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sur 543 notes
Patsales
  15 janvier 2021
Echenoz a creusé 3 fois la veine biographique pour s'affronter au génie: scientifique (Tesla), sportif (Zatopek), artistique (Ravel). Mais bien sûr Échenoz ne fait rien comme tout le monde.
Un bon biographe commence par la naissance. le livre s'ouvre sur un bain « amniotique » dont Ravel sort en titubant. Voilà, il est né et assez grand pour marcher: ça, c'est fait. le compositeur, à peine né comme personnage, est déjà une star dont la tournée en Amérique prouve l'engouement qu'il suscite. Au rebours de la biographie attendue, Échenoz ne nous dit presque rien du processus créatif : on en saura plus sur l'art déployé par Ravel pour choisir sa toilette du jour que sur la composition du Boléro.
Bon, mais alors, c'est quoi le génie?
Sans doute Échenoz a-t-il choisi Ravel parce que rien ne vient distraire le lecteur de cette question. Ravel n'a pas de vie privée, ni amant, ni maîtresse; sans être riche il n'est pas impécunieux; exit l'artiste maudit et romantique dont les tourments feraient jaillir l'inspiration. D'ailleurs, quelle inspiration ? Ravel ne dort même pas assez pour pouvoir rêver.
L'oeuvre naît de l'impalpable et du hasard. On presse Ravel de répéter? Bon, se dit-il, répétons. Et de ligne musicale répétée en ligne musicale répétée, voici le Boléro. Et surtout elle s'affranchît de son auteur. Qui ne l'aime pas tant que ça. Qui finit par l'apprécier sans être tout à fait sûr de l'avoir écrite. Et plus l'oeuvre de Ravel gagne en notoriété et en reconnaissance, plus l'auteur disparaît. Il cesse d'exister avant même de mourir, et on a si peu de photos de lui, pas d'enregistrement, même sa signature finit par ne plus pouvoir être formée. Reste l'oeuvre qu'aucune biographie ne saurait expliquer, prépondérante et admirable.
Et puisque le Boléro n'est que répétition, Échenoz répète l'oeuvre en mimant son accélération. Des pages pour ne décrire qu'une seule journée, puis autant de pages pour raconter plusieurs mois, et de moins en moins de pages pour un temps de plus en plus étendu. Au-delà du jeu et du clin d'oeil, c'est donc le livre intitulé « Ravel » qui se déploie comme le Boléro, l'auteur s'est confondu avec son oeuvre, et même Échenoz disparaît, happé par son sujet, lui aussi inclassable, et si Échenoz est Ravel, l'oeuvre une fois de plus éclipse son auteur.
Voilà. Un génie est un type dont on ne sait rien, sinon par la magnificence de ce qu'il a produit.
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cicou45
  01 mai 2016
Probablement l'un de derniers livres que je lirai dans le cadre du club-lecture consacré à la musique et auquel j'appartiens, je préfère rester sur une bonne, voire même une très bonne découverte. C'est l'impression que m'a donné cette lecture.

Jean Echenoz n'a pas eu le projet de faire une biographie de Ravel, non simplement raconter les dernières années de sa vie en les remettant en mouvement, afin de permettre au lecteur de ressentir ce qu'à pu vivre et, surtout dans quel état d'esprit, le compositeur à la fin de sa vie. Tour=t commence pas un départ pour les États-Unis où une longue tournée attend notre héros. Cependant, il faut apprendre à casser ses habitudes et si cela peut paraître facile lorsqu'on est jeune, cela devient de plus en plus fatiguant lorsqu'on vieillit. Aussi, ai-je l'impression que ce que Ravel retiendra de son séjour outre-atlantique, est que l'on y mange mal. Lui, ce qui lui faut, c'est de la viande et ce, à tous les repas ou presque. Il n'y a cependant, et heureusement, pas que cela, il y aura toutes les rencontres qu'il y fera, les nouvelles salles où on l'acclamera puis s'ensuivra une lente progression vers ce que l'on appelle "le début de la fin". Déjà distrait en temps ordinaire, Ravel oubliera de plus en plus de choses, perdra tout intérêt pour ses loisirs habituels jusqu'à se retrouver dans l'incapacité d'écrire, ne serait-ce que son propre nom. S'il est une oeuvre qui me vient automatiquement à l'esprit lorsqu'on évoque Ravel, c'est bien son célèbre "Boléro" et je suis ravie (il ne pouvait évidemment pas passer à côté) que Jean Echenoz l'aborde à plusieurs reprises, indiquant dans quelles conditions (fictives ou réelles, chacun sera libre de juger) le compositeur de génie que fut Ravel a composé cette oeuvre qui fera un succès immédiat sans qu'il ne comprenne réellement pourquoi. Il fait également allusion à plusieurs autres de ses compositions et à son talent, limité parait-t-il, en tant que pianiste, mythe ou réalité ? A vous de juger...

L'écriture d'Echenoz coule de source et le lecteur ne peut que se laisser entraîner dans cet ouvrage, quitte à en perdre le sommeil (je plaisante, je faisais simplement allusion aux problèmes d'insomnie dont souffrait Ravel et aux moyens qui sont indiqués ici afin de trouver plus facilement ce dernier. J'essaierai moi-même l'une de ces techniques dès ce soir !). Quant à vous, chers lecteurs, une lecture que je ne peux, une nouvelle fois, que vous recommander !
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Kawane
  10 janvier 2021
Une première découverte pour moi cet écrivain..mais pas Maurice Ravel que j'adore !

Une plongée dans les dix dernières années de l'un des plus grands compositeurs du XXe siècle : Maurice Ravel. Une personnalité singulière : insomniaque, distrait dandy, peu social, refusant les honneurs,prolifique compositeur qui ne comprend pas lui-même parfois son succès...

L'écriture est habile, les descriptions vestimentaires sont précises, on s'embarque avec Ravel et ses valises dans ses nombreux voyages, Ravel s'embarque pour l'Amérique à bord du paquebot France..puis il ira au Canada..
Ravel fréquente de nombreuses personnalités mais n'a pas de vie sentimentale,.aime se réfugier dans sa petite maison le Belvédère à Montfort l'Amaury. Une vie extraordinaire comme sa fin de vie interrompue brutalement à la suite d'une trépanation où il sombra dans le coma.

Un roman agréable à lire, par la force de la narration, le lecteur se retrouve au plus près de ce compositeur exceptionnel.

N'oubliez pas d'aller l'écouter ! en évitant le sempiternel Boléro, régalez vous avec "Daphnis et Chloé" ou le concerto pour piano de la main gauche, Un vrai bonheur pour le coeur et les oreilles!
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domisylzen
  15 novembre 2017
Pas du tout accroché à ce bouquin qui nous décrit les dix dernières années de la vie de Maurice Ravel.
Déjà le personnage m'a l'air bien gonflant, à mille lieues de ses semblables et ma foi l'écriture lui ressemble un peu.
Au départ je n'avais pas fait le rapprochement entre le titre et le musicien et je n'ai pas été séduit par la tonalité de cette oeuvre. Ai régulièrement sauter des paragraphes ce qui est un comble pour un bouquin épais comme un mannequin anorexique (merde un pléonasme). Dix ans d'une vie résumés en 120 pages ça fait pas lourd le kilo de souvenirs.
Pas sûr que je réécoute le boravel de Léo … ou un truc comme ça.
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carre
  31 mai 2012
L'excellent Jean Echenoz (Goncourt pour "Je m'en vais" ) continue son parcours singulier. En contant les dix dernières années du compositeur, Echenoz suit avec une foule de détails, la vie quotidienne du grand compositeur. On découvre un homme solitaire, en proie à des névroses, une fatigue récurrente qui prend de plus en plus de place, Ravel s'isole peu à peu vivant mal sa régression. le charme de l'écriture, les descriptions précises voir méticuleuses d'Echenoz font merveilles, il redonne vie à une époque, la maison de Montfort l'Amaury, les voyages, les réceptions, et l'on découvre un homme seul qui s'emmerde prodigieusement. On peut d'ailleurs se poser la question si ce portrait ne serait pas un reflet de l'auteur. Un roman qui se lit d'une traite, et confirme un écrivain exigeant, inclassable, vraiment à part. Ce n'est pas pour rien qu'il est édité par "Les éditions de minuit" réputée pour sortir des sentiers battus.
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Nastie92
  27 septembre 2020
Jean Echenoz raconte les dix dernières années de la vie de Maurice Ravel, et il le fait d'une façon très originale.
Nous sommes bien loin du récit classique, linéaire et exhaustif : l'auteur a choisi de présenter de petites anecdotes, de petits détails qui, bien disposés tels les morceaux d'une mosaïque, dressent un portrait singulier du compositeur.
Misanthrope, capricieux, exigeant, autocentré, Ravel paraît d'abord peu sympathique.
Puis ses fragilités que l'on découvre petit à petit le rendent plus humain, plus digne d'intérêt et même de compassion lorsque l'on suit sa lente déchéance physique et mentale.

Au début du roman, le musicien est vraiment agaçant. Il est terriblement têtu, hautain, et râle sans arrêt. Il agit parfois comme un enfant qui veut que l'on cède à ses moindres désirs, comme cette fois où il refuse de monter sur scène parce qu'il n'a pas ses souliers vernis !
Mais entre les lignes apparaissent des circonstances atténuantes : avec cette attitude désagréable, Ravel s'est sans doute forgé une carapace pour masquer ses failles. Il est insomniaque, manque d'assurance, souffre de fatigue chronique, et craint que ses compositions ne soient pas reconnues.
Habituelles angoisses des grands artistes ?
Toujours est-il qu'au fil des pages on s'attache à cet être fragile et tourmenté. On éprouve de l'empathie pour cet homme qui décline sous nos yeux. L'auteur également : initialement impertinent voire moqueur, le récit se fait plus tendre pour nous raconter une fin de vie assez triste.

Tel un réalisateur, Jean Echenoz nous embarque dans un oeuvre très cinématographique : nous sommes la caméra qu'il dirige et qui filme les scènes qu'il a choisies.
Le résultat est un petit livre plein d'humour et de fantaisie, bien loin des biographies conventionnelles et parfois fastidieuses.
Tout le talent de l'écrivain est là : avoir fait des dix dernières années de la vie du grand musicien un vrai roman dont je me suis délectée.

Une dernière remarque : Ravel, ce n'est pas que le Boléro, loin de là ! Un petit tour sur internet vous fera découvrir des merveilles. Musique de chambre, musique orchestrale, oeuvres pour piano : le choix est vaste, n'hésitez pas.
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Shan_Ze
  29 décembre 2018
Envoyée spéciale m'a fait découvrir un auteur avec un style étonnant et original. Quand je suis tombée sur Ravel en audio, je me suis lancée, prête à relire Jean Echenoz. Cette biographie de musicien (enfin surtout les dix dernières années de sa vie) est assez singulière. D'abord, l'auteur n'en fait pas un portrait très flatteur, le personnage semble un peu rustre. Pourtant, on peut l'écouter avec plaisir. M'en vais chercher un bout de biographie à côté pour compléter mais cette lecture était agréable bien que surprenante.
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Tandarica
  04 mai 2015
Le roman retrace les 10 dernières années de la vie du compositeur français Maurice Ravel 1875 – 1937. J'ai noté lors de cette lecture qu'il me fallait écouter à tout prix le concerto pour la main gauche écrit pour Wittgenstein, la sonatine. J'ai aussi retenu la description physique du Ravel devenu personnage de fiction avec des traits plutôt expressifs comme en témoigne le quatrième de couverture. Certains traits sont-ils caricaturaux ? L'insomnie par exemple ? "C'est qu'on ne peut pas faire tout en même temps, n'est-ce-pas, c'est toujours la même chose, on ne peut pas s'endormir en surveillant le sommeil". Je me demande s'il ne s'agit pas d'exprimer l'éternelle angoisse du créateur face au temps, surtout depuis que l'on sait qu'on passe plus d'un tiers de notre vie à dormir. Que reste-t-il des deux autres tiers qui ne sont pas utilisés pour des tâches plus ou moins prosaïques. J'ai aussi noté cette allusion à Joseph Conrad, à la "Flèche d'or" dans la dernière phrase : mais qu'aurait-il pu faire d'autre, en vérité?
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mariecesttout
  20 mars 2014
Ravel, premier livre de Jean Echenoz que je lisais.
Cela semble n'avoir pas grand-chose à voir, mais lisant toujours plusieurs livres à la fois, j'étais passionnée au même moment de découvrir dans le Journal de Joyce Carol Oates comment se construit un roman.Un roman qui ..me parle, je veux dire, pas un roman qui sent justement la fabrication. N'étant pas une littéraire, c'est une chose à laquelle je n'avais pas souvent pensé ! Sauf peut être en lisant la Correspondance de Flaubert, qui en parle longuement dans certains échanges. Et là, j'ai été particulièrement sensible à la construction et au rythme du récit.

Echenoz prend donc un personnage et des évènements bien réels et il les habille minutieusement, avec force détails descriptifs ( les habits, la maison, les lieux, les traits de caractère, les manies -les fameuses chaussures vernies sans lesquelles Ravel n'est rien, mais qu'il oublie tout le temps!- les rapports , de travail surtout, avec les autres personnages, dont par exemple le redoutable Toscanini qui joue le Boléro trop vite, ou Marguerite Long dont le portrait est court, mais hilarant.. ).
Tout cela est donc longuement décrit. Enfin, cela semble long, et je me suis demandée , dans ce livre si court, comment il allait caser 10 ans de vie, puisque l'on est prévenu à l'avance.

Le rythme.. tout est très lent donc au début. Et en 1933, l'accident de taxi et tout s'accélère, c'est la fin. Et pourtant il va se passer encore 4 ans… Mais il n'y a plus ni "développement" ni " modulation ". Juste des lieux qui changent et des " idées qui restent enfermées dans son cerveau ".

Déjà, le succès du Boléro, "une chose qui s'auto-détruit, une partition sans musique, une fabrique orchestrale sans objet, un suicide dont l'arme est le seul élargissement du son , quelque chose qui relève du travail à la chaîne" l'a surpris. Vide de musique ,tout dans le rythme.
Après, il y a le fameux Concerto pour la main gauche que Paul Wittgenstein, voulant montrer que l'on peut être manchot et bon pianiste, lui a massacré:

"C'est que Wittgenstein n'a pas du tout simplifié l'ouvrage pour l'adapter à ses moyens, bien au contraire il a dû voir l'occasion de montrer à quel point, tout handicapé qu'il soit, il est bon… le visage de Ravel est blanc. A la fin du concert, pressentant que cela va mal tourner, Marguerite tente aussitôt une diversion avec l'ambassadeur en parlant d'autre chose, mais rien à faire: Ravel s'approche lentement de Wittgenstein, on ne lui pas vu cette tête depuis qu'il s'avançait vers Toscanini. Mais ça ne va pas, dit-il froidement. Ca ne va pas du tout. Ecoutez, veut se défendre Wittgenstein, je suis un vieux pianiste et, franchement, ça ne sonne pas. Je suis quant à moi un vieil orchestrateur, répond Ravel de plus en plus glacé, et je peux vous dire que ça sonne . le silence qui s'assied dans la salle à ces mots sonne pour sa part plus fort encore. Malaise sous les moulures, embarras chez les stucs. Les plastrons des smokings pâlissent, les franges des robes longues se figent, les maîtres d'hôtel examinent leurs souliers. Ravel enfile son manteau sans un mot puis quitte prématurément les lieux, traînant après lui Marguerite éperdue."

Cet extrait qui donne une idée du style, et des consonances se situe donc en 1931, à la page 97 sur 117, il reste 6 ans, 20 pages mais c'est le tout dernier mouvement..

Du grand art!.

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brigittelascombe
  06 février 2013
"Quelque chose ne colle plus" constate avec effroi le célèbre compositeur Maurice Ravel, pourtant au faite de sa gloire, dont les neurones se déconnectent peu à peu.
Comme Jean d'Ormesson dans La conversation, qui analyse le moment clef où Bonaparte décide de devenir empereur, Jean Echenoz accomplit le trajet en sens inverse et étudie l'impact déstabilisant un grand homme (Ravel en l' occurrence, compositeur de génie) le poussant un jour à dire "c'est vraiment tragique ce qui m'arrive" alors que le cerveau embrumé, il ne peut plus écrire, ni composer, oublie tout et s'enlise dans un ennui neurasthénique.
1927. Plus que (ou encore!) dix ans à vivre. Ravel l'ignore. Il embarque sur le France (ce géant mis en parallèle qui dans 9 ans chutera) via l'Amérique du nord pour une tournée mondiale sous un délire d'applaudissements (en particulier à New-York)où le public l'ovationne debout durant une demi-heure!
Jean Echenoz, au style brillant et concis, comme dans 14, campe peu à peu le décor de cette tragédie. Un portrait d'homme obsessionnel "sec,mais chic", de quincagénaire célibataire, asocial,"tiré à quatre épingles vingt-quatre heures sur vingt-quatre",humiliant, dont le cadre de vie précis supporte mal les arrangements surtout lorsqu'ils viennent d'un interprète aux rajouts (pour lui) incongrus.
De paresse en désinvolture, de dédain en je-m'en-foutisme, est-ce à ce moment précis que la chute commence? Où était-elle déjà là à l'état larvaire lorsqu'il composa son Boléro, captant son inspiration dans l'usine du Vésinet dont la "phrase ressassée sans espoir" dit le travail à la chaine mais dont les adaptations successives ne lui plaisent pas car elles déforment sa pensée, à savoir que son fameux Boléro "est vide de musique". Vide, vide à combler de notes....ses notes.
Ce point de vue intéressant pose le problème de l'adaptation d'une oeuvre dont a d'ailleurs parlé dernièrement Douglas Kennedy lors d'une soirée littéraire à la librairie Charlemagne de Toulon.Plus philosophe que Ravel, ou moins rigide, il a conclu à propos d'une adaptation cinématographique de l'un de ses romans: "c'est mon livre, c'est son film".
Pour en revenir à l'excellent Ravel de Jean Echenoz, les dix dernières années de vie de Ravel permettent également au lecteur de voir une période charnière (années 1930) de bouillonnement culturel et de progrés (jazz, nouvelle salle Pleyel, goûts littéraires pour du Faulkner,arrivée des Surréalistes....)
Bref, Jean Echenoz, ici encore (puisqu'il a reçu le prix Goncourt général 1999 pour Je m'en vais, le Médicis général 1983 pour Cherokee), ne faillit pas à sa réputation d'écrivain hors normes.
Ravel est édité par Les éditions de Minuit, actuellement à l'honneur au théâtre dans Nouveau Roman, car n'est-ce pas cette maison d'édition qui a lancé Nathalie Sarraute, Samuel Beckett....et tant d'autres écrivains intellectuels dits modernes).
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