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Jing Han (Autre)
EAN : 9791091328678
297 pages
Gope éditions (07/12/2020)
4.21/5   7 notes
Résumé :
Roman bilingue français-chinois, dès 15 ans

Devant la tombe de son amie d’enfance, Siqian Li se remémore sa jeunesse passée dans la mythique citadelle de Kowloon, à Hong Kong.
Foyer de trafics en tous genres, cette enclave chinoise quasi dystopique était aussi un asile pour réfugiés qui ne manquait ni de chaleur humaine ni de solidarité.
Sur le souvenir des moments heureux et des premières amours adolescentes plane un secret qui a été fa... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
J'aime les romans asiatiques pour le dépaysement qu'ils procurent et une autre vision de la vie et du monde qu'ils m'apportent.
Cet ouvrage-ci a la particularité d'être bilingue : les pages de gauche en chinois et les pages de droite en français. Bien que sur papier recyclé, le livre est soigné avec une table des matières détaillée reprenant les titres, assez poétiques, de chaque chapitre.
Mais venons-en au fond. Nous partons pour Hong Kong et le quartier très particulier de la Citadelle de Kowloon, une ville dans la ville où règnent les trafics et la vie de débrouille (Il est conseillé d'aller voir des images sur Internet pour comprendre son appellation de « Cité des ténèbres » !). C'est au travers des souvenirs d'enfance et d'adolescence d'une jeune fille, Siqian Li, que nous découvrons cet univers de 1973 à 1997 environ.
Malgré la pauvreté, la disparition de sa mère et ce quartier déshérité, Siqian Li narre une enfance pour le moins heureuse. C'était son quotidien et, ne connaissant rien d'autre, elle s'en accommodait comme bien d'autres l'ont fait.
Son adolescence va être bouleversée par le suicide de sa meilleure amie et c'est sur la tombe de cette dernière que s'achève le roman, où des révélations tragiques éclairent le passé.
Si l'histoire est intéressante par son côté historique, elle ne m'a toutefois pas transportée et j'ai peiné à m'attacher aux personnages. L'ensemble reste assez froid quand bien même ces personnages vivent de fortes émotions. Est-ce dû à la traduction ? au style de l'auteure ? Les phrases sont assez basiques, courtes et font penser à une rédaction d'écolier. Elles s'en tiennent aux faits principalement.
Il ressort néanmoins de ce texte une philosophie profitable, une réflexion sur la vie et le bonheur. A méditer.

(Merci à Babelio et aux éditions Gope de l'avoir proposé en Masse Critique)
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« Un rayon de lumière dans la Cité des ténèbres » nous emmène découvrir la vie de Siqian Li au sein du quartier de Kowloon, à Hong Kong. Elle y vit une enfance heureuse, bien que certaines moqueries ou encore l'absence de sa mère puissent la tourmenter.
Là-bas, dans la Cité des ténèbres, surpeuplée, insalubre et dans laquelle la légalité est un terme bien dérisoire, le petit frère de Siqian Li a su s'y implanter en tant que petit rayon de soleil. C'est un jeune garçon prodige, d'une sagesse incontestable et empli de joie de vivre.

Néanmoins, la vie n'est qu'un cycle, et bien vite l'adolescence de Siqian Li tourna au drame à la suite du suicide de sa meilleure amie Lijun.
Ce n'est que bien plus tard que toutes les pièces du puzzle entourant les raisons de son suicide sont révélées, devant la tombe de cette dernière.
Car après tout, quelle est la différence entre égoïsme et amour de soi, aimer les autres et s'aimer soi-même ?


Au cours de cette lecture, j'ai été légèrement déçue car je n'ai pas réussi à m'attacher aux personnages. Il est vrai qu'ils vivent des expériences fortes, mais je ne le ai pas ressenties à leur juste valeur étant donné que je n'ai pas pu me plonger et m'implanter dans le roman que j'ai, en y repensant, trouvé presque froid.

Néanmoins, ce roman est ponctué d'éléments philosophiques tournant autour du sujet de la part d'ombre en chacun, sur la vie et le bonheur.
J'ai aussi trouvé le fait que chaque page soit traduite du français au chinois attrayante ; même si je ne pouvais absolument pas comprendre puisque je n'étudie pas cette langue, j'ai toujours trouvé les caractères chinois élégants. Au début, je n'en voyais pas réellement l'utilité, mais peut-être que pour des étudiants français apprenant le chinois ou inversement, cela peut être un moyen d'approfondir la langue de manière plus intéressante.

Je remercie Babelio ainsi que les éditions Gope pour cette lecture.
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LE RÉCIT EST PORTÉ PAR DEUX DIMENSIONS

Il s'agit là d'un roman qui évoque un quartier de Hong Kong aujourd'hui disparu. Si l'Empire chinois concède le « Port parfumé » aux Anglais, toutefois la citadelle de Kowloon reste sous sa juridiction. Elle constitue une enclave et, en perdant peu à peu son aspect militaire, devient un espace d'habitations sans fondations et sans législation. Une partie de son espace tombe sous le contrôle des triades aussi « la Citadelle est devenue naturellement le foyer du péché. Quartier chaud, tripots, médecins marron, etc., dès qu'on évoquait la prostitution, les jeux d'argent illégaux, l'alcoolisme, la drogue, les gens pensaient à coup sûr à la citadelle de Kowloon » (p. 25).

Toutefois, habitaient là des gens qui avaient des métiers tout à fait honnêtes, à l'intérieur ou à l'extérieur de ce quartier. C'est le cas du père de l'héroïne et narratrice qui est électricien au début du récit et gardien de temple par la suite. Les parents de cette dernière ont malheureusement fréquenté la mafia chinoise, l'une comme strip-teaseuse (mais pas comme prostituée) et l'autre comme consommateur de drogue (ce qui obligeait son épouse à rendre des services aux triades afin de payer les produits illicites). D'ailleurs, au moment où démarre le récit, en 1973, année de naissance du frère du personnage principal, le nombre de gens accrochés à l'opium ou à d'autres substances était considérable dans cette colonie britannique. Leur action de quête prenait le nom de « chasser le dragon ».

Sont exposés, dans ce roman, divers aspects de la vie de la Cité des ténèbres au cours du dernier quart du siècle de son existence. Cependant, le récit est porté par deux dimensions sentimentales, l'une a rapport avec la vie familiale de l'héroïne dont la mère disparaît peu après l'accouchement et l'autre est en lien avec les conséquences de l'amitié de la narratrice avec une fille de son âge nommée Lijun. […]. On apprécie d'ailleurs grandement que nombre de références culturelles, comme les titres d'une chanson ou d'un film, soient non seulement transcrits en pinyin mais suivis d'une explication dans une note.

Le récit est en fait un puzzle, avec un aspect apparemment (mais en fait pas totalement) opaque sur les raisons de la disparition de la mère et avec une dimension petit à petit des plus en plus complexe pour ce qui touche les conséquences de l'amitié, devenue rivalité face à un garçon, entre le personnage principal et Lijun.

Alors que Hong Kong a été sous les feux de l'actualité ces deux dernières années, se rappeler un aspect spécifique de son histoire coloniale, à travers un récit captivant, s'avère des plus appropriés. L'ouvrage est bilingue et trouverait bien sa place dans tous les centres de documentation des nombreux établissements secondaires francophones où le chinois est étudié.

Xirong
Paru sur Grégoire de Tours (projet collaboratif de critiques de livres d'Histoire)

Lien : https://www.gregoiredetours...
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"Un rayon de lumière dans la Cité des Ténèbres" nous transporte dans le quartier aujourd'hui disparu de Kowloon, à Hong Kong, une zone de non-droit où régnait tous les trafics. C'était un quartier surpeuplé, où rien n'était légal, les gens vivaient dans des appartements minuscules souvent insalubres, les médecins n'avaient pas le droit d'exercer, certains autres métiers étaient aussi illégaux, tout comme le raccordement à l'eau et à l'électricité, ...
C'est au milieu de tout ça, qu'avait grandi Siqian Li. Elle avait la chance d'avoir un petit frère extraordinaire mais en l'absence de sa mère, elle avait la charge de ce dernier, de 7 ans son cadet. Pourtant Siqian Li avait la chance d'aller à l'école et même si elle était moins prodigieuse que son frère, elle avait de grandes capacités.
Malgré quelques moqueries durant l'enfance, le lot de chaque enfant, Siqian Li a vécu heureuse. Mais l'adolescence révèle souvent le vrai visage de ceux qu'on croit connaître. Siqian Li pensait connaître sa meilleure amie mais il n'en était rien, ce n'est bien plus tard qu'elle apprendra la vérité, devant la tombe de cette dernière avec celui qui aurait pu être l'homme de sa vie.

"Un rayon de lumière dans la Cité des ténèbres" est un roman bilingue franco-chinois de niveau très avancé. Je vous avoue que ce n'est pas pour apprendre le chinois que je me suis intéressée à ce roman mais pour le lieu où se déroule l'histoire. L'histoire est simple (elle est destinée à un public à partir de 15 ans) mais elle est très intéressante car il permet notamment de découvrir ce quartier de Hong-Kong et les aspirations de sa jeunesse.

Lien : https://www.inde-en-livres.f..
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
- Pour qu'un nouvel arbre pousse, il faut qu'un fruit tombe et pourrisse ; pour grandir, un arbre doit hiberner puis bourgeonner. La vie humaine est aussi un cycle avec des hauts et des bas, des causes et des effets, des malheurs et des bonheurs. Dans les moments de tristesse, il faut savoir se résigner, parce que la joie va bientôt revenir.
- Quand je suis contente, est-ce que je dois me préparer à être triste ? Parce qu'un malheur va bientôt arriver ?
Il m'a répondu en chanson, en anglais, accompagné de sa guitare :
- Quand tu es contente, il faut en profiter, ça ne sert à rien de réfléchir.


p.227
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Selon le frangin, "la vie est toujours surprenante. Quand tu penses qu'il faut des câbles pour que le téléphone fonctionne, quelqu'un invente le portable ; quand tu penses que les communications ne peuvent passer que par les ondes, quelqu'un invente l'Internet ; et enfin, quand tu penses qu'il n'y a plus besoin d'autre chose que l'Internet pour relier les gens, tu te rends compte qu'il y a encore quelque chose de plus ancien qui s'appelle le "destin"."

P.205
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Selon le frangin :
- La vie n'est qu'un passage, regarde un peu le paysage, rencontre quelques personnes, ris un moment, pleure un moment, reste calme un moment, puis c'est terminé, à quoi bon s'attacher à un seul endroit, à une seule personne, à quoi ça sert de s'habiller de souffrances ? Les autres ne se soucient guère de ta douleur, ce serait mieux de glisser de la joie dans ton cœur, au moins, les jours sembleraient plus faciles à vivre.

p.111
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Il y a certaines gens, il faut s'effacer devant eux pour devenir amis avec. Il y a certaines amitiés, il faut faire semblant de s'effacer pour les garder.

p.141
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- Je ne comprends vraiment pas pourquoi les gens aiment juger réussite ou échec en chiffrant les gains ou les pertes, avait dit on frérot.
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