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ISBN : 2882535414
Éditeur : Luce Wilquin (15/02/2018)

Note moyenne : 4/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Mons, mai 2006, Lena Orioles est retrouvée morte à son domicile, le crâné fracassé. Son amant, un père de famille du voisinage, avoue très vite le meurtre, l’arme du crime ayant été retrouvée dans son jardin. Un seul témoin de la scène : Paloma, un bébé. Le fils aîné de dix-huit ans prend alors ses deux petites sœurs en charge, et tous trois grandissent comme ils le peuvent, entre colère et désespoir.
Juin 2016, un témoignage inattendu innocente l’accus... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
beatriceferon
  25 juillet 2018
La petite Smeralda, six ans, rentre toute joyeuse de l'école. C'est son anniversaire et sa maman lui aura certainement préparé son gâteau préféré. Hélas, quand elle y pénètre, la pièce est pleine de monde : la voisine mêle-tout, des policiers, des secouristes. La belle Lena Orioles, sa maman adorée, gît dans une mare de sang.
Treize ans plus tard, Smeralda est devenue monitrice de danse dans un centre artistique. Après sa journée de travail, elle rentre chez elle. En passant devant le kiosque à journaux, elle sent le sol se dérober sous ses pieds. A la une, un gros titre a provoqué son malaise. Antoine Jankovic, l'assassin de sa mère, va bénéficier d'une révision de son procès. Qu'il se retrouve en liberté, Smeralda ne peut le supporter.
Cela fait une éternité que Sarah Berti n'a plus rien publié. Je m'étais attachée à son enquêtrice Tiziana Dalla Vera. Aussi, en découvrant, sur la table de la librairie, un nouvel ouvrage avec la même présentation, je me réjouis. Mais je constate vite que ce volume n'a rien à voir avec Tiziana. Heureusement, je vais y retrouver des lieux que j'aime beaucoup : la ville de Mons et la maison de Cuesmes, qui abrite un musée Van Gogh que j'avais visité avec plaisir, il y a longtemps déjà.
Sarah Berti a choisi un roman choral où, tour à tour, tous les protagonistes ou presque, vont prendre la parole et nous donner leur point de vue. Tantôt aujourd'hui, tantôt en 2003, treize ans plus tôt, au moment du meurtre de Lena. de temps à autre, un narrateur extérieur nous renseigne sur des éléments que les personnages ne peuvent pas connaître.
Nous allons découvrir Lena Orioles, une femme belle et tellement vivante, qui apparaît en filigrane, puisque c'est la victime. C'est une femme volage. Elle collectionne les aventures éphémères. Elle élève seule trois enfants dont personne ne connaît les pères. Elle indigne la voisine qui n'aime pas les femmes trop libres, la musique espagnole, les jardins exubérants, les pleurs de bébé.
Pourtant, Lena est une mère attentionnée, pleine de joie de vivre, qui apprend à ses enfants que la vie peut être vibrante, colorée, joyeuse. Elle est une guide touristique enthousiaste, passionnée par son métier et fervente admiratrice de Vincent van Gogh. Elle lit tout ce qu'elle peut trouver à son sujet et le transforme en anecdotes passionnantes pour les visiteurs de Cuesmes, où le peintre a fait ses premières armes. Cette femme solaire, qui a pu être assez cruel pour la frapper et la tuer ?
Solal, son aîné, a dix-huit ans lorsqu 'elle meurt. le voilà soudain privé non seulement d'une mère très aimée, mais aussi de ses rêves d'adolescent. du jour au lendemain, il devient chef de famille, responsable de deux fillettes, Smeralda, six ans, révoltée et difficile, et Paloma, dix-huit mois, seul témoin du meurtre, mais qui, bien évidemment, ne pourra rien en dire puisqu'elle est bien trop petite.
Ce roman nous immerge dans un univers artistique. Lena aime Van Gogh, mais est aussi une talentueuse danseuse de flamenco. Elle a récolté des nombreux trophées dans cette discipline dont elle a transmis le goût à sa fille. Smeralda se consacre corps et âme à la danse et communique sa passion à de jeunes élèves qui l'idolâtrent. Quant à Paloma, c'est le dessin qui l'attire. Elle rêve de fréquenter les Beaux Arts.
Sarah Berti nous fait côtoyer les mères célibataires, qui doivent mener de front une carrière et l'éducation des enfants. En parallèle, il y a le monde trouble de l'adultère. Des hommes veulent sortir, s'amuser, flirter, séduire, mais pas s'encombrer d'un rejeton. D'autres oublient une famille aimante et se laissent consumer par le feu de la passion. Il y a ceux qui changent sans cesse de conquête, sans aucun respect pour la gent féminine. Ainsi, le directeur du musée, qui n'a aucune mémoire, n'arrive à retenir le nom de cette collaboratrice dont la plastique ne l'attire pas, que grâce à cette rime peu flatteuse : « Stéphanie Guémande, plate comme une limande. »
Il y a des policiers peu scrupuleux, soucieux de boucler une affaire au plus vite. C'est le cas de « Big Did » qui ne s'embarrasse pas de vérifier l'alibi du présumé coupable et ravale les auxiliaires féminines au rang de bonniches.
Le lecteur se trouve confronté à l'opinion publique et ses vils préjugés : Fabienne Jankovic est montrée du doigt, c'est la femme du monstre. Elle est tournée en ridicule : c'est une femme trompée. Ses deux filles paient pour leurs parents. A l'école, elles sont insultées et harcelées. On tague « Assassins » sur leur façade, alors qu'elles n'ont rien fait.
Toute une société est croquée dans ce roman. C'est ce qui m'a beaucoup plu, même si, pour ma part, j'avais assez vite percé les mystères.
En revanche, je me suis fort énervée à cause de nombreuses fautes d'orthographe et parce qu'un personnage change tout à coup de nom. Paloma devient Pamela l'espace de quelques pages. Une relecture un peu attentive aurait pu éviter cela.
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argali
  28 avril 2018
Je découvre Sarah Berti avec « Avant les Tournesols ». Elle nous plonge dans sa région, le borinage, et campe son récit à Mons et y crée une ambiance et un cadre qui raviront les Montois sans dérouter les autres.
A travers les recherches de Smeralda pour faire émerger la vérité sur ce qui s'est passé le 24 mai 2003, elle nous dévoile la vie d'une famille atypique mais heureuse où rires et grain de folie animaient le quotidien. Passionnée par Van Gogh, amoureuse de l'Espagne et de sa culture, Lena traversait la vie comme un tourbillon, élevant ses enfants dans la bonne humeur, l'amour de l'art, de la beauté et de la fête. Jalousée par les uns, enviées par les autres, cette femme forte et déterminée se fichait des convenances et du « qu'en-dira-t-on ». Pour ses enfants et ses amis, elle était un réel rayon de soleil.
On comprend que sa mort tragique a fortement choqué ses enfants et notamment la seconde, Smeralda, à peine âgée de neuf ans lors des faits. Malgré le temps, elle garde en elle une colère immense et inassouvie que l'annonce de la révision du procès a ranimée. Mais cette colère est aussi un moteur qui va la mettre en mouvement. A fleur de peau, elle se lance dans une recherche effrénée de la vérité et remue ciel et terre pour comprendre quelle femme était sa mère.
Dans ce roman choral construit comme un thriller, l'auteure joue avec le lecteur en proposant des pistes qu'il devra refermer une à une. Donnant tour à tour la parole aux protagonistes, elle dévoile peu à peu les différentes facettes de chacun, ses forces et ses parts d'ombre tenant ainsi le lecteur en haleine. Outre le côté enquête, elle nous invite aussi à réfléchir sur la manière dont chacun fait son deuil après la perte d'un être cher. Enfin, inspirée par l'histoire de la ville et le musée Van Gogh auquel elle fait référence, elle rappelle aux lecteurs que Mons vaut la peine d'être visitée et qu'elle fut capitale européenne de la culture en 2015. Une jolie manière de jouer les ambassadrices.
Un polar foisonnant qui se lit vite car on s'attache rapidement à l'héroïne espérant que malgré les embûches, elle trouvera les réponses à ses questions et pourra enfin se reconstruire.
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
beatriceferonbeatriceferon   14 juin 2018
J'aurai soixante-quatre ans en juin. Ce chiffre me sidère. Je me sens jeune encore, j'avais vingt ans hier. Chaque fois que je croise un miroir, je sursaute de me reconnaître dans cette femme-là, d'âge mûr, alors que je m'imagine encore naïvement brune et les cheveux nattés.(p.197)
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beatriceferonbeatriceferon   14 juin 2018
J'ai l'impression de flotter, de me dédoubler, une Smeralda qui assied les enfants, qui leur parle, qui gesticule, et une autre qui vole au-dessus de la classe, comme un papillon égaré et qui regarde ce qui se passe de là-haut. (p.189)
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beatriceferonbeatriceferon   14 juin 2018
Je crois que certaines personnes naissent ainsi, avec la faculté d'insuffler des rêves. (p.199)
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beatriceferonbeatriceferon   14 juin 2018
Quelqu'un qui attire la lumière et la redistribue autour d'elle en rayons. (p.197 )
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