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ISBN : 2253126470
Éditeur : Le Livre de Poche (11/02/2009)

Note moyenne : 2.12/5 (sur 8 notes)
Résumé :
Elle traversa le vestibule sur la pointe des pieds, s'appliquant comme par le passé à ne marcher que sur les cabochons noirs du carrelage en damier, moins par superstition que par crainte de laisser des traces de son passage sur le marbre blanc. Elle retrouvait ses vieux réflexes. De peur que les Rausbœrling ne se lassent de sa présence, elle avait toujours veillé à se faire aussi discrète qu'une souris, et se cantonnait autant que possible dans la Petite Maison, au... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
paroles
  04 mai 2013
Leur rencontre a eu lieu le jour de la rentrée des classes, en 3ème.
Ce sont toutes leurs différences qui les ont rapprochées. Et leur accord en a surpris plus d'un. La branchouillarde et le cul-bénit, les surnommait-on au collège.
La branchouillarde, Deya, a fait maintes fois le tour du monde en compagnie de sa mère, qui travaillait pour une grande chaîne d'hôtels de luxe, et suivi une scolarité chaotique. Elle est belle, grande, libre, issue d'une grande famille bourgeoise, les Rausboerling.
Le cul-bénit, Sophie, est restée dans un institut catholique pour enfants déficients où ses parents l'avaient reléguée depuis la fin de la maternelle et jusqu'à l'entrée au collège. Sophie n'était atteinte d'aucune maladie, mais l'aumônier était un cousin de son père. Et de cette enfance entourée de « maboules », elle a tiré son art de vivre : être la plus lisse possible et jouer l'enfant parfait, de peur de tomber de l'autre côté.
Elles ont vécu ensemble dans la petite maison, nichée dans le jardin de l'hôtel particulier des Rausboerling à Paris, délaissées ou plutôt oubliées par leurs parents respectifs et livrées à elles-mêmes. L'une extravagante et insoucante, l'autre au dévouement sans faille. Mais un jour, tout ce que Sophie a aimé dans ce lieu s'est détruit. Elle a été rejetée, sans explication, de cet univers qu'elle avait apprivoisé et sa déception a été terrible, sa frustration immense.
Ce fut l'exil en province, mariée sans amour à un médecin.
Puis la résurrection arriva. Un simple appel téléphonique de Deya et Sophie est accourue rue des Grands-Augustins. Mais que s'est-il passé dans cet hôtel particulier ? Les oncles, tantes, cousins se sont volatilisés. Seuls, les grands-parents sont restés, mais ils semblent aussi décrépits que la maison. Où est la gloire d'antan de cette vaste demeure ?
Les deux amies sont enfin réunies après sept ans de silence. Elles décident de partir au Sénégal pour retrouver la mère de Deya. Mais ce voyage ne sera pas uniquement une quête. Pour elles deux, il sera aussi le déclenchement de souvenirs d'amour et de haine. Et pour l'une d'elle le commencement d'une nouvelle vie.
Roman envoutant malgré quelques maladresses et longueurs. Mais le personnage de Sophie est d'une densité psychologique remarquable. Un vrai roman sur le cannibalisme féminin !
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canel
  05 septembre 2012
A treize ans, Sophie pense n'avoir jamais été aimée : ses parents quinquagénaires ne se sont visiblement jamais intéressés à elle, ils l'ont placée dès que possible dans des internats pour handicapés, faute de trouver/chercher autre chose. Lorsqu'elle devient amie avec Deya au collège - la belle et excentrique Deya - tout change, sa vie s'illumine. Deya vit dans une grande maison, avec ses grands-parents nobles et désargentés, des oncles, mais la jeune fille voit (trop) rarement sa mère, toujours par monts et par vaux, à la recherche de l'Africain parfait, semble-t-il. Les deux adolescentes écorchées se rapprochent, Sophie est de plus en plus souvent invitée à dormir chez Deya, contre Deya, dans son lit... Jusqu'à la rupture, dont Sophie ignore la raison - raison qu'elle espère connaître une dizaine d'années plus tard, lorsqu'elle est invité par son ex-amie.

Un roman déconcertant, dérangeant. Une histoire d'amitié à sens unique, ou presque, dans laquelle la plus "mordue" devient tellement servile qu'elle en paraît pitoyable, voire méprisable. Elle est fascinée, envoûtée, dévorée de jalousie, d'envie, à l'égard de ce qu'est Deya et de ce qu'elle a. le récit est plutôt agréable à lire, la plume est fluide, mais le malaise va crescendo, le lecteur est pris dans ce tourbillon pathologique, pervers, se demandant ce qui s'est passé entre les deux femmes, ce qui peut arriver, sentant une menace.

J'ai parfois sursauté de stupeur, d'incrédulité devant certaines formulations - malhabiles ou condescendantes ? Caricaturales, en tout cas. Rennes "au centre de la Bretagne" - région sinistre où l'on travaille pour la filière porcine. Froncements de sourcils identiques lors de certaines descriptions de l'Afrique, de ses habitants (oh le vilain macho-gourou), ou de l'usurier malhonnête inévitablement israélite... Suis-je trop politiquement correcte ? Sujet à discuter avec les copines qui l'ont lu aussi...
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choupynette
  01 avril 2008
Deya et Sophie sont deux ados écorchées par la vie. Des parents absents ou indifférents, voire les deux, leur ont fait prendre conscience de leur solitude dans le monde. Leur rencontre, un jour de rentrée scolaire dans un lycée parisien
va sceller une amitié profonde, exclusive. Presque en autarcie. Elles seront surnommées "le Bloc monolithique" par leurs professeurs. Mais, et on l'apprend dès les premières lignes de ce roman étonnant, une rupture sans appel mettra fin à cette idylle. Huit ans plus tard, Deya, fille de bourgeois parisiens un peu bizarres, décadents, rappellera Sophie issue quant à elle d'un milieu provincial catholique très rigide. Leurs retrouvailles seront à l'image de leur relation: faites de sous-entendus, d'ambiguïtés, jusqu'à la folie.
Comment vous parler de ce livre sans déflorer toute l'histoire? Difficile. J'espère pas impossible! Essayons donc.
Narratrice de roman, Sophie n'a jamais été aimée par ses parents, des êtres froids, indifférents à sa présence. Qui n'ont même pas la bonne idée de former un couple soudé par autre chose que le devoir catholique. le jour où elle rencontre Deya, Sophie voit ce qu'elle n'a jamais été, et ce qu'elle n'a jamais eu: une personne remarquable et l'amitié/l'intérêt d'un autre être humain. Deya sera sa bouée, son bourreau, son rempart contre le monde. Son seul et unique intérêt dans la vie.
Nous découvrons petit à petit, par épisodes du passé et du présent intercalés, l'histoire de ce duo improbable, qui, après ces retrouvailles, partira en Afrique à la recherche d'Ariane mère instable de Deya, dont on est sans nouvelles depuis plus de 13 ans. Un voyage qui mènera les deux personnages de ce roman aux frontières de leur relation. A la vérité. Vérité de leur histoire, vérité sur elles-mêmes. Vérité que la narratrice refusera jusqu'au bout, ou presque, de reconnaître.
La plume de Marine Bramly est étonnante de justesse, malgré sa crudité parfois, qui peut surprendre mais dont on saisit vraiment tout le sens à la fin du roman. L'intrigue se tient diablement bien, le lecteur est porté, emporté, subjugué et horrifié à la fois par cette histoire. La frontière entre l'amour et la haine n'aura jamais été aussi floue. L'auteure nous emmène dans le dédale des émotions réprimées ou hurlées, dans la relation fondée sur le besoin viscéral d'appartenance et de reconnaissance. Une oeuvre prenante, captivante, pétrifiante. Comme disait Sartre, "l'enfer, c'est les autres". A juste titre ici.
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liliba
  02 novembre 2012
L'amitié, quand on est enfant ou adolescent, on la jure à la vie à la mort. Innocent et pas encore trop abimé par la vie et désillusionné, on est certain qu'elle durera toujours et que jamais les relations de confiance, de fusion totale, de compréhension mutuelle, de partage et d'entraide ne pourront changer. Nous qui sommes adultes savons malheureusement qu'il n'en n'est rien et qu'il est extrêmement rare de garder une amie d'enfance, sans que la vie et ses aléas nous séparent...

Sophie, quand elle a rencontré Deya, fût fascinée d'office et décida sur le champ de tout faire pour devenir son amie. Il faut dire que Deya était totalement fascinante aux yeux de la petite provinciale aussi mal-aimée que mal dans ses baskets : belle, libre, insolente, sans tabou, extravagante et sans gène puisqu'habituée depuis sa plus tendre enfance à un monde totalement différent, ayant déjà voyagé… Un monde les sépare mais les deux adolescentes vont devenir inséparables et bientôt même habiter ensemble, dans l'immense hôtel particulier de la famille de Deya, en plein Paris.

C'est avec émotion de Sophie revient sur les pas de son enfance huit ans plus tard, brisant ainsi son exil depuis sa rupture avec son amie. Elle la retrouvera cependant telle qu'autrefois, et n'aura de cesse de ne plus la quitter, délaissant sans regret son terne mari, sa maison de province et un métier qu'elle n'aime pas. Mais les caractères sont plus appuyés avec les années et les différences entre les deux femmes sont maintenant des gouffres, que peut-être il sera difficile de combler. Elles vont pourtant se décider à partir à la recherche de la mère de Deya au fin fond de l'Afrique, emmenant avec elle le bébé de Deya. Une aventure au bout du monde, et au bout d'elles-mêmes, qui révèlera bientôt leurs antagonismes…

J'ai eu un peu de mal à m'attacher aux personnages de cette histoire, qui pourtant m'a bien plu. Sophie est plutôt psychorigide et on sent que les blessures de la petite enfance ont laissé des traces indélébiles sur le caractère de cette femme et sur sa stabilité psychique. Celle de Deya ne paraît pas bien plus solide, puisqu'elle est une mère totalement irresponsable et semble d'ailleurs l'être dans tous les aspects de sa vie. On se laisse pourtant prendre par l'histoire car on aimerait bien comprendre pourquoi les deux amies inséparables se sont brouillées huit ans plus tôt, on voudrait deviner ce qui aurait pu les séparer. Par contre, elles sont si différentes, et avouons-le, bien fracassées de la cafetière toutes les deux qu'on a d'emblée du mal à croire que cette amitié-là puisse durer éternellement… Et on ne se trompe pas, même si je n'avais pas du tout imaginé la fin !

Un bon roman au final, avec une présentation délicate de la folie qui rode en sous-main, non identifiée et peut-être encore même plus dangereuse. Et surtout de très beaux portraits de doux dingues, comme les deux héroïnes ou la famille de Deya. Festin de miettes m'a fait penser à un film sur le même sujet, mais impossible de me souvenir lequel…

Lien : http://liliba.canalblog.com/..
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CaroGalmard
  25 avril 2017
Festin aux oubliettes
Encore un roman qui a fait parlé de lui dans les colonnes des journaux féminins. A telle point que je l'ai noté soigneusement sur mon petit carnet à idées de lecture et j'ai fait des pieds et des mains pour le récupérer à la bibliothèque...
Beaucoup de mal pour rien !
C'est décevant, déjà vu et revu. La psychologie des personnages est survolée, il manque des morceaux, des explications. On lit réellement des miettes. Je conçois que cela peut être un effet de style, mais là on ne se laisse pas du tout prendre à ses filets. On dirait que l'auteur a écrit sous la torture, chronométrée.
Je suis navrée d'être aussi dure, mais je n'ai rien de mieux à ajouter...
Faut-il le lire ? Passez votre chemin.
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
canelcanel   04 septembre 2012
Plutôt crever, se promit-elle, que de retourner vivre chez ses parents. Il n'y avait rien à attendre de ces deux-là. Elle l'avait bien vu lorsqu'elle avait fait sa tentaive de suicide. Elle le constatait encore chaque dimanche. Ils étaient verrouillés. Ils ne l'aimaient pas. Pas plus qu'ils ne s'aimaient l'un l'autre. Pas plus qu'ils ne s'aimaient eux-mêmes. Des faux gens. Des carcasses vides. A se demander, songeait-elle aujourd'hui, comment elle avait pu sortir de cette chatte, de cette paire de couilles, à douter même qu'il y ait une chatte, une paire de couilles. En maternelle, la petite Sophie ne pleurait pas quand les autres gosses lui disaient que ses parents l'avaient trouvée dans une poubelle, elle ne tempêtait pas, ne griffait ni ne mordait personne. Elle se contentait de hausser les épaules et partait dans son coin, incapable encore de préciser sa pensée, de leur clouer le bec en rétorquant avec un froid détachement que ces vieux cons ne l'auraient pas ramassée, mais se seraient empressés plutôt de refermer, de sceller si possible, le couvercle de la boîte à ordures. (p. 80-81)
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canelcanel   04 septembre 2012
Entre Sophie et [sa mère] (...) le fossé de l'indifférence doublait celui des générations. Le vieux monstre l'avait eue par accident à l'âge de quarante-trois ans, alors qu'elle se croyait ménopausée, à l'abri désormais. Elle aurait pu être sa grand-mère, mais se comportait plutôt comme une lointaine, très lointaine grand-tante. Jamais une caresse, jamais un baiser, jamais une attention, ni un encouragement, ni une parole de consolation. Si bien que dans les films qu'on les autorisait parfois à regarder [au pensionnat], quand une mignonne petite maman disait "Je t'aime" à son enfant, Sophie rougissait, se sentait mal, craignait de voir l'actrice rouler une pelle au gamin, se livrer sur lui à des choses interdites. (p. 66-67)
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