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Critiques sur La Daronne (117)
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DanD
  02 décembre 2018
En classe de cinquieme le prof de sciences naturelles nous parlait des effets du vent. Il allait et venait entre les bancs, faisant lui-meme beaucoup de vent, sans s'apercevoir de l'Agatha Christie ouvert sur mes genoux. En classe de premiere, mon prof de philo, un moine bienveillant en sandales, s'ingeniait a ne pas deranger ma lecture d'un Simenon. J'ai donc de toujours prefere la philo aux sciences. Mais depuis, les americains ont debarque et ont democratise mes gouts. Ce n'est pas que j'aime tout, loin de la. Je n'aime pas les torrents de sang, je supporte mal le gore, je goute l'exploration sociale, j'apprecie l'humour.

La daronne est ma tasse de the. Une paumee sympathique, qui s'avere pas si paumee que ca, et qui reussit son coup, au nez et a l'oeil de voyous et de policiers, qui ne tue personne mais berne tout le monde, ca a de quoi me mettre en joie. Apres une lecture pareille je garde le sourire pendant des jours, je deviens plus attentionne envers mes proches et mes voisins, c'est le moment ideal pour rediger ma declaration d'impots.

Alors pour que la morosite ambiante ne vous fasse hospitaliser, un remede: La daronne (ou La reine des pommes de Chester Himes, ou Adios muchachos de Daniel Chavarria. Mme Hannelore Cayre fait partie de la bonne societe).
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Pecosa
  15 avril 2017
J'adore Hannelore Cayre, c'est ma Daronne du polar à moi. On l'attendait depuis 2012, et enfin, La Daronne revient. Aussi fou que Ground XO, aussi incisif que Commis d'office, le roman est du kif en barre: 170 pages sur la morne existence de Patience Portefeux, veuve de 53 ans mère de deux enfants, fille d'une grabataire placée dans une EPHAD, traductrice judiciaire mal rémunérée, et qui un jour, franchit la ligne rouge.
Il faut dire que Patience a de qui tenir. Fille d'un pied-noir PDG véreux, elle a vécu au rythme des magouilles du paternel, passé de l'argent dans ses robes à smocks, appris à se servir d'un 357 Magnum. Grâce aux écoutes téléphoniques qu'elle retranscrit de l'arabe au français pour les enquêteurs judiciaires, Patience sait tout du trafic de drogue, des tarifs et des réseaux. C'est un Master en Deal obtenu sur écoute, "La vie des autres" à la sauce chichon. A la manière de Gerd Wiesler, le capitaine de la Stasi, Patience se prend d'intérêt pour une famille de trafiquants marocains et s'immisce à distance dans leur existence, jusqu'à ce que le destin lui offre une occasion inespérée de toucher elle aussi sa part du gâteau.
La Daronne est un portrait de femme que l'on oublie pas. Quinquagénaire brisée par son veuvage et son déclassement, épuisée par une lutte quotidienne d'abord pour élever ses enfants, ensuite pour subvenir aux besoins de sa mère malade, la vraie Patience est restée en sommeil trop d'années. Le réveil brutal de la Femme qu'elle fut un jour va bouleverser sa vie et celle de ceux qui sont sur écoute: " Je me suis déshabillée et me suis plantée devant le miroir de la salle de bains pour retirer mes lentilles de contact mais, en me regardant, j'ai eu un choc en voyant le visage fermé qui me fixait (…). Qu'est-ce que j'allais devenir, moi qui n'avais ni retraite ni sécu. Je n'avais rien à part mes forces déclinantes. Pas le monde sou de côté, mes maigres économies s'étant volatilisées dans l'agonie de ma mère aux Eoliades. Lorsque je n'aurais plus la force de travailler, je me voyais pourrir sans soin dans mon immeuble peuplé de Chinois qui m'empêcheraient de dormir avec leurs criailleries insupportables. »
Ce constat amer fait un jour dans un appartement moche de Belleville va transformer la veuve Portefeux en Daronne, et permettre à l'auteure de mettre au coeur de ce polar concis et percutant d'autres daronnes, à commencer par la mère de Patience, une ashkénaze rescapée des camps de la mort.
Hannelore Cayre n'a rien perdu de sa verve ni de son humour. On aime sa plume incisive, son ironie, la justesse des personnages si prestement et justement croqués. Avec elle tout coule de source, c'est enlevé et efficace, l'intrigue file à la vitesse d'un Go Fast remontant vers Paris. Dommage, c'est trop court.
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iris29
  07 mai 2017
Si vous souhaitez un polar français social, original , cash, rythmé et caustique , adoptez La Daronne .
Ou et comment passer du côté obscur de la loi ...
Avant, La Daronne , c'était Patience Portefeux : 53 ans , veuve, deux filles adultes et une mère qu'elle doit assumer financièrement et qui vit en EPHAD .
Avant, Patience , elle était employée modèle auprès du ministère de la justice , elle traduisait, de l'arabe, des écoutes téléphoniques de dealers ou autres sauvageons .
Et puis, un jour, elle a réalisé ( amère...),que le Ministère, la payait au black, qu'elle n'aurait pas de retraite, et qu'elle ne laisserait rien à ses filles comme héritage . Disparue la gentille Patience désormais , she's bad .
Coucou," le peuple de l'herbe", son surnom sera La Daronne et elle est plutôt futée comme mère ...

Hannelore Cayre , avocate de métier , nous livre un roman époustouflant d'originalité , sur le trafic de drogue mais pas que ... Elle traite avec autant de maestria le sort des personnes âgées dépendantes , le fardeau financier et émotionnel que cela représente pour leurs proches .
172 pages de pur ravissement en compagnie d'une ménagère de plus de cinquante ans maline et affutée qui dépote .
Sur la vie d'ma mère , j'te jure qu'elle déchire grave , cette Daronne ...
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Kirzy
  17 juin 2018
Chère Daronne

Ok t'es pas bien épaisse avec tes 172 pages et dans un combat de free fight , t'aurais pas fait le poids face aux gros pavés polardeux du moment. Mais merci, au moins me suis pas pétée les biscotos à te tenir à bout de bras dans mon pieu.

T'as du bol, la Daronne, d'être tombée sur une auteure aussi douée qu'Hannelore Cayre ! Quelle verve pour décrire tes aventures de badass veuve ménopausée faisant des traductions d'arabe pour la brigade des stups puis reprenant sa vie en main pour devenir la reine du shit ! Qu'est-ce que je me suis marrée ! je me marre encore en repensant à la scène du Quick Hallal de Fleury, aux dialogues truculents qui font mouche à chaque fois comme ceux avec la voisine chinoise Colette Fo ou avec les trafiquants débiles que tu contactes pour écouler ton stock de came.

Tu m'as touchée aussi lorsque tu te débats avec ta mère complètement cramée dans son EPHAD indigne, lorsque tu repenses à ton enfance, à ta maison au bord de l'autoroute, à ton véreux de père.

Sacré bouquin qui renouvelle complètement le genre en hybridant réflexion sociale et politique, humour et polar sur fond de trafic de drogue. Culotté, jubilatoire, politiquement incorrect, féministe, pari réussi  quoi !
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Kittiwake
  30 décembre 2017
Bien curieux polar, qui se distingue tant par le style que par la personnalité et les frasques du personnage principal, Patience Hortefeux. Avec un nom comme ça, on pourrait croire que l'action se déroule au Québec. Mais non, on est à Paris, au Ministère de la justice, où Patience se consacre à une activité particulière : elle traduit les écoutes téléphoniques passées entre dealers et trafiquants. Son enfance bilingue et tortueuse la destinait à ce job peu banal.
Tout le problème est que quand on vit seule à 53 ans, avec une mère en maison de retraite, et des enfants, certes adultes, mais à qui on aimerait donner un coup de pouce, la tentation est grande de basculer du côté obscur….

Derrière la fantaisie du personnage, qui un atout majeur du roman, se dessinent en filigrane des questions de société bien communes : le quotidien peu enviable d'une femme seule, le dilemme de cette génération prise en étau entre des parents âgés et invalides et des enfants que la société infantilise au-delà du raisonnable, le travail au noir, y compris dans des instances officielles. Derrière tout cela, un miroir aux alouettes : trouver de l'argent pour apporter une solution partielle à tous ces problèmes.

Sujets graves, mais traités avec beaucoup d'humour dans un style impeccable.
On imagine immédiatement le film qui pourrait s'en inspirer.

Récompensé à juste titre, ce polar est un indispensable, pour sortir des clichés devenus classiques du vieux flic à casseroles (que l'on peut malgré tout apprécier de retrouver, à ceci près que l'on n'aura pas comme ici la surprise de découvrir une histoire originale ).

Auteur à suivre
Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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domisylzen
  10 janvier 2018
C'est vrai qu'en ce premier samedi du mois de novembre, c'est un temps à bouquiner, comme me le faisait remarquer un membre de Babelio. Et puis que faire d'autre, à peine assis dans le fauteuil en face de la porte-fenêtre, Lily s'est littéralement scotché sur mes genoux et je sens bien qu'il ne faut pas que le dérange.
J'attrape le livre sans trop bouger pour éviter quelques grognements de lassitude.
J'ai commencé hier soir à pénétrer le découragement de l'existence de Patience Portefeux. Son mari décédé, elle erre entre la maison de retraite ou sa mère est enfermée, euh pardon résidente, et son boulot de traductrice judiciaire.
Mal payée et d'une manière fort peu légale, elle traduit de l'arabe aux français les conversations téléphoniques entre truands, les comptes rendus d'enquête ou les auditions de suspects.
Grâce à son boulot elle est courant de tous les faits et gestes de la racaille locale. Elle va franchir la ligne jaune sans aucun scrupule, le hasard lui permettant de récupérer un petit paquet de shit. 1200 kilos. Une paille. Et du meilleur en plus. L'a été à bonne école la daronne, papa a par le passé oeuvré déjà de ce côté-là.
Avec ce livre j'oublie le vent, la pluie été le froid qui règne dehors, les jambes crispées de ne pouvoir bouger. Car c'est un polar qui fait du bien. Bien sûr l'histoire est un peu loufoque mais quel plaisir de lire la verve de cet auteur que je ne connaissais pas. le rythme du récit est intense et les stratagèmes développés pour échapper aux flics sont tous plus incroyables les uns que les autres. Dans ce policier contemporain, la description des personnages est plus vrai que nature, ça sent le vécu à plein nez. L'humour est omniprésent et quand je relève la tête au mot fin je suis tout surpris qu'il fasse déjà nuit.
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jeunejane
  21 août 2017
Patience a grandi dans un milieu tout à fait atypique où son père se livrait à des transports plus ou moins louches avec les pays orientaux. Elle a étudié les langues arabes de façon approfondie.
Après la perte de son mari très apprécié, elle effectue des traductions pour le ministère de la Justice.
Son travail n'est pas déclaré. Elle assume ses deux filles et sa mère placée en maison de soins.
Elle demande à ne pas traduire les propos des terroristes car c'est humainement trop difficile.
C'est ainsi qu'elle est amenée à traduire des communications entre dealers marocains qui trafiquent de la drogue dont les plantes sont cultivées au Maroc, préparées et acheminées en France via l'Espagne.
Elle en arrive à éprouver beaucoup d'empathie pour eux et à connaître les ficelles de ce trafic illicite.
Réduite à la pauvreté, Patience Portefeux va avoir l'idée et surtout l'opportunité de passer de l'autre côté de la barrière et devenir à son tour revendeuse de drogue et blanchisseuse d'argent et ce, après 25 ans passés du côté "honnête".
Elle en prend des risques notre dame Patience surnommée "La Daronne".
Hannelore Cayre a un très beau style d'écriture,des références à la littérature, un humour on ne peut plus direct et caustique et un sens de la mise en scène perfectionné. Je vois bien le livre transposé au cinéma.

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Roggy
  26 octobre 2018
Hannelore Cayre porte un regard acéré sur la société, sur le système judiciaire, le système d'accueil des personnes âgées et sur l'hypocrisie qui y règne. Elle n'y va pas avec le dos de la cuillère et appuie ses propos sur une écriture stupéfiante, vive, ironique et d'une grande justesse.

Avec une fausse nonchalance et un regard au vitriol elle met le doigt sur les dysfonctionnement et défaillances d'un système inadapté. Tour à tout moqueuse, malicieuse et pessimiste, l'auteure donne à connaître l'ampleur de sa pensée.

Au-delà de l'humour noir et décalé de certaines situations, ce roman est un parfait éloge du détachement appris à ses propres dépens, d'une sorte de désenchantement de la vie qui amène à cesser de se complaire dans son malheur et de se lancer dans une entreprise périlleuse lorsqu'on n'a plus rien à perdre.

Au croisement entre polar social et fiction, cette aventure addictive, rapide comme une intraveineuse ravira les dopés de bonne littérature.
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isabelleisapure
  10 janvier 2018
Voilà un roman noir comme je les aime, sans violence avec de l'humour, beaucoup d'humour !
Hannelore Care nous invite à faire la connaissance de Patience Portefeux, fille de parents juifs rescapés des camps reconvertis en escrocs trafiquants de drogue sous couvert de leur entreprise de transport.
De son mari mort prématurément d'une rupture d'anévrisme au milieu d'un éclat de rire, il lui reste deux filles, qu'elle peine à élever d'autant que la majorité de ses revenus passe dans le loyer de la maison de retraite où sa vieille mère acariâtre tarde à mourir.
Pour gagner sa vie, elle traduit les écoutes téléphoniques dans les enquêtes des stups et du grand banditisme, travail lucratif mais non déclaré par le Ministère de la Justice ! Au noir, oui ! Ce qui, le besoin criant d'argent se faisant sentir, va l'amener à franchir une ligne dangereuse.

Il est difficile d'en dire davantage sans risque de spolier.
Mais suivre Patience dans ses pérégrinations de mafieuse est un régal, c'est jubilatoire, politiquement incorrect.
L'écriture d'Hannelore Cayre est vive, sombre, ironique, mais elle réussit à devenir grave lorsqu'elle évoque la fin de vie des personnes âges en maisons de retraite.




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michfred
  08 octobre 2017
Un polar réjouissant d'anticonformisme et de cynisme! Et tout à fait politiquement incorrect!

La Daronne galvaude un doctorat en langues arabes en faisant, pour la BRB, des traductions assez pointues de conversations très codées entre dealers, captées sur les écoutes téléphoniques.

Elle met à profit des antécédents familiaux assez lourds -qui l'ont en quelque sorte destinée à la magouille- pour s'insinuer dans les dites conversations, y jouer un rôle et s'y faire un nom- enfin : un blaze- : celui de la Daronne.

La marge est mince entre une zélée auxiliaire de la justice et de la police et une authentique racaille, sherpa du sac Tati bourré de H, reine du blanchiment à coup de Chamonix orange- je vous laisse découvrir!

Tout ça dans les meilleures intentions du monde: le métier d'interprète ne nourrit pas sa femme, et quand on est veuve et mère de deux filles en plein cursus studiorum, il faut bien vivre et faire vivre!

Derrière l'humour, regard douloureux - très certainement autobiographique- sur les mouroirs de vieux, sur les soins palliatifs conçus comme de l'acharnement thérapeutique, et vision décapante de la misère des banlieues - sans travail, sans espoir, sans issue- mises en coupe réglée par de petits caïds à la limite de l'idiotie congénitale, ou par des machos barbus et incultes qui n'ont que le coran à la bouche sans l'avoir même jamais lu. Tandis que les femmes, elles, bossent, là où les Céfrancs ne veulent plus aller: elles bossent à l' hôpital, elles bossent à l'EPHAD, elles bossent à la crèche, elles bossent avec dévouement, avec empathie, avec courage, et surtout ,elles bossent pour peau de balle...

Alors parfois l'une d'elles passe la ligne jaune, comme Khadidja, comme Madame Fo.

Comme la Daronne.

On les comprend, on s'identifie à elles, on tremble qu'elles ne soient découvertes...

Ce sont les modernes héroïnes de ce monde sans pitié.
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