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ISBN : 2375680332
Éditeur : Editions du chat noir (03/04/2017)

Note moyenne : 3.71/5 (sur 14 notes)
Résumé :
Mesdames et Messieurs ! Jouvenceaux et jouvencelles ! Petits et grands ! Approchez, approchez ! Venez assister à un spectacle unique en son genre. Notre cirque vous ouvre ses portes et dévoile ses mystères. »
À chaque prestation, les monstres de foire enchantent les spectateurs : l’enfant funambule, le dompteur de fauves et la charmeuse de serpents, clowns et jongleurs, sans oublier l’effroyable homme sans visage…
Mais que se passe-t-il au cirque Andre... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
Artelode
  12 avril 2017
Tragic Circus de Cécile Guillot et Mathieu Guibé
Un conte horrifique et touchant
L'univers circassien traverse la littérature et les arts. Qu'on l'aime ou qu'on le déteste, il laisse rarement indifférent. "Tragic Circus" nous fait vivre un incroyable voyage, en forme d'aller simple, à travers nos joies et nos peurs ancestrales. Il nous laisse pantois devant la justesse des mots qui sondent l'âme humaine, révélateurs de sa complexité, de sa cruauté, de sa beauté aussi. Il participe du renouveau contemporain du merveilleux en tant qu'il façonne un espace singulier et impitoyable régi par ses propres règles. Espace public et espace intime s'y mêlent subtilement, au risque que l'on s'y perde. D'un côté, ce sont les feux de la rampe, avec les rires, les respirations suspendues et les tonnerres d'applaudissements qui accompagnent les représentations. de l'autre côté, les coulisses se dévoilent tels les reflets de fêlures personnelles et autant de fantasmes profondément enfouis. Tout est exacerbé – non-dits, drames individuels ou collectifs, sentiments, révélations – dans ce roman aux couleurs étonnantes dont Mina M a su, une nouvelle fois, saisir l'essence et la magie.   
Les plumes de Cécile Guillot et de Mathieu Guibé offrent un huis clos sous haute tension, dans lequel la thématique de l'enfance – perdue ou retrouvée – occupe une place de choix. Rien d'étonnant, si l'on en croit les propos de Guillemette Tison autour du cirque en littérature :
"Dans les romans qui en parlent, l'enfant est un personnage privilégié, ce qui peut s'exprimer en termes d'espace : sous le chapiteau circulaire, l'enfant « circule », volé, vendu, donné ; ou, sédentaire, il rêve de s'évader avec la troupe. La vie du jeune saltimbanque relève à la fois de la formation et de la déformation, physique, morale. Mais le cirque est aussi pour l'enfant un lieu de passage : la parade qui défile ouvre sur bien des rêves, le clown incarne l'ailleurs. Lieu des étapes essentielles de la vie, le cirque apporte souvent l'amour, voire la mort. La vraie évasion est plus symbolique, c'est celle qu'expriment les poètes, évoquant le saut dans les étoiles qui libère l'enfant, tout comme l'artiste, de la pesanteur et de la quotidienneté. le cirque est bien, pour tout spectateur, pour tout lecteur, un espace d'enfance." (Guillemette Tison, Maître de conférences honoraire à l'Université d'Artois, Source CNDP)
À part Léon, qui assiste au spectacle dans le prologue, tous les personnages sont adultes ou presque…
Des personnages insaisissables et pourtant…
Deux histoires, parallèles semble-t-il, nous sont contées. Les chapitres alternent pour donner voix à l'une ou à l'autre. Pierre et Hortense se rencontrent, s'aiment, partagent leur amour pour la musique. Et puis, ça dérape, petit à petit, par glissements quasi imperceptibles et très bien amenés. Cãtãlina intègre le cirque, y fait la rencontre d'étranges personnages cabossés par la vie, malmenés par un directeur aux moeurs plus que douteuses. Son extrême sensibilité, héritée de sa mamaia, la pousse à oeuvrer pour réunir cette « grande famille » dont elle fait désormais partie. Mais les roulottes des uns et des autres, pourtant proches, abritent d'inavouables secrets. Ophelia – la funambule de la troupe, son histoire, ses motivations, ses choix ou ses non-choix cristallisent l'inconfort du lecteur. Femme-enfant, femme-objet, elle entretient avec les autres des relations qui ne tiennent qu'à un fil. C'est ce qu'elle sait faire d'ailleurs. Mais jusqu'où peut-elle aller ainsi ? Où se trouve la limite entre la normalité et l'anormalité ? Nul ne peut répondre à cette question que le roman ne cesse de poser au lecteur.
Des personnages insaisissables et pourtant… ils évoluent ensemble, dans un milieu où leurs tares – leur art ? – constituent à la fois leur marque de fabrique et leur monnaie d'échange, condition de leur survie finalement. On se rend compte très vite qu'ils sont prisonniers du monde effroyable, qu'ils dépendent les uns des autres au point de taire certaines pratiques abominables. Même Cãtãlina se heurte à des résistances qu'elle juge incompréhensibles. Qui est le pantin de qui ?
J'ai été saisie (d'effroi) par la fin implacable, sans concession. Je n'en dis pas plus. Il faut lire le livre pour la découvrir. Évidemment.
Le cirque n'est pas votre tasse de thé ? Et si l'amour, le langage et la musique l'étaient davantage…
"Il leva alors son archet et se mit à caresser les cordes de son violon. Les notes s'égrenaient, suaves et inspirées. Hortense se balançait tendrement au rythme de la mélodie puis, le moment venu, y apposa sa voix. Une voix pure et cristalline de soprano, une voix divine qui allait à merveille avec ses traits délicats. À chaque fois que Pierre entendait ce timbre mélodieux, son coeur chavirait d'amour. La mélopée se fit plus intense, plus dramatique, plus lourde même, et le chant se nuança en devenant plus aérien. […] Soulagé mais toujours concentré, le virtuose posa son violon, qu'il troqua contre un piano à queue pour le morceau suivant. Dans la musique, sa femme l'entraînait dans un autre univers où ils n'étaient plus que deux, il s'y laissait bercer par le chatoiement des notes tandis que ses doigts continuaient à chatouiller le clavier, comme mus par une volonté propre."
Bien sûr, la thématique du cirque traverse le roman. Mais c'est le milieu artistique élargi, la vie même, qu'il faut considérer ici. Les voix, les silences, le langage du corps des personnages se mêlent au fil des pages et dessinent les contours de la tragédie. L'homme sans visage – le taiseux, Miss Audrey – la poupée d'Adam le ventriloque – y ont toute leur importance et leur place. Les rôles secondaires n'existent pas. Comme dans la vraie vie.
"Tragic Circus" est un COUP DE COEUR, que j'ai dévoré en deux soirées, déraisonnable que je suis… Mais, à ma décharge (oui, quand même !), le suspense est tel qu'il est très difficile d'arrêter la lecture. Encore un chapitre et je lirai la suite plus tard… Non, ça ne marche pas comme ça… Les chapitres courts, le rythme et les rebondissements accrochent, l'écriture poétique enchante et l'on n'a pas envie de briser ce fil ténu qui nous relie d'une manière ou d'une autre à chacun des personnages.
Une pépite !
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FungiLumini
  04 mai 2017
Une magnifique couverture réalisée par Mina M et un duo d'auteurs que j'apprécie énormément, il ne m'en fallait pas plus pour me jeter sur Tragic Circus ! le thème du cirque (et plus encore celui du Freak Show) m'intéresse particulièrement et j'espérais bien retrouver cette ambiance typée étrange, mais fascinante, dans ce livre.
Le récit se découpe en deux narrations qui se rejoindront plus tard : celle de Pierre, un musicien sans un sou qui rencontre Hortense, une jeune femme de la noblesse avec une voix enchanteresse, et celle de Cătălina, jeune voyante et guérisseuse qui vient d'intégrer la troupe du cirque Andréani.
Le prologue nous plonge directement dans l'univers à la fois enchanteur, mais aussi un peu effrayant, du cirque. On découvre un à un les différents artistes de la troupe Andréani alors qu'ils se produisent sur scène, sous les yeux ébahis d'un petit garçon. Il y fera une rencontre qui le hantera toute sa vie…
Cătălina est une jeune femme qui recherche désespérément le contact humain depuis la mort de sa grand-mère. Elle maîtrise les arts de la divination et de la guérison par les plantes et c'est donc tout naturellement qu'elle va se tourner vers la troupe Adréani pour essayer de fonder un nouveau foyer. Tout ne se passe cependant pas comme prévu : Cătălina est certes belle et intelligente, mais elle est aussi naïve quant aux relations sociales et se laisse trop facilement manipuler par tout le monde. Même si elle vient d'arriver, les artistes ne lui font pas de cadeau et elle va vite déchanter quant à son envie de faire de cette troupe sa nouvelle famille. Son don de voyance va aussi lui faire découvrir de sombres secrets malsains, enfouis depuis longtemps et qui mettent mal à l'aise.
Si ce récit semble au premier abord plutôt réaliste, des petites touches de magie apparaissent au fil de l'histoire et parsèment le texte de moments envoûtants et poétiques. Attention toutefois que la magie n'est pas toujours bénéfique et peut jouer de mauvais tours, surtout à ceux qui ne la maîtrisent pas.
Si j'ai beaucoup aimé la partie concernant le monde du cirque, j'ai trouvé le début de l'histoire concernant le duo Pierre et Hortense un peu simple. C'était certes une histoire d'amour toute mignonne, mais sans plus. J'ai commencé à vraiment apprécier leur récit quand les narrations se rejoignent.
J'ai aussi un peu regretté le fait que les personnages du cirque ne soient pas beaucoup développés. Si on en apprend beaucoup sur la voyante, le directeur ou l'enfant funambule, l'histoire derrière des artistes tels que Ashera la charmeuse de serpents ou encore Adam le ventriloque sont à peine survolées, alors qu'ils semblaient être des personnages fascinants.
On retrouve dans ce texte la douceur de la plume de Cécile, ainsi que sa maîtrise des codes du monde de la sorcellerie, mais aussi la griffe sombre et poétique, parfois cruelle de Mathieu. J'ai aussi beaucoup aimé le final de ce livre, digne d'un bon épisode d'American Horror Story !
Le prologue était exactement dans le ton de ce que j'attendais de ce livre. L'histoire s'est ensuite assagie, toujours envoûtante et intrigante, mais plus assez étrange à mon goût, à quelques exceptions près. le final m'a surprise et énormément plu ! J'ai passé un bon moment au cirque Andréani, j'ai aimé retrouver la plume de Cécile et Mathieu et leurs univers sombres, romantiques et poétiques, même si j'aurais aimé explorer plus encore le côté sombre de chaque personnage.
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DawnG
  09 mai 2017
Une excellente lecture !
Cătălina est une jeune sorcière roumaine qui n'a comme seuls biens que sa roulotte et tout ce que lui a appris sa grand-mère une drabarni, une diseuse de bonne aventure. Seulement, même si Cătălina est très douée, la charmante jeune femme, n'a pas le contact aussi facile avec la clientèle que sa mamaia et ses affaires ne vont pas bien. Elle survit, plus qu'elle ne vit et ne voit pas d'autre solution que de chercher protection, couvert et salaire auprès d'un cirque. Elle postule donc auprès d'Andreani. le M. Loyal ne lui fait pas bonne impression, quelque chose chez lui la met mal à l'aise mais elle veut s'en sortir et rompre avec sa solitude. Il accepte de la prendre dans son cirque. Elle va alors découvrir ses nouveaux collègues, aussi étrange les uns que des autres : une étrange jeune funambule, un ventriloque et sa poupée aussi vraie que nature, un clown dépressif,… et un mystérieux homme isolé et triste, l'homme sans visage.
En parallèle, le lecteur va découvrir la rencontre entre Pierre, violoniste de talent mais qui ne parvient pas à percer dans le milieu et Hortense une jeune fille de bonne famille qui possède une grâce et un véritable don pour le chant. Leur association va peut-être leur permettre de percer dans le métier. Pierre rêve de se produire au prestigieux Opéra Bach…
Le lecteur comprendra assez rapidement que les destinées des personnages de Pierre, Hortense, Andreani et Cătălina vont être liés…
Ce roman court est vraiment très bien écrit. Les deux auteurs réussissent à faire transparaître le malaise de la jeune voyante. Il y a quelque chose qui cloche dans ce cirque et progressivement on partage son mal être et on se demande bien ce qui va nous être relevé. L'histoire est très bien menée et même si j'ai rapidement compris ce qui se tramait, les pages se tournent toutes seules et j'ai été happé dans ce récit teintée de symboles et de drames. J'avais envie de savoir ce qui allait se passer ensuite. C'est beau et triste. L'univers décrit est à la fois mélancolique et macabre, on sent la tragédie poindre, inéluctable mais on se prend à espérer.
Même si le roman est assez court et se lit rapidement, la psychologie des personnages est bien travaillée. C'est le gros point fort du roman. On découvre des personnages touchants et singuliers. Chacun est pourvu d'un don qui fait sa force mais qui couvre à peine les blessures, fêlures ou autres coups du sort. Cătălina va vite comprendre que les coulisses de ce cirque ne sont pas aussi fastueuses que l'image véhiculée par cet univers. L'envers du décor est étrange, rempli de non dit et tragédie. Les auteurs ont réussi à dépeindre les personnages en peu de pages mais avec une réelle intensité. Par exemple, un personnage (ou plutôt un duo) m'a fichu la chair de poule… Et j'en ai détesté un autre. Pour un 3ème, j'oscillais entre admiration et dégoût. Les impressions, les sentiments, la détresse ou l'espérance des personnages sont incroyablement bien retranscrits par les deux plumes des auteurs qui se marient à merveille.
Les deux auteurs ont réussi à créer deux ambiances à la fois sombre et lumineuse, noire et colorée. Un récit habillement structuré avec une pointe de mystère et de magie, équilibré et fluide, j'ai beaucoup aimé. Il se dégage de ces lignes une musicalité, une mélancolie, un romantisme, un fatalité et un parfum d'étrangeté qui collent très bien aux styles de Cécile Guillot et Mathieu Guibé. Une jolie réussite. J'ai hâte qu'ils nous écrivent à nouveau un récit à « 4 » mains.
Lien : https://lesdecouvertesdedawn..
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Emilie_Milon
  09 mai 2017
Tout d'abord, l'objet livre est très beau, accompagné d'une magnifique couverture et d'un revêtement agréable au touché. Chaque chapitre a un en-tête illustré et les bas de pages sont parsemés d'étoiles. le tout fait donc très soigné ^^
Nous suivons les aventures de Cătălina, diseuse de bonne aventure, qui se retrouve seule à la mort de sa grand-mère et va vouloir travailler dans le cirque Andréani afin de gagner un peu sa pitance en compagnie d'autres personnes. La surprise c'est que nous suivons aussi Pierre et Hortense, un couple d'artistes sans un sou qui ont tout quitté pour vivre de leur passion.
Alors que Cătălina souhaite trouver sa place et aider son prochain sans trop savoir dans quoi elle met les pieds, Pierre et Hortense ne rêvent que de vivre de leur art. Dans une grosse première moitié, nous apprenons à connaitre ces personnages. Nous découvrons comment Pierre et Hortense se sont connus et ont, enfin, atteint leurs objectifs. de l'autre côté, nous faisons la connaissance du cirque et de ses occupants qui sont plus complexes qu'il n'y paraît. Tous ont un don dont ils souffrent. le cirque, vendu comme une grande famille, fourmille de non-dits, de secrets tragiques et de destins brisés. le tout chapeauté par Andréani, un directeur sordide, pervers et malveillant. Honnêtement, en tant que femme, j'ai été très gênée à chacun de ses petits gestes déplacés, ce qui prouve à quel point je m'étais bien identifiée à Cătălina.
Pendant donc toute une partie du récit, nous restons dans l'étrange mais sans vraiment de surnaturel et nous survolons l'horreur. Petit à petit, les choses se dégradent du côté de Pierre et Hortense et cette partie a été très subtile et terriblement humaine. Tous les sentiments de Pierre, je les ai ressentis. Impossible de ne pas le comprendre, impossible de ne pas jalouser Hortense alors qu'elle est pourtant l'incarnation de la gentillesse. le lecteur tombe dans la même spirale que Pierre.
Je vais m'arrêter là car après je vais trop spoiler. En tout cas, si une bonne partie du roman est parsemée de touches malsaines, glauques et dérangeantes, la fin est bien plus sanglante. le tragique prend alors toute sa signification. L'horreur ne provient pas seulement des monstres de foire mais bel et bien de l'esprit humain. Personne n'est épargné et le tableau d'ensemble dépeint toute une palette de défauts Toutefois, il reste une touche d'espoir, représentée par Cătălina.En dépit des thèmes traités, ce n'est pas une lecture plombante ou déprimante.
En conclusion, c'est un roman qui, malgré son format court, arrive à traiter de beaucoup de thèmes. le lecteur ne ressort pas indifférent face à la détresse des personnages ainsi qu'aux horreurs qui sont décrites, aussi bien physiques que psychologiques. Les plumes et univers combinés des auteurs nous offrent un récit où la beauté côtoie l'innommable, où l'espoir est mis à rude épreuve par la jalousie, l'ambition et les regrets. le lecteur s'interroge aussi sur ses propres motivations, ses propres rêves et le prix à payer pour parfois y parvenir.
Lien : http://dryade-intersiderale...
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Elyza
  23 mai 2017
Tragic Circus faisait parti des sorties du mois d'avril qui me tentait beaucoup. Prenez une couverture sublime, un univers intrigant, celui du cirque, la promesse d'une histoire étrange bourrée de mystères et j'étais alléchée. Merci aux éditions du Chat noir et également à Babelio de m'avoir permis cette lecture.
Catalina est une diseuse de bonne aventure. Vivant seule dans sa roulotte à l'approche de l'hiver et confrontée à des problèmes financiers, elle va proposer ses services au cirque itinérant Andriani. Engagée sur le champ, elle va toutefois se rendre compte qu'une fois le rideau tombée, le strass et les paillettes s'effacent pour laisser la place aux monstruosités en tous genres. Pourra-t-elle s'y accoutumer?
Il s'agit d'un roman court (un peu plus de 200 pages) qui semble hors du temps tellement le ton est sombre et dramatique. Dès les premières pages on devine que l'histoire ne va pas respirer la joie de vivre et cela se vérifie rapidement lorsque Catalina va se retrouver confrontée à ses étranges collègues de travail. Les employés du cirque sont tout à la fois atypiques, troublants et horribles, ils ont su aussi bien m'envoûter que me repousser. Il faut reconnaître aux deux auteurs un talent certain pour immerger leur lectorat dans une ambiance particulière et contradictoire: à la fois feutrée et exubérante d'un cirque.
L'histoire alterne d'un chapitre sur l'autre entre les débuts de Catalina au Cirque Andriani et entre la carrière de musicien de Pierre et celle de chanteuse de sa femme Hortense. Les débuts de chapitres sont d'ailleurs illustrés soit par un petit chapiteau, soit par un violon afin que le lecteur sache à quels personnages il a à faire (ça reste un détail mais la mise en page soignée est très appréciable). Les parties concernant Pierre et Hortense m'ont un peu déstabilisé parce que j'ai été assez longue à deviner le rapport qu'ils pouvaient entretenir avec le cirque Andriani. Je n'ai d'ailleurs pas du tout accroché au personnage de Pierre qui est foncièrement antipathique et sous ses dehors aimants est en réalité jaloux du talent de sa femme qui fait de l'ombre à sa carrière.
Si j'ai trouvé le récit d'emblée assez sombre, ce n'est rien comparé au dernier tiers du livre. Véritable petite histoire horrifique, les auteurs semblent ne rien vouloir nous épargner. de rebondissements en révélations, la cadence s'est brutalement accélérée et même si j'ai fini par deviner seule les tenants et aboutissants de l'intrigue j'avoue ne pas avoir été favorable à la fin qui m'a été servie.
En résumé, Tragic Circus est une histoire emprunte de noirceur qui évoque tour à tour les thèmes de l'échec et du succès entre représentations sous les feux de la rampe et drames personnels dans les coulisses. Je ressors mitigée de cette lecture tragique car à aucun moment je ne me suis sentie proche des personnages entre leurs moeurs douteuses et leurs nombreux et sordides secrets. En dépit des chapitres rythmés et de l'ambiance étonnante de l'histoire, je n'ai malheureusement pas été pleinement convaincue.
Lien : http://elyzalecturesenchante..
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
Ichirin-No-HanaIchirin-No-Hana   28 juin 2017
- Comment vous appelez vous ? Je suis sûr qu'un jour je verrai votre nom sur une affiche.
- Pierre. Pierre Amar. Je n'ai pas besoin de vous demander votre nom, mais pourrez vous me pardonner l'audace de vous demander votre prénom...
- Hortense... Mais pourquoi mon nom vous est-il indifférent ? Le connaîtriez-vous déjà par hasard ? Me suiviez-vous ?
- Nullement. Mais ce jour où vous surprendrez mon nom sur une affiche, votre prénom sera à mes côtés et j'espère que nous partagerons le même patronyme.
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FungiLuminiFungiLumini   04 mai 2017
Les seules musiques qu’elle connaissait étaient les chansons que lui chantait sa grand-mère ou le violon des Tsiganes. Les histoires gitanes qui y étaient contées avaient souvent une douce amertume. Elle ressentait la même chose à l’écoute de cette mélopée, l’enchaînement des notes était simple, presque de l’ordre d’une berceuse, et c’était peut-être sa simplicité qui lui donnait sa force. Une force ravageuse, qui vous balayait l’âme.
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Ichirin-No-HanaIchirin-No-Hana   26 juin 2017
Mesdames et Messieurs ! Jouvenceaux et jouvencelles ! Petits et grands ! Approchez, approchez ! Venez assister à un spectacle unique en son genre. Notre cirque vous ouvre ses portes et dévoile ses mystères.
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FungiLuminiFungiLumini   04 mai 2017
Dès le premier instant, Pierre l’avait aimée pour son talent. Ne serait-ce que son timbre, avant même de l’avoir vue, de l’avoir rencontrée. Une sorte d’épiphanie que seule l’âme d’un artiste peut ressentir devant le complètement qui l’unit à l’autre. Elle était pour lui sa voix, et à cet instant, il ne voulut que devenir sa musique.
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L'aube de la Guerrière de Vanessa Terral, Un roman aux éditions du Chat Noir Troisième tirage maintenant disponible www.editionsduchatnoir.com
Musique : L'ombre du groupe Kells (avec l'aimable autorisation du groupe) Illustrations : Cécile Guillot & Miss Gizmo
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