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ISBN : 2914963033
Éditeur : L'Eclose (08/04/2003)

Note moyenne : 3.2/5 (sur 5 notes)
Résumé :
" Un corps d'homme n'est pas grand chose, tout se passe si vite, un frôlement, un croisement, le travail est beaucoup plus important ou même parler avec les commerçants sur le marché.
Ce type ne lui avait rien laissé d'autre qu'une fillette qui posait de plus en plus de questions. " Quelle immoralité, comment lui dire en face que je ne m'en souviens pas et que je ne veux pas m'en souvenir. Je ne dois pas être de nature très romantique ", se disait parfois, ef... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
brigittelascombe
  27 janvier 2013
Lima. Années 60. le monde bouge et le Pérou aussi.
"Cette fenêtre est mon oeil" pense Violeta, secrétaire modèle péruvienne et mère célibataire responsable, qui assume le côté asocial de sa vie à grands coups de romans photos et en observant, en douce, les allées et venues des propriétaires chiliens (et de leurs clients) du salon de thé qui vient d'ouvrir face au bureau de l'ingénieur "attentionné et gentil" dont elle tape les lettres.
"Affable et ronde", curieuse de la vie des autres sans s'y mêler, elle est à l'opposé de sa fille, une adolescente "renfrognée, osseuse et au teint olivâtre", une bâtarde née de père inconnu mais sans doute de couleur. Leurs rapports fusionnels sont tendus et Violeta va devenir l'amie de Cristina, l'élégante fille du patron du paisible salon de thé qui sert à table pour aider les siens. Simple envie d'une "fraiche jeune fille" ou intérêt d'une étudiante en art dramatique heureuse de fréquenter le patron de Violeta?
Au prime abord, à la voir enlever peu à peu son vernis rose bonbon et sa lourde couche de fond de teint, Violeta m'a évoquée La femme fardée de Françoise Sagan qui se cache sous son masque, mais point de caricature de la bourgeoisie ici, mais une peinture de moeurs sur fond d'évolution sociale péruvienne,une fine analyse psychologique des personnages, car même si la femme s'émancipe, l'homme reste un macho.
Le roman Violeta est intéressant car, tout en se basant sur l'histoire d'amour de l'Ingénieur et de Cristina, il évoque le destin de plusieurs générations de femmes dans une ville à la population cosmopolite.
Violeta est blanche, elle "n'a pas su dire non" à un homme de passage, père inconnu de sa fille dont elle ne se rappelle même plus le visage, d'ailleurs sa mère l'avait prévenue: les hommes sont tous des salauds, alors à quoi bon aimer.
Sa fille, plus audacieuse, aimera, mais un Don Juan "pas sérieux" qui épousera une "gringa" enceinte.
Cristina devra faire face à la double vie du "fiancé" entrepreneur et entreprenant.
Quant à sa mère, bien qu'elle soit jolie et fasse la cuisine à merveille,elle ne sort pas de chez elle et reste effacée.
La fille de Violeta, audacieuse, intelligente, ambitieuse, plus lucide ou cynique que sa mère, ne représente-t-elle pas la femme de l'avenir du Pérou? Elle qui veut devenir avocate dans ce "pays de racistes" où les hommes sont des "inutiles" ou des menteurs et où l'on construit des maisons bon marché pour pallier la démographie grandissante ce qui ne résoud pas les problèmes mais permet à des ingénieurs d'entreprises florissantes de s'en mettre plein les poches.
Grecia Caceres, écrivain péruvien, sait entretenir l'intérêt du lecteur et montrer, bien que le côté politique ne soit pas abordé, l'évolution d'un pays qui en 1960, n'était pas encore au bout de ses peines.
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
brigittelascombebrigittelascombe   27 janvier 2013
Comme toujours dans les circonstances graves et tendues,les choses les plus banales lui venaient à l'esprit,les questions les plus matérielles affleuraient et,sans pouvoir se contrôler,Violeta songeait à passer le balai,acheter du papier hygiénique ou à éteindre le feu.
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brigittelascombebrigittelascombe   27 janvier 2013
"Tu n'as aucune amie, maman, tu es toujours seule,tu vas devenir folle..Pourquoi tu n'as pas d'amies,maman...Moi,je raconte tout à Sonia,qu'est-ce que je ferais sans elle,je garderais tout,ça m'empoisonnerait.
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brigittelascombebrigittelascombe   27 janvier 2013
Je n'ai pas besoin de voir Jaime pour savoir ce qu'elle peut éprouver en ce moment,c'est difficile,très difficile,quand on va perdre quelque chose on s'accroche plus fort,rien d'autre ne compte que de conserver ce que l'on va perdre.Sauf si on l'abandonne par anticipation, volontairement....
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brigittelascombebrigittelascombe   27 janvier 2013
"Cela ne se fait pas,on n'a pas trois enfants avec quelqu'un qu'on n'aime pas,passe pour un,mais trois..." grommelait la secrétaire en sentant que son malaise influait sur son humeur et son jugement.
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brigittelascombebrigittelascombe   27 janvier 2013
Avant de traverser,Violeta leva les yeux vers sa fenêtre vide comme qui reconnaît son territoire ou une partie de son corps,"Cette fenêtre est mon oeil."
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