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EAN : 9782350685717
304 pages
Éditeur : Cairn (20/09/2018)

Note moyenne : 3.88/5 (sur 4 notes)
Résumé :
Ce livre n'a pas été conçu comme une quête du "mystère" ou du "secret" des cagots mais comme la mise en oeuvre méthodique de la documentation les concernant, entre Ebre et Garonne et du Moyen Age à nos jours. En résulte une vision de l'histoire de cette minorité d'exclus toute en mouvement et en contrastes, très éloignée des stéréotypes habituels. Les cagots furent discriminés mais appréciés comme prestataires de "services spéciaux", avant d'être accablés de haine e... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
mcd30
  21 mars 2019
Quoi que nous soyons Cagots,
Peu nous importe les mots :
Nous sommes tous fils d'Adam.
Victimes de ségrégation, les Cagots ont aussi leur légende : énigme des cagots, mystère des cagots, secrets des cagots, les cagots, race maudite, le fantastique n'est jamais bien loin de l'histoire.
Il s'agit d'un livre exigeant qui s'appuie sur une documentation, dont Benoît Cursente à éloigné tous les faits non avérés ou pas assez étayés par des documments.
J'admets mon incompétence vis-à-vis de cette approche de l'histoire mais toutefois c'est un livre formidable.
Les cagots ont peuplés une partie du sud-ouest de la France, Navarre, Béarn, Gascogne...
Ils ont porté différents noms : Crestians, cagots, agots, capots, gahets, gézitains ...
Les ségrégations varient d'une commune à l'autre et au fil des siècles et sont locales : habitat séparé, lieu de sépulture séparé, union matrimoniale séparée, exclusion de la communauté, accès séparé aux actes liturgiques 5petite porte)...
Leurs origines sont floues : lépreux, goths, descendant des cathares, hispani fuyantl'islamisation ... beaucoup de suppositions.
A la fin du livre, une annexe traite des caquins bretons et des burakumin japonais.
Peut -être cette ségrégation était-elle justifiée au départ mais j'aurais tendance à penser que d'autres raisons peut-être économique ce sont greffées et ont fait perdurer cette situation mais ce n'est que mon humble avis.
Qui s'intéresse aux cagots est droit de savoir sur quel registre se situent les informations et opinions dont il peut avoir connaissance. Ce livre s'efforce de présenter un maximum de données documentaires et de les soumettre à une grille de lecture critique, tout en exposant le scénario que dessinent les résultats récents de la recherche... Lequel induit, à son tour, de nouvelles questions. Les zones d'ombre qui enveloppent le thème des cagots sont loin d'être dissipées ! nous dit l'auteur et comme les descendants des cagots préfèrent reser discrets, nous ne savons pas tout.
De chaleureux remerciements à Benoît Cursente, aux éditions Cairn et à Babelio pour cette lecture enrichissante.
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Diabolo44
  25 mars 2019
Début 2015, en voyage au Pays Basque, j'avais visité Ciboure et photographié ce panneau à l'usage des touristes accroché sur l'église St Vincent : "(...) l'église était entourée de deux cimetières, dont l'un réservé aux cagots, nombreux à Ciboure. (...) Les cagots accédaient à l'intérieur de l'édifice par une petite porte située au fond de l'église et possédaient leur propre bénitier. (...)"
C'était la première fois que je rencontrais ce mot de "cagot", et à ce stade rien ne me permettait encore de savoir de qui il s'agissait exactement. Sans doute une caste à part, mais après tout cela pouvait autant être des privilégiés que des laissés pour compte.
J'ai attendu d'être rentré chez moi avant de me renseigner plus avant (il n'y avait pas la wi-fi dans l'appartement pour la petite histoire) et j'ai découvert cette discrimination et son ampleur avec un brin de stupéfaction.
Alors quand j'ai vu passer ce bouquin dans la sélection Masse Critique de Babelio (merci à eux et aux éditions Cairn pour cet envoi), je me suis dit que c'était une excellente occasion d'approfondir le sujet.
Disons-le tout de suite parce que ça peut en calmer plus d'un : ce n'est pas un ouvrage de vulgarisation, mais bien un livre d'histoire, il en a toutes les caractéristiques, tant sur la rigueur que sur l'académisme. Une lecture exigeante, donc, mais qui n'en est pas moins intéressante.
On a vraiment le sentiment d'exhaustivité quand on referme ce bouquin : B. Cursente le commence aux plus anciennes sources connues du crestianisme vers l'an 1000, pour finir avec les adaptations cinématographiques et les spectacles vivants du XXIe siècle. Il passe en revue à peu près tous les ouvrages écrits sur le sujet (et leurs auteurs), tente humblement d'en trier le bon grain de l'ivraie, n'affirme rien dont il ne puisse être sûr, et prévient d'emblée : ce n'est pas la quête des origines des cagots. Et pour cause : comme sur de multiples autres sujets historiques, il faut tout simplement reconnaître qu'il est maintenant improbable que l'on détermine ces origines un jour avec certitude. Tout au plus peut-on repousser sans trop craindre de se tromper les hypothèses les plus fantaisistes, et retenir la plus vraisemblable : la ségrégation des malades de la lèpre, cette maladie qui faisait des ravages au début du second millénaire. C'est la conclusion assez rapide de B. Cursente et ses arguments sont pour le moins convaincants. Passé ce postulat, il va nous faire traverser les siècles jusqu'au XIXe, qui sonne (enfin, serait-on tenté de dire) le glas de cette discrimination, décrivant et analysant avec rigueur l'évolution de ces pratiques discriminatoires, et montrant à bien des reprises – ce qui m'a surpris – un pouvoir royal éclairé et poussant ces malheureux vers l'émancipation, tandis que les notables locaux, eux, n'auront de cesse de résister aux ordonnances et de braver la justice pour tirer encore et toujours leurs boucs-émissaires vers le bas, comme s'ils en avaient à tout prix besoin pour se sentir supérieurs à quelqu'un.
La lèpre, origine probable de cette mise à l'écart, avait disparu depuis 300 ans qu'il était toujours interdit de toucher des descendants sains depuis des générations et attestés comme tels par la médecine, et même de les regarder dans les yeux, et c'est sans doute cela la terrible leçon qu'il y a à tirer de cette histoire. Qu'est-ce qui pousse l'homme à discriminer son prochain ? Est-ce bien le "maléfice", quel qu'il soit, qu'on lui prête, ou le besoin irrépressible de faire partie d'une élite, même fondée sur du vent ?
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Berengereuh
  11 mars 2019
Merci beaucoup à Babelio et aux éditions Cairn pour m'avoir envoyé ce livre lors d'une masse critique.
L'idée de ce texte n'est pas une fois de plus d'essayer de trouver l'origine de cette population "maudite". Mais de proposer un état des lieux de la connaissance que nous avons des Cagots. En écartant les théories fantaisistes.
Les auteurs ne cherchent pas à absolument percer le mystère des origines. Au contraire, en présentant les sources fiables de leur histoire, ils cherchent à démontrer que les Cagots ne sont pas une entité homogène mais que cette appellation recouvre des réalités diverses, plurielles.
Leur territoire est vaste, et nous parlons d'une histoire de plusieurs siècles. Par conséquent, il est normal qu'il y ait des disparités locales.
Par exemple, les Cagots auraient été obligés de porter sur la poitrine une patte d'oie rouge, cousue. Eh bien, grâce aux recherches approfondies des auteurs, on apprend que cette obligation ne concerne qu'une zone géographique et une période historique très limitées.
J'ai beaucoup aimé le ton employé par l'auteur pour nous emporter dans ce livre. Il fait preuve d'une grande clarté quand il explique sa démarche d'historien. Et, n'y connaissant pas grand chose aux Cagots, je me suis plongée très facilement dans la lecture de cet ouvrage.
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Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
mcd30mcd30   01 mars 2019
Antérieurement au XIII ème siècle, la quête des origines des cagots ne peut donner matière qu'à des conjectures ou à des fables...
...Le siècle de basculement 1250-1350 mérite donc toute notre attention. Il s'agit d'essayer de comprendre pourquoi et comment à un moment donné la lèpre, de réalité pathologique, est devenue un alibi ou ce que l'on peut dénoncer comme tel aujourd'hui. Et pourquoi dans la Gascogne et en Navarre, et non ailleurs, il y eu transfert pérenne à des non lépreux d'exclusions liées à la peur circonstancielle de la contagion. (p. 53)
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mcd30mcd30   10 mars 2019
Dans le Béarn de Gaston Fébus : un dense semis de crestianies

...honneur donc à cette principauté et à son seigneur, le glorieux Gaston Fébus ( 1343-1391) qui nous a légué, en réponse à un appétit fiscal jamais assouvi, une inestimable documentation. (p. 76)
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mcd30mcd30   22 mars 2019
En 1747, Louis Daignan du Sendat, archidiacre du Magnoac, dans le diocèse d'Auch, mit ainsi fin, lors d'une visite pastorale, à l'obligation faite aux cagots de la paroisse de Guizerix de passer par une porte particulière :
... Pour abolir cette distinction [ il ] passa en sortant de l'église par la porte des capots, suivi du curé et des autres ecclésiastiques de la paroisse et ceux de sa suite. Le peuple voyant cela les suivit aussi, depuis lequel temps ont passé indifféremment par l'une ou l'autre porte. (p. 174)
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mcd30mcd30   18 mars 2019
... au soir du XVII ° siècle, au plus sombre d'une période placée sous le signe de l'absolutisme et de la crise du petit âge glaciaire. Le ferme soutien accordé par l'Etat monarchique français aux cagots passé 1638 répond tardivement à celui que, sans plus grand effet, la haute Eglise et les officiers royaux apportaient en Navarre à la cause des agots depuis le XVI ° siècle. (p. 149)
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mcd30mcd30   23 mars 2019
L'historien des cagots finit par une frustration : il n'existe aucun livre de raison,aucune confession écrite laissée par ces exclus. Il lui faut donc s'arrêter devant les portes closes de leur univers intérieur. Seul un romancier pourrait imaginer un tel voyage et relayer une vérité historique par une vérité romanesque. Nous l'attendons. (p. 282)
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