AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
3,5

sur 499 notes
Sachenka
  09 juillet 2017
Alors que L'immoraliste présentait un personnage désoeuvré et égoïste, La porte étroite nous fait voir tout le contraire. Moi, je l'ai trouvé assez joli. Quelque chose d'idylique, de bucolique se dégage dès le début. Cette évocation des années de jeunesse, le domaine de Fongueusemare, aux environs du Havre, la description de la nature (ce jardin, ces arbres, cette allée riante de fleurs, ce mur avec une petite porte à secret, l'horizon…) et ces personnages aux sentiments d'une pureté rare. le narrateur Jérôme se lie d'amitié avec son cousin Robert, puis avec ses deux soeurs Alissa et Juliette, toujours là à les suivre. Puis ils grandissent… l'amitié se transforme en amour. Malgré ces qualités magnifiques, le cadre tend parfois vers l'opposé, on y retrouve un je-ne-sais-quoi, on y étouffe entre ces trois-quatre personnages. Tout comme eux, on y est confiné. C'est quasiment un huis-clos, malgré les beaux paysages à n'en plus finir et les déplacements vers la capitale. Et c'est bien, ça évite de tomber dans les mièvreries et le sentimentalisme à l'eau de rose. Et c'est sans oublier l'univers protestant dans lequel ils évoluent, cette austérité, cette rigueur, cette ferveur religieuse troublantes pour le lecteur. Pas de doute, c'est bien du André Gide.

La relation entre Jérôme, et Alissa s'épanouit dans une ferveur religieuse partagée. (Un amour spirituel ?) Toutefois, la jeune soeur d'Alissa, Juliette, aime également Jérôme. Ce triangle amoureux trouve plusieurs dénouements qui se déclinent en une multitude de malentendus. D'abord, Alissa reporte à plusieurs reprises son mariage. Moi, à la place de Jérôme, j'aurais eu des doutes et au lieu d'accepter bêtement les reports, j'aurais exigé des explications. Mais bon, parfois, parfois on est mieux avec ses illusions. Puis, Juliette, dans un élan de d'amour ultime, épouse un autre homme qui ne lui plait pas vraiment. En effet, la meilleure preuve d'amour n'est-elle pas le sacrifice ? Et Alissa, se sent-elle coupable de laisser sa soeur se renoncer ainsi, par dévouement ? C'est là que l'histoire de la porte étroite se trouble vraiment, qu'on assiste à des conflits de valeurs mais ils sont rapidement balayés par les personnages. Au lecteur d'essayer de régler tout ça dans sa tête.

Malgré le sacrifice de Juliette, la situation de Jérôme et Alissa s'améliore à peine. Leurs retrouvailles semblent maladroites et les malentendus se multiplient. Plus rien n'est pareil. Puis, dans sa ferveur religieuse, Alissa décide de mettre fin au mariage définitivement. Avec tous les sentiments contradictoires qui l'habitent, elle croit que l'amour pur auquel elle aspire est impossible, que le bonheur terrestre n'est pas pour elle. Cette ferveur religieuse est troublante. Ça devient du mysticisme. À la fin du roman, la dernière partie consiste en le journal intime de la jeune femme. Elle a cherché dans les saintes écritures une justification à sa conduite et se conforme à un idéal difficile à accepter ou comprendre pour un Nord-Américain moderne. Mais, puisqu'il s'agit d'un journal intime, peut-on croire tout ce qu'elle y a écrit ? La même chose peut être dite de la narration de Jérôme. Était-il possible qu'il ne puisse avoir aucun doute quant à l'attitude d'Alissa ? D'être à ce point aveugle ? À moins qu'il ne s'agisse d'aveuglement volontaire ? Quelle est la vérité ? André Gide est manifestement très doué pour susciter la réflexion et la controverse.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          595
HORUSFONCK
  27 juillet 2018
L'amour est-il trop léger à porter pour Jérôme et Alissia?
Jérôme craint de perdre Alissia et se paralyse. Alissia veut remettre son amour à Dieu, dans une vertu qui s' exacerbe.
Où y a t il de l'amour, dans ces lettres, ces fuites, ces pas manqués?
Gide dissèque cet amour dénaturé (mais est-ce encore un amour) par la peur, le rigorisme et l'incompréhension, dans un récit empreint de mélancolie.
Cette Porte étroite a quelque chose du Grand Meaulnes et ses fragrances de bonheur mais avec cette aridité d'une foi qui dessèche.
Cette Porte étroite que l'on ne peut franchir à deux de front.

Commenter  J’apprécie          521
sylvaine
  12 février 2017
« D'autres en auraient pu faire un livre ; mais l'histoire que je raconte ici, j'ai mis toute ma force à la vivre et ma vertu s'y est usée.  » c'est par ces mots que débute La porte étroite ,roman "autobiographique "d' André Gide publié en 1909 à l'âge de 40 ans .
Orphelin de père jeune, il est élevé par sa mère et Anna Shackleton, l'ancienne institutrice de sa mère. de santé fragile il est souvent amené à séjourner en Normandie et est très proche de ses cousines. Un amour violent, passionné va l'unir à Alissa l'aînée . Mais dans ce milieu protestant où la religion imprègne chaque moment , son amour va devoir affronter l'idéal d'absolu , de pureté et de vertu auxquels Alissa aspire. S'en suit alors une correspondance régulière, un éloignement de fait et une aspiration à un idéal amoureux .
Tout le chemin que suivront les deux cousins est guidé par la bible et l'Evangile de Mathieu "Entrez par la porte étroite. Car large est la porte, spacieux est le chemin qui mènent à la perdition, et il y en a beaucoup qui entrent par là. Mais étroite est la porte, resserré le chemin qui mènent à la vie, et il y en a peu qui les trouvent."
Difficile me semble t'il de pénétrer dans cet univers si loin de notre monde actuel , il m'a semblé entendre en écho certains textes de Julien Green . Difficile aussi en ce début du XXème siècle d'affirmer et de vivre son homosexualité .
La Porte étroite est le premier texte d'André Gide que je lis. Cet écrivain comme d'autres avant lui a dérangé par ses moeurs, ses idées politiques et il aura fallu attendre 2016 pour que ce Prix Nobel de littérature 1947 soit inscrit au programme du Bac !!!
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          442
brigittelascombe
  08 octobre 2011
Délicieusement désuet!
Que de contraintes morales et puritaines! Que d'entraves au bonheur!
Ces thèmes chers à André Gide(écrivain français 1869-1951 et prix Nobel en 1947) se retrouvent dans La porte étroite, cette porte, que vont essayer d'emprunter Jérome et Alissa(cousins qui s'aiment depuis l'enfance),se refermera par excés de vertu.
Un roman d'amour qui évoque un plausible bonheur repoussé.
Est-ce le départ de sa mère,Lucile Bucolin belle et sensuelle créole, avec un jeune officier, l'abandon de sa famille au fi des conventions qui incite Alissa à se sacrifier, à ne pas oser vivre une vraie vie de femme épanouie? Est-ce l'excés de dévotion religieuse et le désir d'atteindre un état de sainteté qui lui font repousser son amoureux transi?
Et Jérome? Est-ce une trop grande timidité, suite à la perte de son père à douze ans et à l'hyperprotection de sa mère et de son amie, qui l'enferme dans ce non désir des femmes, dans son attachement pour une seule, et l'empêche de voir le véritable amour que lui porte Juliette la soeur d'Alissa?
Que d'imbroglios! Que de différences entre les moeurs,la culture,les idées,les croyances,la morale d'un siècle à l'autre!
Une belle écriture et une bonne peinture de société mais un thème (à mon avis) un peu dépassé!
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          252
PiertyM
  11 décembre 2017
L'écriture est toujours succulente avec Gide mais l'histoire de la porte étroite parait à un moment ennuyeux, les choses se stagnent par moment...en fait ce n'est vraiment ennuyeux tant que ça, c'est une histoire d'amour tellement passionnelle qu'un triangle fatal va se créer et va tout stagner. Entre deux amoureux s'infiltre la porte étroite qui mène au ciel, Dieu est entre eux les amoureux alors que la perfection est un vain mot auprès des hommes. Alissa est sublime, abstraite, parfaite, subtile, le bonheur terrestre ne sied pas à sa personnalité, mais Jérôme en meurt, en meurt jusqu'à ce que son cœur s'éclate en pétale...
L'auteur y met beaucoup du sien pour parler de cet amour troublant et ravageur!!!
Commenter  J’apprécie          230
Alzie
  25 avril 2014
Avec Gide, la Bible n'est jamais très loin.

Alissa et Jérôme se connaissent depuis l'enfance, ils sont cousins germains. Jérôme s'est promis de rendre sa cousine heureuse en l'épousant, après l'avoir surprise un soir, en prières et en larmes, alors qu'elle avait appris l'infidélité de sa mère envers son père. Un pasteur ami de leur famille fait un prêche fort opportun : petite ou grande, il faut savoir choisir la porte qui mène à la Vie ("Efforcez-vous d'entrer par la porte étroite" Luc, XIII, 24).

L'interprétation très divergente que chacun des deux protagonistes fait du texte de Saint Luc reste au coeur de cette histoire. Jérôme semble penser que cette porte puisse se franchir à deux. Alissa non. Ils finissent par s'éloigner totalement l'un de l'autre.

Leurs sentiments réciproques semblent pourtant profonds. Mais Alissa n'a de cesse de soumettre Jérôme à l'épreuve. Epreuve du choix : en lui demandant d'épouser sa soeur Juliette qui est également amoureuse de lui, ce que Jérôme apprend par son ami Abel. Epreuve de l'absence : au fil des mois qui passent, Alissa espace leurs rencontres pour se placer finalement en situation de renoncement total, s'enfermant dans un mysticisme de plus en plus envahissant. Juliette fait un mariage de raison où elle trouve l'équilibre, Jérôme reste malheureux en découvrant, dans le journal qu'Alissa lui a laissé, l'aveu qu'elle l'a probablement bien plus aimé que ce qu'il pouvait supposer. Excès du renoncement. Gide face au "péché de la chair" !

Il écrit dans son journal : « Qui donc persuaderai-je que ce livre est le jumeau de L'Immoraliste et que les deux sujets ont grandi concurremment dans mon esprit, l'excès de l'un trouvant dans l'excès de l'autre une permission secrète, et tous deux se maintenant en équilibre ».
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          220
AxelRoques
  08 juillet 2016
La Porte Etroite est un livre que certains citeront peut-être pour défendre André Gide. C'est , diront-ils, un livre très idéaliste où Gide nous montre Juliette et Jérôme heureux parents d'une famille nombreuse , et Alissa heureuse plus complètement encore en l'offrande de tout son être à Dieu après un renoncement difficile. Sans doute, cela est-il vrai. Mais il y a autre chose, dans ce roman, qui est néfaste à mon sens : aucun des trois héros n'a cherché à maitriser son destin. Toujours cette indécision gidienne !.. La seule qui ait fait effort pour guider sa vie est Alissa : cet effort est-il méritoire ? de mon point de vue, il n'y a pas besoin de saccager sa vie et celle des autres pour chercher la sainteté : celle-ci est compatible avec la vie quotidienne et peut fort bien se passer d'esclandre et d'héroïsme à grand fracas. In fine, ce livre ne m'édifie guère : c'est l'évangile de l'abandon et du fatalisme. Il n'y a dans ce roman que des loques.
Lien : http://axel-roques.iggybook...
Commenter  J’apprécie          152
aouatef79
  30 août 2015
"La Porte étroite" d' André Gide est un roman largement autobiographique. Ce livre a été publié en 1909. le narrateur, Jérome, aime tendrement dès l' enfance
sa cousine, Alissa. Cette dernière est une jeune fille bonne, vertueuse et d' une grande ferveur religieuse ou disons qu' elle est pieuse. Leur environnement familial souhaite leur union mais la jeune fille diffère le moment des fiançailles pour la simple raison qu' Alissa a découvert que sa jeune soeur, Juliette, était amoureuse, elle aussi, de Jérome .
Même après le mariage de Juliette avec un négociant, Alissa continue à s' éloigner de Jérome.
Commenter  J’apprécie          150
rabanne
  02 mars 2016
Les voies du Seigneur sont impénétrables... Sinon, "Efforcez-vous d'entrer par la porte étroite" (Luc, 13-24).

Roman que j'ai lu adolescente et dont je ne garde pas un souvenir marquant.

La plume de Gide m'avait plu, raffinée, fluide, spirituelle. Par contre, l'intrigue amoureuse ne m'avait pas passionnée.
Deux cousins germains, Alissa et Jérôme, s'aiment depuis l'enfance, mais la jeune-fille renonce à cet amour lorsqu'elle découvre que sa soeur est amoureuse du même qu'elle.
Profondément mystique, elle est prête à se sacrifier...

(dès la 2nde)
Commenter  J’apprécie          140
MonsieurKiwi
  15 janvier 2016
"La porte étroite" est un court roman, à l'intrigue simple et resserrée autour des deux figures que sont Jérôme - le narrateur - et Alissa ; tous deux sont cousins, et nourrissent un amour mutuel, dès l'enfance, avant même qu'ils en aient pris conscience. Au fil des années cet amour ne fait que s'affirmer, fortifié par la proximité spirituelle et religieuse des deux promis. Mais à mesure que la perspective des fiançailles se dessine, Alissa se referme, se montre fuyante, d'abord au prétexte de faire le bonheur de sa soeur Juliette - qui aime aussi Jérôme - pour qui elle est prête à sacrifier son amour, puis de ne pas s'éloigner de son père malade ; une fois ces obstacles levés, Alissa tente alors de repousser son amant - alors même qu'elle confie à son journal ne jamais l'avoir autant aimé - par son attitude, en s'enfermant dans une piété qui appauvrit et son corps et son esprit.

Car il apparaît vite qu'Alissa est déchirée entre la perspective de ce bonheur immédiat, terrestre, qui lui tend les bras, et l'aspiration à la pureté et à la vertu. Elle en vient à détruire la possibilité de son bonheur, et de celui de Jérôme, par cette exigence de sainteté, dans laquelle elle finit par se noyer. Jérôme lui-même a fait l'effort de la vertu, mais pour rejoindre Alissa ; celle-ci, au contraire, n'y voyant qu'un chemin vers une félicité plus grande - "Dieu nous ayant gardé pour quelque chose de meilleur" - cherche à s'effacer, à se soustraire, à sacrifier son amour pour la connaissance de ce "meilleur" - et pour que Jérôme puisse aussi le connaître. Il m'a toutefois semblé qu'il n'y avait pas, ou si peu, d'humilité dans la démarche d'Alissa, mais au contraire un orgueil démesuré, insoutenable, l'orgueil de la vertu et du sacrifice - Alissa ne se dit-elle pas blessée que le bonheur de sa soeur n'eût pas nécessité son sacrifice ? - que le roman met très bien en lumière.

De ce que j'ai pu lire par ailleurs, le roman est riche d'éléments autobiographiques, de l'enfance protestante austère et rigoureuse, à l'institutrice anglaise, en passant par l'amour spirituel et intellectualisé de sa cousine. Je ne crois pas qu'il faille y lire une diatribe contre la force stérilisante de la religion, même si l'on sent que Gide désapprouve cette course acharnée vers la sainteté - qu'il a pu connaître ou côtoyer - mais davantage un récit d'amour impossible, contrarié par l'attitude désespérée et pathétique de son héroïne. L'écriture de Gide est parfaitement classique - c'est déjà ce qui m'avait marqué à la lecture des "Faux monnayeurs" - mais sans même ici d'avant-gardisme dans la construction du roman. Sans doute le livre paraît-il aussi un rien désuet, par son style - toutefois très beau - et par un certain nombre de problématiques qu'il met en scène. Mais cela lui ajoute un charme indéniable, sans affaiblir nullement la dimension tragique d'une histoire d'amour au fond intemporelle.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          140


Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura





Quiz Voir plus

André Gide

Né en ...

1869
1889
1909
1929

10 questions
99 lecteurs ont répondu
Thème : André GideCréer un quiz sur ce livre

.. ..