AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
EAN : 9782757858431
320 pages
Éditeur : Points (12/05/2016)
4.29/5   7 notes
Résumé :
Tout en s'inscrivant dans la grande tradition italienne, Dino Campana (1885-1932) ouvre la modernité littéraire en Italie. Son unique recueil, Canti Orfici (1914), retrace de manière fulgurante un parcours existentiel et poétique dans lequel les époques, les lieux, les perceptions sensorielles, les expériences de lecture et de vie se mêlent, s'entr'appellent et se confondent.

Est donné ici, pour la première fois en français, un choix supplémentaire de... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Sauveterre
  29 avril 2019
Une poésie extrême, foudroyante, hypnotique. Elle possède un rythme inouï, fait de répétitions, d'absence de virgules, de syncopes, de tensions sans résolutions. Sa lecture ne laisse pas indemne.
Poèmes choisis, présentés et traduits de l'italien par Irène Gayraud et Christophe Mileschi.
Commenter  J’apprécie          250
polarjazz
  17 avril 2021
Dino Campana (1885-1932), citoyen italien. Sa vie n'a pas été un chemin des plus tranquille. Sa famille l'a fait interné à plusieurs reprises. D'ailleurs, il est mort avant 50 ans dans un "asile de fous". C'est un poète apparenté au mouvement Novecento créé en 1922. Ce mouvement artistique exalte un retour au source de la tradition esthétique antique.
C'est une poésie mythique, mystique et sauvage. La couleur rouge lutte, résiste à la couleur blanche. le rouge s'associe à la femme et à une vielle cité décrépite. La magie du soir apporte une douceur à un monde immoral et stérile. L'auteur oppose par un jeu de miroirs la société italienne moderne à celle disparue d'une romanité hellénisée. L'auteur utilise une prose généreuse et riche où passent les heures. J'ai adoré le texte poétique "Faenza". Il évoque un passé qui semble révolu. Un passé qui n'est pas triste mais doux à mon coeur.
Commenter  J’apprécie          51

Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
SauveterreSauveterre   29 avril 2019
Je me rappelle une vieille cité, rouge de murs et tours dressées, brûlée sur la plaine vaste dévastée dans l'Août torride, avec la lointaine fraîcheur de collines vertes et molles sur le fond. Arcs énormément vides de ponts sur le fleuve emmarécagé en maigres stagnations plombées : silhouettes noires de gitans mobiles et silencieuses sur la rive : parmi l'éblouissement lointain d'une cannaie lointaines formes nues d'adolescents et le profil et la barbe judaïque d'un vieillard : et tout à coup du milieu de l'eau morte les gitanes et un chant, du marécage aphone une nénie primordiale monotone et irritante : et du temps fut suspendu le cours.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
coco4649coco4649   20 août 2020
Bâtiment en voyage
(anciennement : Fragment)



Le mât oscille par touches dans le silence.
Une lumière ténue blanche et verte tombe du mât.
Le ciel limpide à l’horizon, chargé vert et doré après la bourrasque.
Le cadre blanc de la lanterne en haut
Illumine le secret nocturne ; depuis la fenêtre
Les cordages d’en haut à triangle d’or
Et un globe blanc de fumée
qui n’existe pas comme musique
Au-dessus du cercle avec les touches de l’eau en sourdine.


/Traduit de l’italien par Irène Gayraud et Christophe Mileschi
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
coco4649coco4649   01 février 2021
L’espérance (sur le torrent nocturne)



Pour l’amour des poètes
Princesse des rêves secrets
Dans les ailes des vives pensées répète répète
Ô princesse tes chants :
Toi chevelue de chants muets
Pâle amour des errants
Etouffe les pleurs inéteints
Donne trêve aux amours secrètes :
Qui les taciturnes portes
Veille que la Nuit
A ouvertes sur l’infini ?
Penchent les heures : avec le rêve évanoui
Penche le pâle Sort.....................................
.................................................................................
Par l’amour des poètes, portes
Ouvertes de la mort
Sur l’infini !
Pour l’amour des poètes
Princesse mon rêve évanoui
Dans les gouffres du Sort !


/ Traduit de l’italien par Irène Gayraud et Christophe Mileschi
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
coco4649coco4649   21 août 2019
Gênes


Extrait 7

Ô Sicilienne altière opulente matrone
Aux fenêtres venteuses de la ruelle marinière
Dans le sein de la cité percutée de sons de navires et de
  chariots
Classique méditerranéenne femme des ports :
Par les gris rosés de la cité d’ardoise
Sonnaient les clameurs vespérales
Et puis plus calmes les rumeurs dedans la nuit sereine :
Je voyais aux fenêtres étincelantes comme les étoiles
Passer les ombres des familles marines : et des chants
J’entendais lents et ambigus dans les veines de la cité
  méditerranéenne :
Car c’était la nuit profonde.
Tandis que toi Sicilienne, depuis les creux
Des vitres en un jeu tortueux
L’ombre creuse et la lumière vacillante
Ô Sicilienne, aux mamelons
L’ombre renfermée tu étais
La Pieuvre des nuits méditerranéennes.
Grinçait grinçait grinçait de chaînes
La grue sur le port dans le creux de la nuit sereine :
Et dedans le creux de la nuit sereine
Et dans les bras de fer
Le faible cœur battait une plus haute palpitation : tu
La fenêtre avais éteinte :
Nue mystique en haut creuse
Infiniment d’yeux trouée dévastation était la nuit
  tyrrhénienne.


//Traduction de l’italien par Irène Gayraud et Christophe Mileschi
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
coco4649coco4649   21 août 2019
Gênes


Extrait 4

Par les ruelles marines dans l’ambigu
Soir chassait le vent depuis l’enchevêtrement
Des bateaux des préludes entre les fanaux :
Les immeubles marins de blanches arabesques
Avaient dans l’ombre alanguie
Et nous allions et moi et le soir ambigu :
Et moi les yeux en haut aux mille je levais
Et mille et mille yeux bienveillants
Des Chimères dans les cieux : ………..
Quand
Mélodieusement
De haut sel, le vent comme blanche feignit une vision de Grâce
Comme de l’aventure infatigable
Des nuages et des étoiles dedans du ciel du soir
Dedans la ruelle marine en haut s’élève, …………….
Dedans la ruelle car rouges en haut sel
Marin les ailes rouges des fanaux
Arabesquaient l’ombre alanguie, …………….
Qui dans la ruelle marine, en haut sel lève
Qui blanche et légère et plaintive s’éleva !
Comme en les ailes rouges des fanaux
Blanche et rouge dans l’ombre du fanal
Qui blanche et légère et tremblante s’éleva…….-
Or déjà dans le rouge du fanal
Etait déjà l’ombre laborieusement
Blanche………………………...
Blanche quand dans le rouge du fanal
Blanche lointaine laborieusement
L’écho abasourdi rit une irréelle
Rire : et que l’écho laborieusement
Blanc et léger et abasourdi s’éleva…..
Déjà tout alentour
Luisait le soir ambigu :
Et battaient les fanaux
Palpitation dans l’ombre ;
Des rumeurs au lointain s’éboulaient
Dedans des silences solennels
En demandant : si de la mer
Le rire ne s’élevait…..
En demandant si l’entendait
Infatigablement
Le soir : à l’aventure
De nuages là en haut
Dedans du ciel stellaire.


//Traduction de l’italien par Irène Gayraud et Christophe Mileschi
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00

autres livres classés : poésieVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Testez vos connaissances en poésie ! (niveau difficile)

Dans quelle ville Verlaine tira-t-il sur Rimbaud, le blessant légèrement au poignet ?

Paris
Marseille
Bruxelles
Londres

10 questions
944 lecteurs ont répondu
Thèmes : poésie , poèmes , poètesCréer un quiz sur ce livre