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Bernard Masson (Préfacier, etc.)Jean Bruneau (Éditeur scientifique)
ISBN : 2070402797
Éditeur : Gallimard (23/10/1998)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 4.45/5 (sur 103 notes)
Résumé :
On s'est souvent demandé si la correspondance de Flaubert n'était pas son chef-d’œuvre. La réponse est dans ce volume. On y trouvera les amours, les œuvres rêvées, les jugements sur l'époque contemporaine, les lectures aussi. Tout cela contribue à peindre le portrait d'un écrivain qui s'est plu à se martyriser, et qui se libère ici, jusque dans la plus extrême grossièreté, d'un grand lyrique qui a voulu passer pour froid, de ce révolutionnaire en qui Proust comme Ba... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
CDemassieux
  02 septembre 2014
Ces lettres sont l'envers du décor, là où l'auteur se libère de sa retenue romanesque et confesse à peu près tout ce qu'il est.
Si certaines sont anodines, d'autres mériteraient de figurer dans une anthologie de la littérature.
Et dans cet espace intime de la correspondance, Flaubert livre, en plus de sa vie, l'écrivain sans détour.
Parce que ce sont les lettres d'un homme qui doute et raconte le lent cheminement vers l'accomplissement littéraire, elles nous semblent tellement familières qu'une irrépressible proximité s'installe.
On peut lire ces courriers intimes dans le désordre ou en suivant rigoureusement leur chronologie, n'en lire qu'une poignée, peu importe à vrai dire puisque nombre d'entre elles se suffisent à elles-mêmes et nous marqueront inévitablement.
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maylibel
  21 décembre 2015
Ce volume regroupe 297 lettres écrites par Gustave Flaubert à divers correspondants de 1839 à 1880. Classées de manière chronologique, elles permettent de suivre l'évolution d'un homme sur près d'un demi-siècle, de l'année de ses 18 ans jusqu'à sa mort à l'âge de 58 ans, sa vie familiale, ses amitiés, ses amours, mais aussi, bien sûr, son travail d'écrivain.
L'ouvrage est construit de manière à nous faire un récit passionnant tant du point de vue historique que littéraire : Flaubert décrit en effet aussi bien son siècle (les années du Second Empire, la guerre de 1870 et ses répercussions…) que ses recherches pour composer ses romans (il est par exemple dépité d'apprendre que la ligne de chemin de fer qu'il voulait faire emprunter à son héros dans L'Éducation sentimentale n'existait pas à l'époque où il situe son histoire !), ses voyages, ses lectures. Il a des discussions passionnées et très vivantes (d'autant que l'éditeur a choisi de ne faire aucune coupe dans les lettres reproduites, quitte à laisser des répétitions ou des formules énigmatiques) avec des correspondants tels que Georges Sand, Guy de Maupassant ou Ivan Tourguéniev. Et il partage ses coups de coeur comme ses coups de gueule avec beaucoup de style.
Bien sûr, il faut quelques pages au début pour se familiariser avec le contexte, se retrouver parmi les différents interlocuteurs de Flaubert, mais l'important appareil critique (notes, introductions aux différentes parties de l'anthologie, index…) de l'édition réalisée par Bernard Masson nous facilite beaucoup la lecture, si bien qu'on y prend vite goût.
Un volume de correspondance très bien écrit, composé et intéressant tant du point de vue historique que littéraire. Pour voir Gustave Flaubert d'un autre oeil, même si l'on garde de mauvais souvenirs d'heures passées à étudier Madame Bovary.
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Achaela
  01 janvier 2017
J'adore les correspondances d'auteur-e-s parce qu'elles permettent un regard dans leur processus créatif. C'est ce que nous permet la correspondance de Flaubert, dans laquelle il aborde les écritures de ses oeuvres principales.
Même si Gustave Flaubert a brûlé une partie de sa correspondance avec Maxime du Camp après le scandale après la mort de Prosper Mérimée, cette édition annotée permet d'avoir une vue de ses amitiés, et de l'homme derrière l'oeuvre avec ses faiblesses, ses maladies et ses ridicules.
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Jamais_Content
  31 juillet 2015
Une mine d'informations d'une valeur humaine, littéraire et historique, inestimable, et qui couvre cinq décennies. A savourer en lecture croisée avec la correspondance de George Sand.
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GINSENG
  22 janvier 2016
voir avis!!
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Citations et extraits (51) Voir plus Ajouter une citation
VetoYvesVetoYves   14 octobre 2017
A Louise Colet,
]
[Croisset], nuit de jeudi, heure, [fin octobre 1851 ]

Pauvre enfant ! Vous ne voudrez dons jamais comprendre les choses comme elles sont dites ? Cette parole, qui vous semble si dure, n'a pourtant pas besoin d'excuses ni decommentaires et, si elle est amère, ce ne peut être que pour moi . Oui, je voudrais que vous ne m'aimiez pas et que vous ne m'eussiez jamais connu et, en cela, je crois exprimer un regret touchant votre bonheur . Comme je voudrais n'être pas aimé de ma mère, ne pas l'aimer, ni elle ni personne au monde, je voudrais qu'il n'y eût rien qui partît de mon coeur pour aller aux autres, et rien quii partît du coeur des autres pour aller au mien . Plus on vit, plus on souffre . Pour remédier à l'existence, n'a-t-on pas inventé, depuis que le monde existe, des mondes imaginaires, et l'opium, et le tabac, et les liqueurs fortes, et l'éther ? Béni celui qui a trouvé le chloroforme ! Les médecins objectent qu'on en peut mourir . c'est bien de cela qu'il s'agit ! C'est que vous n'avez pas suffisamment la hained la vie et de tout ce qui s'y rattache . Vous me comprendriez mieux si vous étiez dans ma peau et, à la place d'une dureté gratuite, vous verriez une commisération émus, quelque chose d'attendri et de généreux, il me semble . Vous me croyez méchant, ou égoïste pour le moins, ne songeant qu'à moi, n'aimant que moi . Pas plus que les autres, allez ; moins peut-être, s'il était permis de faire son éloge . Vous m'accorderez toutefois le mérite d'être vrai . Je sens peut-être plus que je ne dis, car j'ai relégué toute emphase dans mon style ; elle s'y tient et n'en bouge pas . Chacun ne peut faire que dans sa mesure . Ce n'est pas un homme vieilli comme moi dans tous les excès de la solitude, nerveux à s'évanouir, troublé de passions rentrées, plein de doutes du dedans et du dehors, ce n'est pas celuil-à qu'il fallait aimer . Je vous aime comme je peux ;mal, pas assez, je le sais, je le sais, mon Dieu ! A qui la faute ? Au hasard ! A cette vieille fatalité ironique, qui accouple toujours les choses pour la pius grande harmonie de l'ensemble et le plus grand désagrément des parties . On ne serencontre qu'en se heurtant et chacun, portant dans ses mains ses entrailles déchirées, accuse l'autre qui ramasse les siennes . Il y a des bons jours cependant, des minutes douces . J'aime votre compagnie, j'aime votre corps, oui, ton corps, pauvre Louise, quand, apppuyé sur mon bras gauche,il se renverse la tête en arrière et que je baise sur le cou !, Ne pleure plus, ne pense ni au passé ni à l'avenir, maisà aujourd'hui . 3Qu'est-cequ ton devoir ? L(exigence de chaque jour", a dit Goethe . Subis-la cette
exigence et tu auras le coeur tranquille .
Prends la vie de plus haut, monte sur une tour (quand même la base craquerait,crois-la solide ) ; alors tu ne verras plus rien que l'éther bleu tout autour de toi . Quand ce ne sera pas du bleu, ce sera du brouillard;qu'importe, si tout y disparait noyé dans une vapeur calme . Il faut estimer une femme pour lui écrire des choses pareilles .
........
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MalauraMalaura   12 avril 2012
Ne lisez pas comme les enfants lisent, pour vous amuser, ni comme les ambitieux lisent, pour vous instruire. Non. Lisez pour vivre !
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WertherWerther   23 février 2015
Quant aux autres jours, ç’a été comme les autres, l’eau a passé de même dans la rivière, mon chien a mangé sa soupe comme de coutume, les hommes ont couru, bu, mangé, dormi, et la civilisation, cet avorton ridé des efforts de l’homme, a marché, trottiné sur ses trottoirs, du port elle a regardé les bateaux à vapeur, le pont suspendu, les murailles bien blanches, les bordeaux protégés par la police, et chemin faisant, ivre et gaie, elle a déposé au coin des murs, avec les écailles d’huîtres et les tronçons de choux quelques unes de ses croyances, quelque lambeau bien fané de poésie ; et puis, détournant ses regards de la cathédrale et cachant sur ses contours gracieux, la pauvre petite fille déjà folle et glacée a pris la nature, l’a égratignée de ses ongles et s’est mise à rire et à crier tout haut, mais bien haut, avec une voix aigre et perçante : « J’avance ! »- pardon de t’avoir insultée, ô pardon, car tu es une bonne grosse fille qui marches tête baissée à travers le sang et les cadavres, qui ris quant tu écrases, qui livres tes grosses et sales mamelles à tous tes enfants, et qui as encore la gorge toute cuivrée et toute rougie des baisers que tu leur vends à prix d’or. Oh ! cette bonne civilisation, cette bon pâte de garce qui a inventé les chemins de fer, les prisons, les clysopompes, les tartes à la crème, la royauté et la guillotine ! – Tu me vois en bonne veine de délire et d’exaltation. Eh ! bon Dieu ! pourquoi, quand la plume court sur le papier, l’arrêter dans sa course, la faire passer subitement de la chaleur de la passion au froid de l’écritoire et lui faire gagner une fluxion de poitrine à cause de la sueur qu’elle a gagnée, cette pauvre plume.
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ClairocheClairoche   22 février 2015
Tu me rappelles dans ta lettre que je t'en ai promis une pleine de tendresses. Je vais t'envoyer la vérité ou, si tu aimes mieux, je vais faire vis-à-vis de toi ma liquidation sentimentale non pour cause de faillite. (Ah ! il est joli celui-là.) Au sens élevé du mot, à ce sens merveilleux et rêvé qui rend les cœurs béants après cette manne impossible, eh bien non, ce n'est pas de l'amour. J'ai tant sondé ces matières-là dans ma jeunesse que j'en ai la tête étourdie pour le reste de mes jours. J'éprouve pour toi un mélange d'amitié, d'attrait, d'estime, d'attendrissement de cœur et d'entraînement de sens qui fait un tout complexe, dont je ne sais pas le nom mais qui me paraît solide. Il y a pour toi, en mon âme, des bénédictions mouillées. Tu y es en un coin, dans une petite place douce, à toi seule. Si j'en aime d'autres, tu y resteras néanmoins (il me semble) ; tu seras comme l'épouse, la préférée, celle à qui l'on retourne ; et puis n'est-ce pas en vertu d'un sophisme que l'on nierait le contraire ? Sonde-toi bien : y a-t-il un sentiment que tu aies eu qui soit disparu ? Non, tout reste, n'est-ce pas ? tout. Les momies que l'on a dans le cœur ne tombent jamais en poussière et, quand on penche la tête par le soupirail, on les voit en bas, qui vous regardent avec leurs yeux ouverts, immobiles.
Les sens, un jour, vous mènent ailleurs ; le caprice s'éprend à des chatoiements nouveaux. Qu'est-ce que cela fait ? Si je t'avais aimée dans le temps comme tu le voulais alors, je ne t'aimerais plus autant maintenant. Les affections qui suintent goutte à goutte de votre cœur finissent par y faire des stalactites. Cela vaut mieux que les grands torrents qui l'emportent. Voilà le vrai et je m'y tiens.
Oui je t'aime, ma pauvre Louise, je voudrais que ta vie fût douce de toute façon, et sablée, bordée de fleurs et de joies. J'aime ton beau et bon visage franc, la pression de ta main, le contact de ta peau sous mes lèvres. Si je suis dur pour toi, pense que c'est le contrecoup des tristesses, des nervosités âcres et des langueurs mortuaires qui me harcèlent ou me submergent. J'ai toujours au fond de moi comme l'arrière-saveur des mélancolies moyen âge de mon pays. Ça sent le brouillard, la peste rapportée d'Orient, et ça tombe de côté avec ses ciselures, ses vitraux et ses pignons de plomb, comme les vieilles maisons de bois de Rouen. C'est dans cette niche que vous demeurez, ma belle ; il y a beaucoup de punaises, grattez-vous.
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AlexeinAlexein   25 octobre 2015
Il y a en moi, littérairement parlant, deux bonshommes distincts : un qui est épris de gueulades, de lyrisme, de grands vols d'aigle, de toutes les sonorités de la phrases et des sommets de l'idée ; un autre qui fouille et creuse le vrai tant qu'il peut, qui aime à accuser le petit fait aussi puissamment que le grand, qui voudrait vous faire sentir presque matériellement les choses qu'il reproduit ; celui-là aime à rire et se plaît dans les animalités de l'homme.
(Lettre à Louise Colet, 16 janvier 1852)
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Videos de Gustave Flaubert (77) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Gustave Flaubert
La scène se passe à la Librairie de Paris lors de la soirée de lancement des « Lettres à Flaubert », recueil dirigé par Yvan Leclerc et publié aux éditions Thierry Marchaisse (juin 2017). À la surprise générale, et notamment des auteurs présents, Yvan Leclerc annonce qu?il a le plaisir d?apporter les réponses DE Flaubert. Et il commence par lire celle qu?il adresse à l?éditeur?
Lire toutes les réponses de Flaubert: http://www.editions-marchaisse.fr/uploads/4/3/7/1/4371660/re%CC%81ponses_de_flaubert_alias_yvan_leclerc.pdf
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L'Éducation Sentimentale

Fumichon, concernant la propriété, évoque les arguments d'un homme politique dont Flaubert parle en ces terme dans une lettre à George Sand: "Peut-on voir un plus triomphant imbécile, un croûtard plus abject, un plus étroniforme bourgeois! Non! Rien ne peut donner l'idée du vomissement que m'inspire ce vieux melon diplomatique, arrondissant sa bêtise sur le fumier de la Bourgeoisie!". De qui s'agit-il?

Benjamin Constant
Adolphe Thiers
Proudhon
Frédéric Bastiat
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Thème : L'Education sentimentale de Gustave FlaubertCréer un quiz sur ce livre