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Patrick Carré (Traducteur)Xiu Pei (Secrétaire)
EAN : 9782020201513
148 pages
Seuil (08/03/1999)
4.4/5   5 notes
Résumé :
Avec Lin-tsi, son fils spirituel, et Ma Tsou, l'ancêtre de sa lignée spirituelle, Houang-po ( ?-850) est, sans doute possible, un des plus remarquables représentants de la mystique tch'an dite de Hong-tcheou. Le Tch'an (de Hong-tcheou) se caractérise par sa réalité absolue, que Houang-po nomme esprit un. " Cet esprit, jamais venu à l'existence, n'a jamais cessé d'exister. Illimité et insondable, on dirait l'espace vide. "

Son discours non duel, basé e... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
UNE RÉFÉRENCE ABSOLUE ET CLAIRE EN ZEN/TCH'AN



Ce livre d'entretiens philosophiques du Bouddhadharma est mince, mais extrêmement dense et précieux. C'est assurément un vrai chef-d'oeuvre – incontournable. Un petit livre de poche absolument essentiel. Mon ami dans le dharma, Franck J., à qui cette recension est dédiée, en a fait son livre favori, car « tout y est dit et il n'y a rien à y ajouter. » Il l'a souligné presque entièrement.

Les entretiens de Houang-Po sont ceux que P'ei Sieou a retranscrits, lorsqu'il est allé questionner ce grand maître en 842. P'ei Sieou est un haut fonctionnaire, lettré, ancien ministre resté proche de l'empereur Wou-tsong des T'ang. « Houang-Po (IXe siècle) est un des représentants les plus prestigieux de cette voie « casse-dogme » qu'est le Tch'an. Descendant spirituel de Mazu, son enseignement est basé sur la « méthode de l'Esprit un » en tant que Réalité absolue du « non-esprit » en tant que Voie ; et de la « silencieuse coïncidence » en tant qu'entrée dans la Voie. Houang Po ne parle que de vécu, de l'éveil ou plutôt du réveil à l'« esprit un », l'accès au domaine absolu de la réalité. » (Les Deux Océans)

C'est vrai que la sagesse du bouddhisme moyenâgeux chinois y est sacrément « compressée », et pourtant, les propos du maître sont extrêmement clairs, lumineux, maîtrisés, francs et directs, donc compréhensibles immédiatement pour peu que l'on n'ait déjà lu quelques ouvrages sur le bouddhisme zen ou tch'an/chan.
Mon ami Franck a raison : l'opus se suffit à lui-même, et il suffirait – presque – à toute personne souhaitant en savoir plus sur cette école chinoise de « l'Esprit-Un » (que l'on appelle Cittamattra en sanskrit) – un concept très présent dans le bouddhisme indo-tibétain. « Cet esprit, jamais venu à l'existence, n'a jamais cessé d'exister. Illimité et insondable, on dirait l'espace vide. »

Cette mine d'or est fait de deux parties :
1) « L'essentiel de la méthode de transmission de l'esprit ». Il est composé de 16 chapitres plus ou moins courts rassemblant les phrases retenues par le fonctionnaire qui les a mises ensuite par écrit. Ce sont évidemment les enseignements qu'il reçut de Houang-Po qu'on lit ici, et ils sont fracassants et limpides. Ils redressent toute idée tordue, toute incompréhension sur le Dharma du Bouddha ! C'est franchement bluffant.
2) « le recueil de Wang-Ling, I et II ». le premier recueil est fait d'enseignements plus courts, tandis que le second est un ensemble d'anecdotes, donnant vie à Houang-Po au sein de sa communauté monastique ou bien avec ceux qu'il recevait. Cela diffère des autres écrits du livre, mais ça permet de contextualiser les Entretiens.
L'ensemble est exquis, savoureux et perspicace, et en une après-midi, le texte est lu. Bien entendu, il faudra le relire de nombreuses fois avant de véritablement le comprendre, tant chaque phrase est pleine de sens ! Lire chaque phrase, s'en laisser pénétrer, les ruminer, en faire l'oraison. Les Entretiens de Houang-Po est un petit livre, mais très très costaud.

Enfin, la traduction est fabuleuse : elle est de Patrick Carré, érudit français sinologue « qui n'est pas Chinois, mais est le chinois ». Il traduit une reproduction des Entretiens, datant de 1976 et publiée à Taïwan. Patrick Carré est un traducteur du chinois ancien hors-pair.

Une dernière parole maintenant, de Houang-Po : « Ainsi, cet esprit un est le Bouddha, et entre le Bouddha et les êtres vivants il n'est pas de différence. Cependant, les êtres vivants cherchent toujours ailleurs en s'attachant à des caractères particuliers, et en cherchant, ils en viennent à tout perdre, car en envoyant leur idée du Bouddha à la recherche du Bouddha et leur esprit à la recherche de l'esprit, même à corps perdus pendant des kalpas, ils ne peuvent aboutir à rien. Ils ignorent que le Bouddha apparaît spontanément à celui qui arrête de l'évoquer en se dégageant du processus de la pensée. »

Je vous souhaite une excellente lecture !

ZUIHÔ
Lien : https://livresbouddhistes.co..
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Citations et extraits (30) Voir plus Ajouter une citation
Les gens du commun préfèrent les objets et les mystiques, l'esprit. La vraie méthode consiste à oublier à la fois les objets et l'esprit. Or, s'il est facile d'oublier les objets, il est très difficile d'oublier son esprit. Les gens n'osent pas oublier leur esprit, ils ont peur de tomber dans le vide sans avoir à quoi se raccrocher, parce qu'ils ignorent que la vacuité n'est pas un vide, mais le domaine absolu, unique et véritable. Notre nature d'Éveil surnaturel a, depuis des commencements, le même grand âge que le ciel. Elle n'est jamais venue à l'existence et jamais ne l'a quittée, elle n'a jamais existé, ni été un néant, elle ne s'est jamais souillée ni purifiée, elle n'a jamais été bruyante ni silencieuse, ni jeune ni vieille, elle n'a ni lieu ni direction, ni dedans ni dehors, ni ombre ni quantité, ni forme ni aspect, ni couleur ni silhouette, ni son ni voix ; on ne peut la chercher, y aspirer, la connaître au moyen de la sagesse, la saisir avec les mots, la rencontrer dans les objets, l'atteindre avec des mérites… Les Bouddhas et les Bodhisattvas partagent avec tout ce qui grouille et a une âme cette nature de grand nirvâna.
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Quand vous êtes dans l'erreur, vous ne perdez pas votre essence, et au moment de l'Éveil, vous ne la gagnez guère non plus. Il n'y a jamais eu d'erreur ni d'Éveil dans notre nature innée. Les univers qui comblent les espaces dans toutes les directions sont originellement la substance de mon esprit un. Agitez-vous, faites n'importe quoi, jamais vous ne quitterez le ciel qui nous contient ! Le ciel n'est ni grand ni petit, rien ne s'en écoule, il est incomposé et, ignorant l'erreur, l'Éveil ne le concerne point. Voyez-le en toute clarté : il n'y a rien, ni personne, ni Bouddha, absolument rien qui ait la moindre mesure. Ce filet d'eau pure qui ne repose nulle part et jamais ne se grumelle n'est autre que la conviction de ce qu'en votre essence rien ne naît. Quel autre plan proposez-vous ? Le Bouddha véritable n'a pas de bouche et de ce fait il n'explique ni ne prêche aucune méthode spirituelle. La véritable audition n'a pas d'oreilles. Alors, qui entend ?

Salut !
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Vous n'avez qu'une chose à faire : à tout instant, sans vous appuyer sur rien, ni vous fixer nulle part, laissez-vous porter par le courant des choses. Personne ne saura qui vous êtes, mais quel besoin avez-vous qu'on vous connaisse ou vous ignore. Vous aurez l'esprit ferme, sans faille, et pourtant tout le traversera sans s'y incruster. Vous goûterez alors à la silencieuse coïncidence...
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Les montagnes sont les montagnes, les rivières sont les rivières, les moines sont les moines, les laïcs sont les laïcs. La terre couverte de monts et de fleuves, le soleil, la lune et les étoiles ne sont autres que votre esprit. Les univers du trichiliocosme ne sont autres que vous-même… Où y aurait-il une telle variété si ce n'est dans l'esprit ? Ces montagnes bleutées qui nous comblent le regard et les montagnes bleutées dans l'espace forment une seule terre de blancheur, où il n'est pas un atome de réalité sur lequel vous puissiez théoriser. Ainsi, les sons et les formes sont tous l'œil de connaissance du Bouddha.
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Je ne vous demande qu'une seule chose : N'ayez pas d'opinions sur le Bouddha et le Bouddha ne vous limitera pas; n'ayez pas d'opinions sur les êtres vivants et les êtres vivants ne vous limiteront pas; sans opinion sur l'être, l'être ne vous limitera pas ; sans opinion sur le non-être, le non-être ne vous limitera pas; sans opinion sur l'ordinaire, l'ordinaire ne vous limitera pas; sans opinion sur l'extraordinaire, l'extraordinaire ne vous limitera pas, car dès que vous n'avez plus la moindre opinion sur quoi que ce soit, vous êtes le Bodhisattva Corps Infini.
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