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EAN : 9782916768151
240 pages
Libellus Editions (29/04/2016)
4.2/5   47 notes
Résumé :
Les séries télévisées ont-elles mis le feu au poudre d'une révolution sexuelle 2.0 ?
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Big Little Lies
Sex and The City
Desperate Housewives
Girls
Masters of Sex
Orange is the New Black
I Love Dick
The Handmaid's Tale
Ally McBeal
Grey's Anatomy
Crazy Ex-Girlfriend
The End of the Fucking World
Transparent
Buffy contre les vampires
Fleabag
Mad Men
The l'Word
Game of Thrones
Twin Peaks
Jessica Jones

Toutes ces séries comptent des personnages féminins, souvent centraux, dont l'identité passe notamment par leur sexualité. Mais alors, comment les séries télévisées représentent-elles les sexualités féminines ? Sexualités au pluriel, car il n'existe pas une seule forme d'activité sexuelle. « C'est en cela que les séries occupent une fonction révolutionnaire : elles sont majoritairement accessibles à tous et à toutes et peuvent être dévorées dans l'intimité de sa chambre. » (p. 16) En détaillant des épisodes et des protagonistes, Iris Brey dénonce le male gaze, ou comment la représentation des femmes et de leurs sexualités a longtemps été pensée pour le seul plaisir des hommes. Désormais, une nouvelle génération de réalisatrices impose un autre regard, décomplexé et revendicatif. « Les séries constituent une alternative nécessaire à l'heure où la sexualité est incarnée par un puritanisme excessif au cinéma, soit par la pornographie réductrice des sites Internet. Entre ces deux extrêmes, les séries proposent une vision subversive des sexualités féminines en articulant un discours libérateur. Elles nous aident à repenser la sexualité linguistiquement et visuellement tout en mettant en scène les transformations profondes de notre société. Elles nous font jouir de nouvelles idées et de nouvelles images. Elles assurent une relève féministe et instaurent une véritable révolution (télé)visuelle. » (p. 18)

Il s'agit de mettre la sexualité féminine et queer au même niveau de représentation et d'acceptation que la sexualité masculine hétérosexuelle, d'interroger le consentement et de combattre les comportements inacceptables, même dans la fiction. Et surtout dans la fiction. « Il est donc essentiel que les personnages féminins dans les séries télé prouvent leur agency, les comédiennes deviennent le temps d'une série des actrices sociales. Leurs personnages, en ne reproduisant pas des comportements stéréotypés et en démontrant une puissance d'agir, permettent ainsi de fluidifier les normes. » (p. 86) Finalement, ce qu'Iris Brey propose, c'est la reprise en main d'une sexualité somme toute normale puisqu'elle concerne la moitié de la population mondiale. « Clitoris et vagin ne décrivent pas seulement des réalités physiques : ce sont des mots politiques, et c'est la raison pour laquelle ils sont rarement entendus. » (p. 29)

Quelle énergie m'a donné cette lecture ! Premier essai lu en 2021, clairement argumenté et illustré, il m'a donné l'envie de découvrir toutes les séries citées par l'autrice. Et de poursuivre mon éducation féministe et mon empouvoirement !
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Je ressors mitigée et un peu déçue de la lecture de cet essai, peut-être parce que j'ai mal compris son sujet au début.

C'est pourtant un livre bien écrit, se lisant facilement (2h avec les enfants qui jouent autour), qui cite de nombreuses séries mais aussi, en appoint des changements remarqués par l'autrice dans les représentations des sexualités féminines, des travaux philosophiques, sociologiques, historiques et de la théorie féministe.

C'est un livre qui réfléchit énormément sur le regard (pas étonnée que l'essai suivant d'Iris Brey soit sur le regard féminin !), celui des spectatrices et spectateurs sur ce qui leur est présenté des sexualités féminines dans les séries, en montrant que le regard s'est élargi parce que la proposition s'est élargie, ou peut-être l'inverse. Il y a un désir d'exhaustivité : l'autrice explique comment sont montrées et perçues les femmes racisées, lesbiennes, bi, trans...qui n'est cependant pas tout à fait rempli. Il manquerait un questionnement sur ce qui est montrée des sexualités des femmes handicapées par rapport aux femmes valides ou des différences dont sont représentées les sexualités selon la classe sociales des personnages. La question ne se pose peut-être pas dans le corpus choisi par l'autrice mais il est dommage que la question ne soit pas au moins abordée.

J'ai été déçue principalement parce qu'il me semble qu'il aurait fallu plus d'éléments sur la construction et la réception des différentes séries. Les scènes sont décrites pour elles-mêmes, le rapport à la société qui a pourtant créé ces séries et qui les consomme est souvent absent. Même dans la description des scènes, les éléments techniques à part le choix de poser la caméra sont peu sollicités. Je veux bien qu'une scène représente un changement important dans son traitement d'un sujet, mais si personne ne regarde la série ? Si personne ne s'en inspire ?

De plus, le choix d'ordonner les chapitres de manière thématique "écrase" en partie la portée révolutionnaire des scènes décrites, ce qui était représenté "avant "n'étant pas aussi clair que s'il y avait eu un choix chronologique. de manière paradoxale, le choix thématique, en rendant la chronologie floue , renforce aussi une narration caricaturale du progrès : dans les années 90, c'était moins bien, maintenant c'est mieux. Mais ce jugement me semble biaisé par le fait qu'on nous présente principalement dans les années 90 des séries populaires ("Sex and the City", "Dawson","Seinfeld") alors que l'analyse des séries aujourd'hui se fait sur des séries moins grand public.

Parmi ces séries peut-être plus confidentielles (mais étant des succès critiques), Iris Brey nous explique tout le potentiel révolutionnaire de séries comme "Transparent" et "I Love Dick" et nous donne quelques éléments sur les personnes à l'origine de ces projets. Mais comment ces séries ont-elles été produites ? Ont-elles été refusées au début, leur projet a-t-il du être réécrit plusieurs fois ? Comment se fait-il qu'elles se soient affranchies des limites des autres ? Qui les financent ? Qui les regarde ? Combien de spectatrices sont touchées par ces séries ? Y a-t-il un élitisme de ces nouvelles représentations des sexualités féminines et féministes, pour créer un nouveau signe de distinction sociale ("I Love Dick" se passe dans une communauté d'artistes) ou est-ce une avant-garde, qu'on verra/qu'on a déjà vu arriver dans des séries au public plus large ?

Je pense que j'attendais un discours plus sociologique qu'esthétique, ce qui explique ma déception. En revanche, j'essaierai de me procurer l'ouvrage suivant d'Iris Brey. En sachant précisément à quoi m'attendre, je pense que j'apprécierai plus !
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Quelques années avant le puissant succès de son essai le regard féminin – Une révolution à l'écran qui théorise le male-gaze au cinéma, ce point de vue masculin systématiquement adopté pour décrire une femme, Iris Brey s'était intéressée à la sexualité féminine dans les séries TV.

Ainsi elle analyse comment les séries TV abordent le sexe au féminin, de la façon dont les personnages en parlent jusqu'à sa représentation à l'écran, Iris Brey pointe les façons dont les scénaristes évoquent le sujet le plus tabou qui soit ! Elle traverse les années 90-2000 avec des séries comme Sex and the city, The l'Word ou Buffy contre les vampires et Dawson qui voient l'avènement d'héroïnes et avec elles des personnages lesbiens, des baisers passionnés et du sexe à l'écran. Comment montrer la jouissance féminine, comment ne serait-ce que l'aborder ? Souvent occultées, les scènes de sexes deviennent pourtant le point centrales et cruciales de revendications sociétales.

C'est avec la représentation que les spectateurs.ices peuvent s'identifier, il est plus qu'impératif que la sexualité féminine soit mise en avant. Les relations hétérosexuelles à l'écran, ne montrent bien souvent qu'une facette de la sexualité, celle du plaisir masculin. Ainsi des générations de femmes pensent que le sexe n'est que cela, surtout lorsque l'on rappelle que les manuels scolaires ne montrent le clitoris que depuis 2017 ! Encore aujourd'hui nous manquons d'images de femmes au lit, de femmes prenant du plaisir et de femmes lesbiennes. La série Grey's Anatomy menée par la célèbre Shonda Rhimes, est une des séries qui a le plus évoluée dans le temps, entre l'impossibilité de prononcer le mot ''clitoris'' à l'écran jusqu'à ces personnages et intrigues que l'on connaît aujourd'hui. Il est aberrant de voir que le terme ''pénis'' ne pose, lui, aucun soucis, alors que le corps de la femme est, encore trop souvent, nié !

Avec cet essai c'est tout un pan de la culture pop qui est passé au crible, jusqu'à aujourd'hui et ces personnages de femmes puissantes comme dans The Handmaid's Tale, Sense 8 ou encore Sex Education qui réinventent les partitions amoureuses et sexuelles à l'orée d'une société qui évolue. le premier chemin pour s'accepter est la représentation, le pouvoir des images est si fort qu'il faut créer de nouveaux schémas pour pouvoir faire bouger les lignes de nos vies...
Lien : https://topobiblioteca.fr/
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Depuis les années 2000, les sexualités féminines sont sorties du silence grâce aux séries télévisées : après Sex and The City, les productions les plus récentes ambitionnent de raconter la singularité de l'expérience des femmes. En quatre chapitres, Sex and The Series explore les métaphores et les schémas inédits que proposent ces séries récentes, et la révolution télévisuelle que nous vivons : comment le " regard masculin " est-il transformé ou contredit ? Quelles nouvelles narrations nous sont proposées ? Érudit, malicieux, cet essai détonant est également un éloge de notre plaisir de téléspectateur.
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Construit autour de quatre chapitres, la parole et le sexe, le plaisir, les violences et queer, ce livre parle de la représentation des sexualités féminines dans les séries télévisées. le champ étant vaste, cette étude se cantonne aux séries américaines. Septante-deux séries passées à la loupe et qui montrent au fil des ans une évolution, voire un début de révolution. de séries où les images de sexe sont juste filmées pour appâter le mâle blanc hétérosexuel, ce “male gaze” où toutes les représentations de la femme et du monde en général sont du point de vue de ces hommes… à des épisodes où le point de vue de la femme existe, où on décrypte le consentement, où femmes, hommes, queer sont à pied d'égalité. Une belle analyse et une envie de voir plein de séries.
Lien : https://redheadwithabrain.ch..
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
« Les séries constituent une alternative nécessaire à l’heure où la sexualité est incarnée par un puritanisme excessif au cinéma, soit par la pornographie réductrice des sites Internet. Entre ces deux extrêmes, les séries proposent une vision subversive des sexualités féminines en articulant un discours libérateur. Elles nous aident à repenser la sexualité linguistiquement et visuellement tout en mettant en scène les transformations profondes de notre société. Elles nous font jouir de nouvelles idées et de nouvelles images. Elles assurent une relève féministe et instaurent une véritable révolution (télé)visuelle. » (p. 18)
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Comment ressentir son corps dans une sexualité qui ne se focaliserait plus sur l’idée d’écartèlement ou de remplissage ? L’épanouissement des femmes a été construit autour de l’idée d’une cavité qu’il faudrait combler à tout prix, soit par le phallus, soit par l’enfant. Mais si cette notion de manque, qui accompagne l’image du trou, devenait juste un espace vide dont l’absence (d’enfant ou de phallus) pouvait au contraire être vécu comme une présence ? Un champ qui n’attend pas d’être fertilisé, et qui ferait du vide un espace de liberté, une cavité pour respirer, pour reprendre son souffle, produire et non plus reproduire. La béance peut alors se gonfler d’un autre imaginaire. Une clarté du vide.
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« Il est donc essentiel que les personnages féminins dans les séries télé prouvent leur agency, les comédiennes deviennent le temps d’une série des actrices sociales. Leurs personnages, en ne reproduisant pas des comportements stéréotypés et en démontrant une puissance d’agir, permettent ainsi de fluidifier les normes. » (p. 86)
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« C’est en cela que les séries occupent une fonction révolutionnaire : elles sont majoritairement accessibles à tous et à toutes et peuvent être dévorées dans l’intimité de sa chambre. » (p. 16)
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« Clitoris et vagin ne décrivent pas seulement des réalités physiques : ce sont des mots politiques, et c’est la raison pour laquelle ils sont rarement entendus. » (p. 29)
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