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Maïa Bhârathî (Traducteur)Claude B. Levenson (Auteur de la postface, du colophon, etc.)
EAN : 9782877307529
190 pages
Éditeur : Editions Philippe Picquier (28/01/2005)

Note moyenne : 4.15/5 (sur 349 notes)
Résumé :
Funérailles célestes est une histoire d'amour et de perte, de loyauté et de fidélité au-delà de la mort. Xinran dresse le portrait exceptionnel d'une femme et d'une terre, le Tibet, toutes les deux à la merci du destin et de la politique. En 1956, Wen et Kejun sont de jeunes étudiants en médecine, remplis de l'espoir des premières années du communisme en Chine. Par idéal, Kejun s'enrôle dans l'armée comme médecin. Peu après, Wen apprend la mort de son mari au combat... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (130) Voir plus Ajouter une critique
Eve-Yeshe
  20 juillet 2015
C'est une belle histoire que nous raconte Xinran. Elle est journaliste et a rencontré et interviewer Wen qui lui a livré son « odyssée », alors qu'elle était revenue en Chine, à Suzhou, dans sa province natale.
Cette femme par amour part suivre la trace de son mari pour savoir ce qu'il s'est réellement passé ; elle n'accepte pas l'idée qu'il soit mort. Elle va vivre dans les mêmes conditions que les nomades, apprendre à monter à cheval pour les suivre et peu à peu, les jours passant elle va perdre la notion du temps, se faisant comprendre par signes au début.
Puis elle rencontre Zhuoma, Tibétaine passionnée par la Chine, descendante d'une riche famille qui a tout perdu, sauf les bijoux qu'elle porte sur elle pour pouvoir voyager, manger… elle est à la recherche d'un des serviteurs de la famille qui a disparu lui-aussi et qu'elle a surnommé Tienanmen. Les deux femmes vont réaliser leur quête en s'entraidant, avec la naissance d'une belle amitié.
le silence est omniprésent, de même que l'immensité. Les paroles se limitent à l'essentiel. Wen apprend la vie au Tibet, le bouddhisme, les rituels, les cérémonies, la notion d'entraide auprès de la famille qui l'a recueillie. Elle va aussi écrire pour survivre, écrire avec un simple crayon entre les lignes d'un livre. On verra l'importance de l'écriture dans cette histoire. « écrire peut être une source de force » disait son supérieur dans l'armée.
Il y a deux façons d'accompagner les morts au Tibet : soit un rituel dans l'eau, on parle alors de funérailles aquatiques, soit en dépeçant le corps pour l'offrir comme nourriture aux rapaces considérés comme sacrés, ce sont les funérailles célestes.
J'ai aimé ce livre car le Tibet et le Bouddhisme m'intéressent beaucoup, donc j'ai pu retrouver des rituels, des coutumes, des couleurs, les maîtres ou les ermites en méditation, la spiritualité, la structure de la famille où chacun a un rôle défini (et indispensable) à jouer…
L'aspect voyage initiatique m'a plu aussi, notamment cette femme qui poursuit sa quête de réponses de façon opiniâtre, son amour magnifié par l'absence de l'autre, son culot car elle est très jeune et ne connaît rien de la situation politique, ou de la géographie, du mode de vie très dur. Elle y passera une trentaine d'années…
Que trouve-t-on quand on part ainsi à la quête de quelque chose ou de quelqu'un ? Soi-même, ou du moins son vrai moi probablement… et comme disait encore son supérieur dans l'armée, « rester en vie est en soi une victoire».
Par contre, je trouve qu'il y a un peu d'angélisme ou tout au moins de naïveté dans le récit : les Tibétains, malgré leur hospitalité paraissent froids, limite un peu bornés avec leurs croyances aux démons et les Chinois un peu trop sympathiques dans leurs désirs d'aider la jeune femme et dans le caractère libérateur de ce qui est une invasion, une colonisation et une disparition programmée.
J'ai eu beaucoup de plaisir à lire la postface écrite par Claude Stevenson (à qui on doit « le seigneur du lotus blanc » consacré à Sa Sainteté le Dalaï Lama), car elle ajoute justement ce bémol qui vient nous rappeler ce qui se passe vraiment.
J'ai passé un bon moment avec Xiran et je lirai sûrement un autre de ses romans, car l'écriture est agréable, les descriptions tant des paysages que des êtres, sont belles et font rêver.
Note : 8/10
Lien : http://eveyeshe.canalblog.co..
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Sachenka
  25 juin 2018
Funérailles célestes est un roman que je me promettais depuis un certain temps et mes attentes ont été grandement comblées. Il traite du Tibet et ce pays me fascine depuis longtemps. Toutefois, le début m'a intrigué : l'auteure Xinran raconte comment elle est entrée en contact Shu Wen et précise que l'histoire qu'elle s'apprête à raconter est la sienne. Plusieurs auteurs empruntent ce procédé pour ajouter à la vraisemblance de leur récit (même fictif) mais il semble que, cette fois-ci, ce soit vrai.
En 1958, Shu Wen, une jeune médecin chinoise, est heureuse. Elle épouse Wang Kejun, médecin lui aussi, mais, rapidement il est engagé au front au Tibet et, tout aussi rapidement, il semble avoir perdu la vie. Toutefois, personne à l'armée ne peut dire comment il est mort. N'y croyant pas, Shu Wen décide alors de s'engager à tour afin de se rendre au Tibet et de retrouver l'amour de sa vie.
Le reste du roman raconte son voyage. Ce qui s'annonçait comme un récit d'aventures, un roman d'amour ou un carnet de voyage se transforme plutôt en un roman initiatique. C'est que Shu Wen passe des années à chercher la trace de son mari, une trentaine environ, mais ne baisse jamais les bras devant la lourdeur de sa tâche. C'est dire à quel point elle est courageuse mais surtout loyale même au-delà de la mort !
C'est qu'il n'est pas facile de voyager sur les hauteurs du plateau tibétain et à travers les hautes montagnes de l'Himalaya. Et plusieurs dangers les mances, à commencer par la présence de l'armée chinoise et l'hostilité de certains Tibétains. Fort heureusement, Shu Wen rencontre des gens incroyables, généreux, qui lui ouvrent l'esprit. Elle apprend les coutumes et la culture tibétaines. Elle est sortie profondément changée de son expérience, à tel point qu'à son retour en Chine elle ressemble davantage à une Tibétaine.
Par la même occasion, le lecteur apprend sur les coutumes et la culture tibétaines. le mode de vie des éleveurs dans la montagne, leurs errances, leurs manières de survivre, l'entraide qu'on y retrouve (Shu Wen est secourue par Zhuoma puis, plus tard, par la famille de Saierbaio et partage leur quotidien un bon moment). Sans oublier, évidemment, la religion bouddhique et les moines. le roman est aussi un cours d'histoire accéléré sur les événements récents qui ont touché ce pays merveilleux.
Funérailes célestes est un roman que je recommande vivement. Non seulement le sujet est passionnant et instructif mais il se lit bien. L'écriture est fluide et, même si elle est un peu sèche (mais n'est-ce pas un peu ça, cette région ?), il s'en dégage une certaine poésie, que ce soit par l'évocation de la majestuosité des lieux ou la simplicité généreuse des Tibétains. Et toujours l'amour du Tibet ! J'arrivais facilement à visualiser ce que voyait Shu Wen, j'en ressentais le même émerveillement. Quelle belle découverte et, surtout, quelle expérience !
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AudreyT
  06 janvier 2016
Wen est chinoise. Etudiante en médecine, puis dermatologue, elle épouse Kejun. Ce dernier va s'engager dans l'armée et part au Tibet. Wen perd sa trace et apprendra quelque temps plus tard qu'il est mort. Mais sans plus de détails sur ce qui lui est arrivé, Wen refuse d'y croire. Elle décide alors de partir à la recherche de l'amour de sa vie... Après de très longues années passées au Tibet, l'âme de Wen est née. Elle a embrassée la vie tibétaine au contact d'une famille, ses traditions, ses croyances, et l'amour qu'elle portait à Kejun lui a permis de tenir face aux difficultés. Elle finira par apprendre ce qui est arrivé à son mari et retournera en Chine...
Un roman magnifique à la fois par son histoire, par son écriture mais également par ce qu'il transporte : un message de paix, de partage, de fraternité et d'amour. Wen est une femme que l'amour illumine, et même triste, son histoire est d'une rare pureté...
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isabelleisapure
  05 septembre 2016
Xinran nous raconte une histoire simple et belle, celle d'une femme habitée par la détermination inébranlable d'apprendre ce qui est advenu de son mari, son grand amour qu'elle n'a jamais oublié. Faisant preuve d'un courage et d'une ténacité hors du commun, elle parcourra pendant trente longues années le Tibet afin de retrouver les traces de son compagnon de vie.
Pendant ce temps, elle découvre un pays dont elle ignorait à peu près tout des coutumes et croyances et devient peu à peu plus tibétaine que chinoise. Elle adopte les vêtements et la coiffure des femmes tibétaines et apprend à vivre à la mode des familles nomades du Tibet.
Tous les soirs, elle écrit son journal et sort la photo de Kejun afin de bien garder son visage en mémoire. Au fil des années, la photo a jauni mais le doux visage de son grand amour la rassure et la console de ses tourments.
Une bouleversante histoire d'amour avec pour toile de fond le Tibet à l'époque de l'invasion chinoise. Un document exceptionnel à lire pour comprendre ce pays baigné de spiritualité.
J'ai particulièrement aimé l'immersion dans la famille tibétaine dont la vie quotidienne nous est contée dans ses moindres détails.
J'ai lu cet ouvrage lors de sa sortie et le redécouvrir fût à nouveau un grand bonheur de lecture.
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nadiouchka
  19 juin 2019
La journaliste et écrivaine chinoise Xinran (欣然, son nom de plume), est née en 1958 à Pékin.  Xinran est un pseudonyme signifiant en chinois « volontiers » et elle vit actuellement à Londres.
Avec « Funérailles célestes », elle nous offre une très belle histoire suite à sa rencontre avec Shu Wen qui lui a raconté son passé.
En page 6, ont peut lire : « Personne n'aime pleurer, mais les larmes lavent nos âmes. Aussi peut-être, mes remerciements vous permettront-ils de pleurer pour les Chinoises de mes livres... » On peut donc s'attendre à une lecture émouvante d'autant plus que le titre est déjà assez explicite.
Wen est Chinoise et a épousé Kejun. Mais leur bonheur n'a pas duré bien longtemps car Kejun a rapidement été enrôlé dans l'Armée populaire de libération. Quand arrive une lettre informant Wen que son époux est décédé, elle ne peut pas l'admettre et décide de partir à sa recherche. Elle est finalement enrôlée comme menba (médecin). Elle fait la connaissance de Zhuoma qui se montre une aide précieuse en lui servant de traductrice – en lui sauvant la vie et en l'accompagnant dans ce long périple.
C'est ainsi que toutes les deux recherchent leur amour perdu : pour Wen, c'est Kenju – pour Zhuoma, c'est celui qu'elle a surnommé « Tienanmen » car autrement, on le nommait tout simplement « valet . »
Mais un jour, Zhuoma disparaît. Et durant de longues années, notre Wen va errer – la route est longue et difficile – elle ne sait rien du Tibet ni de son langage.
Xinran nous raconte une superbe histoire d'amour, certes, mais pas que… il y aussi la loyauté et la fidélité même après la mort.
Avec cette histoire vraie, l'auteure nous livre également les grands bouleversements subis par la Chine qui envahit aussi le Tibet.
On y lit la patience et l'extraordinaire courage de Wen qui va vivre au Tibet pendant trente ans. On y apprend les traditions de ce pays où, par exemple, on enterre les morts de deux façons : soit on procède à des « funérailles célestes », soit à des « funérailles aquatiques. »
Par chance, Wen est recueillie par Saierbao et son mari Gela (enfin, l'un de ses maris car au Tibet, les femmes peuvent avoir plusieurs époux…) Elle apprend un mantra : « Om mani pedme hum », murmuré sans cesse.
Xinran a écrit : « Pendant deux jours, je l'ai écoutée narrer son histoire. Quand je suis rentrée à Nankin, la tête me tournait. J'ai compris que j'avais trouvé la clef qui allait me livrer le sens de cette conversation obsédante que j'avais surprise des années plus tôt, enfant, à Pékin. J'ai compris aussi que je venais de rencontrer une des femmes les plus exceptionnelles qu'il me serait donné de connaître dans ma vie. » (p.8).
C'est qu'à l'âge de cinq ans, elle avait entendu un bout de conversation qui s'était fiché dans sa mémoire et ne l'avait plus quittée depuis : « Les Tibétains ont découpé son corps en morceaux et les ont offerts aux vautours.
— Quoi ? Pour avoir tué un vautour ? Un de nos soldats a payé de sa vie la mort d'un vautour ? »
En fait, ceci figure en début de livre mais peut très bien s'adapter en fin de chronique de ce livre passionnant – et même plus : fascinant. On y découvre le Tibet, un grand changement pour une Chinoise : la culture – les paysages arides et enneigés – les monastères – la vie des paysans nomades entièrement isolés du monde – les traditions – le bouddhisme
Xinran nous a ainsi livré une lecture bouleversante où il faut découvrir toutes les révélations qui y sont faites.
A noter la « Postface » de Claude B. Levenson qui nous explique le travail de l'auteure.
Un récit à lire pour les amoureux de paysages sauvages, des grands espaces, de magnifiques histoires de passion et de leçons de courage.
Mon regret ? Ne pas avoir lu cet ouvrage plus tôt alors qu'il attendait patiemment que je me décide de lire de la littérature orientale. Mais voilà, c'est chose faite et je n'en ai retiré que du bonheur.
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Citations et extraits (111) Voir plus Ajouter une citation
ssstellassstella   14 janvier 2015
Je m'inquiétais à l'idée que l'étroit petit lit ne convienne pas à son grand corps, mais là aussi Wen m'a surprise. Avant d'enlever sa robe tibétaine, elle en a sorti ses affaires comme un magicien sort des oiseaux de son chapeau. De deux poches intérieures elle a extrait des livres et de l'argent, et des poches de sa manche des petites bourses en peau de mouton. De sa botte droite, un couteau, de sa gauche, des papiers. Elle a plongé la main dans la ceinture de sa robe et en a retiré deux grandes sacoches de cuir. Puis elle a dénoué sa longue ceinture de soie, à laquelle étaient attachés d'autres petits sacs de cuir et des outils.
Je l'observais, stupéfaite, sa robe lui servait de bagage. Elle s'est révélée lui servir aussi de lit. Elle l'a étalée sur le lit comme un matelas, a placé la ceinture de soie sur les livres et les cartes pour se faire un oreiller, puis fourré toutes ses affaires dans les manches de sa robe à l'exception du couteau. Elle a posé ce dernier sur l'oreiller, à portée de main. Elle s'est ensuite allongée sur sa robe, a rentré les poignets des manches sous son oreiller et s'est couvert les jambes avec les deux grands sacs vides. Son corps et ses affaires étaient ainsi parfaitement protégés.
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Myriam3Myriam3   27 septembre 2014
"Les hommes font partie de la nature, a-t-il commencé. Nous arrivons dans ce monde de façon naturelle et nous le quittons de façon naturelle. La vie et la mort font partie de la roue de la réincarnation. La mort n'est pas à craindre. Nous attendons ardemment notre prochaine vie. Quand un feu de branches de mûrier brûle pour le rite, il déroule une voie à cinq couleurs entre le ciel et la terre, pour attirer les esprits vers l'autel. Le cadavre devient une offrande aux esprits et nous les invoquons pour qu'ils emportent l'âme au ciel. La fumée attire les aigles, les vautours et autres animaux de proie sacrés, qui se nourrissent du cadavre. Ce rite se perpétue en imitation du Bouddha Sakyamuni, qui s'est offert en sacrifice aux tigres."
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rabannerabanne   22 avril 2020
Sur la neuvième montagne, ils trouvèrent le message de Zhuoma. La montagne était couverte de monticules de pierres mani sur lesquelles étaient gravés le mantra mani et des passages des Écritures bouddhiques.
"C'est le Sûtra du Diamant, a dit Tienanmen. Il y a un chapitre d'Ecritures pour chaque cairn.
- Je peux les toucher ? a demandé Wen.
- Oui, a répondu Tienanmen. Quand on met ses doigts sur les mots, on sent la présence des divinités."
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nadiouchkanadiouchka   20 juin 2019
Les Tibétains laissent partir leurs enfants très facilement. Le Tibet entier n’est qu’un gigantesque monastère. Toutes les familles qui ont plus de deux fils doivent en envoyer au moins un au monastère pour qu’il devienne lama. (…) Il y a un proverbe tibétain qui dit : Le beurre de yak est un bien qui dure plus longtemps qu’un fils, parce qu’un yak appartient à la famille, mais un fils peut aisément partir pour le monastère.
P.92
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fanfanouche24fanfanouche24   23 avril 2018
Un instant, c'était comme une chaude journée de printemps avec des fleurs, et l'instant d'après des flocons de neige virevoltaient autour d'eux. Elle avait l'impression de se trouver dans un pays féerique où en un seul jour se succédaient des milliers d'années. (p. 38)
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