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EAN : 9782709630702
250 pages
Éditeur : J.-C. Lattès (13/04/2011)

Note moyenne : 3.74/5 (sur 17 notes)
Résumé :
Il aura suffi de la visite de Fabien, son mari, dans son atelier, pour que Noah reconnaisse combien elle se sent à l’étroit, coincée dans son couple, bloquée dans son travail, prête à éclater, et qu’elle ait envie de faire voler en éclats la coquille paisible de sa vie, ce petit bunker où elle se croyait à l’abri.
Enfermée dans ce même atelier, un soir de pluie, Noah se souvient. Qui a jamais eu une enfance aussi merveilleusement libre que la sienne ? Elle, l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
Fransoaz
  22 mai 2011
Noah, la trentaine vit à Paris avec Fabien son mari et Louise sa fille ado. Pour répondre à une commande artistique importante elle s'aménage un petit bunker, un atelier rien que pour elle. Malgré cet environnement propice à la création Noah fait un blocage « artiste en panne d'inspiration, femme en panne de vie »
Son enfance, sa jeunesse africaine qu'elle a toujours voulu tenir à distance lui reviennent comme un boomerang et l'empêchent d'avancer sereinement dans sa vie professionnelle et personnelle : « Des images se combinaient, déplaisantes, dangereuses, et elle rejeta au loin le cocktail explosif de ses souvenirs comme s'il s'était agi d'une grenade dégoupillée. »
Noah est fille du Sénégal et le revisite dans le dédale de ses souvenirs. Elle n'y a pas vécu comme une « Toubab » privilégiée mais comme les autres enfants africains en parcourant l'île de Gorée puis la ville de Dakar avec les gosses des rues. "Au moins, les enfants qui habitent tout le temps dans la rue personne ne les tape, sauf la police quelquefois ou bien les dof et les saoulards. Sinon c'est la belle vie, pas d'école, rien, ils font encore plus que moi ce qu'ils veulent.
La seule chose compliquée, au centre ville, même pour moi, c'est de trouver à manger. Là ça fait au moins mille heures que je marche et il me faudrait des cacahuètes ou un truc."
Ses parents l'ont élevée dans l'oubli des règles éditées par les blancs et le rejet des réflexes et des moeurs européens. Noah a poussé toute seule en se frottant à la réalité Sénégalaise, au gré des rencontres elle a développé des principes de survie et des compétences diverses et pratiques. "Mon nouveau truc c'est le bricolage. Mes mains c'est comme si je venais de les découvrir, elles arrivent à faire des trucs dingues".
« J'ai presque 11 ans, il est temps que j'apprenne un métier non ? J'hésite encore entre charpentier, réparateur de machines en tous genres, fabricant de souvenir pour les touristes, chaudronnier, ou dessinateur chez Simpafric. »

Il y a une rupture profonde entre Noah, la gamine de Dakar, insouciante et indépendante, délurée et vive et Noah la maman fébrile et angoissée, l'artiste complexée, la "coquille vide". Ses parents l'ont élevée dans l'esprit de mai 68 en privilégiant l'autonomie et l'absence de contraintes. Noah paie aujourd'hui les dommages de cette éducation "Summerhillienne" qui entravent et fragilisent sa vie d'adulte.
Mon petit bunker m'a bouleversé car l'Afrique de Marine Bramly cogne et frappe fort. Ce n'est pas le Sénégal de Fram voyages mais celui de l'exode et de la famine qui jette les gosses dans la rue. La voix spontanée et joyeuse de cette petite Noah ne dissimule pas la faim et la soif, la saleté et le dénuement.
La détresse de Noah adulte m'a secouée car tellement prévisible et humaine. Elle n'a pas confiance en elle; elle doute de ses capacités à rendre sa fille et son mari heureux et sous-estime ses qualités de créatrice artistique.
Noah réussit à démanteler et à passer en force dans son bunker. Elle pratique des saignées salvatrices dans son éducation hippie, des coupes claires dans l'Afrique de sa jeunesse pour libérer et renouer avec le fil de sa vie.

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Marinebramly
  17 mai 2011
Mon petit bunker, Marine Bramly
Ecrit par Martine L. Petauton 12.05.11 dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Roman
Mon petit bunker, JC Lattes, 249 pages, 18 euros . Ecrivain(s): Marine Bramly

 
« Noah cherchait sa boîte noire, comme on enquête après un crash » …
Le livre de Marine Bramly sonne, frappe, cogne comme les percussions du djembé. Autobiographique, sûrement, ou, en tous cas, elle la connaît bien, Noah, cette Marine !
Livre d'enfance, mais pas la vôtre ou la  mienne ; l'enfance d'une petite – bien blanche – qui ne vit pas en Afrique comme les toubabs, mais au milieu des noirs : « ma petite négresse blanche », dans les rues ; comme un garçon aussi, surtout pas à la fille : « j'attaque, je cogne, je gagne » n'est-elle pas la première phrase du livre…
Livre au goût fort du Sénégal – Dakar, la magie crasseuse de Gorée, la Casamance, ses pulsions indépendantistes et ses marabouts – Pas le pays des touristes (ceux-là se réfugieront plutôt dans les hôtels – ghetto de la Petite Côte) mais le Sénégal des bas-fonds vus par l'oeil des enfants, où l'on se partage un pain – thon en guise de repas, où l'on n'a pas de jouets, parce que là, c'est « la tradition de donner son truc préféré ». Voyage au pays des figures fortes et goûteuses de gamins, de prostituées qui rigolent : « boutique mon cul » … Humour épicé et joyeux à tous les coins de pages ; on croit croiser Zazie et parfois, le petit Gibus.
Mais, tout soudain, le ton change : le Sahel avance aux frontières du Mali ; chez les Peuls, la faim s'installe ; les petits – tous, sauf elle – succombent à quelque épidémie : palu, rougeole, on ne sait ; « une femme, une belle femme noire, droite, digne, porte son enfant mort sur la tête, comme on porterait un gros poisson… ». Quand je vous dis que ce n'est pas le guide Fram ! Goût particulier et costaud du Thié-bou-dienne, riz fondant, poisson épicé ; saveur un peu écoeurante du poulet à la pâte d'arachide ; mélange sucré-salé, voilà aussi ce qui plaît dans ce livre…
Livre de l'enfance de Noah (Marine ?). Avec une icône, une image de divinité animiste qu'elle appelle Dieu : son père « Savignot oh, oh, oh ! A fakena om… même en costume cravate, mon père a l'air d'un guerrier à plumes ». S'en occupe bizarrement, de la petite, le père, ethnologue amoureux de son Afrique, la laisse pousser comme le manguier du coin de la ruelle… la mère – fausse écrivaine – image attachante, voit ça, de loin – très – de Paris. le ménage, libertaire en diable s'est construit sur les barricades de Mai 68, et élève sa gamine en regard ; on retrouve là, ces témoignages, poignants de ces progénitures de militants, bâtis de bric et de broc, cassés, souvent.
Livre enfin de la grande Noah, artiste en devenir, coincée (pas encore née) dans sa vie d'adulte, entre un mari – substitut de père, une fille – projection impossible à naître d'elle-même. Femme qui comprend que la clef de son mystère est là-bas, dans cette Afrique-là, et c'est carrément plus compliqué que pour chacun d'entre nous…
L'écriture de Marine Bramly est comme ces sculptures dont finit par accoucher Noah : coupante comme le métal, sifflante comme les éclats du fer à souder, mais aussi onctueuse et enveloppante comme la terre du potier ou la latérite des pistes africaines…
Oui, c'est le genre de livre dont on se souvient – il n'y en a pas tant – et qu'on relira, c'est sûr, quand il nous arrivera à nous aussi de chercher notre « boîte noire ». du reste, voilà pour moi, le titre du livre …
 
Martine L. Petauton
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Marinebramly
  02 mai 2011
Librairie le Goût des Mots
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Mon petit bunker, Marine Bramly
Samedi 23 avril 2011
Promise, Ally Condie
Seuls dans la ville entre 9h et 10h30, Yves Grevet
Imprésario du 3e type, John Scalzi
La gifle, Christos Tsolkas
Je dois tout à ton oubli, Malika Mokeddem
La désirante, Malika Mokeddem
C'est quoi l'amour

Librairie le Goût des Mots > Littérature française >Mon petit bunker, Marine Bramly
25 avril 2011
Mon petit bunker, Marine Bramly
Noah trentenaire est artiste, elle est mariée et maman d'une ado. Elle a eu une enfance atypique au Sénégal grandissant non pas comme une "toubab" tels que sont appelés les touristes privilégiés, mais évoluant avec ses copains, des gosses des rues. Elle garde pourtant maintenant l'Afrique à distance, tiraillée entre des sentiments contradictoires. Dans son atelier refuge, elle doit travailler pour une commande importante qui lui a été passée mais quelque chose semble bloquer, un mal-être, des hésitations... bientôt les souvenirs de son enfance et de son adolescence reviennent à la surface. Par des aller-retour entre passé et présent, entre Paris et Sénégal, Marine Bramly nous fait découvrir peu à peu l'histoire de Noah, une jeune femme très attachante.
Après Festin de miettes, livre qu'on avait aussi beaucoup aimé, Marine Bramly nous entraîne à nouveau en Afrique, sur des terres qu'elle connait bien. Comme son personnage Noah, née à Dakar elle est la fille d'un ethnologue et passe une partie de son enfance sur l'île de Gorée au Sénégal. On retrouve dans ce nouveau roman beaucoup d'émotion, une grande sensibilité et une écriture qui fait mouche. Voilà, on devient fan de Marine Bramly !
Mon petit bunker -Lattès - 18€
Festin de miettes - Livre de poche - 6,50€
Posté par goutdesmots
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Marinebramly
  24 mai 2011
Lu par Koryfée
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Mardi 24 mai 2011
Mon petit bunker, Marine Bramly : Réconciliation avec 'soi-m'aime'.
 
Mon petit bunker, Marine Bramly
Éditions JC Lattès, mars 2011
 
Réconciliation avec « soi-m'aime »
 
      «  Artiste en panne d'inspiration, femme en panne de vie », Noah a érigé une forteresse mentale pour résister à l'assaut des souvenirs.
      Conçue derrière les barricades de mai 68, de parents à peine sortis de l'adolescence et expatriés en Afrique, elle grandira comme elle pourra, livrée à elle-même, dans les rues du Sénégal, entre Dakar et Gorée. Noah devra être son propre tuteur. Une liberté que d'aucuns, à commencer par la propre fille de Noah, jugent enviable. La fillette pouvait en effet agir à sa guise, gosse des rues, véritable mascotte des artisans ferblantiers, mécaniciens, peintres, auprès desquels elle apprendra beaucoup. Mais cette enfance où elle doit se prendre en charge, son père ethnologue trop préoccupé par ses recherches en Afrique, et sa mère absente, était-elle si magique qu'elle en avait l'air ? Car vivre dans la rue, c'est aussi être confronté trop jeune, trop vite, aux épreuves de l'existence comme la mort, la maladie, l'absence.
 
      Un roman écrit à deux voix, celle de Noah enfant des rues, et celle de cette même fillette devenue adulte. Entre les deux jusqu'alors, des murs étanches qu'aucun souvenir relatif à l'enfance n'avait le droit de franchir. Et pourtant. Pourtant, une remarque de son mari sur cette Afrique devenue sujet tabou, les reproches de sa fille lui enviant cette liberté qu'elle lui refuse, l'impossibilité de se réaliser en tant qu'artiste, vont abaisser le pont-levis de ses résistances. Cette enfance qu'elle avait jusqu'alors présentée comme idéale, mais qu'elle s'obstinait à garder noyée dans les douves du silence, refait surface avec force. Noah va se sentir peu à peu envahie par les souvenirs, devoir les revisiter et surtout... accepter qu'ils n'aient pas été aussi flamboyants qu'elle avait jusqu'alors voulu s'en convaincre.
 
      Il lui faut retrouver son souffle, se réconcilier avec elle-même, avec son passé de petite négresse blanche, pour pouvoir se reconstruire, construire, avancer. Pour se trouver légitime en tant que femme, en tant que mère, en tant qu'artiste.
      Pour exister.
 
      Un roman brillant, tant par le style très maitrisé, que par l'acuité de l'analyse. Un double voyage, en Afrique, et au pays de l'enfance, mené de haute plume par Marine Bramly.
Par Koryfee
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Marinebramly
  23 février 2012
Chez Clarabel
22/02/12
Loin de moi le monde. Loin de moi mon monde.
Noah, adulte, se retrouve dans son atelier d'artiste, complètement vide, mise au pied du mur. Sa vie est sinistre, son couple bat de l'aile, son travail ne la motive plus, la flamme s'est éteinte. Surgit alors Noah, enfant, avec son short de foot trop grand, sa coupe à la garçonne, son espièglerie, son effronterie...
Noah et son enfance flamboyante à Dakar et sur l'île de Gorée, avec Dieu, son père, ethnologue et professeur à l'université, et sa mère, fuyante et insaisissable, qui partait à Paris pour écrire son livre, et qui revenait écouter ses disques de Leonard Cohen et Paco Ibañez...
Noah, heureuse et insouciante, habile et redoutable, avide et insatiable, débrouillarde et farouche...
Un jour, il a fallu partir, oublier et se consacrer à une nouvelle vie. Une dizaine d'années après, c'est le retour du boomerang, avec l'amertume au bord des lèvres, la certitude d'avoir vécu quelque chose de trop fort et de ne plus l'assumer.
Parce que, "ses souvenirs d'enfance et d'adolescence refusaient de s'accorder à sa vie de femme."
Parce que, "une enfance flamboyante, cela peut aussi empoisonner ton existence d'adulte et réduire les chances du bonheur".
C'est de façon remarquable que Marine Bramly fait la lumière sur le parcours de Noah, toutes les parties consacrées à l'Afrique sont splendides, dépaysantes et fascinantes, et lorsque le malaise trouve enfin sa source, la révélation est d'autant plus forte et poignante.
Un très beau roman, admirablement écrit et construit.
Mon petit bunker, par Marine Bramly (JC Lattès, 2011)
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critiques presse (1)
LePoint   14 août 2011
Après Festin de miettes, Marine Bramly poursuit avec pudeur et humour son travail d'introspection, s'inspirant largement de son enfance hors norme sur l'île de Gorée et passant au crible une anti-éducation soixante-huitarde. Doux-amer comme un thé sénégalais, son roman montre comment la plus libertaire des jeunesses peut finir par se transformer en prison.
Lire la critique sur le site : LePoint
Citations et extraits (1) Ajouter une citation
ChouchaneChouchane   05 juillet 2011
Elle se souvenait de ce que lui avait dit un jour Fabien. Selon lui, nous naissons tous attachés par une chaîne à un piquet : il est impossible de briser la chaîne, il ne faut pas rêver, mais nous pouvons l'allonger en lui ajoutant un maillon, puis un autre, et un autre encore. Certaines personnes restent rivées à leur piquet leur existence entière ; d'autres réussissent à se forger une chaîne assez longue pour s'en écarter de trois, de dix, de cinquante mètres : ceux-là jouissent d'une relative liberté de mouvements ; quelques-un enfin, ils sont rares, se forgent une chaîne si longue et si souple que nul n'aperçoit plus le piquet originel.
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