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EAN : 9782367407081
144 pages
Scrineo (16/05/2019)
4.15/5   27 notes
Résumé :
Originaires de Moselle, Roger et sa famille ont été contraints de fuir leur région et de se réfugier à Oradour-sur-Glane où ils mènent une vie heureuse. Jusqu’au 10 juin 1944, jour où des soldats nazis allemands encerclent le village.
Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
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Un petit roman bien écrit et bien fait, le drame d'Oradour y est présenté avec sincérité mais en évitant les scènes les plus trash si j'ose dire . Une page d'histoire qu'il ne faut pas éviter , une biographie touchante et tragique . A conseiller aux plus jeunes.

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Hier, j'évoquais la vie de Robert Hébras. Aujourd'hui, ce sera celle de Roger Godfrin, seul enfant ayant pu échapper au massacre d'Oradour-sur-Glane.

Ce récit s'adresse à la jeunesse et Régis Delpeuch y retranscrit avec justesse et sobriété les faits historiques vécus par ce garçon âgé de 7 ans et demi.

Roger vient de Charly en Moselle. Bon nombre d'habitants ont dû quitter leur ville sous la pression des Allemands. Ils se réfugient à Oradour-sur-Glane, bourgade paisible près de Limoges, loin des tourments de la guerre.

Si Roger parvient à avoir la vie sauve, ce jour-là, c'est parce que son père lui avait toujours dit de se méfier des Allemands et qu'il préfère écouter ce conseil plutôt qu'obéir à son maître d'école qui doit les emmener au Champ de foire et à ses deux grandes soeurs qui préfèrent y retrouver leurs deux parents.

Roger fuit et ne verra pas le massacre perpétré par les soldats de la Waffen SS. Il n'entendra que les explosions et les coups de feu. Blessé, il sera recueilli chez des amis dans un hameau voisin, et n'aura de cesse de savoir ce qu'il est advenu des siens.

Avoir la vie sauve c'est une chose, être le seul survivant de sa famille en est une autre. Roger n'aime pas être considéré comme le petit héros d'Oradour. Il préfèrerait tant rester dans l'anonymat, ne pas être orphelin et pouvoir jouer avec ses soeurs, son petit frère et ses amis.

Ce qu'il s'est passé dans ce village est insoutenable. Ce roman permettra aux plus jeunes d'appréhender ce drame du point de vue d'un personnage auquel ils peuvent s'identifier et sans être confronté aux atrocités subies.

Je ferme cette page tragique de l'Histoire avec ce dernier livre mais les meurtres et meurtrissures causées par la folie guerrière ne pourront et ne doivent pas s'oublier.

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Pour ma très grande honte, ce n'est qu'il y a une dizaine d'années que j'avais appris, par une connaissance, le massacre d'Oradour-Sur-Glane.

J'étais tombée des nues de ne jamais en avoir eu connaissance, malgré les nombreux ouvrages lus sur la Seconde Guerre Mondiale. Il est un fait que j'avais lu beaucoup sur les camps de concentration et le débarquement.

Oradour n'est pas une ville de mon pays, non plus. J'avais connaissance des massacres perpétrés par les Allemands durant la Première Guerre Mondiale, à Dinant (Belgique) : 674 hommes, femmes et enfants avaient été exécutés par armes à feu en différents endroits de la ville, le 23 août 1914.

Des années durant, sur le pont de Dinant, le drapeau allemand n'a jamais flotté, en compagnie des autres drapeaux de l'Europe.

Le 10 juin 1944, 30 ans après, la division Das Reich, assassinait des civils à Oradour, faisant 643 victimes. Un acte abject, horrible, gratuit, perpétré par des soldats armés, face à des civils désarmés, dont les femmes et les enfants entassées dans l'église.

Toutes ces histoires de massacres sont toujours horribles, glaçantes, terribles…

Commencer par un roman jeunesse pour approcher de plus près ce massacre était une bonne idée, cela a évité trop de détails effrayants dans le récit. Après, il sera temps de passer à des récits adultes, mais en attendant, commençons petitement.

Je pensais ce récit romancé, mais non, il est véridique ! C'est la véritable histoire de Roger Godfrin, seul enfant rescapé, grâce à sa désobéissance et sa méfiance des Allemands.

Parfois, désobéir est salutaire. Mais à quel prix ? La vie sauve, oui, mais orphelin…

Ce court roman prend le temps de nous présenter l'histoire de la famille Godfrin, chassé de Moselle (village de Charly), par les Allemands, qui la voulaient uniquement peuplée d'allemands, puisqu'ils avaient repris l'Alsace-Lorraine.

Arrivés en tant que réfugiés à Oradour, leur vie va être agréable, en France libre, sauf qu'ils ne savaient pas qu'ils se trouvaient au mauvais endroit… Mais ça, personne ne le savait à l'avance !

Le massacre, nous n'y assisterons pas, puisque nous suivrons les pas du jeune Roger, courant à perdre haleine, se demandant bien ce qu'il se passe dans le village et se retrouvant, blessé, à rester dans l'ignorance durant de nombreux jours.

La couverture n'est donc pas correcte dans le sens où Roger n'assiste pas à l'incendie de l'église après l'explosion.

Ce qu'il s'est passé exactement, il l'apprendra après et sa vie restera peuplée de cauchemars.

Nous aurons juste droit à sa mère, se trouvant avec la population sous la menace des nazis, demandant de pouvoir rejoindre ses enfants, situés un peu plus loin qu'elle, à un soldat de la Das Reich parlant parfaitement le français. Putain, ça fait toujours plus mal au bide, même s'il lui répond qu'il est un enrôlé de force…

Ce récit est tout en délicatesse, sans trash, tout en pudeur, sans verser dans le voyeurisme. Des adultes sont plus à même d'affronter de telles horreurs, pour les enfants, il vaut mieux éviter des détails horribles.

Comme Roger, ils ne seront pas les témoins directs de la barbarie humaine et nazie.

Un cahier explicatif à la fin de l'ouvrage donnera un peu plus de détails.

Un bon début pour commencer… Un roman tout en émotion et en délicatesse, malgré le sujet traité.


Lien : https://thecanniballecteur.w..
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Un roman jeunesse bien écrit, sans voyeurisme poussé, pour raconter ce massacre d'Oradour-sur-Glane du 10 juin 1944.

L'histoire vraie de Roger Godfrin, seul enfant rescapé qui ne doit sa survie physique qu'à sa désobéissance. Je précise physique car jusqu'à sa mort en 2001 son esprit sera peuplé de cauchemars où ils revoient ses parents, frères, soeurs et amis. Une approche en pudeur pas évidente à transcrire mais que l'écrivain a su maîtriser, mieux que cette critique en tout cas.

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Il y a quelques années, j'ai visité le village d'Oradour sur Glane. J'ai été très marquée par l'ambiance, très oppressante, des lieux. Ils sont comme chargés de l'horreur de cette journée du 10 juin 1944. Bizarrement, si j'ai vécu cette visite de manière très forte sur le moment, j'ai occulté une partie des informations sur le déroulement de cette journée, notamment ce qui concerne les enfants de l'école. Je n'ai aucun souvenir de la mention de cette centaine d'enfants, ni de ce seul rescapé. Autant je me souviens parfaitement de l'église et des événements liés, et d'avoir été obligée d'en sortir rapidement tellement je m'y sentait mal, autant je ne visualise même plus l'école, alors que je sais avoir fait le tour du village… Vous comprendrez que le sujet du roman de Régis Delpeuch ait attisé ma curiosité.

Avant de rentrer dans le livre, un mot sur la couverture signée Antoine Brivet (illustrateur entre autres de la toute petite librairie d'Adeline Ruel chez Gulf Stream – ma chronique), qui pourrait laisser penser que Roger assiste à l'incendie de l'église, or à aucun moment il n'est directement visuellement témoin du massacre. C'est cependant une très jolie couverture, où j'apprécie particulièrement, une fois de plus, le travail de la lumière que réalise Antoine Brivet. Il met en valeur les cheveux roux de Roger, qui rappellent la couleur des flammes qui semblent l'éclairer de derrière. J'aurais sans doute préféré voir l'enfant dos à la scène, ce qui aurait été plus représentatif de l'histoire.

Dans le communiqué de presse, l'auteur répond à 3 questions sur son roman, j'ai trouvé intéressant de vous partager ses réponses, pour mieux comprendre pourquoi il a écrit ce livre, mais aussi pour rassurer les adultes sur la représentation de la violence dans ce roman destiné aux enfants à partir de 9 ans :

Pourquoi raconter le massacre d'Oradour ?

Parce que les dangers les plus extrêmes sont ceux que l'on occulte, ceux que l'on refuse d'affronter, croyant par-là qu'ils ne se reproduiront jamais.

Mais les enfants, à 9/10 ans, ne sont-ils pas trop jeunes pour lire ce roman ?

Non, car le drame d'Oradour montre à quel point la violence déchaînée de la guerre ignore l'innocence des enfants. Si nous voulons faire de nos enfants des citoyens responsables, si nous voulons les éveiller à une véritable culture de la paix, il faut leur faire prendre conscience très jeune que l'histoire s'emballe toujours plus vite qu'on ne le croit, et verse souvent dans l'abîme de la barbarie.

Dans l'ouvrage, le petit Roger assiste-t-il au massacre ?

Non, il s'enfuit dès que les Allemands demandent le rassemblement sur le champ de foire. Une fois loin du village, il apercevra la fumée s'élevant de l'église sans savoir de quoi il s'agit. Il ne vit pas les faits au moment où ils surviennent, mais ils lui seront rapportés par les amis de ses parents, de manière neutre, pour ne pas choquer les lecteurs.

Effectivement, si le parcours de Roger est difficile, si il souffre, on ne voit jamais directement le massacre. Il y a certes des scènes violentes, mais pas plus que ce que tout enfant peut voir à la télévision ou sur internet quotidiennement. de plus, on a ici la distance du récit, et l'aide d'un cahier documentaire à la fin de l'ouvrage, qui contextualise les événements racontés. C'est cependant une lecture qui nécessite, je pense, un accompagnement et une discussion.

Quand on lit l'histoire de Roger, on se dit qu'il n'a vraiment pas eu de chance. Déporté de Moselle jusqu'au village d'Oradour avec sa famille, il se trouve au mauvais endroit au mauvais moment. Mais il s'en est sorti ce jour là parce que son père lui avait appris à se méfier des allemands. D'une manière générale, l'auteur a choisi dans son adaptation des événements de mettre en avant l'importance de l'éducation reçue, et de nous montrer comment la famille de Roger est restée soudée face aux événements. Je pense notamment au papa de Roger qui lui raconte au tout début que le sac que le petit (il a 4 ans en 1940) doit porter contient du chocolat pour le motiver… ou de son oncle qui lui promet un cheval de bois la prochaine fois qu'ils se verront pour le consoler de devoir laisser ses jouets en bois derrière lui en quittant la Moselle.

Ce qui ressort de ce roman, c'est tout l'amour d'une famille. Comment les exilés de Charly ont su rester unis grâce à leurs parents, comment les enfants de la famille ont pu vivre une vie « normale » jusqu'à ce 10 juin, et comment le petit Roger a survécu, se fiant à son instinct et aux conseils de son père, malgré le refus de ses soeurs de le suivre… Bien évidemment, on découvre dans ce livre des événements terribles, horribles, innommables, mais on rencontre surtout une famille avec des valeurs, et un enfant qui, porté par ces valeurs, a réussi à survivre au cauchemar. C'est cette histoire, cette famille, qui rendent l'indicible acceptable lors de la lecture.

Le dossier qui suit le roman est très bien fait, et explique vraiment bien comment les choses se sont déroulées ce 10 juin 1944, et essaie de dire pourquoi. Il raconte aussi la suite, après-guerre, le procès, et plus récemment le Centre de la mémoire d'Oradour. Il nous dit enfin ce qu'est devenu Roger, nous donnant un aperçu de sa vie « après ». le tout avec un vocabulaire simple, parfaitement adapté à l'âge des lecteurs cibles.

Ce petit ouvrage est un concentré d'émotion, le style de l'auteur est très visuel, et permet de bien se représenter les lieux et les personnages. C'est un livre à lire, à faire lire, à partager. Un livre pour ouvrir la discussion, pour que, dans le futur, nos enfants devenus adultes ne reproduisent jamais de tels actes de barbarie. Et quand on regarde ce qui se passe dans le monde actuellement, on se dit qu'il y a urgence à éduquer les plus jeunes au respect et à la paix, tout simplement.

J'ai reçu la version papier de ce livre dans le cadre de ma participation au Club des lecteurs Scrineo pour l'année 2019. Merci à eux pour la confiance.


Lien : https://leslecturesdesophieb..
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation

Je préfèrerais que personne ne me connaisse ni à Limoges ni ici, mais que mes parents, mes soeurs et mon petit frère soient encore vivants.

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