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EAN : 9782070368754
371 pages
Éditeur : Gallimard (19/05/1972)

Note moyenne : 3.66/5 (sur 318 notes)
Résumé :
André Gide a dépassé la cinquantaine quand il entreprend d'écrire ses mémoires. Si, depuis longtemps déjà, il tient un journal et use des événements de sa vie privée comme d'un tremplin pour son inspiration, il a toujours voilé ses sources par la fiction littéraire. Dans Si le grain ne meurt, il raconte sans fard ses vingt-six premières années, de sa naissance à ses fiançailles. Lors de la parution, le volume scandalise ses contemporains.
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Critiques, Analyses et Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
Kittiwake
  18 juillet 2020
« Si le grain de blé qui est tombé en terre ne meurt, il reste seul ; mais, s'il meurt, il porte beaucoup de fruit. Celui qui aime sa vie la perdra, et celui qui hait sa vie dans ce monde la conservera pour la vie éternelle ».
Le titre de cet ouvrage autobiographique fait référence à l'Evangile selon Saint Jean, et exprime la dualité de l'auteur, qui aurait pu, tel le grain de blé ne pas mourir et poursuivre le destin tracé par son éducation puritaine, alors que renonçant à celle-ci, il révèle sa personnalité enfouie.

Dans une première partie, Gide évoque une enfance de sale gosse, celui qui mord la joue qu'on lui tend, qui écrase les pâtés de sable de ses petits camarades et se cache sous les tables pour des jeux interdits, sévèrement corrigés au nom de la décence instrumentalisée par le médecin de famille.
Derrière les souvenirs incertains, modifiés par la reconstruction de l'imagination qui mêle les époques et les lieux, se dessine le bonheur des premières impressions dans un monde qu'on découvre et interprète à l'aune d'une expérience minimale.
On y découvre aussi une scolarité totalement anarchique, dispensée par des précepteurs éphémères et des cours de piano médiocres qui n'ont pas découragé l'enfant amoureux de la musique.
Inévitablement cette enfance « confinée » ne développe pas la sociabilité et fait le lit du désespoir des années de lycée, qui auront malgré tout permis la rencontre d' amis fidèles .
C'est dans la deuxième partie, qui relate un voyage en Afrique du Nord avec son ami Paul Albert Laurens qui lui fait tourner la page de son éducation protestante, qu'il prend la parti d'assumer son homosexualité.
Gide ne fait pas le fanfaron, il porte un regard sévère sur ses obsessions, et sur l'enfance à la fois privilégiée, (au moins jusqu'à la mort de son père) et ne s'accorde pas de remises de peines.
Bien entendu, malgré une pudeur relative, les pages qu'il consacre à ses relations charnelles avec de jeunes prostitués algériens ne peuvent que choquer. Elles sont à remettre dans leur contexte mais restent inexcusables et inacceptables, par cette recherche de plaisir sans aucune considération pour l'être humain instrumentalisé et avili. Elles sont le témoin d'une évolution des consciences qui ne peut aller que vers l'amélioration du genre humain.
Autobiographie sans complaisance, rédigée avec sincérité et simplicité, qi permet de comprendre un peu mieux l'oeuvre et l'auteur.
Lien : https://kittylamouette.blogs..
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denis76
  07 juillet 2020
C'est une autobiographie de sa jeunesse qu'André Gide nous offre.
Qu'est-ce encore que ce titre bizarre ?
Si le grain ne meurt fait allusion aux versets de l'Évangile selon Jean :
« Si le grain de blé qui est tombé en terre ne meurt, il reste seul ; mais, s'il meurt, il porte beaucoup de fruit. Celui qui aime sa vie la perdra, et celui qui hait sa vie dans ce monde la conservera pour la vie éternelle. »
Il exprime ainsi tout l'enjeu de la vie de Gide : « L'enfant obtus » qu'il reconnaît en lui-même, oppressé et paralysé par l'éducation puritaine et sévère de sa mère, doit mourir et céder la place au jeune homme épanoui, créatif et libre d'esprit.
.
Par bien des côtés, ma jeunesse personnelle ressemble à la sienne :
Obtus, fils unique, père prof, mère « tu comprendras plus tard », naviguant entre mes familles maternelle et paternelle, me sentant différent comme il le fut, tabassé par les élèves, solaire,…, passant des heures à regarder un petit être vivant (moi fasciné par les têtards et pieds de tomates, lui plein d'insectes ou de jeunes plantes ), trimbalé à droite-à gauche par mes parents, et d'établissement en établissement, prenant des notes….. Mais peut-être le seul point différent est que je n'ai jamais eu de tendance homosexuelle, bien au contraire.
.
Pourtant, malgré l'identification, ce livre qui est aussi une re-lecture, ne progresse pas dans le nombre d'étoiles : trois, je ne sais pourquoi… Sans doute qu'une telle jeunesse, malgré notre enthousiasme, celui d'André et le mien, n'est pas visible dans cette biographie ?
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glegat
  05 novembre 2019
Pour moi, Gide est encore une énigme. Qu'en sais-je ? Peu de choses. Je me souviens de deux livres de poche aligné sur l'unique tablette de mon lit cosy qui contenait tous mes livres à l'époque (Une centaine). Je devais avoir treize ou quatorze ans. Parmi ces livres, il y avait Balzac, Jules Verne, Victor Hugo, Anatole France, quelques livres de la collection spirales et d'autres de la bibliothèque verte des éditions Hachette. Dans mes souvenirs, il y avait deux livres de Gide : Isabelle et la Symphonie pastorale. Je me souviens bien de ce qui a motivé mon intérêt pour Balzac, Victor Hugo ou Jules Verne en revanche, je n'ai aucun souvenir qui puisse expliquer la présence de Gide. Sans doute, ai-je été attiré par le titre et l'illustration de la couverture du livre de poche, chose à laquelle je suis encore sensible aujourd'hui. J'ai lu ces deux livres à l'époque et ils m'ont laissé une bonne impression. Ils représentent pour moi, avec d'autres, une certaine nostalgie de mes premières lectures. J'ai gardé aussi un goût particulier pour les livres de poche dont les illustrations de couverture, souvent des aquarelles, étaient magnifiques. Elles invitaient à la lecture, au mystère, à l'aventure, j'ai rarement été déçu d'un texte dont l'illustration m'avait attiré.
 Quelque temps plus tard, j'ai acheté "les nourritures terrestres", les premières lignes m'ont rebuté. Les années ont passé et je n'ai plus jamais relu Gide, ni ses oeuvres ni sa biographie. Depuis, il est tombé un peu dans l'oubli. Pourquoi cette désaffection et ce regain pour Gide entre mon adolescence et aujourd'hui ? Gide n'est pas un auteur populaire et il n'a pas écrit beaucoup de romans. Il fait parti des grands écrivains, avec Proust et Valéry, qui ont dominé la période entre les deux guerres mondiales. Aujourd'hui plus personne ne lit Gide, même s'il est toujours considéré, du point de vue du style, comme un écrivain majeur du XXe siècle.
 Il est né à Paris en 1869 dans une famille de la haute bourgeoisie protestante. Il perd très tôt son père, à l'aube de sa douzième année. Il restera marqué par l'éducation stricte de sa mère contrastant avec le souvenir d'un père doux et compréhensif. La fortune familiale lui permet de bénéficier de précepteurs particuliers, il apprend à jouer du piano et deviendra un bon musicien amateur. Il s'intéresse à la science, à l'entomologie, mais surtout à la littérature et produira très tôt un premier recueil de poésie à compte d'auteur qui passera complètement inaperçu. A l'école Alsacienne à Paris, il se lit d'amitié avec Pierre Louys. Plus tard, il fréquentera les cercles littéraires parisiens et rencontrera Paul Valéry et Stéphane Mallarmé. Il obtient un grand succès avec la publication des nourritures terrestres dont le lyrisme est salué par une partie de la critique. Son roman le plus lu sera "La Symphonie pastorale" publié en 1919 qui traite du conflit entre la morale religieuse et les sentiments. Il est aussi connu pour son journal qu'il rédigera toute sa vie. Il reçoit le prix Nobel de littérature en 1947 et meurt à Paris en 1951.
 Dans "Si le grain ne meurt" Gide raconte ses souvenirs de jeunesse et ses débuts littéraires. On découvre un personnage très complexe, tourmenté, incertain dans ses opinions (plus tard, il sera antidreyfusard sans doute par antisémitisme, puis reviendra sur ses convictions tout en restant un peu ambigu, il se fera le chantre du communisme en 1930 puis exprimera sa désillusion après son voyage en URSS en 1936). Son autobiographie est une sorte de confession. Ce qui frappe le plus c'est l'auto dénigrement de l'auteur partagé entre le souhait de contrôler ses sentiments et ses pulsions et l'envie d'y céder pour mieux les dépasser. Dans la deuxième partie de ce livre Gide, révèle et assume son homosexualité et raconte sans vergogne quelques expériences avec des enfants lors de son voyage en Afrique du Nord. Ce type de confession serait inimaginable de nos jours, ce qui montre bien la distance qui nous sépare de cette époque. Gide serait aujourd'hui considéré comme un pédocriminel (terme qui tend à remplacer celui de pédophile), même si ses déviances ont été peu nombreuses et limitées dans le temps. C'est ce type de comportement qui sera la cause de sa rupture avec Paul Claudel le porte-drapeau d'un catholicisme sans concession.
 Quant au style, c'est celui d'un grand écrivain maîtrisant parfaitement son art. Il a porté à des sommets la concision et la pureté de la langue française. J'ai beaucoup aimé son respect absolu des règles de concordance des temps, il emploie volontiers l'imparfait du subjonctif : "...je les retrouvais pendant quelques semaines chaque été, soit qu'elles vinssent à la Roque, soit que nous allassions à Cuverville..." (Si le grain ne meurt page 94). Cette manière d'écrire est complètement dépassée aujourd'hui et plus un seul écrivain contemporain ne maîtrise le subjonctif.
 Je reste un peu secoué par les révélations de Gide dans son autobiographie, mais j'admire néanmoins la sincérité et l'honnêteté d'un homme qui n'a pas cherché à caché les misères de la condition humaine qu'il personnifiait à certains égards. Je ne peux pas dire que je connais André Gide, mais je commence à percevoir à la suite de ces quelques lectures un personnage étonnamment complexe et intriguant. Sans doute vais-je poursuivre ma découverte de Gide en lisant quelques-unes de ces oeuvres les plus connues comme l'immoraliste et les caves du Vatican, sans oublier son journal ou sa correspondance avec Paul Claudel.
Explication du titre, d'après Wikipédia :
Si le grain ne meurt fait allusion aux versets de l'Évangile selon Jean : " Si le grain de blé qui est tombé en terre ne meurt, il reste seul ; mais, s'il meurt, il porte beaucoup de fruit.Celui qui aime sa vie la perdra, et celui qui hait sa vie dans ce monde la conservera pour la vie éternelle. "
Jean 12, 24-25
Ce choix de titre exprime l'enjeu de la vie de Gide :L'enfant qu'il reconnaît en lui-même, oppressé et paralysé par l'éducation puritaine et sévère de sa mère, doit mourir et céder la place au jeune homme épanoui, créatif et libre d'esprit.
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Levant
  10 septembre 2017
André Gide n'a point fait mystère de son homosexualité; mais lorsqu'en 1923 il publie Si le grain ne meurt, les esprits de l'époque ne sont sans doute pas prêts à cette forme de confidence. C'est donc avec la pleine conscience du trouble qu'il va susciter qu'il affirme préférer l'insuccès plutôt que s'écarter des libertés de conduite et de pensée qu'il s'octroie, en butte à une éducation puritaine et à une mère certes aimante, mais possessive.
La disparition de son père dans sa prime adolescence le livre à l'amour de cette mère que l'on peut qualifier de castratrice : "Et je sentis soudain tout enveloppé par cet amour qui désormais se refermait sur moi." Et Lorsque cette dernière rend son dernier soupir, il avoue "s'abimer dans un gouffre d'amour, de détresse et de liberté." C'est à cette étape de sa vie en 1895 qu'il clôt cet ouvrage ; bien avant le succès dans sa carrière d'écrivain et la consécration avec le prix Nobel en 1947.
Si ce n'était la qualité de l'écriture, que la préciosité rend malgré tout un brin désuète même pour ce début de vingtième siècle, cet ouvrage autobiographique me rendrait le personnage fort peu sympathique. On y découvre un auteur qui ne cherche pas à plaire, à qui la liberté de ton est permise du fait de l'aisance matérielle dans laquelle le place sa famille ; et dont la liberté de moeurs, si elle pouvait être réprouvée par la morale de l'époque, serait condamnée par la justice d'aujourd'hui.
La culture classique indéniable et la qualité d'écriture ne sauraient être suffisantes à m'encourager d'approfondir la découverte de cet auteur. Mais peut-être n'ai-je pas commencé par l'ouvrage ad'hoc pour cela ?
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Alzie
  25 avril 2014
« Je n'écris pas ces mémoires pour me défendre, je n'ai point à me défendre, puisque je ne suis pas accusé. Je les écris avant d'être accusé. Je les écris pour qu'on m'accuse », écrit Gide dans son Journal le 19 janvier 1917.
L'enfance, l'adolescence et le début de l'âge adulte, sorte de confession, d'André Gide jusqu'à ses fiançailles avec sa cousine Madeleine Rondeaux, appelée Emmanuèle dans le livre. A sa publication, en 1926, Gide a cinquante-six ans, il y travaille depuis 1916. le livre est construit en deux parties. de l'enfance jusqu'au baccalauréat pour la première, après le bac jusqu'à ses fiançailles pour la deuxième.
La religion est très présente chez Gide, son arrière grand-père maternel est catholique et son grand-père élevé dans cette religion épouse une protestante ; leurs cinq enfants (dont la mère de Gide) sont élevés dans la religion protestante mais l'oncle Henri se convertit au catholicisme. Son père professeur de droit romain lui fait des lectures : l'Odyssée, Molière, le livre de Job et l'appelle son "petit ami". Il lui montre aussi les galeries que creusent les insectes dans les livres. Gide à onze ans quand il meurt. Sa mère prend ensuite toute la place dans son affectivité. Son "éducation rompue", selon ses propres termes, est partagée entre l'instruction à domicile avec des précepteurs (souvent pasteurs) et la fréquentation en pointillés d'institutions comme l'école alsacienne ou le lycée Henri IV l'année du baccalauréat (un trimestre !). Il apprend également le piano (seul Marc de la Nux, ancien élève de Liszt lui laissera un bon souvenir). Sa géographie familiale le mène de Paris où vivaient ses parents et où demeurera ensuite sa mère, à Rouen et sa région (La Roque, Cuverville : côté maternel), en passant par le midi : Uzès entre autre, région de sa grand-mère paternelle. C'est en Normandie qu'il rencontre fréquemment ses cousines et notamment Emmanuèle (Madeleine Rondeaux).
Gide se décrit sans complaisance comme un enfant nerveux s'inventant aussi des troubles qu'on qualifierait aujourd'hui de psychosomatiques, se voit comme un enfant peut-être stupide, "en jachère", "pareil à ce qui n'est pas encore né", "je ne comprenais pas ce que l'on me voulait, ce que l'on attendait de moi" p. 64 (zéro de conduite à l'école alsacienne dont il sera renvoyé trois mois pour "mauvaises habitudes" ! entendez masturbation notoire en public en dégustant des pralines. (C'est en rhétorique à l'école alsacienne qu'il se lie avec Pierre Louis (Louÿs). Il aime le Buch der Lieder de Henri Heine et lit un livre par jour l'année du bac !). le temps des vacances le ramène du côté de Rouen, auprès de ses cousines, où il a la révélation du "secret de sa destinée" : rendre heureuse l'une d'elles, Emanuèle, et l'épouser un jour (pour la consoler du chagrin qu'elle a eu en prenant connaissance de l'infidélité de sa mère, motif repris dans « La porte Etroite »). Après son bac qu'il obtient au rattrapage il part en voyage en Bretagne suivi par sa mère. Il a déjà en projet d'écrire un livre ce sera Les Carnets d'André Walter (qui paraîtront en 1891). C'est un flop. Il envoie son livre à Emmanuèle et la demande en mariage : refus. Ensuite, il entre dans "une selve obscure" selon ses mots (et le lecteur dans les entrelacs de ses conflits intimes) jusqu'à son voyage en Afrique avec Paul Laurens. Il fréquente toujours Pierre Louis qui le met en contact avec les milieux littéraires du Parnasse et du Symbolisme (Mallarmé, Heredia et consorts). Il succède à Léon Blum comme critique littéraire à la Revue Blanche, s'occupant des livres de prose.
« La morale selon laquelle j'avais vécu jusqu'à ce jour cédait depuis peu à je ne sais trop encore quelle vision plus chatoyante de la vie. Il commençait à m'apparaître que le devoir n'était peut-être pas pour chacun le même, et que Dieu pouvait bien avoir lui-même en horreur cette uniformité contre quoi protestait la nature, mais à quoi tendait, me semblait-il, l'idéal chrétien, en prétendant mater la nature » p. 275.
La deuxième partie est beaucoup plus courte, mais plus dense. Ici, Gide fait le récit de son premier voyage en Afrique en compagnie de Paul Laurens. Il est malade mais ne sait pas trop de quoi. Tuberculose ? Tunisie d'abord. Ce voyage prend des allures initiatiques en lui révèlant son orientation sexuelle pendant les six jours à Sousse. A Biskra, une tentative de "normalisation" avec une jeune Oulad Naïl, Miriem, s'avère infructueuse et rapidement suivie de ce que Gide appelle un "retombement". Mme Gide, inquiète de l'état de santé de son fils, les rejoint puis repart ! Les deux amis rentreront en France par la Sicile et l'Italie. Gide va se faire soigner en Suisse, puis après un bref séjour à Montpellier chez son oncle Charles il décide de repartir en Algérie. À Blidah il rencontre Oscar Wilde et lord Alfred Douglas (qu'il avait fréquenté à Paris et rencontré à Florence). Il a une aventure décisive avec un jeune musicien arabe, Mohamed. Rentré en France, il passe quinze jours avec sa mère qu'il retrouvera mourante en Normandie peu de temps après alors qu'il était parti la rejoindre et se fiance avec Emmanuèle. Tout à fait intéressant pour découvrir Gide dans tous ses paradoxes et dans la limpidité de style rare qui le caractérise. A lire sans aucun doute pour comprendre le « contemporain capital ».
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Citations et extraits (35) Voir plus Ajouter une citation
AlzieAlzie   25 avril 2014
Roger Martin du Gard, à qui je donne à lire ces Mémoires leur reproche de ne jamais dire assez et de laisser le lecteur sur sa soif. Mon intention pourtant a toujours été de tout dire. Mais il est un degré dans la confidence que l'on ne peut dépasser sans artifice, sans se forcer ; et je cherche surtout le naturel. Sans doute un besoin de mon esprit m'amène, pour tracer plus purement chaque trait, à simplifier tout à l'excès ; on ne dessine pas sans choisir ; mais le plus gênant c'est de devoir présenter comme successifs des états de simultanéité confuse. je suis un être de dialogue ; tout en moi combat et se contredit. Les Mémoires ne sont jamais qu'à demi sincères, si grand que soit le souci de vérité : tout est toujours plus compliqué qu'on ne le dit. Peut-être même approche-t-on de plus près la vérité dans le roman.
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oranoran   19 juin 2016
J'aimais passionnément la campagne aux environs d'Uzès, la vallée de la Fontaine d'Eure et, par-dessus tout, la garrigue.Les premières années, Marie, ma bonne, accompagnait mes promenades. Je l'entraînais sur le "mont Sarbonnet", un petit mamelon calcaire, au sortir de la ville, où il était amusant de trouver, sur les grandes euphorbes au suc blanc, de ces chenilles de sphinx qui ont l'air d'un turban défait et qui portent une espèce de corne sur le derrière ; ou, sur les fenouils à l'ombre des pins, ces autres chenilles, celles du machaon, ou du flambé qui, dès qu'on les asticotait, faisaient surgir, au-dessus de leur nuque, une sorte de trompe fourchue très odorante et de couleur inattendue.
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denis76denis76   01 juillet 2020
Ce stupide succès de récitation, et la réputation de poseur qui s'ensuivit déchaînèrent l'hostilité de mes camarades ; ceux qui d'abord m'avaient entouré me renoncèrent ; les autres s'enhardirent dès qu'ils ne me virent plus soutenu. je fus moqué, rossé, traqué.
Le supplice commençait au sortir du lycée.
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AlbinaAlbina   09 septembre 2019
« Rien de plus différent que ces deux familles ; rien de plus différent que ces deux provinces de France, qui conjuguent en moi leurs contradictoires influences. Souvent, je me suis persuadé que j’avais été contraint à l’œuvre d’art, parce que je ne pouvais réaliser que par elle l’accord de ces éléments trop divers, qui sinon fussent restés à se combattre, ou tout au moins à dialoguer en moi. Sans doute ceux-là seuls sont-ils capables d’affirmations puissantes, que pousse en un seul sens l'élan de leur hérédité. Au contraire, les produits de croisement en qui coexistent et grandissent, en se neutralisant, des exigences opposées, c’est parmi eux, je crois, que se recrutent les arbitres et les artistes. Je me trompe fort si les exemples ne me donnent raison.
Mais cette loi, que j’entrevois et indique, a jusqu’à présent si peu intrigué les historiens, semble-t-il, que dans aucune biographie que j’ai sous la main […] à quelques noms que je regarde, je ne parviens à trouver la moindre filiation sur l’origine maternelle d’aucun grand homme, d’aucun héros. »
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andrasandras   20 novembre 2017
Je crois que l'on eût pu dire de ma mère que les qualités qu'elle aimait n'étaient point celles que possédaient en fait les personnes sur qui pesait son affection mais bien celles qu'elle leur souhaitait de voir acquérir. Du moins je tâche de m'expliquer ainsi ce continuel travail auquel elle se livrait sur autrui; sur moi particulièrement; et j'en étais à ce point excédé que ne savais plus trop si mon exaspération n'avait pas à la fin délabré tout l'amour que j'avais pour elle. Elle avait une façon de m'aimer qui parfois m'eût fait la haïr et me mettait les nerfs à vif.
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Vidéo de André Gide
"André Gide parmi nous", par Henri Queffélec : première diffusion sur France Culture le 26 décembre 1969. Photographie : André Gide (1869-1951), écrivain français, et le masque de Giacomo Leopardi, rue Vaneau, à Paris. © Laure Albin Guillot / Roger-Viollet. Dans cette conférence, Henri Queffélec nous parle, entre autres choses, de l’influence de Gide sur la jeunesse - influence plus intellectuelle que littéraire -, sa brouille avec Claudel, son retour d’URSS et les retouches qui s’en suivirent…. « Beaucoup de choses à dire aux jeunes gens trop nerveux ou trop indociles »…
Source : France Culture
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