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ISBN : 9791097270247
Éditeur : Leha (16/11/2018)

Note moyenne : 4.6/5 (sur 42 notes)
Résumé :
(A ne pas confondre ou associer avec l'édition publiée par Calmann Levy qui avait coupé le volume en deux. Celle-ci est l'intégrale du livre de Steven Erikson)

Deuxième tome de la saga épique de Steven Erikson, Les Portes de la Maison des Morts nous emmènent sur le vaste continent de Sept-Cités, au cœur du Saint-Désert de Raraku où l'oracle Sha'ik rassemble son armée pour une rébellion des plus sanglantes : un maelström de fanatisme et de férocité qu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
Lutin82
  08 février 2019
Le récit est dense, je ne vais pas dire le contraire. Toutefois, la structure narrative permet de suivre le fil avec plus de sérénité. Il y a trois trames principales, qui ne sont pas forcément appelées à se rejoindre dans les moments ultimes.
La voie des mains
La voie des Mains fait partie des légendes des Sept Cités. Deux espèces de bestioles convergent vers un point qui nous est totalement mystérieux; initialement. Ce sont les D'ivers et les solipris, ces deux types de créatures – des changeurs de forme – ont diverses apparences, de l'ours (solipris – se transforme en un être) à la nuée de frelons (D'ivers – se scinde en une multitude), et peuvent s'avérer particulièrement redoutables.
L'impression d'une bande de saumons cherchant à remonter le courant, objectif lié à leur instinct primaire et la promesse d'un renouveau, s'impose à ces moments. Pour les changeurs de forme la promesse est d'une nature un peu similaire car l'Ascendance est la récompense espérée en touchant au but. le vainqueur régnerait alors en divinité immortelle sur l'ensemble des D'ivers et Solipris….
Ah, il ne faut pas croire qu'il n y'a pas d'intelligence derrière ces bestioles.
Pendant, un bon moment – jusqu'aux derniers chapitres – cette trame semble plutôt accessoire au récit global. Ils représentent certes une menace, une entrave sur le chemin de nos courageux aventuriers, mais pour le lecteur, ils demeurent en périphérie de sa vison, jusqu'au moment au ils bondissent dans la tronche… et, là, c'est une autre histoire…
Le Tourbillon
Autre légende, ou plus exactement prophétie des Sept Cités, le Tourbillon né à Raraku (au nord-est de Sialk Oldhan sur la carte) soufflera un vent de rébellion sur le continent pour le libérer de l'envahisseur malazéen.
La première moitié du roman permet une mise en tension, il n'y a pas de réelle personnification du chef de la rébellion qui reste une figure de ralliement fantasmée pour beaucoup. Jusqu'à ce que le sort décide enfin d'une destiné, d'une femme qui sera à leur tête; et, le soulèvement s'imprègne alors d'une large touche de vengeance.
Cette trame est plus visible pour le lecteur, car le sujet est mis sur la table de manière régulière, et nous avons ceux qui vont lutter contre, ceux qui vont lutter pour rejoindre le mouvement, ce qui vont l'avoir sur le chemin, subir les dangers inhérents à la zone. Et finalement, nous apparaît sans l'air d'y toucher une question plus en profondeur sur la figure propre à incarner un mouvement de cette ampleur, sur la légitimité même d'une rébellion (oui, les malazéen ne sont pas des tortionnaires après ces longues années de paix), et sur la légitimité des exactions commises en son nom.
La Chaîne des chiens
Bien que cette trame baigne intégralement dans l'insurrection, je la dissocie de celle du Tourbillon, qui consiste à répondre aux critères d'une prophétie.
La chaine des chiens est un long périple sanglant, émouvant, prenant, qui va conduire les malazéens à traverser tout le territoire de Sept Cités depuis Hissar jusqu'à Aren. Je vous bassine régulièrement avec l'Anabase de Xénophon, mais encore une fois, une retraite de dizaine de millier de combattants en territoire ennemi, font tinter la cloche « Anabase« !
La rébellion s'est déclenchée et se déchaine (sorry pour ce vilain jeu de mot), les malazéens ne peuvent pas tenir Hissar et doivent donc rejoindre un endroit plus aisé à défendre. le gros hic : des milliers de réfugiés à escorter…et un centaine de milliers de dissidents…
La tâche est dévolue au Poing Coltaine et ses wickiens, avec les gars de la 7° Armée. S'ensuit une épopée d'une intensité folle qui atteint un sommet remarquable et inoubliable à la fin du roman. Je ne vous cache pas que c'est rugueux, sans concession pour les âmes sensibles. Il y a de la tripe, des morts et la guerre ne revêt aucun atours romantique. C'est parfois dur à lire, vous pleurerez lors de ce crescendo émotionnel, partition de bravoure et de sacrifice. Ah! Coltaine, tu as brisé mon coeur!
Quel voyage!!!
Un beau pavé avec une illustration de Simonetti. Quelques coquilles parsèment l'ensemble, rien de grave cependant (la/le inversé, un w qui traîne tout seul). La traduction est perfectible. Il y a des phrases que j'ai du relire car, elles sont mal tournées, et un nombre incalculable de « yep« .
Quant à la question de « garenne » pour « warren », le choix me semble adéquat, surtout quand même Erikson parle de lapins et de rats en référence à ce « passage » magique.
Nonobstant, cette légère réserve, La Porte de la Maison des Morts est un incontournable de la Fantasy. Plus profond, plus travaillé que Games of Thorne, il offre une richesse, une créativité, une mythologie rarement atteinte, sauf peut-être par Tolkien. A LIRE!
critique bien plus complète sur mon blog
Lien : https://albdoblog.com/2019/0..
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Romileon
  19 août 2019
Si le tome 1 m'avait séduit, le tome 2 est encore plus captivant.
Cette fois l'action se déroule sur le continent de Sept Cités. La rebellion du Tourbillon est en place et les troupes impériales vont devoir y faire face.
Erikson tisse encore une fois plusieurs fils narratifs chacun menant à la quête d'un groupe de personnages. Cette fois encore ceux-ci sont nombreux.
On en retrouve certains du 1er volume : les Brûleurs de ponts, Kalam et Violain, Crokus , Apsalar ; d'autres qui avaient seulement été évoqués : Icarium, Mappo, Félisine ; enfin de nouveaux comme Coltaine, Duiker pour ne citer que ceux là...
Si je dois m'arrêter sur une trame narrative, je choisirai la marche de la chaine des chiens. Coltaine, le nouveau Poing a juré d'emmener les 40 000 réfugiés civils victimes de la rebellion de Sha'ik à Aren. Outre la longue et épuisante marche à travers le continent, la faim, la soif, ils auront à affronter sans cesse les attaques des rebelles qui recourront à toutes les ruses, toutes les magies pour les écraser. le défi est énorme. Coltaine sait qu'il n'a rien à attendre du nouveau Haut Poing en terme de soutien militaire. Il devra de plus, comme chef wickien du Clan des Corbeaux s'imposer aux autres tribus. J'ai beaucoup aimé la grandeur de cet homme, digne et héroïque jusqu'au bout. J'ai beaucoup aimé également Duiker, l'Historien, le vieil homme qui accompagne ce périple insensé comme observateur, ses déscriptions des combats, ses états d'âme, sa sagesse...
Quelle hâte j'ai eu à la rencontre avec ce veule et bête Pormqual !!!
Quelle exapération avec Duiker a subir l'outre cuidance des nobles, leur morgue !!!
Je ne détaillerai pas plus ce qui m'a plu... Il y aurait trop à dire.
Je terminerai avec une remarque plus globale.
Je crois que l'ambition de Erikson est encore plus démesurée que ce que je pensais. En effet, je suis d'accord avec BlackWolf qui évoque un puzzle que le lecteur doit compléter pièce par pièce. Mais il me semble que ce puzzle ne formera un tout que quand toutes les pièces des 10 volumes auront trouvé leur place.
D'emblée je devine que le volume 3, que je viens de me procurer, sera consacré à Genabackis autour de l'oracle de Pannion .
Je le répète, c'est très bien pensé, fait. Je suis admirative. Je n'ai qu'une inquiétude... le volume 1 : 600 pages ; le 2 : 900 ; le 3 : 1100..... ...... .... le 10 : ????
Ah, encore une remarque. Il est vrai que ce volume présente pas mal d'erreurs quant à la forme : tournures de phrases fautives, fautes d'orthographe... mais il faut garder à l'esprit que le défi pour les Editions Leha est de sortir 2 tomes par an. Alors tant pis. Je propose mes services de relectrice (???) s'ils veulent...
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Winslow54
  10 janvier 2019
Les Portes de la Maison des Morts est un livre que j'ai trouvé sublime ! le genre de texte qui parvient à susciter bon nombre d'images, d'émotions et réflexions qui restent longtemps en mémoire.
L'arc Coltaine/Duiker/Chaîne des chiens, narrant le voyage désespérée d'une caravane de réfugiés malazéens pris au piège au milieu d'un soulèvement contre l'empire Malazéen, est tout simplement incroyable. le talent de conteur d'Erikson sur ces chapitres m'a clairement impressionné. Il arrive à nous faire ressentir la folie, l'horreur et le chaos du champ de bataille et de cette interminable fuite, comme si nous étions au coude à coude avec ses protagonistes.
C'est beau et terrible à la fois. D'autant plus que l'on assiste à la destruction mentale des personnages au fur et à mesure de leur avancée. le personnage de Duiker étant vraiment très touchant, . Quand à Coltaine, Erikson parvient à en faire un personnage légendaire et inoubliable.
Le reste du livre ne démérite pas pour autant. L'amitié tragique de Mappo et Icarium offre de très beaux moments.
Le chemin de croix de Félisine est en définitive assez surprenant, tout comme l'écriture de ce personnage et de ses compagnons.
Je trouve d'ailleurs qu'Erikson arrive vraiment à dépeindre des personnages très intéressants, toujours en multiples nuances, bourrés de contradictions qui les rendent très humains et toujours plus complexes qu'ils ne le semblent (Baudin est un bel exemple de ça, ).
Enfin Kalam et Violain, les deux brûleurs de pont déjà présent dans la tome 1, sont toujours aussi bons. Tout particulièrement Violain qui gagne pas mal en profondeur.
De plus, non content d'avoir une histoire et des personnages captivants, le livre parvient en plus à susciter des réflexions passionnantes que ce soit sur les civilisations, la place et l'impact des individus en leur sein, l'insignifiance des hommes face à l'immensité du temps, leur propension à la cruauté, la complexité de l'histoire opposée à la vision caricaturale et simpliste que nous pouvons en avoir , la façon dont un homme peut devenir mythe et infuser son peuple , etc, et cela en utilisant souvent les artifices de la fantasy comme métaphore, plutôt qu'en énonçant platement les choses.
Pour le moment, je trouve que ce cycle réussit parfaitement à croiser une dark fantasy plus crue et « réaliste » (même si je n'aime pas ce mot) avec une fantasy complètement décomplexée en terme de merveilleux, de magie, de situations et de personnages tout en démesure. Ce qui rend le tout souvent surprenant et rafraichissant.
Cela reste cependant une lecture relativement exigeante et, surtout, qui ne fait aucun effort pour rattraper le lecteur qui aurait du mal.
Personnellement, je trouve que c'est un parti pris hyper ludique. le livre nous oblige à être un lecteur actif, d'être attentif et d'essayer de comprendre cet univers par nous même, de faire les liens et donc de participer à sa construction, ce qui le rend encore plus tangible (et quel univers !). La lecture devient un voyage fait de souvenirs car l'on a exploré le livre et son monde au fur et à mesure, sans avoir toutes les clés dès le départ.
Je comprends tout à fait que ça ne plaise pas à tout le monde mais, à mon sens, quand c'est bien fait et que l'on y est réceptif, cela enrichi l'expérience de lecture de bien des façons.
Pour moi c'est bien simple, les deux premiers tomes du Livre des Martyrs font non seulement partie de mes meilleures lectures de 2018, mais également des meilleurs livres de high fantasy que j'ai pu lire (jusqu'à présent) ! C'est peu dire que j'ai pris une claque magistrale doublée d'un plaisir de lecture constant.
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BlackWolf
  08 mars 2019
En résumé : J'ai passé un excellent moment de lecture avec le second tome de ce cycle qui ne manque pas de m'avoir captivé, se révélant prenant du début à la fin avec de nombreux rebondissements et de nombreuses surprises. On découvre ici de nouveaux fils d'intrigues et sous-intrigues, qui viennent densifier celle du premier tome de façon très intéressante. le récit, au fil des pages, continue à se densifier, se complexifier. Comme dans le premier tome on a toujours cette impression d'être « balancé » dans cet univers, ce qui donne ainsi l'impression au lecteur de devoir s'investir, de devoir mettre les pièces d'un puzzle en place. Cela en dérangera peut-être certains, mais pour ma part je trouve cette façon de faire efficace si c'est bien fait, ce qui est le cas ici. L'univers continue à s'enrichir avec ce second tome, que ce soit dans la découverte de nouveaux lieux, de nouveaux pouvoirs qui veulent profiter des évènements et d'autres points encore. J'ai à nouveau plonger avec plaisir dans cette toile de fond vivante et soignée, donnant envie d'en apprendre plus. Les personnages ne sont pas non plus en reste, offrant des héros complexes, humains, soignés et entraînants. Chaque protagoniste arrive à trouver sa propre voix, sa propre motivation et même si certains donnent envie de le secouer, on les comprend pour autant dans leurs constructions. Mon seul regret vient peut-être de quelques petites longueurs que j'ai ressenti, principalement dans la partie sur Sha'ik reposant sur une révélation prévisible, mais franchement au vu de la taille de l'oeuvre, de sa richesse et du travail qui est proposé, c'est négligeable. Concernant le final, je dois bien admettre qu'il s'avère épique, flamboyant et que j'ai eu du mal à le lâcher jusqu'au bout. La plume de l'auteur est simple, maîtrisée et percutante et je lirai la suite sans soucis. A noter, concernant l'édition, qu'une relecture supplémentaire aurait été un plus, que ce soit devant l'accumulation de l'expression Yep ou encore certaines phrases mal construites.

Retrouvez la chronique complète sur le blog.
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Thrr-Gilag
  21 juin 2019
Première vision du livre : sa couverture. Et de ce côté on est de nouveau servi de manière exceptionnelle par monsieur Simonetti qui s'arrange pour pondre une superbe couverture. Magique et pleinement en conformité avec l'image que je me faisait de la scène.
Scénario : contrairement à l'opus précédent, l'histoire va ici moins s'attacher à des groupes de personnages, mais plus à l'histoire d'un continent, Sept-Cités, et par là des différents groupes qui le parcourent pendant la rébellion de Sha'ik.
On va donc avoir un fil rouge bien plus conséquent, à savoir ici la rébellion de Sha'ik et la chaîne des Chiens de Coltaine, ainsi que les différents événements qui s'y raccrochent.
Côté histoire, c'est une histoire épique, une histoire tonitruante, une histoire à couper le souffle fait d'impossibles possibles en ode à la ténacité de l'Homme (pour le meilleur et pour le pire) qui nous est servie.
Des combats à couper le souffle, mais aussi des huis-clos psychologiques (ou psychotiques) et toujours, toujours, des histoires dans les histoires.
Les intrigues politiques, même si plus éloignées et moins au centre du récit, restent présentes et apportent leurs lots de stratégies à tiroirs et de traîtrises qui jaillissent à point nommé à l'encontre des différents partis.
Et toujours, le plaisir de voir remettre en question des scènes vécues plus tôt... et ouvrir des possibilités immenses. Sans parler des remises en question de fond qui apparaissent au fil des pages.
Ni de ce qu'il fournit pour échafauder des hypothèses pour le futur... Qui seront probablement battues en brèche... mais pas sûr.
Côté personnages, même si on reste sur un grand casting, le nombre de personnages significatifs diminue un peu par rapport au premier tome d'une part, mais surtout se recentrent par thématique du récit. Appréhender qui est qui est donc beaucoup plus facile.
Pour le coup, on va avoir plusieurs groupes principaux à suivre :
Coltaine, les Wickiens et la 7ème dans leur périple maudit : Vous cherchiez de l'épique ? Coltaine va vous en remontrer. Lui, ses clans, son armée et Druiker l'Historien impérial vont redéfinir la signification des mots « sacrifice » et « devoir », sans parler de l'humour caustique associée aux différents protagonistes.
Et pour le coup, si vous aviez du mal à vous attacher à des personnages avant, je gage que la 7ème saura compenser les faiblesse de l'armée de Dujek sur le sujet.
Félisine, Héboric et Baudin - le trio improbable : Prisonniers des mines d'Otataral, chacun pour des raisons qui leur sont propres, chacun à la recherche d'un objectif qui lui est propre. Les suivre c'est voir l'évolution psychologique de ces 3 compagnons qui ne se sont pas choisis et qui, pour survivre, devront apprendre à... S'entraider ? Non pas vraiment... À ne pas s'entre-tuer peut-être pour commencer.
Les Brûleurs de Pont : Une partie de l'escouade est de la partie avec Violain (le sapeur) et Kalam (l'assassin) qui sont partis accompagner Apsalar - anciennement Mes Regrets, fille de pêcheur utilisée par Cotillon / La Corde, le dieu des assassins - à la recherche de son père, le tout accompagné du jeune Crockus - voleur et aussi amoureux d'Apsalar.
On notera que pour aucun des Brûleurs de Pont, cette balade ne semble facile et que les pièges du passé les guettent, Violain ayant fait parti de ceux qui ont conquis le continent par le passé, tandis que Kalam en est originaire avant d'intégrer les Brûleurs de Ponts. Je vous laisse donc imaginer qu'ils n'accompagnent sûrement pas Aspalar par pur altruisme.
Mappo le Trell et Icarium le demi Jaghut : Sans doute le couple de personnage qui m'a fait le plus vibrer. le mystère qui plane sur leur destiné se dévoile au fur et à mesure de leur périple, et le déchirement qui entache leur amitié est un supplice qui n'a d'équivalent en amertume que la force de leurs liens d'amitié et la durée de leur vagabondage.
Le Saint-désert Raraku car au final, n'est-il pas le point central de toutes les histoires qui sont contées ? N'est-il pas celui qu'on découvre au fur et à mesure des périples de chacun ?
Un désert que le récit rend presque aussi complexe qu'une personnage à part entière... Avec un passé tout aussi riche.
Comme pour le premier opus, on croise de jeunes innocents en devenir, mais aussi des vieux briscards brisés par la vie, des jeunes que la vie brise dès le départ, et des vieux briscards qui se redécouvrent une vie.
Chacun des personnages dépeints ont leur propre motivation, leur propre psyché, leurs propres démons et part d'ombre.
Le manichéisme n'existe pas. Nul n'est méchant ou gentil par essence. Mais chacun cherche quelque chose à assouvir.
Et c'est l'assemblage de toutes ces motivations, qui vont dans le même sens ou qui s'affrontent, qui donne un aspect si grandiose à cet opus.
Côté univers, toujours aussi grandiose, toujours aussi bien décrit... et jamais fourni avec le mode opératoire. Au lecteur d'assembler les éléments, de convertir les bribes éparses pour construire le puzzle de ce background grandiose et qui ne fait que s'agrandir.
On notera aussi qu'en plus de s'étoffer, ce background se précise, car on y découvre des éléments qui viennent préciser des éléments introduits précédemment, ou au contraire complexifier ce qui semblait être relativement simple.
Au final, ce tome manie l'épique avec maestria. Je ne crois pas avoir encore croisé de livre de Fantasy m'ayant fait ressentir cela comme ça.
Ce tome est moins difficile d'accès que le premier opus, sans toutefois en venir à vous prendre par la main, ce n'est clairement pas le style de l'auteur.
Il est épique certes, mais il n'en reste pas moins au lecteur de réfléchir et d'assembler par lui même les éléments de complément de l'univers d'une part, mais aussi des différentes intrigues qui émergent ça et là.
Complexe, riche, et ô combien bien construit. Qu'attendez-vous pour succomber ?
Chronique complète sur : https://plume-etoiles.blogspot.com/2019/06/livre-des-martyrs--T02--Portes-de-la-maison-des-morts--Steven-Erikson.html
Lien : https://plume-etoiles.blogsp..
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critiques presse (1)
Elbakin.net   19 novembre 2018
Un livre très riche avec une écriture recherchée qui a instantanément constitué un coup de cœur au sein de mes lectures comme l’avait fait la Roue du temps de Robert Jordan en son temps. A recommander sans réserve aux amateurs de High Fantasy mais aussi à tous ceux qui aiment les scénarios complexes aux multiples retournements de situation et aux personnages forts et attachants.
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
Charybde2Charybde2   10 août 2019
Kulp avait l’impression d’être prisonnier dans une vaste chambre surpeuplée d’ogres, tel un rat que des ombres auraient mis en cage et sur le point de se faire écraser sous quelque gigantesque pied. Jamais auparavant la Garenne de Meanas ne s’était révélée aussi… périlleuse à explorer.
Il y avait des étrangers, des intrus, des forces si inamicales envers ce domaine que l’atmosphère elle-même semblait se brider. L’essence du Mage, ayant réussi à se faufiler entre les fils de la trame, se réduisait à une créature contrainte de se tapir, de s’accroupir. Là-dessus, il n’avait été capable de sentir qu’une série d’incursions horrifiantes, quelques sillages en mouvement marquant les chemins que les importuns avaient empruntés. Ses sens lui hurlaient que, pour le moment tout du moins, il était seul, et que le panorama brunâtre qui s’offrait à son regard était dépourvu du moindre signe de vie.
Et cependant, il tremblait de terreur.
Dans son esprit, il tendit une main spectrale derrière lui et put se rassurer en touchant l’endroit où son corps était resté, la masse liquide de son sang s’écoulant par soubresauts dans ses veines telle de la neige fondue, le poids ferme de sa chair et de ses os. Il était assis en tailleur dans la cabine du capitaine de la Silanda, observé du coin de l’œil par un Héboric circonspect et inquiet tandis que les autres patientaient sur le pont, le regard sans cesse rivé à cet horizon intact, implacablement plat qui s’étendait à perte de vue.
Ils devaient trouver un moyen de sortir de là. L’Ancienne Garenne dans laquelle ils avaient atterri avait été inondée et se résumait à une mer aux eaux épaisses et peu profondes. Les rameurs pouvaient bien faire avancer la Silanda pendant mille ans, jusqu’à ce que le bois se mette à pourrir entre leurs mains, que les manches se brisent, jusqu’à ce que le navire commence à se désintégrer autour d’eux, le tambour ne cesserait jamais de battre ni les échines de fléchir. Et nous serons morts depuis longtemps à ce moment-là, rien de plus que de la poussière moisie. Pour s’échapper de cet endroit, ils devaient trouver un moyen de changer de Garenne.
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Charybde2Charybde2   10 août 2019
La tache grise était un essaim de mouches-tiques. Les insectes voraces attendaient qu’une tempête comme celle-ci se lève, puis bravaient le vent en quête d’une proie. Le pire, c’est qu’il n’était pas possible de les voir de face ; on ne pouvait les apercevoir qu’en les abordant par le côté.
Lorsque l’essaim les eut dépassés, la tempête s’abattit sur eux.
L’étalon chancela au moment où le mur roula sur lui. Le monde disparut au sein d’un voile fauve qui ne cessait de tourbillonner et de hurler. Ils furent bombardés de cailloux et de graviers qui faisaient tressaillir l’étalon et grogner de douleur Kalam. L’assassin encapuchonné baissa la tête sous les assauts du vent. À travers les fentes de son chèche-telaba, il regarda devant lui, les yeux plissés, puis, d’un petit coup de rênes, ordonna à sa monture de se mettre au pas.
Il s’llongea sur le cou de l’animal, tendit le bras et pressa sa main gantée sur l’œil gauche de l’étalon afin de le protéger des pierres volantes. L’assassin lui devait bien ça.
Ils poursuivirent leur route pendant encore dix minutes sans rien voir à travers le manteau de sable en mouvement. Des grincements et des craquements se faisaient entendre sous eux. Kalam baissa les yeux. Des os, de toutes parts. La tempête avait mis à nu un cimetière, ce qui arrivait assez fréquemment. L’assassin reprit le contrôle de sa monture, puis tenta de percer la pénombre ocre. Le débarcadère de Ladro ne devait plus être très loin, mais il ne voyait toujours rien. Il fit avancer doucement son cheval, l’animal évitant gracieusement les amas d’ossements.
La route côtière lui apparut, droit devant, ainsi que les guérites qui flanquaient ce qui lui semblait être un pont. Le village devait se trouver à sa droite – si cette maudite tempête ne n’a pas emporté. Une fois passé le pont, il tomberait sur le donjon de Ladro.
Les guérites, construites chacune pour accueillir un seul garde, étaient aussi vides que béantes, telles les orbites creuses d’un gigantesque crâne.
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Charybde2Charybde2   10 août 2019
La pluie faisait lentement disparaître la trace de main ocre imprimée sur le mur, laissant ruisseler des racines colorées le long du mortier entre les briques de terre cuite. Le dos voûté afin de se protéger de ce déluge inhabituel pour la saison, Duiker examinait l’empreinte qui petit à petit s’estompait tout en souhaitant que cette journée eût été sèche, qu’il eût été capable de distinguer ce signe avant que les gouttes l’eussent rendu opaque, de prendre la mesure de la main qui avait apposé sa marque à cet endroit, sur le mur extérieur du vieux Palais du Falah’d, en plein coeur d’Hissar.
Les nombreuses cultures de Sept-Cités foisonnaient de symboles, langage pictographique secret fait de références indirectes, toutes porteuses d’un poids funeste parmi les natifs. Ces signes constituaient un dialogue complexe que nul Malazéen ne pouvait comprendre. Au fil des mois passés dans la ville, Duiker en était venu à prendre lentement conscience du danger qu’il y avait à les ignorer. Alors que l’Année de Dryjhna approchait, ces symboles fleurissaient en une profusion chaotique, et chaque mur de la ville se changeait en un parchemin détenteur d’un code secret. Le vent, le soleil et la pluie s’assuraient de leur impermanence, effaçant à chaque fois l’ardoise afin de la préparer à l’échange suivant.
Et on dirait qu’il y a beaucoup à dire, ces jours-ci.
Duiker se secoua tout en essayant de relâcher la tension qui lui étreignait le cou et les épaules. Les avertissements qu’il avait adressés au Haut Commandement semblaient être tombés dans l’oreille d’un sourd. Derrière ces pictogrammes se dissimulaient des motifs, et il avait l’impression d’être le seul Malazéen à se soucier d’en déchiffrer le code, ou même à reconnaître le risque consistant à entretenir leur indifférence d’étrangers.
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Charybde2Charybde2   10 août 2019
L’air sur le carrefour n’était que bourdonnement, moucheture, comme empli de sable papillonnant. Quelque part dans une rue voisine, un chien agonisant glapit, augurant d’un trépas qui tardait à venir, et non loin de la fontaine, au centre du rond-point, la mule abandonnée qui s’était évanouie la veille donnait toujours des coups de patte dans le vide. Les mouches avaient pénétré par tous les orifices de la bête désormais boursouflée de bulles de gaz. De nature têtue, elle n’en avait plus que pour une heure avant de succomber. Tandis que le prêtre passait auprès d’elle, chancelant et invisible aux yeux de tous, des diptères quittèrent l’animal et, tel un rideau agile, se joignirent à ceux qui enveloppaient déjà le serviteur de Goule.
Il apparut clairement à Félisine, de là où elle et les autres se trouvaient, que le prêtre venait pour elle et elle seule. Ses yeux étaient perdus sous dix mille yeux, mais elle était certaine que tous étaient braqués sur elle. Et cependant, l’horreur qui grandissait en elle n’atténuait nullement la torpeur qui s’était déposée telle une couverture étouffante dans son esprit ; une hébétude qu’elle savait croître, même si cette prise de conscience ressemblait davantage à un souvenir de peur qu’à une peur bien vivante au-dedans d’elle-même.
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SbllySblly   21 novembre 2018
Félisine regardait la tête de la femme tressauter d’avant en arrière en une parodie de vie animée. Elle se souvenait de Dame Gaesen, hautaine, impérieuse, ses années de beauté depuis longtemps derrière elle, cherchant à les remplacer par une certaine stature. Combien de choix s’étaient-ils présentés à elle ? Bien d’autres, mais cela n’avait plus d’importance désormais. Aurait-elle été une douce et gentille grand-mère que cela n’aurait rien changé à l’horreur débilitante de cet instant.

La tête se détacha comme un sanglot. Les dents de Baudin brillèrent lorsqu’il s’adressa à la foule :

— Nous avons passé un accord, grinça-t-il. Vous avez eu ce que vous vouliez, quelque chose qui vous permettra de vous souvenir de cette journée.

Il lança la tête de Dame Gaesen dans la foule, un tourbillon de cheveux et des traînées de sang. Des hurlements retentirent lorsqu’elle atterrit au milieu des manants, prête à se faire piétiner.
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