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EAN : 9782757887882
216 pages
Éditeur : Points (17/06/2021)
3.51/5   263 notes
Résumé :
Comment élaguer, sans soulever de soupçons, toutes les branches d'un arbre généalogique pour arriver à un héritage. Un roman noir sarcastique avec des justicières pleines d'humour et de mauvais esprit qu'on n'a pas envie de condamner. Au XIXe siècle, les riches créaient des fortunes et achetaient des remplaçants pour que leurs enfants ne partent pas à la guerre. Aujourd'hui, ils ont des héritiers très riches et des descendants inconnus mais qui peuvent légitimement ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (89) Voir plus Ajouter une critique
3,51

sur 263 notes

Kittiwake
  25 avril 2020
Hannelore Cayre n'y va pas de main-morte. Quand elle met des personnages en place, elle les choisit bien denses, fort et entiers, malgré leurs fardeaux physiques . Il en est ainsi de Blanche, une îlienne bretonne qu'un exosquelette consolide tant bien que mal. C'est la rencontre fortuite d'un trio de touristes en goguette sur son île et les retrouvailles glaciales avec son père qui vont déclencher une démarche de recherche sur ses origines. Quitte à utiliser des moyens en limite voire au delà de la légalité.
Mais ce qu'elle ne sait pas Blanche, c'est que pendant qu'elle se décarcasse pour comprendre sa généalogie, nous, lecteurs, profitons de l'histoire d'un de ses ancêtres , Auguste , fils de bonne famille, qui se bat pour ne pas partir à la guerre contre les prussiens.
Alternant les époques et les histoires, le récit est palpitant et l'auteur a le don de distiller les indices pour construire peu à peu l'édifice. Avec à la clé un héritage qui pourrait changer les destins
C'est brillant, adroit, et cela confirme les talents d'écrivain de cette auteure dont j'avais beaucoup aimé La daronne.

Lien : https://kittylamouette.blogs..
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Pecosa
  09 avril 2020
Dans la famille « Lutte des classes façon puzzle », je demande Blanche de Rigny, 38 ans, mère célibataire lourdement handicapée, appareillée, employée à la Reprographie judiciaire, où elle duplique en douce des données confidentielles pour mettre un peu de beurre dans ses épinards.
Blanche est Bretonne. En arrêt maladie, elle rend visite à son père sur l'île où vit sa famille depuis des générations et désoeuvrée, se met à s'intéresser à son patronyme, et à la branche inconnue à particule.
Doublement exclue, par son milieu social, et par son handicap, Blanche s'aperçoit que les de Rigny eux ont toujours su s'enrichir sur le dos des autres, sans que ni les guerres, ni les krachs boursiers ne mettent à mal leur capital.
Et comble de l'indécence, son ancêtre Auguste de Rigny a échappé à la conscription et à la guerre de 1870 en s'achetant un remplaçant parti au combat à sa place.
Bon sang ne saurait mentir. Si les de Rigny ôtaient de leur soleil ceux qui se mettaient en travers de leur fortune, Blanche va elle envoyer ad patres les rejetons indignes qui piétinent la populace de leur mépris.
On l'aura compris, Blanche est la digne héritière de la Daronne, une femme seule tirant le diable par la queue, et qui ne dédaigne pas marcher en dehors des clous pour survivre: « Aux censeurs de droite qui m'accuseraient de fausser le jeu économique ou voudraient m'interdire de vivre comme je vis, aux gentilles personnes de gauche qui pour mon bien seraient tentées de me faire la morale ou de m'asséner des messages de prévention débiles, je répondrais que, lorsqu'il n'y a pas de victime à une infraction, si ce n'est ni le corps d'autrui, ni ses biens, ni ses droits qui sont en danger, alors c'est l'Ordre que l'on cherche à protéger, et l'Ordre, ça fait très longtemps que je l'emmerde… Et à ce que je sache, ce n'est pas moi qui ai créé ce statut merdique d'autoentrepreneurs… »

Plus Hannelore Cayre vieillit, et plus elle flingue. Il semble que le roman ait été écrit au moment où le pays s'enflammait. Etablissant sans-cesse des liens entre cette France du début du XXIème siècle en pleine fracture sociale et la société inégalitaire du XIXème siècle, multipliant les aller-retour entre la de Rigny de 2019 et son ancêtre de 1870, dont elle cherche la trace pendant la Commune, la romancière dresse un portrait assez désespéré et désespérant du pays.
J'aime vraiment beaucoup son style, son humour caustique, et sa sobriété. Sa concision faisait merveille dans La Daronne, ici , elle m'a parfois gênée. Ça taille sec, parfois un peu trop, quite à rendre certains passages un peu bancals comme la cohabitation avec la douairière ou le voyage en Inde, et à déséquilibrer l'ensemble, expédiez, c'est pesé. Mais cela n'enlève rien au plaisir de lecture que procure Richesse oblige, les bons mots, les références à la littérature du XIXème siècle, l'ahurissante plongée dans le commerce du remplacement militaire, véritable marché aux esclaves, et l'incursion dans le Paris de la Commune. Le roman trouve aussi une résonance particulière en ce moment, lorsque l'on se demande dans quelles conditions idylliques ceux qui ont délocalisé et prospéré pendant des décennies passent leur confinement alors que chaque matin les smicards se lèvent pour aller au casse-pipe.
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Cannetille
  26 juin 2020
Issue d'une branche pauvre et oubliée, poussée en 1870 sur l'arbre généalogique d'une riche et peu scrupuleuse famille d'industriels, la narratrice décide de donner un coup de pouce au destin pour se retrouver seule héritière.

Navigant constamment de 1870 à aujourd'hui dans un rapprochement assez noir entre la société inégalitaire du XIXe et les fractures sociales du XXIe siècle, le texte donne vie à des personnages forts qui ne font pas dans la demi-mesure, et bouscule le lecteur par l'impertinence pleine d'humour d'un texte au vitriol aux accents parfois anarchistes.

Le résultat est un mélange détonnant et parfois surprenant, menant du siège de Paris par les Prussiens en 1870 et des idéaux de la Commune, du tirage au sort des conscrits au XIXe siècle et de la pratique de l'achat de remplaçants militaires, à la communauté expérimentale d'Auroville en Inde, au méroxage en pleine mer et au déversement de déchets toxiques en Afrique, en passant par un certain matriarcat breton et par une critique politique de l'art contemporain. L'ensemble témoigne d'un désespoir à voir changer une société confrontée aux problèmes sociaux et environnementaux, mais figée dans un schéma où seul l'argent est roi.

Au-delà de ses thèses politiques qui ne pourront plaire à tout le monde, ce roman incisif et provocateur à l'humour ravageur témoigne des questionnements d'une société contemporaine confrontée à des défis majeurs, et qui aime de plus en plus souvent caresser l'idée d'un monde « d'après ». J'ai pris plaisir à le lire comme une vaste caricature de notre actualité.

Lien : https://leslecturesdecanneti..
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iris29
  11 août 2020
Autant La Daronne avait été un gros coup de coeur, autant la lecture de Richesse oblige fut laborieuse et pénible...
Ça aurait pu aussi s'appeler La Daronne (parce que le personnage principal est une mère célibataire, faisant bouillir la marmite comme "petite main"" au palais de justice de Paris, contournant habilement la loi pour arrondir ses fins de mois difficiles ), si Hannelore Cayre n'y avait ajouté une histoire de recherche généalogique dans le but d' hériter d'un sacré paquet d'oseille.
1820 : un certain Auguste ne désirant pas accomplir son service militaire (qui était de neuf ans !!!), en pleine guerre de Prusse, se voit conseiller par son père de payer un pauvre bougre pour le faire à sa place [et accessoirement mourir à sa place aussi ...].
En 2020, sa descendante Blanche de Rigny va remonter l'arbre généalogique , découvrir quelques branches pourries, et améliorer son quotidien.
Mêlant plusieurs époques et donc aussi plusieurs personnages, ce court roman de 217 pages a été une lecture un peu indigeste. Trop d'histoires imbriquées, pas assez de matière pour que je m'attache (ou m'accroche) à un personnage en particulier . Autant le style d'Hannelore Cayre me séduit par son côté cash, drôle quand elle parle de nos contemporains, autant lorsqu'elle s'attaque à la partie 1820 , je l'ai trouvée décalée...
Je n'ai pas apprécié non plus l'incursion de passages d'autres auteurs ( Zola, Mirbeau..) , ils auraient été plus "gracieux" en débuts de chapitres...Là, ça fait auteure-jeune Padawan ne se remettant pas d'avoir des "idoles", des maîtres...
J'ai eu l'impression d'un presque copié-collé de la Daronne : l' héroïne a le même caractère, pratique le même genre de magouilles justifiées par la dureté de la vie. La seule différence c'est que Blanche est flanquée d'une copine, et qu'elles sont handicapées.
Et si le propos est de dénoncer tout un tas de choses qui se passent dans notre monde ( que je déplore aussi) , on a droit à un gros "gloubiboulga" de causes en tous genres ( salaires de misère/ handicap/ loyers parisiens/ justiciables pourris/ cause animale etc...), ça fait beaucoup de thèmes pour seulement 217 petites pages ...
Ce roman aurait aussi pu s'appeler Paris Brest, mais c'était déjà pris !
Quelle fut ma surprise de voir l'histoire, de Paris mettre le cap sur Brest, puis sur une petite île au large de Brest . Ouessant ? Molène ? ).( Mais Hannelore Cayre, n'en dit pas du bien du Finistère : la pluie, les femmes de petite vertu... )
Et que ce soit à Paris (avec cet échange de service militaire auquel échappaient les plus riches ) et la Bretagne , j'aurai appris des choses sur la période de l'histoire qu'était 1820 , mais cela n'aura pas suffit à m'intéresser à ce roman, j'en suis la première désolée, j'ai tant aimé la Daronne...

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Dandine
  16 juillet 2020
J'avais aime La Daronne, son humour, son style alerte, la facon discrete de l'auteure d'insinuer ses convictions sociales. Un petit vent rafraichissant balayant les grands espaces des romans noirs.
Avec Richesse oblige je me suis senti en terrain familier, pas vraiment connu mais pas trop etranger. L'auteure y developpe deux histoires, distinctes mais dont on sent tout de suite le rapport, une qui se passe a l'epoque de la commune de Paris, et l'autre de nos jours. Deux histoires par chapitres interposes. Comme si Hannelore Cayre avait suivi les cours de l'ecole d'ecriture d'une university americaine. Ca c'est pour la novation. Ce qui n'a pas change c'est le style. Et l'ironie. Ladite Cayre a une langue bien pendue pour se moquer (denoncer?) des turpitudes de la societe capitalisante. Une langue bien deliee. Avec des pleins et des delies selon les chapitres. Les pleins pour le 19e siecle. Les delies pour notre epoque (mais ou a-t-elle appris a faire des pleins et des delies sur ordinateur?).
Et elle seme a tout vent des citations d'ecrivains comme Zola et Mirbeau, de moins celebres mais magnifies par elle comme Victorine Brocher, de politologues comme Marx et Condorcet, d'hommes politiques comme Thiers, meme une replique de de Funes dans La folie des grandeurs. Tout ca pour nous dire que ce debut de XXIe siecle prend des airs de XIXe. Et pour nous lecteurs actuels c'est loin d'etre un compliment. Regardez autour de vous! Indignez-vous! nous crie-t-elle.
Il n'y a pas de grand suspense mais l'intrigue est rondement menee, avec par-ci par-la quelques passages qui vont du drole au desopilant. le cote pamphlet social est peut-etre trop appuye, mais c'est dans l'air du temps et de toutes facons tout a son honneur. Elle fustige autant un passe honteux qu'un present contestable. Et les femmes qu'elle met en scene! Pas jolies mais marrantes, et lutteuses, des gagnantes malgre leurs nombreux handicaps, des heroines comme on devrait aimer, des modeles ( a suivre, pas a photographier).
C'est dire que j'ai apprecie ce livre. Moins que La Daronne, mais j'ai aime. Mon conseil, multiple, pas pareil pour le lecteur-papier et le lecteur-liseuse: le lire en une heure sur la plage de Porquerolles (ou dans un balcon de Trouville, ecoutant la pluie) ou en debattre avec le psy ( -- a force de sourire, je ne sais plus si je me sens un peu con ou un peu coupable, docteur…).
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critiques presse (2)
Lexpress   28 juin 2021
Richesse oblige s'inscrit dans la droite ligne polardeuse et féroce de cette avocate pénaliste qui s'accorde ici une parenthèse historique des plus passionnantes : elle alterne une intrigue contemporaine - l'héroïne, Blanche de Rigny, se retrouve héritière d'une immense fortune familiale -, portée par sa gouaille habituelle, et un retour dans le passé lors de la Commune, en 1871, rapporté au plus-que-parfait d'un style très classique.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Actualitte   27 novembre 2020
Voilà donc un roman enjoué qui respire l'indiscipline, qui ne recule devant aucun bon mot pas plus que devant aucune vérité assénée avec beaucoup d'aplomb et de justesse, notamment quand il s'agit d'égratigner, ici ou là, un peu tout le monde et toutes les habitudes du monde, sans en avoir l'air !
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (111) Voir plus Ajouter une citation
KittiwakeKittiwake   26 avril 2020
Il suffisait d’avoir lu Balzac, Zola ou Maupassant pour ressentir dans sa chair que ce début de XXIe siècle prenait des airs de XIXe. Il y avait bien sûr la disparition progressive des services publics, mais pas seulement. Après un XXe siècle qui avait connu deux conflits mondiaux et glorifié l’aventure entrepreneuriale et les diplômes, la part des revenus du travail dans les ressources dont une personne disposait au cours de sa vie s’était mise à reculer pour arriver exactement au même niveau qu’à l’époque de mon ancêtre Auguste.
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CannetilleCannetille   26 juin 2020
… je suis tombée sur une phrase de Flaubert aussi méprisante que pertinente : “Le peuple accepte tous les tyrans pourvu qu’on lui laisse le museau dans la gamelle.” Chaque fois qu’on la lui retire, sa gamelle, au peuple, il gueule et descend dans les rues manifester alors que les ressources se raréfient, qu’il n’y a plus d’animaux, que les saisons se déglinguent et que la mer est pleine de plastique. On n’ira nulle part comme ça. Alors l’idée m’est venue de faire en sorte qu’il la trouve tellement dégueulasse, sa gamelle, qu’il finisse par s’en détourner ou la renverser avec son museau. Parce qu’elle l’est vraiment, dégueulasse, sauf que personne n’a envie de s’en rendre compte vu que c’est bien trop inconfortable de changer de mode de vie.
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PecosaPecosa   10 avril 2020
"Ces pauvres gars avaient, paraît-il, un prix. Combien pour ce robuste spécimen qui passait d'un sabot sur l'autre pour ne pas finir gelé? D'ailleurs, est-ce que cet homme consentirait à se vendre, s'il ne devait pas partir pour son compte? Considérait-il que se faire tuer à la place d'un fils de famille est "une question de goût" comme le disait encore récemment M. Thiers à la Chambre?"
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PecosaPecosa   09 avril 2020
C'est vrai qu'on s'y était attachées, à la vieille, surtout vers la fin où elle débloquait au point de nous chanter toute la journée, on ne savait pourquoi, Les Nuits d'une demoiselle de Colette Renard:

Je me fais sucer la friandise
Je me fais caresser le gardon
Je me fais empeser la chemise
Je me fais picorer le bonbon

Ce qui, à quatre-vingt-dix-huit ans, vous l'avouerez, ne manque pas de panache.
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iris29iris29   11 août 2020
Je n'ai jamais culpabilisé de faire mon beurre avec un tel commerce. D'abord parce que avec les 1320, 92 euros net par mois que je touchais au ministère et mes 900 euros de loyer pour mes douze mètres carrés, je ne pouvais pas m'en sortir, à cause notamment des taxis que j'étais obligée de prendre pour circuler dans cette putain de ville pas du tout aménagée pour les handicapés ( ...).
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