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ISBN : 2070368750
Éditeur : Gallimard (19/05/1972)

Note moyenne : 3.64/5 (sur 292 notes)
Résumé :
André Gide a dépassé la cinquantaine quand il entreprend d'écrire ses mémoires. Si, depuis longtemps déjà, il tient un journal et use des événements de sa vie privée comme d'un tremplin pour son inspiration, il a toujours voilé ses sources par la fiction littéraire. Dans Si le grain ne meurt, il raconte sans fard ses vingt-six premières années, de sa naissance à ses fiançailles. Lors de la parution, le volume scandalise ses contemporains.
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
Alzie
  25 avril 2014
« Je n'écris pas ces mémoires pour me défendre, je n'ai point à me défendre, puisque je ne suis pas accusé. Je les écris avant d'être accusé. Je les écris pour qu'on m'accuse ». Journal, 19 janvier 1917
L'enfance, l'adolescence et le début de l'âge adulte, sorte de confession, d'André Gide jusqu'à ses fiançailles avec sa cousine Madeleine Rondeaux, appelée Emmanuèle dans le livre. A sa publication, en 1926, Gide a cinquante-six ans.
Il y travaille depuis 1916.
Le livre est construit en deux parties. de l'enfance jusqu'au baccalauréat pour la première, après le bac jusqu'à ses fiançailles pour la deuxième.
Son arrière grand-père maternel est catholique. Son grand-père est élevé dans la religion catholique et épouse une protestante. Leurs cinq enfants (dont la mère de Gide) sont élevés dans la religion protestante mais l'oncle Henri se convertit au catholicisme. La religion est très présente chez les Gide. Son père est professeur de droit romain et lui fait des lectures : l'Odyssée, Molière, le livre de Job. Il l'appelle son "petit ami". Il lui montre aussi les galeries que creusent les insectes dans les livres.
Il a onze ans quand son père meurt. Sa mère prend ensuite toute la place dans son affectivité. Son" éducation rompue", selon ses propres termes, est un mélange d'instruction à domicile avec des précepteurs (souvent pasteurs) et de fréquentation en pointillés d'institutions comme l'école alsacienne ou le lycée Henri IV l'année du baccalauréat (un trimestre !). Il apprend également le piano (seul Marc de la Nux, ancien élève de Liszt lui laissera un bon souvenir). Sa géographie familiale le mène de Paris où vivaient ses parents et où demeurera ensuite sa mère, à Rouen et sa région (La Roque, Cuverville : côté maternel), en passant par le midi : Uzès entre autre, région de sa grand-mère paternelle. C'est en Normandie qu'il rencontre fréquemment ses cousines et notamment Emmanuèle (Madeleine Rondeaux).
Il a de nombreux troubles nerveux, il s'en invente aussi, qu'on interpréterait sans doute aujourd'hui comme étant psychosomatiques. Description sans complaisance, celle d'un enfant peut-être stupide, "en jachère", "pareil à ce qui n'est pas encore né", "je ne comprenais pas ce que l'on me voulait, ce que l'on attendait de moi" p. 64 (zéro de conduite à l'école alsacienne dont il sera renvoyé trois mois pour "mauvaises habitudes" ! entendez masturbation notoire en public en dégustant des pralines.
Le temps des vacances le ramène du côté de Rouen, auprès de ses cousines. Sa vie n'est plus tout à fait la même après qu'il ait eu la révélation du "secret de sa destinée" : rendre heureuse sa cousine Emanuèle et l'épouser un jour, la consoler du chagrin qu'elle a eu en prenant connaissance de l'infidélité de sa mère (motif repris dans « La porte Etroite »).
En rhétorique à l'école alsacienne il devient ami avec Pierre Louis (Louÿs). Il aime le Buch der Lieder de Henri Heine. L'année du bac il lit un livre par jour!
Après son bac qu'il obtient au rattrapage d'octobre, il part en voyage en Bretagne, suivi par sa mère. Il a déjà en projet d'écrire un livre ce sera Les Carnets d'André Walter (qui paraîtront en 1891). C'est un flop. Il envoie son livre à Emmanuèle et la demande en mariage. C'est un refus.
Ensuite, il entre dans "une selve obscure" jusqu'à son voyage en Afrique avec Paul Laurens. Il fréquente toujours Pierre Louis qui le met en contact avec les milieux littéraires du Parnasse et du Symbolisme (Mallarmé, Heredia et consorts). Il succède à Léon Blum comme critique littéraire à la Revue Blanche, s'occupant des livres de prose.
« La morale selon laquelle j'avais vécu jusqu'à ce jour cédait depuis peu à je ne sais trop encore quelle vision plus chatoyante de la vie. Il commençait à m'apparaître que le devoir n'était peut-être pas pour chacun le même, et que Dieu pouvait bien avoir lui-même en horreur cette uniformité contre quoi protestait la nature, mais à quoi tendait, me semblait-il, l'idéal chrétien, en prétendant mater la nature ». p. 275
La deuxième partie est beaucoup plus courte, mais plus dense. Ici, Gide fait le récit de son premier voyage en Afrique en compagnie de Paul Laurens. Il est malade mais ne sait pas trop de quoi. Tuberculose ? Tunisie d'abord. Ce voyage prend des allures initiatiques en lui révèlant son orientation sexuelle pendant les six jours à Sousse. A Biskra, une tentative de normalisation avec une jeune Oulad Naïl, Miriem, s' avère infructueuse et rapidement suivie de ce que Gide appelle un "retombement". Mme Gide, inquiète de l'état de santé de son fils, les rejoint puis repart ! Les deux amis rentreront en France par la Sicile et l'Italie. Gide va se faire soigner en Suisse, puis après un bref séjour à Montpellier chez son oncle Charles il décide de repartir en Algérie. Blidah. Il rencontre Oscar Wilde et lord Alfred Douglas (qu'il avait fréquenté à Paris et rencontré à Florence). Il a une aventure décisive avec un jeune musicien arabe, Mohamed.

Rentré en France, il passe quinze jours avec sa mère qu'il retrouvera mourante en Normandie peu de temps après alors qu'il était parti la rejoindre. Il se fiance avec Emmanuèle.
Tout à fait intéressant. Gide dans tous ses paradoxes et dans une limpidité de style rare. A lire sans aucun doute pour comprendre le « contemporain capital ».
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Levant
  10 septembre 2017
André Gide n'a point fait mystère de son homosexualité; mais lorsqu'en 1923 il publie Si le grain ne meurt, les esprits de l'époque ne sont sans doute pas prêts à cette forme de confidence. C'est donc avec la pleine conscience du trouble qu'il va susciter qu'il affirme préférer l'insuccès plutôt que s'écarter des libertés de conduite et de pensée qu'il s'octroie, en butte à une éducation puritaine et à une mère certes aimante, mais possessive.
La disparition de son père dans sa prime adolescence le livre à l'amour de cette mère que l'on peut qualifier de castratrice : "Et je sentis soudain tout enveloppé par cet amour qui désormais se refermait sur moi." Et Lorsque cette dernière rend son dernier soupir, il avoue "s'abimer dans un gouffre d'amour, de détresse et de liberté." C'est à cette étape de sa vie en 1895 qu'il clôt cet ouvrage ; bien avant le succès dans sa carrière d'écrivain et la consécration avec le prix Nobel en 1947.
Si ce n'était la qualité de l'écriture, que la préciosité rend malgré tout un brin désuète même pour ce début de vingtième siècle, cet ouvrage autobiographique me rendrait le personnage fort peu sympathique. On y découvre un auteur qui ne cherche pas à plaire, à qui la liberté de ton est permise du fait de l'aisance matérielle dans laquelle le place sa famille ; et dont la liberté de moeurs, si elle pouvait être réprouvée par la morale de l'époque, serait condamnée par la justice d'aujourd'hui.
La culture classique indéniable et la qualité d'écriture ne sauraient être suffisantes à m'encourager d'approfondir la découverte de cet auteur. Mais peut-être n'ai-je pas commencé par l'ouvrage ad'hoc pour cela ?
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aouatef79
  31 août 2015
Si le grain ne meurt ne fait allusion à un vers de l' Evangile selon Jean :" Si le
grain de blé qui est tombé en terre ne meurt, il reste seul ; mais, s' il meurt,
, il porte beaucoup de fruit. Celui qui aime sa vie la perdra, et celui qui hait sa vie
dans ce monde la conservera pour l' éternité .
Ce vers , qui est le titre du roman, exprime tout l' enjeu de la vie de Gide :" L' en-
-jeu obtus" qu' il reconnaît en lui-même, oppressé et paralysé par l' éducation
puritaine et sévère de sa mère, doit mourir et céder la place au jeune homme
épanoui, créatif et libre d' esprit .
Si le grain ne meurt est un roman autobiographique d' André Gide . Ce roman est divisé en deux parties des longueurs inégales. Dans la première
partie, l' auteur raconte ses souvenirs d' enfance : ses précepteurs, ses
fréquentations, sa famille, la naissance de sa vénération pour sa cousine
Madeleine, ses premières tentatives d' écritures .
Dans la seconde partie du livre, plus courte que la précédente, Gide retrace
sa découverte du désir et de son homosexualité lors d' un voyage en Algérie.
Dans ce livre Gide se raconte avec une grande sincérité et se laisse voir tel
qu' il était durant cette tranche de sa vie .
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Albina
  08 septembre 2019
Je l'avais lu à l'adolescence et séduite par le style, émue par la détresse de l'écrivain qui parait se livrer avec une rare authenticité, je n'y avais vu que du feu...
À la relecture, j’ai envie de dire : j’y vois une écriture subtile, précise et lyrique pour circonscrire la confusion qui nous fait toucher du doigt cette capacité phénoménale que possède l'humain de se sublimer et de se mentir à soi-même.
La première partie retrace les évènements qui ont marqué son enfance et son adolescence et son entrée dans le monde des lettres.
Il est né dans de beaux draps : j'entends par là dans l'aisance d'une famille où l'on sait se tenir et où on ne consent pas, par exemple, à habiter dans des maisons sans portes cochères !
Il perd son père à 11 ans. Un père attachant et libéral dont il gardera la nostalgie. Sa mère, restée veuve, de religion protestante lui impose une éducation excessivement puritaine et rigoriste.
À l'école, il se fait harceler, voire torturer par un groupe d'enfants hargneux et violents. Pour être dispensé de classe, il feint une maladie nerveuse. Et cela marche. Très vite un mécanisme d'évitement se met en place, car on le devine par la suite, à des moments clefs de sa vie, il aura tour à tour des maux de tête, des fluxions de poitrine gravement invalidantes qui s'avéreront finalement être d'origine somatique.
Choyé par une mère assez bornée, mais aimante il sera confié à divers précepteurs choisis sans beaucoup de discernement. C'est d'ailleurs par ce biais que se développe un amour des lettres qui s'enracine dans un désir de transgression. Il rejoint assez tard l'école alsacienne où il rencontre Pierre Louÿs. Après son bac (en passant par le lycée Henri IV) et la confirmation de ses ambitions littéraires, il fréquente les salons parisiens et se lie avec de nombreux poètes : Valery, Heredia, Mallarmé.
Depuis l'enfance, il est amoureux de sa cousine Madeleine qui le repousse plus ou moins, mais dont il devine le profond chagrin lorsqu'elle surprend sa mère en situation d'adultère. Cet amour platonique parait sincère. Il n'y rentre strictement aucune sensualité. Avec du recul, on comprend que c'est un prétexte, que cela va lui permettre de retarder sa mue ou la prise de conscience de sa véritable sexualité.
C'est dans la deuxième partie qu'il se découvre et s'avoue clairement un penchant pour les hommes à l'occasion d'un voyage avec son ami Paul Laurens. Évidemment malgré le beau style, les scrupules et circonlocutions, il est impossible de ne pas être gêné. Non par l'homosexualité qui n'a rien d'illégitime, mais parce qu'il s'agit là d'enfant (ou de très jeunes ados) et de relations consentantes et… tarifées. J'ai envie de dire avec Camus que dans ce cas, un homme, ça s'empêche. Il y avait en lui, visiblement, une complète dissociation entre le désir voire la passion physique et l'amour. La rencontre avec Wilde est significative sur ce point, car ce dernier lui propose un rapport avec un adolescent de moins de 16 ans…
On voit qu'il se débat dans la confusion, qu'il lutte contre lui-même, écartelé entre un penchant qu'il tient pour naturel et ses convictions chrétiennes. D'ailleurs, il tombe malade. Il tentera plus tard de concilier les deux par un tour de passe-passe rhétorique qui donne naissance à des envolées lyriques qui paraissent – à la relecture – toujours aussi séduisantes, mais nébuleuses. C'est ce qui au demeurant est assez touchant. En gage de sa sincérité : quand sa mère meurt et en hommage sans doute à cette mère abusive qu'il affectionne malgré tout, comme s'il voulait à tout prix se racheter et terrasser ses démons, il se fiance à Madeleine. C'est sur cette note de renoncement et d’espoir que se termine le livre.
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andras
  19 novembre 2017
Ce récit autobiographique concerne les années d'enfance et de jeunesse de Gide, depuis sa naissance ("Je naquis le 22 novembre 1869") jusqu'au décès de sa mère Juliette en mai 1895 et l'annonce de ses fiançailles avec sa cousine Madeleine qui est ici appelée Emmanuèle. le récit, que Gide achèvera en 1924, se décompose en deux partie inégales : d'une part les années de formation (élève ou lycéen qui le plus souvent étudiait avec des précepteurs), qui couvre les trois quarts du livre, où il nous parle de ses liens d'amitié avec ses cousines ou avec ses condisciples tel Pierre Louis (qui écrira plus tard sous le pseudonyme de Pierre Louÿs) et d'autre part les années de découverte de sa sexualité et notamment de son penchant pour les jeunes éphèbes d'Afrique du Nord. Si la première partie est souvent ennuyeuse et ne brille que par le style de son auteur, d'un classicisme parfaitement maîtrisé, la seconde partie m'a touché davantage dans sa recherche d'une façon juste (sincère mais sans exhibitionnisme) de raconter sa première expérience homosexuelle et sur le bouleversement qui cela provoquait en lui. le passage où il raconte ses quelques soirées avec Oscar Wilde ne manque pas de sel non plus. Toutefois je reste étonné qu'André Gide qui deviendra quelques années plus tard un intellectuel engagé (contre le nazisme et le communisme stalinien en particulier) soit aussi silencieux sur les rapports de classes et qu'il n'exprime aucun scrupule à jouir de sa position de jeune bourgeois que la situation extrêmement favorisée de ses parents lui permettait d'avoir.
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Citations et extraits (31) Voir plus Ajouter une citation
AlbinaAlbina   09 septembre 2019
« Rien de plus différent que ces deux familles ; rien de plus différent que ces deux provinces de France, qui conjuguent en moi leurs contradictoires influences. Souvent, je me suis persuadé que j’avais été contraint à l’œuvre d’art, parce que je ne pouvais réaliser que par elle l’accord de ces éléments trop divers, qui sinon fussent restés à se combattre, ou tout au moins à dialoguer en moi. Sans doute ceux-là seuls sont-ils capables d’affirmations puissantes, que pousse en un seul sens l'élan de leur hérédité. Au contraire, les produits de croisement en qui coexistent et grandissent, en se neutralisant, des exigences opposées, c’est parmi eux, je crois, que se recrutent les arbitres et les artistes. Je me trompe fort si les exemples ne me donnent raison.
Mais cette loi, que j’entrevois et indique, a jusqu’à présent si peu intrigué les historiens, semble-t-il, que dans aucune biographie que j’ai sous la main […] à quelques noms que je regarde, je ne parviens à trouver la moindre filiation sur l’origine maternelle d’aucun grand homme, d’aucun héros. »
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AlzieAlzie   25 avril 2014
Roger Martin du Gard, à qui je donne à lire ces Mémoires leur reproche de ne jamais dire assez et de laisser le lecteur sur sa soif. Mon intention pourtant a toujours été de tout dire. Mais il est un degré dans la confidence que l'on ne peut dépasser sans artifice, sans se forcer ; et je cherche surtout le naturel. Sans doute un besoin de mon esprit m'amène, pour tracer plus purement chaque trait, à simplifier tout à l'excès ; on ne dessine pas sans choisir ; mais le plus gênant c'est de devoir présenter comme successifs des états de simultanéité confuse. je suis un être de dialogue ; tout en moi combat et se contredit. Les Mémoires ne sont jamais qu'à demi sincères, si grand que soit le souci de vérité : tout est toujours plus compliqué qu'on ne le dit. Peut-être même approche-t-on de plus près la vérité dans le roman.
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oranoran   19 juin 2016
J'aimais passionnément la campagne aux environs d'Uzès, la vallée de la Fontaine d'Eure et, par-dessus tout, la garrigue.Les premières années, Marie, ma bonne, accompagnait mes promenades. Je l'entraînais sur le "mont Sarbonnet", un petit mamelon calcaire, au sortir de la ville, où il était amusant de trouver, sur les grandes euphorbes au suc blanc, de ces chenilles de sphinx qui ont l'air d'un turban défait et qui portent une espèce de corne sur le derrière ; ou, sur les fenouils à l'ombre des pins, ces autres chenilles, celles du machaon, ou du flambé qui, dès qu'on les asticotait, faisaient surgir, au-dessus de leur nuque, une sorte de trompe fourchue très odorante et de couleur inattendue.
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andrasandras   20 novembre 2017
Je crois que l'on eût pu dire de ma mère que les qualités qu'elle aimait n'étaient point celles que possédaient en fait les personnes sur qui pesait son affection mais bien celles qu'elle leur souhaitait de voir acquérir. Du moins je tâche de m'expliquer ainsi ce continuel travail auquel elle se livrait sur autrui; sur moi particulièrement; et j'en étais à ce point excédé que ne savais plus trop si mon exaspération n'avait pas à la fin délabré tout l'amour que j'avais pour elle. Elle avait une façon de m'aimer qui parfois m'eût fait la haïr et me mettait les nerfs à vif.
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VALENTYNEVALENTYNE   19 mars 2017
Le capitaine Julian, que nous avions rencontré chez le général Leclerc, mit à notre disposition des chevaux de l’armée et s’offrit à nous accompagner hors les murs. Je n’avais jusqu’à présent connu de chevauchées que celles du manège, fastidieux défilé des élèves sous les regards critiques du maître qui rectifiait les positions ; mornes tours et retours, une heure durant, dans une morne salle close. Le petit alezan arabe que je montais était peut-être un peu trop fougueux à mon gré, mais quand j’eus pris le parti de laisser pousser sa pointe et galoper tout son soûl, je ne mesurai plus ma joie. Bientôt, je me vis seul, ayant perdu mes compagnons, ma route, et fort peu soucieux de retrouver avant la nuit ni l’un ni l’autre. Le soleil couchant inondait d’or et de pourpre l’immense plaine qui s’étend entre Tunis et la montagne de Zaghouan et que jalonnent de loin en loin quelques arches énormes de l’antique aqueduc en ruine ; et je l’imaginais celui-là même qui portait à Carthage les eaux limpides du nymphée. Un étang d’eaux saumâtres semblait un lac de sang ; je suivis des bords désolés d’où quelques flamants s’envolèrent.
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Vidéo de André Gide
Ecrivain prolifique, figure du milieu littéraire et médiatique, Yann Moix se retrouve au centre d?une vaste polémique en cette rentrée littéraire. Un premier scandale a éclaté dès la sortie de son dernier roman, "Orléans" dans lequel l?écrivain raconte la maltraitance qu?il a subie enfant. Son père, puis son frère, ont dénoncé le livre comme une pure affabulation. Quelques jours plus tard, L?Express a publié des fanzines antisémites conçus par Moix il y a 30 ans, alors qu'il était encore étudiant, ce que Moix lui-même a fini par reconnaître avant que, à la fin de la semaine, le Monde ne révèle l?étendue de ses contacts dans les milieux négationnistes littéraires d?extrême-droite, contacts qui se sont poursuivis jusqu?en 2013.
Après les affaires Renaud Camus et Mehdi Meklat, notre paysage médiatique et culturel se trouve de nouveau hanté par le spectre de l?antisémitisme. Pour essayer de décrypter cette histoire complexe, parler de négationnisme, mais aussi de confusion médiatique, et enfin de littérature, Marc Weitzmann reçoit Yann Moix et Marie Gil, critique littéraire, spécialiste de la littérature d?avant-guerre et membre du jury du prix André Gide.
Pour en savoir plus : https://www.franceculture.fr/emissions/signes-des-temps/dandre-gide-a-yann-moix-la-trahison-des-origines-profite-t-elle-a-la-litterature
Signe des temps de Marc Weitzmann - émission du 1er septembre 2019 À retrouver ici : https://www.franceculture.fr/emissions/signes-des-temps/saison-26-08-2019-29-06-2020
Abonnez-vous pour retrouver toutes nos vidéos : https://www.youtube.com/channel/¤££¤23André Gide6¤££¤6khzewww2g
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