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Nicolas Perot (Éditeur scientifique)
EAN : 9782080709066
506 pages
Éditeur : Flammarion (01/11/1998)

Note moyenne : 3.23/5 (sur 13 notes)
Résumé :
Dès leur parution, les Mémoires d'Outre-Tombe ont déconcerté les contemporains, encore grisés par les orages de René et l'exotisme d'Atala. Ils ont, en revanche, recueilli toute la faveur de la postérité. C'était bien là le dessein de Chateaubriand : "L'avenir au-delà de la tombe, écrivait-il, est la jeunesse des hommes à cheveux blancs."
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
TREMAOUEZAN
  02 septembre 2015
Probablement par peur de m'ennuyer, j'ai toujours repoussé à "plus tard" la lecture des "Mémoires d'Outre-Tombe". Mais cet été, je savais que le moment était venu. J'ai alors choisi cette édition "avec dossier" et, épaulée par les notes de Nicolas Perot, je me suis lancée.
Eblouissement !
Voilà donc un homme qui, arrivé au crépuscule de sa vie, se lance dans la réflexion de ce que furent ces années si tumultueuses qu'il lui fut donné de vivre. Et quelles années, en effet ! 1768-1848. Rien que ça !
Il fallait une belle plume et une tête merveilleusement faite pour nous embarquer dans ce voyage. J'ai sauté dans l'embarcation, et ne l'ai jamais regretté. "Unputdownable" disent les Anglo-Saxons pour parler de ces ouvrages que l'on ne peut se résoudre à reposer sur la table de chevet. "Allez ! Encore un chapitre avant de dormir !"
Je me suis accrochée à ces pages comme on s'accroche à la parole des plus grands conteurs. Et la mauvaise élève en Histoire que j'ai toujours été a parfaitement saisi tous les enjeux d'une période extrêmement compliquée et violente. Chateaubriand est un maître, un garçon sensible et rêveur que nous voyons peu à peu se transformer en grand penseur, témoin privilégié d'un tremblement de terre qui nous secoue encore aujourd'hui.
"Quant à moi, je ne me glorifie ni ne me plains de l'ancienne ou de la nouvelle société. Si, dans la première, j'étais le chevalier ou le vicomte de Chateaubriand, dans la seconde je suis François de Chateaubriand ; je préfère mon nom à mon titre".
Le style est vigoureux, et les propos d'une belle humanité, toute en finesse. L'auteur va au fond des choses, et transcrit clairement et intelligemment sa perception des événements.
Ces pages (345 avec les notes) se lisent comme un texte qui paraîtrait aujourd'hui.
Et, croyez-moi, les soubresauts de l'Histoire qu'elles renferment font battre le coeur et trembler la main qui tient le livre.
Pour conclure, grand merci à "Colimasson". Elle a manifestement analysé l'ouvrage en profondeur, et j'entends à présent prendre le temps de savourer sa prose.
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colimasson
  06 février 2015
L'originalité de la démarche De Chateaubriand consiste à cumuler deux récits autobiographiques dans ses Mémoires d'outre-tombe. L'une est interne et personnelle, l'autre est externe et historique. le cas De Chateaubriand est particulier car son rôle en tant que personnage et témoin historique est privilégié du double fait de sa lignée aristocratique et de ses relations politiques. A la veille de la Révolution de 1789, il avait eu le privilège d'assister à un lever du Roi et de participer à la chasse avec lui. Même s'il détestait les salons mondains, de telles fréquentations lui permettaient de sonder le paysage littéraire de son temps et d'observer les jeux et engouements voltigeants de certaines girouettes politiques.

Avant d'en arriver là, Chateaubriand consacre les trois premiers livres de ses Mémoires à retracer son développement de l'enfance à la jeunesse. le jeu de l'écriture rétrospective s'accompagne de l'illusion essentialiste dont Chateaubriand n'est lui-même pas dupe. Il fait ainsi percevoir le vertige de qui contemple celui qu'il a été, se demandant si le fil des événements se déroule sans aucune cohérence logique ou si, au contraire, le déroulement d'une existence ne produit rien d'aléatoire et se consacre à l'atteinte d'une fin transcendante.

« Ces flots, ces vents, cette solitude qui furent mes premiers maîtres convenaient peut-être mieux à mes dispositions natives ; peut-être dois-je à ces instituteurs sauvages quelques vertus que j'aurais ignorées. La vérité est qu'aucun système d'éducation n'est en soi préférable à un autre système : les enfants aiment-ils mieux leurs parents aujourd'hui qu'ils les tutoient et ne les craignent plus ? […] Telle chose que vous croyez mauvaise, met en valeur les talents de votre enfant ; telle chose qui vous semble bonne, étoufferait ces mêmes talents. Dieu fait bien ce qu'il fait : c'est la Providence qui nous dirige, lorsqu'elle nous destine à jouer un rôle sur la scène du monde. »

Ce regard rétrospectif soulève parfois l'artificialité des séquences choisies pour l'illustration des années. La mode romantique se propage dans les descriptions sauvages des forêts de Combourg ou dans les portraits que l'écrivain dresse de lui-même ou de sa soeur Lucile. Comment l'homme farouche fut-il projeté de force dans le milieu politique et mondain de Paris ? Tel est l'objet de ces premiers volumes des Mémoires. Nous découvrons alors le regard d'un homme distancié et critique qui ne se laisse visiblement jamais gagner par l'enthousiasme passionné des événements. C'est avec beaucoup de tendresse et de commisération qu'il nous montre les retournements de veste de la sphère politique et la fierté populaire pour une Révolution formée en amont par l'aristocratie :
« La monarchie fut démolie à l'instar de la Bastille, dans la séance du soir de l'Assemblée nationale du 5 août. Ceux qui, par haine du passé, crient aujourd'hui contre la noblesse, oublient que ce fut un membre de cette noblesse, le vicomte de Noailles, soutenu par le duc d'Aiguillon et par Matthieu de Montmorency, qui renversa l'édifice, objet des préventions révolutionnaires. […]
Les patriciens commencèrent la Révolution, les plébéiens l'achevèrent : comme la vieille France avait dû sa gloire à la noblesse française, la jeune France lui doit sa liberté, si liberté il y a pour la France. »

Il se promène dans le passé et dans les événements, sans rien renier mais sans jamais se départir toutefois du petit éclat de rire moqueur pour ceux qui n'ont pas d'autre horizon que le plancher des vaches, ses gloires illusoires, ses conquêtes éphémères.

« L'homme n'a pas une seule et même vie ; il en a plusieurs mises bout à bout, et c'est sa misère. »

On ne peut décidément pas abandonner Chateaubriand à ces cinq livres de ses mémoires, premiers témoins d'une structure d'une extrême rigueur qui s'aligne peut-être sur l'extrême étonnement de l'écrivain face au phénomène de l'existence. Qu'est-ce qui se profilera à l'issue de ce processus qui rabiboche des bouts de vie disséminés, ici et là, dans des compartiments strictement délimités ?
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whynotgrove
  19 avril 2015
j'ai voulu me replonger dans les classiques de mon adolescence.
Bon j'espère que ce ne sera pas toujours comme ça.
Je me suis ennuyé et j'ai plaint ceux qui ont du le présenter au bac.
Seule la fin de ce premier volume m'a intéressé, à partir de la révolution française.
Je n'ai pas du tout envie de lire les livres suivants.
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Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
colimassoncolimasson   14 février 2015
Ces flots, ces vents, cette solitude qui furent mes premiers maîtres convenaient peut-être mieux à mes dispositions natives ; peut-être dois-je à ces instituteurs sauvages quelques vertus que j’aurais ignorées. La vérité est qu’aucun système d’éducation n’est en soi préférable à un autre système : les enfants aiment-ils mieux leurs parents aujourd’hui qu’ils les tutoient et ne les craignent plus ? […] Telle chose que vous croyez mauvaise, met en valeur les talents de votre enfant ; telle chose qui vous semble bonne, étoufferait ces mêmes talents. Dieu fait bien ce qu’il fait : c’est la Providence qui nous dirige, lorsqu’elle nous destine à jouer un rôle sur la scène du monde.
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colimassoncolimasson   07 octobre 2015
« Le peuple, métamorphosé en moine, s’était réfugié dans les cloîtres, et gouvernait la société par l’opinion religieuse ; le peuple, métamorphosé en collecteur et en banquier, s’était refugié dans la finance, et gouvernait la société par l’argent ; le peuple, métamorphosé en magistrat, s’était refugié dans les tribunaux, et gouvernait la société par la loi. Ce grand royaume de France, aristocrate dans ses parties ou ses provinces, était démocrate dans son ensemble, sous la direction de son roi, avec lequel il s’entendait à merveille et marchait presque toujours d’accord. C’est ce qui explique sa longue existence. Il y a toute une nouvelle histoire de France à faire, ou plutôt l’histoire de France ne s’est pas faite.
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colimassoncolimasson   17 octobre 2015
Il fallut quelque temps à un hibou de mon espèce pour s'accoutumer à la cage d'un collège et régler sa volée au son d'une cloche. Je ne pouvais avoir ces prompts amis que donne la fortune, car il n'y avait rien à gagner avec un pauvre polisson qui n'avait pas même d'argent de semaine; je ne m'enrôlai point non plus dans une clientèle car je hais les protecteurs. Dans les jeux je ne prétendais mener personne, mais je ne voulais pas être mené: je n'étais bon ni pour tyran ni pour esclave, et tel je suis demeuré.

Il arriva pourtant que je devins assez vite un centre de réunion; j'exerçai dans la suite, à mon régiment,
la même puissance: simple sous−lieutenant que j'étais, les vieux officiers passaient leurs soirées chez moi et préféraient mon appartement au café. Je ne sais d'où cela venait, n'était peut−être de ma facilité à entrer dans l'esprit et à prendre les mœurs des autres. J'aimais autant chasser et courir que lire et écrire. Il m'est encore indifférent de deviser des choses les plus communes, ou de causer des sujets les plus relevés. Très peu sensible à l'esprit, il m'est presque antipathique, bien que je ne sois pas une bête. Aucun défaut ne me choque, excepté la moquerie et la suffisance que j'ai grand−peine à ne pas morguer; je trouve que les autres ont toujours sur moi une supériorité quelconque, et si je me sens par hasard un avantage, j'en suis tout embarrassé.
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colimassoncolimasson   15 octobre 2015
De chrétien zélé que j’avais été, j’étais devenu un esprit fort, c’est-à-dire un esprit faible. Ce changement, dans mes opinions religieuses, s’était opéré par la lecture des livres philosophiques. Je croyais, de bonne foi, qu’un esprit religieux était paralysé d’un côté, qu’il y avait des vérités qui ne pouvaient arriver jusqu’à lui, tout supérieur qu’il pût être d’ailleurs. Ce benoît orgueil me faisait prendre le change : je supposais dans l’esprit religieux cette absence d’une faculté, qui se trouve précisément dans l’esprit philosophique : l’intelligence courte croit tout voir, parce qu’elle reste les yeux ouverts ; l’intelligence supérieure consent à fermer les yeux, parce qu’elle aperçoit tout en dedans.
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colimassoncolimasson   18 février 2015
Chaque pas dans la vie m’ouvrait une nouvelle perspective ; j’entendais la voix lointaine et séduisante des passions qui venaient à moi ; je me précipitais au-devant de ces sirènes, attiré par une harmonie inconnue. Il se trouva que, comme le grand-prêtre d’Eleusis, j’avais des encens divers pour chaque divinité.
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Videos de François-René de Chateaubriand (37) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de François-René de Chateaubriand
L'émission intégrale : https://www.web-tv-culture.com/emission/jerome-attal-la-petite-sonneuse-de-cloches-51577.html
A la fois dandy et Pierrot lunaire, Jérôme Attal avance tel un funambule, entre tendresse, humour et sensibilité. Depuis son premier livre, « L?amour en lambeaux », en 2007, il a su fidéliser son lectorat et prouver un réel sens de l?écriture. Romancier, il a aussi imposé son nom dans le monde de la musique en écrivant pour de nombreux artistes, tels Florent Pagny, Jennifer ou Johnny Hallyday. Si l?exercice est différent, Jérôme Attal voit tout de même de nombreux points communs entre ces deux activités et surtout une même finalité, jouer avec les mots pour transmettre des émotions. Les sujets et les personnages de ses romans sont très diversifiés. On y décèle toutefois des fils rouges comme l?attachement aux souvenirs d?enfance, la fragilité du lien amoureux et puis la langue, belle et présente, avec un vrai travail sur le choix des mots et la construction des phrases. « Les jonquilles de Green Park », « 37, étoiles filantes », les plus récents titres de Jérôme Attal, ont séduit les librairies comme les lecteurs. Nul doute que ce nouveau livre trouvera aussi son public. Nous voici à Londres en 1793, où le jeune Chateaubriand a fui la Révolution. Sans un sou en poche, il dort une nuit dans l?abbaye de Westminster, le baiser d?une jeune fille, la sonneuse de cloches, le tirera de son rêve. Mais ce baiser a-t-il réellement existé ou n?est ce qu?une affabulation que Chabteaubriand, devenu l?auteur que l?on sait, racontera dans ses « Mémoires d?outre-tombe». 220 ans plus tard, Joachim, un jeune français, en mémoire à son père, part à Londres, lui aussi sur les traces de la petite sonneuse de cloches, cherchant à savoir si elle a réellement existé. Dans une déclaration d?amour à la capitale britannique, du Londres de la fin du XVIIIème siècle à celui d?aujourd?hui, Jérôme Attal n?a pas son pareil pour nous inviter à larguer les amarres. Avec son écriture toute en finesse et en élégance, il nous embarque dans cette drôle d?aventures, sur les traces De Chateaubriand. Et tel un enquêteur, nous voilà dans les bibliothèques londoniennes où l?amour peut se cacher derrière chaque porte. Voilà un joli roman, plein de fraicheur. Mais au-delà de cette intrigue amoureuse, Jérôme Attal aborde aussi d?autres thèmes essentiels comme la filiation, la transmission, et l?importance du lien charnel qui nous unit aux livres. Il écrit d?ailleurs « il s?agit d?un roman sur mon amour des livres ». Vous aussi, partez à la rencontre de « La petite sonneuse de cloches ». le nouveau roman de Jérôme Attal est publié aux éditions Robert Laffont.
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