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EAN : 9791097515324
263 pages
LA TRACE (28/01/2020)
4.11/5   23 notes
Résumé :
Quelle est cette larme furtive qui coule depuis des années dans le cœur de chacun des membres de la famille Maurand ? Lorsqu’Hadrien apprend que son père, Louis, critique d’art renommé, est plongé dans le coma, il décide de se confronter à son destin balafré. Il part à Lyon retrouver sa famille qu’il a fuie depuis 10 ans.
Mais pourquoi Louis Maurand a-t-il adressé la veille de son accident un courrier à sa femme et a chacun de ses enfants ? Avait-il compris ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
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À l'image de sa sublime couverture, ce roman est un diamant brut d'où ruissellent des perles de larmes. Furtives car le chagrin est éphémère, puissantes car du chagrin peut naître un chef d'oeuvre quand il s'enracine dans vos veines.

Dans cette famille Maurand, ils sont quatre frères et soeurs. Maxime, l'ébéniste fantôme, Beatrice, la soeur amour, Stanislas, le violoniste bohème et Hadrien le vilain petit canard.
Ils ne se voient plus, chacun occupé à sa vie essayant de fuir une enfance difficile auprès d'un père autoritaire et peu démonstratif. Quand le patriarche Louis Maurand, célèbre critique d'art, se retrouve plongé dans le coma suite à un accident de voiture, la famille se retrouve, se rassemble au coeur de ce naufrage des coeurs abîmés.
Épouse et enfants recevront une lettre de cet homme que finalement chacun connaissait mal.

Ce roman m'a particulièrement émue, passionnée, bouleversée. L'écriture de Céline Guarneri est à la fois intense, gourmande et prodigieuse. Elle dissèque les liens familiaux donnant la parole tour à tour à cette famille marquée autant par l'absence d'un père de son vivant que par la mort de ce dernier. Céline Guarneri évoque le deuil, les non-dits, l'amour, le pardon avec art et délicatesse. Ses personnages sont terriblement attachants, animés, vivants. Ils ne manquent ni de verve, ni de répartie. Plus on avance dans l'histoire, plus la lumière fait force et loi.

Furtiva lacrima ou comment accoucher du beau dans les ténèbres du commun des mortels.

Flamboyant, magnétique et magnifique.
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Voilà 37 ans que Louis Maurand, critique d'art reconnu et réputé, subit sa vie. Qu'il se tait, qu'il porte le masque de père attentif et de mari dévoué à la perfection... Mais aujourd'hui, il a décidé de tirer un trait sur toute cette mascarade et, enfin, aller vivre sa vie. Avant cela, il prend le temps d'écrire à ses proches, notamment sa femme, Adèle, ses quatre enfants et son notaire. Des lettres qu'il s'empresse d'aller poster. Malheureusement, sur la route du retour, il loupe un virage. du fait de l'ampleur de ses blessures, il est plongé dans le coma... Hadrien, le benjamin trader, qui a coupé les ponts avec lui depuis 10 ans, laisse malgré tout sa petite amie à Paris et s'empresse de retrouver sa fratrie : Béatrice, l'aînée, peu épanouie dans sa vie maritale, et les jumeaux, Maxime, devenu ébéniste, et Stanislas, violoniste mondialement connu. Des retrouvailles qui vont, peu à peu, soulever des secrets et des non-dits familiaux...

Lorsqu'une famille se retrouve autour du patriarche, un homme imposant, froid, calculateur, mourant qui plus est, ce sont tous les non-dits, les rancoeurs, les mises au point qui refont surface. Autour de Louis, malgré le peu d'amour qui semble émaner de chacun, se réunissent pourtant tous ses enfants et sa femme. Des enfants que l'on découvre peu à peu, chacun avec ses forces, ses failles, ses secrets, ses chagrins. Si l'ensemble se révèle touchant, nous offrant de l'amour, de la tendresse, de beaux moments, cette lecture ne s'en trouve pas pour autant pleinement satisfaisante. La faute à tous ces aphorismes, ces phrases dénuées de sens parfois ou lourdes, ces généralités banales, ces hasards providentiels ou encore à cet épilogue décevant.
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Ouvrage reçu lors de la dernière opération Masse Critique, je tiens à remercier les éditions de la Trace ainsi que Babelio pour l'envoi de ce sublime ouvrage. "Furtiva lagrima", tel est le nom de ce dernier est telle est exactement le sentiment que je ressens en terminant cette délectable lecture. Oui, j'ai pleuré en découvrant certains passages mais des larmes de grâce, comme si l'auteure écrivait toutes les angoisses, les non-dits qui se trouvent profondément ancrés en moi et que depuis de trop nombreuses années, je n'arrive pas à faire jaillir hors de moi ni même à exprimer.

Combien de fois l'ai-je attendu ce "je t'aime" de la part de mon père et combien de fois n'a-t-il pas réussi à franchir le bout de ses lèvres mais contrairement aux protagonistes de cet ouvrage, le mien est encore vivant donc je vais simplement lui dire que j'ai besoin de l'entendre avant qu'il ne soit trop tard et que les remords laissent la place aux regrets ou du moins, si lui ne me le dit pas, moi je le lui aurais dit...

Bref, excusez-moi de cette petite introduction. Louis Maurand est un homme qui, en partant, laissera beaucoup trop de non-dits et notamment envers son plus jeune fils Hadrien et pourtant, Dieu sait qu'il l'a aimé ce fils qu'il n'avais pas revu depuis de nombreuses années, tout comme ses autres enfants, Béatrice et les jumeaux Stanislas et Maxime, chacun à leur manière et chacun pour des raisons différentes. A l'heure où il a décidé de tirer sa révérence en s'envolant vers une autre destinée (le destin en aura malheureusement décidé pour lui autrement), Louis avait décidé de laisser le plus beau des héritages à chacun de ces quatre enfants : une lettre personnalisé pour chacun d'entre eux et dans laquelle il exprime tout ce qu'il n'a pas été capable de dire au cours de sa vie. Cet homme qui était plus à l'aise avec des oeuvres d'art contemporaines auxquelles il a consacré sa vie qu'avec les membres de sa propre famille n'avait pourtant pas un coeur de pierre...loin de là mais il ne savait pas l'exprimer !

Un ouvrage puissant, extrêmement fort, admirablement bien écrit et que j'ai dévoré en deux jours (...et encore, j'ai fait traîner car cela aurait été une trop grande charge d'émotions pour moi en même temps mais pourtant, une fois plongés dedans, j'ai dû me faire violence pour m'octroyer des pauses dans ma lecture) ! A découvrir sans faute ! Je n'ai pas lu mes autres critiques de cet ouvrage avant de rédiger la mienne pour ne pas me laisser influencer mais ne manquerai pas de le faire et vous conseille d'en faire autant, tout comme avec la lecture de cet ouvrage qui, a lui seul, est une véritable oeuvre d'art , autant pour son fonds que pour sa forme (la couverture est tout simplement à couper le souffle) !
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Au soir de sa vie, Louis Maurand, critique réputé, fait le point sur son passé.

Dans sa galerie d'art, il aura épinglé au fil des années de nombreuses courbes féminines, étoiles d'un soir dans un ciel désert d'amour. Pourtant, sa Mona Lisa à lui continue de se peindre dans ses yeux comme une larme furtive, un doux souvenir, lointain et si présent à la fois, jamais accroché aux murs blancs de sa vie.

Père absent, vide de coeur, autoritaire et calculateur, il aura également préparé avec soin, sa vie durant, les encadrements de bois dans lesquels s'inscriront les vies professionnelles et sentimentales de ses enfants. Mais les toiles de leurs vies demeureront à jamais vierges de son amour paternel, tel un monochrome de Malevitch. Les projecteurs, Louis Maurand ne les partage pas.

Ce soir-là, pourtant, il leur écrira une lettre à chacun d'entre eux avant de quitter ce monde. Départ intentionnel ou fortuit ?

Après toutes ces années d'absence, d'indifférence et de non-dits familiaux, Béatrice, la préférée, Stanislas, le violoniste fils prodigue, Maxime l'artiste ébéniste et puis Hadrien, le vilain petit canard, partiront à la recherche de ce père de l'ombre et d'une vérité qui se dessinera jusqu'au bord des larmes...

Une Furtiva Lagrima...

Sur cet air d'opéra, laissez-vous emporter par la voix de Caruso dans cet Élixir d'amour familial...

L'écriture de Céline Guarneri est à la fois directe et poétique, imagée, métaphorique et analogique... Elle sculpte ses personnages avec justesse, émotion et tendresse et dépeint les entrelacs familiaux sur un air de tango triste, où l'exil est parfois la partition la plus facile à jouer.

Un très beau livre, rehaussé par une qualité d'impression supérieure et illustré, sur sa première de couverture, par Les Larmes d'Or, magnifique tableau de Gustav Klimt.

« Una furtiva lagrima
Negli occhi suoi spunto
Quelle festose giovani
Invidiar sembro
Che più cercando io vo'
M'ama, lo vedo
Un solo instante i palpiti
Del suo bel cor sentir!
I miei sospir, confondere
Per poco a' suoi sospir!
Cielo, si può morir!
Di più non chiedo »


Une larme furtive
A perlé dans ses yeux.
Elle semblait envier
La jeunesse en fête.
Que désirer de plus ?
Elle m'aime, oui, je le vois.
Pour un instant, sentir
Les battements de son coeur.
Mêler, pour un instant,
À ses soupirs les miens !
Ciel ! après cela, je peux mourir !
Je ne demande rien de plus...



Merci à Florence, Jean-Philippe et les Éditions La Trace pour l'envoi de ce livre.
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Tout d'abord, je tiens à remercier Babelio pour son opération Masse critique ainsi que les éditions La Trace pour l'envoi de ce livre qui est un magnifique objet. La couverture est tout simplement sublime : ce détail de tableau colle parfaitement au titre et ne peut que me plaire, moi qui adore Klimt.

Pour poursuivre, voici quelques réflexions personnelles au sujet des couvertures de livres.
Ces dernières années, on assiste à une course effrénée des éditeurs pour produire les plus belles couvertures possibles. Les plus attirantes, avec les photos les plus recherchées et travaillées.
Certains y voient un progrès, pas moi.
Je n'achète ou n'emprunte jamais un livre en raison de sa couverture.
Ce qui m'intéresse, c'est le texte, tout le texte, rien que le texte.
Pour moi, un livre c'est son contenu, pas son emballage.
Pour faire une comparaison : je préfère les tomates achetées au marché à un producteur local et glissées en vrac dans ce vilain papier kraft qu'utilisent les maraîchers, aux tomates insipides vendues en supermarché et joliment disposées dans une barquette rutilante.
Avec leurs couvertures soigneusement travaillées, les éditeurs veulent attirer les lecteurs. Cela marche, sans doute, mais pas pour moi.
Le contenu, rien que le contenu !
Un livre n'est pas (ne devrait pas être) un produit marketing ordinaire.
Un roman me séduit par ses mots, son style, ses pensées, ses personnages, sa construction, son originalité, son audace, sa virtuosité, sa richesse, sa sensibilité, sa force... bref, par son contenu. Pas par sa couverture, qui ne laisse préjuger en rien de la qualité de ce que je vais lire.
Un roman n'est pas ce que l'on appelle un "beau" livre. Ce n'est pas un livre de photos.
Un roman, c'est un texte.

De quoi nous parle-t-il ce texte ? D'une histoire de famille.
Ce genre de famille dans laquelle tout va bien en apparence mais dont les fissures apparaissent dès que l'on creuse un peu.
Un père absent, une énigme pour ses enfants. La vérité apparaît petit à petit au fil de chapitres donnant la parole tour à tour aux différents protagonistes de l'histoire.
La construction est habile et l'ensemble se lit vite mais ne me laissera pas un souvenir impérissable.
Sur le fond, il n'y a pas beaucoup d'originalité : les secrets de familles, les apparences trompeuses, sont des sujets vus et revus.
Sur la forme, à vouloir trop en faire, l'auteur est parfois à la limite du ridicule ("Les émotions, c'est fait pour sortir. Les cornichons aussi sortent du bocal un jour.") ou de la mièvrerie ("Que se passait-il quand on mélangeait une femme rouge d'excitation et un homme bleu de la peur de ne plus jamais pouvoir lâcher une main ? Ils devenaient violets, pardi ! Il ne leur restait plus qu'à aller écouter un album là où il l'avait laissé vingt ans plus tôt. Il se mit à pleuvoir. Purple Rain.")

En conclusion : un livre pas désagréable mais que j'ai trouvé bien loin du chef-d'oeuvre décrit dans de nombreuses critiques. Ce fut pour moi une pause sympathique entre deux lectures plus consistantes.

À propos de "furtiva lagrima", je vous recommande d'écouter et regarder l'opéra de Donizetti "L'elisir d'amore".
https://www.youtube.com/watch?v=_o4¤££¤20Sur Le15¤££¤
Vous pouvez voir la vidéo en entier, c'est une magnifique version. Pour le fameux air "Una furtiva lagrima", allez directement à 1h40'50". Rolando Villazon est au sommet de son art.
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Citations et extraits (32) Voir plus Ajouter une citation
Face au deuil, personne n'apprivoise la douleur de la même façon. Il y en a qui passent un permis moto pour compenser l'engourdissement invasif du chagrin ; d'autres sautent à l'élastique pour lutter contre le vide laissé par l'absent ; et d'autres encore plaquent tout et partent vivre à l'étranger, croyant échapper à la douleur, délocaliser l'oubli et produire de la joie à moindre coût. Aux yeux d'Hadrien, c'était pur gaspillage d'énergie. Quoi que l'on fasse, on est contraint d'endosser une nouvelle identité. On devient « un-qui-reste ». Rien ni personne ne pourrait changer cela en cette seconde.
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La mémoire devrait pouvoir être inflammable. Un peu d’essence, on craque l’allumette et hop, on oublie ce foutu désarroi ! Ça peut brûler les entrailles, le manque de quelqu’un. Comment conserver le sens d’une vie et son pétillement quand on vacillait à l’intérieur de son propre corps et que ça pleurait dans les veines ?
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- Sans indiscrétion, je peux savoir ce que vous venez chercher dans le quartier des Halles ?
- J’ai toujours aimé cette expression.
- Laquelle ?
- Sans indiscrétion. Chaque fois que l’on introduit une phrase par ces mots, on affiche clairement ses intentions.
- Et quelles sont mes intentions selon vous ?
- Me convaincre d’aller boire un verre. Ensuite vous me parlerez de votre bibliothèque, vous voudrez me conduire jusqu’à elle et vous me classerez sur ses rayonnages comme une conquête de plus du séducteur des souterrains de Paris.
- « Conquête trop aisée est bientôt méprisée ».
- Monsieur cité Shakespeare, waouh, je suis impressionnée !
- C’est vrai ? l’avait interrogée Hadrien, l’air triomphant.
- Non. Je l’aurais été si vous aviez cité la pièce et l’auteur de la réplique.
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La mort interrompt les mensonges que l'on se raconte à soi-même et nous met face à cette imperceptible torsion que nous faisons subir à la vérité. Il n'y avait plus de père à retenir, ils le savaient tous. Les morts ne reviennent pas. Les vérités, en revanche, ont leurs chemins de traverse. Elles reprennent vie trop vite et laissent les vivants rentrer seuls dans le noir.
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Une petite enveloppe couleur crème l’attendait sagement dans la boites aux lettres. L’écriture sur le petit rectangle de papier aurait dû lui être familière, mais elle ne l’était pas. L’expéditeur n’avait appris l’alphabet de la sincérité que quelques jours plus tôt. (...)

La petite enveloppe se sentit encore plus orpheline et triste qu’au matin. Mais n’était-ce pas son destin d’abriter des éventails d’excuses, de révélations, de regrets et de prendre le risque d’être ignorée ou jetée sans être ouverte ?

Le chagrin que contenait l’enveloppe endormie contre le flanc des publicités pour livraisons à domicile était de taille. Il était gros, très gros ce chagrin. C’est pour cela, sans doute, que le grammage du papier était épais.
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