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EAN : 9782070532285
160 pages
Éditeur : Gallimard (14/03/1995)

Note moyenne : 4/5 (sur 7 notes)
Résumé :
Au début du XVIe siècle, humanistes et théologiens s'élèvent contre les abus du clergé et entrent en rébellion contre l'Eglise, prônant un retour à une religion plus simple.
A leur tête, Luther et, quelques années plus tard, Calvin, dont les idées de Réforme se propagent dans presque toute l'Europe, avant de la diviser profondément. L'Eglise réagit, puis persécute. Les massacres de la Saint-Barthélemy signent en lettres de sang l'ère des guerres de Religion, ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
BazaR
  17 avril 2020
Une fois de plus, un petit livre de la collection Découvertes Gallimard parvient à donner un aperçu d'un sujet ardu grâce à une plume claire et des illustrations pertinentes.
Olivier Christin, qui a beaucoup travaillé sur l'histoire du protestantisme, nous fait bien sentir le mécontentement vis-à-vis des abus de l'Église qui s'empare de certains milieux, surtout humaniste. Il va en chercher les prémisses dans certaines hérésies du passé (Wyclif, Jean Huss) et nous sensibilise sur la nature de ces abus : en particulier le trafic des Indulgences. Les premiers écrivains se lancent à l'attaque : Jacques Lefèvre d'Étaples, Érasme, sans toutefois remettre en question l'institution elle-même. Christin reste nuancé : comme dans toute autre situations, on trouve aussi dans l'Église des hommes honnêtes et attachés au sort de leur prochain ; on ne les trouve guère dans les milieux aisés et les centres de pouvoir, il est vrai.
Puis l'auteur aborde Luther. L'on sent qu'un pas important est franchi – même si le cheminement est assez long. C'est ainsi l'ensemble du dogme de l'Eglise qui est remis en cause par le moine : le retour aux Écritures comme source unique de la foi, l'abandon du culte des saint et de la Vierge, l'idée que n'importe quel croyant peut a priori accéder à Dieu directement, sans intermédiaire, sans « mystères d'Éleusis ». Les discussions théologiques se tendent vite entre adeptes de Luther et représentants catholiques, jusqu'à la condamnation de Worms par l'empereur Charles Quint en 1521.
J'ai trouvé assez étonnant que la longue réflexion de Luther sur le salut aboutisse à l'idée que celui-ci ne dépend en aucune manière de l'homme, que quelque soient ses actes, bons ou mauvais, cela n'influence pas son sort au-delà de la mort qui est entre les seules mains de Dieu, que seule une foi bête et sincère peut rasséréner l'homme sans lui faire particulièrement « gagner des points ». le corollaire de cela, c'est qu'une réflexion raisonnée aboutit à l'idée que la raison ne sert à rien au final ; le genre de choses que j'avale difficilement.
Après Luther, Olivier Christin passe à Calvin dont le dogmatisme est encore plus sévère. Entre les deux, on note vite que chaque théologien définit finalement sa propre version, pose ses propres axiomes et combat ceux des autres. C'est le même bordel qu'au début de l'Église.
L'auteur aborde ensuite la Contre Réforme, avec le rôle important des Jésuites et le long concile de Trente. Si les réformes proposées restent superficielles, il s'agit surtout d'une contre-attaque de communication, par le prêche et par les arts (le baroque), cette dernière arme n'étant guère utilisée par les protestants amateurs d'iconoclasme.
La dernière partie est consacrée à la confrontation physique dans les divers pays d'Europe : Allemagne, Pays-Bas, Angleterre, Espagne et surtout France. Le sujet est tellement vaste pour si peu de pages qu'il ne peut servir ici que de vernis. Pour les guerres de religion en France, je conseille de se diriger vers des ouvrages plus spécialisés comme Guerres et Paix de Religion de Nicolas le Roux ou des biographies de Catherine de Médicis (Jean-François Solnon) ou d'Henri IV (Jean-Pierre Babelon). Une chose saute immédiatement aux yeux : l'intolérance et la violence barbare dans les deux camps.
Je tire mon chapeau sur la qualité et la diversité des illustrations : que ce soit les gravures multiples, les frontispices d'ouvrages d'époque et les nombreuses peintures ; par exemple les portraits de Lucas Cranach l'Ancien, la peinture de la voûte de l'église du Gesù le Triomphe du nom de Jésus, la Madone de Lorette du Caravage.
Encore un bon exemple de précision et de concision.
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mimipinson
  12 avril 2011
Cet ouvrage est une lecture à la fois instructive par la concision des textes, sa pertinence, et, délassante par une iconographie riche et intelligemment disposée.
Cet ouvrage est destiné à qui veut comprendre, apprendre, sans être forcément assommé de dates, de noms et de faits. Il va droit à l'essentiel, mais suscite chez le lecteur l'envie d'aller plus loin. Il constitue une excellente introduction à l'histoire du protestantisme qui m'attend, et que je lirai lorsque j'aurai l'esprit plus disponible.
L'auteur nous rappelle les circonstances historiques des Réformes religieuses qui ont secoué l'Europe dès la fin du 15 ème siècle. Les mutations politiques et sociologiques depuis la découverte des Amériques, les abus de l'Eglise médiévale, mais surtout la découverte et l'essor de l'imprimerie ont amené de profonds changement du paysage religieux en Europe.
L'auteur fait une excellente synthèse des travaux et du cheminement de Luther, ainsi que de Calvin, les deux principaux artisans du protestantisme. Il montre la manière dont le mouvement s'est propagé en Europe, mais aussi, en insistant sur le cas français, les guerres de religions, la fuite des Huguenots, jusqu'à un relatif apaisement avec la signature de l'Edit de Nantes.
Tout ce qui a amené au schisme, explique bien la différence culturelle que l'on observe de nos jours entre les catholiques et les protestants. le mouvement de contre réforme, des années 1550, en même temps que l'essor de l'art baroque et de son exubérance, explique l'extraversion du culte catholique, par opposition à la sobriété protestante toujours de mise de nos jours. Il n'y a qu'à rentrer dans un temple pour se rendre compte de l'extrême simplicité des lieux, le dénuement parfois, et de la sobriété du culte qui va droit à l'essentiel : la place des Écritures, et de la Cène un véritable moment de communion collective.

Lien : http://leblogdemimipinson.bl..
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laurempili
  13 avril 2018
Ok
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
BazaRBazaR   15 avril 2020
Le culte, qui cesse progressivement d'être célébré en latin, repose désormais sur trois piliers : la prédication, conçue comme une explication de l’Évangile en partie destinée à soutenir les fidèles dans leur foi, le chant des cantiques (Luther lui-même en compose trente-six) et la cène (la communion sous les deux espèces du pain et du vin). Outre la cène, seul le sacrement du baptême est conservé. La justification par la foi et l'exaltation de la grandeur de Dieu conduisent de même à la suppression du culte de la Vierge, des saints et des morts. En mettant l'accent sur la parole de Dieu, en libérant le chrétien de l'angoisse du salut, en supprimant les innombrables intercesseurs, en rendant la liturgie plus claire, le luthéranisme favorise à la fois un rapport plus direct à Dieu et une piété personnelle plus intériorisée.
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BazaRBazaR   14 avril 2020
Que découvrent les humanistes dans le Nouveau Testament et surtout chez saint Paul qui les attire tant ? D'abord l'impressionnante distance qui sépare la simplicité de l’Église apostolique du christianisme de la fin du XVe siècle, caractérisé par la prolifération des cérémonies, des rites et des intermédiaires entre l'homme et Dieu.
Le Nouveau Testament ne doit-il pas dès lors devenir, comme le suggère Lefèvre d’Étaples, "livre de vie et seule règle des chrétiens" ?
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BazaRBazaR   16 avril 2020
Dans sa profusion des ors, des marbres et des stucs, dans le mouvement tourbillonnant des corps et des étoffes qui s'élèvent au ciel, dans l'exaltation constante des sacrements, dans l'admiration des saints et des mystiques, le baroque épouse à merveille les ambitions et les espoirs de la Contre-Réforme.
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Vidéo de Olivier Christin
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>Histoire et géographie de l'église>Histoire et géographie de l'Eglise>Réforme et Contre-Réforme, 1517-1648 (6)
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