le bonheur absolu avec toutes ses ivresses, toutes ses folies de jeunesse, et aussi ses béatitudes infinies. Le bonheur est là, sous la forme d'un petit morceau de confiture ; prenez-en sans crainte, on n'en meurt pas ; les organes physiques n'en reçoivent aucune atteinte grave. Peut-être votre volonté en sera-t-elle amoindrie, ceci est une autre affaire.
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ange77ange77   25 janvier 2016
Profondes joies du vin, qui ne vous a connues ? Quiconque a eu un remords à apaiser, un souvenir à évoquer, une douleur à noyer, un château en Espagne à bâtir, tous enfin vous ont invoqué, dieu mystérieux caché dans les fibres de la vigne. Qu’ils sont grands les spectacles du vin, illuminés par le soleil intérieur ! Qu’elle est vraie et brûlante cette seconde jeunesse que l’homme puise en lui ! Mais combien sont redoutables aussi ses voluptés foudroyantes et ses enchantements énervants. Et cependant dites, en votre âme et conscience, juges, législateurs, hommes du monde, vous tous que le bonheur rend doux, à qui la fortune rend la vertu et la santé faciles, dites, qui de vous aura le courage impitoyable de condamner l’homme qui boit du génie ?
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KrisPyKrisPy   20 novembre 2015
Quand on fait la moisson du chanvre, il se passe quelque fois d'étranges phénomènes dans la personne des travailleurs mâles et femelles. On dirait qu'il s'élève de la moisson je ne sais quel esprit vertigineux qui circule autour des jambes et monte malicieusement jusqu'au cerveau. La tête du moissonneur est pleine de tourbillons, d'autres fois elle est chargée de rêverie. Les membres s'affaiblissent et refusent le service. Du reste, il m'est arrivé, à moi, enfant, jouant et me roulant dans des amas de luzerne, des phénomènes analogues.
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ange77ange77   25 janvier 2016
Le vin est semblable à l'homme : on ne saura jamais jusqu'à quel point on peut l'estimer et le mépriser, l'aimer et le haïr, ni de combien d'action sublimes ou de forfaits monstrueux il est capable. Ne soyons donc pas plus cruels envers lui qu'envers nous-mêmes, et traitons-le comme notre égal.
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Prenez une feuille et un stylo, c'est bientôt l'heure de vous exercer ! Comme chaque semaine, Rachid Santaki, invité d'Olivia Gesbert dans l'émission "En français dans le texte" sur France Culture, vous propose une dictée géante pour tester votre orthographe. Au programme du jour, un extrait du "Spleen de Paris" de Charles Baudelaire (1869). À vous de tenter un sans faute !
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