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EAN : 9782847209433
Éditeur : Gaïa (04/09/2019)

Note moyenne : 3.47/5 (sur 18 notes)
Résumé :
Aminah a quinze ans et guette les caravanes de marchands pour vendre un peu de nourriture pour sa famille. Jusqu’au jour où son père disparaît, ce qui la met à la merci des autres tribus. Wurche est une princesse, fille têtue d’un chef qui terrorise la région de Gonja en pleine apogée du commerce d’esclaves.

Les cent puits de Salaga se déroule au Ghana dans la période pré-coloniale. Sur fond d’esclavage, de relations entre Africains, et de commerce en... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
VALENTYNE
  26 septembre 2019
Afrique - XIXème siècle.
Premier chapitre : Aminah, adolescente, prépare et vend de la nourriture aux personnes de passage dans son village, tout en s'occupant de ses petites soeurs, des jumelles.
Dans son village de Botu, circulent des rumeurs : des cavaliers enlèveraient des personnes pour les « vendre » en tant qu'esclaves.
Deuxième chapitre: à Salaga, Wurche est la fille du roi : elle assiste à des courses de chevaux et à des négociations entre son père et des tribus voisines. Elle a, comme Aminah, une quinzaine d'année...
Chaque chapitre commence par le prénom d'une des deux adolescentes, l'auteure va nous raconter le passage  à la vie adulte de ces jeunes filles, qui n'ont en commun que leur âge et leur lieu de naissance : un village pas très éloigné de l'océan en d'Afrique de l'ouest (une contrée qui ne s'appelle pas encore le Ghana).
Qu'elle soit fille de roi ou de cordonnier, leur destin est tracé: épouser l'homme désigné par leur famille ou les alliances futures... jusqu'au jour où, pour Aminah, le monde s'effondre : elle est emmenée par les marchands d'esclaves ...avec ses soeurs, sa maison est brûlée ainsi que tout son village...
J'ai aimé l'aspect historique de ce livre : il y a beaucoup de livres qui ont pour toile de fonds la traite des esclaves en Amérique mais finalement peu en Afrique : l'histoire se passe à la fin du XIX ème siècle, on apprend au fur et à mesure que l'esclavage a été aboli en Europe et aux États Unis mais perdure en Afrique. De plus, les européens essaient de s'attirer les bonnes grâces des africains : anglais, allemands, français c'est à qui l'emportera pour s'allier les peuples africains : guerre fratricides et divisions au rendez vous ...
Côté personnages il sont également convaincants , j'aurai aimé en savoir plus sur Moro, fils d'esclaves devenu chasseur d'esclaves à son tour. Il est conscient du «mal » que représente l'esclavage sans savoir comment faire la transition... quant aux deux personnages principaux, Wurche m'a séduite par sa volonté et sa fierté et Aminah par sa douceur et son opiniâtreté...
En conclusion : un moment de lecture dépaysant et instructif.
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Realita18
  21 octobre 2019
J'ai commencé ce roman sans en avoir lu la quatrième de couverture, mais en sachant que j'étais rarement déçue par les romans des éditions Gaïa. Je craque toujours pour leur littérature scandinave et c'était bien la première fois que je m'éloignais de ces pays de grands froids pour tester une autre zone géographique de leur catalogue.
Ce fut comme d'habitude un grand plaisir de lire l'un de leurs romans, je n'ai pas vu le temps passer et le livre fut fini en quelques instants. C'était mon premier roman ghanéen et je pense que ce ne sera pas le dernier. J'ai beaucoup aimé découvrir un pays que je connaissais pas du tout et surtout cette époque de précolonialisme où l'esclavagisme était toujours de rigueur. La ville de Salaga m'a clairement fait penser aux villes d'esclaves que l'on pouvait voir dans Game of Thrones. Des villes qui glacent le sang car leur commerce est basé majoritairement sur le trafic d'humains.
Dans ce roman, on suit deux adolescentes qui deviennent des femmes trop tôt. L'une d'elle est la princesse d'un clan royal. C'est une jeune femme qui sait ce qu'elle veut, qui veut prendre part aux décisions politiques de son père, qui ne veut pas se marier et qui a une forte attirance pour les femmes. Malgré son impétuosité, elle se retrouve emprisonnée dans un mariage arrangé. L'autre jeune femme est née dans un petit village du Ghana au sein d'une famille simple et aimante. Parti vendre ses chaussures dans d'autres villes, son père ne reviendra jamais. Elle se retrouve à devoir assurer la subsistance de sa famille jusqu'à ce que des chasseurs d'esclaves viennent mettre le feu à son village et embarquer les jeunes enfants et adultes. Elle va alors connaître la vie d'esclave, arrachée à sa famille.
Peu importe le milieu d'où elles viennent, elles ont toutes les deux fait parties de famille aimantes qui sont enchaînées à leurs traditions. Elles se retrouvent sacrifiées au nom de leur famille ou à cause de la cruauté de l'humain.
Les personnages secondaires sont quant à eux très bien décrits et tout aussi attachants. le destin ne les épargne pas non plus et on regrette à certains moments de ne pas en savoir plus sur eux.
J'ai passé un très bon moment aux côtés de Wurche et Aminah.
Lien : https://www.labullederealita..
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Guilherme
  12 octobre 2019
Un peu déçu par une intrigue trop simple et des personnages trop caricaturaux. Tout est finalement un peu superficiel. Surtout, l'amitié entre deux femmes qui est vendue dans la 4ème de couv (l'argument qui m'a fait acheté ce livre, j'avais très envie de voir développer le thème de la sororité) n'est d'après moi qu'une vaste arnaque et n'existe tout simplement pas.
Lecture plutôt agréable malgré tout, rattrapée par l'argument que Ayesha Harruna Attah développe sur l'esclavage intra-continental. Réflexion intéressante sur les mécanismes ayant mené certains africains à travailler eux-même à l'asservissement de leur continent. Mais là aussi, une petite déception. Selon moi, les causes profondes de cet esclavage inter-africain ne sont pas suffisamment exposées. Elles le sont, mais un lecteur Européen malavisé pourrait s'y tromper. Mais finalement nous (Européens) ne sommes pas le premier public visé. L'auteure s'adresse d'abord à ses compatriotes.
Malgré tout, pour un lecteur rapide qui pourrait penser : "Ah! comme quoi il n'y avait pas que les Européens, donc au fond ça va, tout le monde est pareil". Non. Les structures économiques et sociales du continent, et notamment de la Côte d'Or, sont profondément changées par la demande colossale en esclaves des Européens. La mise en place d'une telle structure pour répondre à la demande n'a pas pu être démantelée en un claquement de doigt, et perdure après la fin "officielle" du commerce transatlantique (les guillemets parce qu'on rappelle que les Etats sudistes américains pratiquent l'esclavage encore longtemps après, sans parler du Brésil, dernier pays à l'abolir - il y avait donc encore de la demande, et on payait à prix d'or car les patrouilles de la Royal Navy rendaient le "bien" plus rare...).
Lecture en demi-teinte donc. En tout cas, de la jeune génération d'auteures d'Afrique de l'Ouest anglophone, il y en a bien d'autres que je recommande avant :
- Going Home, Yaa Gyasi
- Under the Udala Tree, Chinelo Okparanta
Et bien sûr tous les livres de Chimamanda Ngozi Adichie (là vous pouvez foncer, on tient l'une des prochaines prix Nobel)
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mayim
  30 janvier 2020
Ce livre traite d'une période intéressante de l'histoire de l'Afrique. L'esclavage va être aboli en Occident mais il perdure encore comme part importante de l'économie sur le sol africain. C'est la période précoloniale mais les Européens sont déjà bien présents et cela perturbe l'équilibre déjà précaire entre les familles royales africaines qui se font la guerre. Leur présence redistribue les cartes du jeu politique local et permet vengeances et conquêtes.
A côté de cela, on suit les vies de deux jeunes femmes qui vont se rencontrer. Tout les oppose : l'une est une princesse, l'autre une esclave. Mais ce sont deux femmes fortes, en quête de liberté. Chacune à sa manière lutte contre la loi des hommes, pour trouver sa place et pour reprendre la maîtrise sur son destin.
Je suis déçue par ce livre car l'annonce est accrocheuse mais j'ai trouvé que ce n'était pas abouti. L'histoire est très longue à démarrer et la politique des cours royales africaines prend trop de place dans le récit au détriment des émotions. Quant aux protagonistes principaux, je les ai trouvés figés ou alors ils changent soudain de comportement sans que je comprenne pourquoi. Plutôt que de nous faire ressentir les sentiments des personnages, tout est trop explicatif avec un style simpliste et des phrases un peu plates. C'est peut-être un problème de traduction mais ça manque de rythme et de tension.
Le point de vue de l'esclavage en Afrique est très intéressant et original. L'auteure explique dans la postface qu'elle a voulu informer ses compatriotes de cette part ambigüe de leur histoire pour l'assumer, apaiser les blessures et permettre d'avancer. le but est louable, les intentions sont bonnes mais j'ai eu l'impression de rester en surface du sujet.

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traversay
  21 septembre 2019
Situé entre 1892 et 1897, au Ghana, Les cent puits de Salaga offre comme premier intérêt d'évoquer l'esclavage en Afrique même, qui perdure alors que la pratique est devenue illégale en Occident. le roman d'Ayesha Harruna Attah, déjà connue dans le monde anglophone mais dont c'est la première traduction en français, suit les itinéraires parallèles de deux jeunes femmes de la région de Salaga, Wurche et Aminah, qui finiront par converger. Construit sur le mode de l'alternance entre ces deux personnages, le livre ne prend vraiment son envol que quand la seconde devient l'esclave de la première et confronte deux existences aussi dissemblables que possible. Wurche, la princesse royale qui s'intéresse à la politique et Aminah, la captive qui a perdu toute sa famille, ont pour point commun l'aspiration à la liberté et la romancière en fait deux héroïnes du féminisme, chacune à leur façon. L'ouvrage n'est pas difficile d'accès mais Ayesha Harruna Attah a beaucoup de choses à dire sur cette période précoloniale, où Allemands et Anglais posent leurs premiers jalons tandis que les différentes communautés autochtones se déchirent et discutent à n'en plus finir. D'où, sans doute, un sentiment de confusion parfois, au moins dans la première partie de Les cent puits de Salaga, quand la politique et les conflits prennent le pas sur ces deux portraits de femmes aux prises avec une société patriarcale.
Lien : https://cin-phile-m-----tait..
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
lilianelafondlilianelafond   29 septembre 2019
Aminah regarda sa robe chiffonnée, en tas sur l’herbe, voulant plus que tout la rattraper. Mais la poigne de Maigida était de fer. Au lieu de la ramener chez lui, ils s’arrêtèrent au marché. Il conduisit Aminah jusqu’à un arbre, l’attacha par la cheville, et lui désigna une large pierre. Elle essaya de croiser son regard, mais il refusait de la regarder.

« Je vous en prie », le supplia-t-elle. Je vous en prie, rhabillez-moi. Pas ça, je vous en supplie. Il ne dit rien d eplus. D’autres chasseurs amenèrent leurs captifs, qui s’assirent auprès d’elle. Elle baissa la tête et vit ses seins, son triangle noir. Jamais elle ne s’était sentie aussi exposée depuis qu’on l’avait arrachée à Botu. Même avec une robe, elle attirait des gens comme Wofa-Sarpong et l’homme au turban de la caravane. Qu’en serait-il, nue? Qu’était devenu cet homme qui voulait l’acheter? Pourquoi ne lui arrivait-il rien de bon ?

Elle se recroquevilla par terre, enroula les bras autour de ses jambes, et enfouit sa tête entre ses genoux. Quand cela va-t-il finir ? aurait-elle voulu crier. Mais elle se contenta de se bercer d’avant en arrière, essayant d’ignorer les rayons du soleil qui s’abattaient sur son dos.
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lilianelafondlilianelafond   29 septembre 2019
Les Allemands avaient tué la ville. Même au cours de son bref séjour à Salaga, elle avait été intriguée par les quantités de choses qui s’y échangeaient ici. Elle avait le cœur lourd, et pourtant, l’instant d’après, il devint léger. C’était un nouveau départ. Elle se prit à rêver d’un atelier de cordonnerie, qu’elle bâtirait avec Moro et qu’elle décorerait en souvenir de Botu. Elle fabriquerait des souliers qu’elle vendrait, tandis que Moro travaillerait la terre, et leurs enfants grandiraient en apprenant à créer des objets et à cultiver le sol. Enfin, un jour, son père arriverait juché sur son âne albinos en disant qu’il avait perdu son chemin.
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lilianelafondlilianelafond   29 septembre 2019
Les caravanes. Elles arrivaient à l’aube. Elles arrivaient quand le soleil atteignait le zénith dans le ciel. Elles arrivaient quand minuit enveloppait le monde de son velours bleu. La seule certitude, c’était que la caravane de Sokoto viendrait avant la fin de la saison sèche. Pourtant aujourd’hui, les choses avaient changé. Pendant des semaines, Aminah et le reste des habitants de Botu avaient même douté que la caravane vienne. Les nuages qui apportaient la pluie n’avaient pas encore crevé, mais déjà les éclairs illuminaient le ciel au loin et le tonnerre résonnait. L’herbe était haute. Et on parlait de cavaliers qui se rapprochaient. Des cavaliers qui rasaient tout sur leur passage. Des cavaliers qui effrayaient les caravanes. Des cavaliers qui enlevaient les gens. Ce n’était pas bon signe. Le père d’Aminah devait aller à Jenne vendre ses chaussures. La famille d’Aminah devait vendre sa nourriture.
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lilianelafondlilianelafond   29 septembre 2019
-Très bien. il dit que les chrétiens ont certaines idées qui sont bonnes. Ils nous apportent toutes sortes d’améliorations, par exemple avoir plus d’écoles, plus de sécurité, des routes plus larges. Et ils veulent mettre fin à l’esclavage. Alhaji Umar dit que les chrétiens, mais aussi les musulmans, ont pris part à la traite pendant des siècles, ils ont encouragé les raids de gens tels que Babatu et notre ami Moro, mais soudain ils ont décidé qu’il fallait y mettre fin. Sur la Côte-de-l’Or, d’où vient ce journal – j’apprends la langue anglaise, tu vois – l’esclavage a été interdit. Imagine, juste de l’autre côté de ce fleuve. Ça s’appelle l’émancipation.
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lilianelafondlilianelafond   29 septembre 2019
Quinze minutes plus tard, elles arrivèrent à une autre ville, plus petite et plus solennelle que Salaga. Il y manquait les bruits qui donnaient à Salaga son caractère particulier et qui faisait battre son cœur: l’appel du muezzin, les chiens qui aboyaient, l’ivrogne – il y avait toujours un ivrogne quelque part – qui chantait en rentrant chez lui, les cloches, les tambours, les coqs paresseux qui poussaient leurs cocoricos alors que la matinée était déjà bien entamée, d’autres muezzins, les éclats de rire, les voix des gens qui achetaient et vendaient, tout cela, sans arrêt, jusqu’au soir.
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Video de Ayesha Harruna Attah (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Ayesha Harruna Attah
"Les cent puits de Salaga" d'Ayesha Harruna Attah. Traduit de l'anglais (Ghana) par Carine Chichereau. À paraître le 4 septebre 2019.
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