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Prune Cornet (Traducteur)
EAN : 9782877309912
341 pages
Éditeur : Editions Philippe Picquier (25/01/2008)

Note moyenne : 3.78/5 (sur 260 notes)
Résumé :
"Je vais leur montrer, moi, à tous ces villageois, qui est une baguette et qui est une poutre !"
C'est ce cri qui a donné envie à Xinran d'écrire cette histoire. Celle, lumineuse, chaleureuse, émouvante, de trois soeurs qui décident de fuir leur campagne et le mépris des autres, pour chercher fortune dans la grande ville.
Soeurs Trois, Cinq et Six n'ont guère fait d'études, mais il y a une chose qu'on leur a apprise : leur mère est une ratée car elle n... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (88) Voir plus Ajouter une critique
diablotin0
  31 mars 2019
« Baguettes chinoises » , que l'on ne s'y trompe pas, ici les baguettes ne sont pas les ustensiles qui servent à manger mais un terme pour désigner les filles en opposition aux « poutres » les garçons qui eux peuvent soutenir le toit familial. Oui, nous sommes en Chine !
Xinran nous raconte l'histoire de ces trois « baguettes », trois soeurs qui vont quitter leur campagne pour aller chercher du travail à Nankin. Elles trouveront chacune un employeur et pourront mettre en valeur leurs compétences. Ces trois soeurs, sont issues d'une famille de six filles. Etant considérées comme un fardeau et non pas désirées, elles n'auront de nom que leur rang de naissance. Ainsi une , celle que l'on appelle Trois travaillera dans un restaurant, celle qui est appelée cinq se retrouvera dans un établissement de bains où elle contrôlera l'eau, et Six, travaillera dans un salon de thé/librairie. Chacune gagnera sa vie et elles pourront, à l'occasion d'une fête rentrer chez elles avec un petit pécule qu'elles donneront à leurs parents. Cet argent permettra au père de reconnaître enfin que les «baguettes » peuvent avoir un rôle, une place tout aussi importante qu'une «poutre ».
Xinran a fait le choix d'écrire un roman qui aborde des sujets graves avec une plume qui peut s'apparenter à un conte. Son humour nous fait sourire à plusieurs reprises, mais l'on comprend malgré tout en filigrane la dureté des conditions de vie des migrants qui sera explicitement évoquée dans l'épilogue. La différence des conditions de vie, de culture entre la ville et la campagne peut, il est vrai, nous amuser, à travers des scènes décrites montrant la naïveté des soeurs, mais aussi surtout nous faire prendre conscience du choc des cultures et de la place faite aux femmes. Il y a une réflexion menée sur la modernité et les traditions qui est intéressante car beaucoup de sujets sont alors abordés avec finesse et douceur.
Un livre qui se lit comme un conte mais qui nous rappelle combien la place de la femme n'est pas simple et les dures conditions des migrants.
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Eve-Yeshe
  26 mai 2018
Cette histoire commence sur les douves de Nankin, plus exactement sous le grand saule, où les nouveaux arrivants cherchent à trouver du travail. Trois vient d'arriver avec Deuxième Oncle. Elle est la troisième fille d'une fratrie de six, et le père est tellement honteux de n'avoir que des filles qu'il ne leur attribue même pas un prénom, seulement un chiffre correspondant à leur ordre de naissance.
« Dans mon village, c'est comme ça qu'on appelle les filles, des baguettes. Les garçons, eux, ce sont des poutres. Ils disent que les filles ne servent à rien et que ce n'est pas avec des baguettes qu'on peut soutenir un toit. » P 22
Elles sont exploitées dans les champs, triment du matin au soir, sans se plaindre et on s'en débarrasse en les mariant sans leur demander leur avis : il faut bien les caser quelque part, ce que les parents a fait avec leur fille aînée. Et après, on s'étonne du nombre élevé de suicide chez ces jeune femmes…
« C'est ainsi qu'on expliquait le suicide de certaines d'entre elles qui, ayant toujours vécu en recluses à la campagne, ne savaient pas faire face à la pression de cette nouvelle vie, ni gérer leur soudaine liberté. » P 91
Trois est promise à un homme plus âgé handicapé, et elle décide de fuir avec le frère cadet de son père, Deuxième Oncle qui l'emmène avec lui lorsqu'il retourne à Nankin après les fêtes du Nouvel An.
Trois réussit à trouver du travail, et doit s'adapter à la ville car elle ne sait rien, elle n'est pas allée longtemps à l'école et tout est étrange dans cette grande ville. Elle fait des miracles en créant des compositions de fruits, légumes pour le grand bonheur de ses patrons qui tiennent un restaurant : « l'Imbécile heureux ».
« Cela faisait deux ans qu'elle travaillait à L'Imbécile heureux, qu'elle avait fait de cette coquille de noix perdue dans l'océan rugissant des restaurants sa seconde maison. C'est là qu'elle avait appris qui elle était… C'est là que cette baguette sans éducation et perpétuellement brocardée par les siens à la campagne avait finalement pris conscience de sa valeur et gagné, pour la première fois, un peu de respect. C'est là qu'avait commencé sa nouvelle vie et qu'elle s'y poursuivait ». P 49
Plus tard ses deux soeurs la rejoindront, Cinq qui ne sait ni lire ni écrire, considérée comme une débile et Six, qui a eu plus de chance et a été scolarisée. On va les voir évoluer, chacune dans un milieu différent et tenter de s'en sortir.
Xinran nous brosse le portrait des trois soeurs, le contraste énorme entre le monde rural et la ville, la société chinoise et son évolution…
Elle nous décrit le côté borné du père et son opinion sur les filles, son comportement maltraitant psychologiquement, mais qui sera bien obligé de reconnaître qu'une fille, cela peut servir, notamment en rapportant tout l'argent qu'elle gagne !
Une question se pose : comment dans un pays qui pratique la politique de l'enfant unique, un paysan peut-il avoir six filles, sans recevoir de sanction ? C'est très simple il suffit de connaître les bonnes personnes pour avoir des passe-droits : corruption !
Les familles dans lesquelles travaillent les trois jeunes filles sont intéressantes, bien que caricaturales : outre le restaurant « l'Imbécile heureux », on fait la connaissance d'un établissement de massages, bains divers, où travaille Cinq et un salon de thé librairie où s'épanouit Six, véritable rat de bibliothèque, où défilent des Occidentaux.
J'ai choisi ce livre car j'avais beaucoup aimé « Funérailles célestes » et je dois dire que je suis restée sur ma faim : certes, ces trois héroïnes sont sympathiques, et chacune à sa manière va trouver sa voie car le travail ne leur fait pas peur et elles ont envie d'apprendre.
La manière dont Xinran aborde la société chinoise, la restriction des libertés, l'éloge du travail, la Révolution Culturelle et l'épuration qui a suivi, est intéressante mais ne m'a pas enthousiasmée. Je suis sortie de cette lecture avec une overdose de riz gluant, boulettes et sucreries…
Bien-sûr après avoir refermé « Eugenia » de Lionel Leroy, le risque de comparaison était latent et ce livre s'est révélé trop fade, comme c'est souvent le cas après un coup de coeur… J'ai allégé un peu ma PAL et je ne pense pas lire un autre roman de l'auteure…
Un conseil: si vous voulez lire ce roman zappez la quatrième de couverture car elle en dit trop.
Lien : https://leslivresdeve.wordpr..
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viou1108
  12 novembre 2015
Ceci n'est pas un manuel qui vous apprendra en 10 leçons à manger (proprement) de la nourriture asiatique avec des baguettes, ni même un livre de recettes de cuisine chinoise. Non non, on est ici dans le registre de la métaphore. Les féministes parmi vous vont s'étrangler quand ils/elles apprendront que, dans la Chine des années 1990, le terme « baguette » désigne les femmes, tandis que les hommes sont des « poutres ». Autrement dit, la femme est un faible ustensile jetable, et l'homme est fort et indispensable, il n'y a qu'une poutre qui puisse faire tenir une maison (et une maisonnée) debout. Aussi, quand dans un couple, une femme « pond » une fille, c'est la honte assurée. Et quand elle en pond, non pas une, mais six (apparemment la politique de l'enfant unique n'a pas cours dans les campagnes), c'est le père de famille qui perd la face et devient la risée du village, incapable qu'il est d'engendrer des mâles. Et le sort de ces filles est tout sauf enviable : enfants, on néglige de les envoyer à l'école pour les faire travailler aux champs comme des bêtes de somme, plus âgées on les marie au plus offrant. Certaines acceptent leur sort, d'autres se suicident. Quelques-unes prennent leur courage à deux mains et partent travailler à la ville pour prouver qu'elles sont capables de gagner de l'argent aussi bien (et parfois mieux) que les hommes. Le premier contact avec le monde urbain est pour elles un véritable choc des cultures, entre une Chine des campagnes quasiment moyenâgeuse, et une Chine des villes en plein boom économique, immobilier, technologique et même culturel, qui entre de plain pied dans l'ère des mégapoles tentaculaires et surpeuplées, victime d'un exode rural massif.
Ce roman raconte l'histoire de Trois, Cinq et Six, trois soeurs à qui leurs parents n'ont pas jugé utile de donner un vrai prénom (après tout ce ne sont que des filles). Attirées par les mirages de la vie citadine, elles quittent pour la première fois de leur jeune vie leur village natal pour débarquer à Nankin. Elles trouvent chacune du travail, assez facilement, et font de colossaux efforts d'adaptation à leur nouvelle vie, essayant tant bien que mal de masquer leurs origines provinciales et d'éviter de passer pour des gourdes ignares. Bien entourées, elles apprennent vite, et un nouveau monde, qui leur semble souvent étrange, s'ouvre à elles, ébranlant quelques-unes de leurs certitudes au passage.
Cette histoire est inspirée de témoignages recueillis par l'auteur journaliste lors de ses reportages aux quatre coins de la Chine dans les années 90. Xinran retrace le parcours de ces jeunes femmes avec une grande bienveillance, entre découragement et force de caractère, situations embarrassantes ou cocasses, candeur et ignorance. Ce qui donne parfois au livre un ton un peu puéril, limite gnan-gnan. Ce roman n'est pas très bien écrit, il n'a pas le souffle épique de « Funérailles célestes », mais a le grand mérite de fort bien documenter la condition des femmes dans la Chine contemporaine.
Lien : http://www.voyagesaufildespa..
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bilodoh
  17 mai 2014
Témoignage de la vie quotidienne de trois jeunes Chinoises de la campagne qui arrivent en ville...

Ce sont des « baguettes » jetables, car dans leur village, seuls les garçons sont importants, ce sont des « poutres » qui soutiennent les maisons. Les filles n'ont tellement pas d'importance que leur père ne leur a pas donné de noms, les appelant simplement selon leur ordre de naissance : Trois, Cinq et Six.

Lorsqu'elles arrivent en villes, comme des immigrantes venant d'un autre siècle, elles découvrent un monde totalement différent de celui qu'elles connaissaient. Tout les étonne : électricité, téléphone et même la chasse d'eau ! Les filles ont cependant beaucoup de chance, car elles tombent tout de suite sur de bons employeurs qui leur permettront d'utiliser leurs talents spécifiques.

À travers les yeux naïfs des trois « baguettes », on découvre la pauvreté, les écarts de culture entre la Chine rurale souvent encore illettrée et la Chine commerçante moderne des villes.

Pas un grand roman, mais un intéressant point de vue de femme, sur un pays qu'on connaît bien peu.
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cmpf
  21 mars 2015
« Tandis que les hommes qui subviennent aux besoins de la famille sont considérés comme les piliers sur lesquels repose le toit du foyer, les femmes, elles, sont de simples outils de travail, de fragiles ustensiles dont on se sert tous les jours, puis qu'on jette. » Extrait du prologue.
L'auteur y explique que, journaliste, elle a animé une émission de radio qui donnait la parole aux femmes et débattait de leurs problèmes. Pour ce faire elle a beaucoup voyagé en Chine et rencontré de ces femmes jugées de peu de valeur, dans les campagnes puis à partir des années 80 en ville où elles venaient chercher du travail. Elle a voulu les faire connaître plus largement et à partir de trois cas véridiques mais distincts, elle a écrit ce récit qui met en scène trois soeurs d'une fratrie de six, tenues pour si négligeables qu'elles n'ont reçu pour tout prénom qu'un numéro d'ordre. Non d'ailleurs que le père soit particulièrement abject mais lui-même subit beaucoup de moqueries de la part des autres villageois qui le surnomment « homme à baguettes » et ne peut espérer avoir une place importante contrairement à ses frères. Ces trois soeurs partent en ville en espérant améliorer leur destin. Les autres n'ont pas eu un sort très enviable : l'aînée a été mariée à un homme dix ans plus vieux que son père, la seconde a préféré le suicide au mariage avec un invalide, quant à la numéro quatre, sourde et muette elle compte encore moins.
Texte à mi-chemin du roman et du reportage. Je n'ai pas trouvé une grande différente entre la préface de l'auteur et son récit.
Les dialogues, parce qu'ils se veulent explicatifs, m'ont paru un peu maladroits, pas naturels. Des explications sur tel ou tel point se glissent parfois dans l'histoire. Il est d'ailleurs clair que l'intérêt du livre est dans la découverte du destin encore inférieur des femmes et du décalage qui existe entre les villes et les campagnes, non dans le style.
L'histoire semble contemporaine, les années 90 sont évoquées comme du passé, et les citadins utilisent téléphones portables et e-mail. le contraste entre la vie en ville, assez proche de nos propres critères et la vie à la campagne, qui parait figée dans le passé est très étonnant, preuve que la modernisation de la Chine est loin d'être finie.
Lu dans le cadre du Challenge ABC
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critiques presse (1)
Lecturejeune   01 septembre 2008
Lecture jeune, n°127 - L’auteur a été journaliste à Pékin et a animé une émission de radio à Nankin avant d’émigrer en Angleterre en 1997. Son métier lui a permis de recueillir des témoignages de femmes de toutes conditions sociales, aux quatre coins de la Chine. Le roman, né de ces chroniques, évoque le sort de trois jeunes paysannes pauvres qui émigrent à Nankin et qui, à force de travail, de volonté et d’énergie, brisent le destin qui leur était réservé. En effet, seuls les garçons, considérés comme des « poutres », représentent l’avenir de la famille. Alors que les filles sont comme des « baguettes », utilitaires et jetables.

Le lecteur découvre le quotidien de la population de cette grande cité en pleine mutation, à travers le regard de ces jeunes filles. Ce livre est à rapprocher de Chinoises (Éditions Philippe Picquier, 2003), du même auteur, où l’on découvre les vies brisées de quatorze femmes, victimes d’une société où l’égalité des sexes n’a jamais existé en dépit de la révolution communiste.

Colette Broutin
Lire la critique sur le site : Lecturejeune
Citations et extraits (73) Voir plus Ajouter une citation
MimekoMimeko   05 juin 2020
"...Et puis, c'est sa faute si elle n'a su mettre au monde qu'une poignée de baguettes et aucune poutre !"
J'ai été profondément choquée par cette façon de désigner les filles et le garçons. (..) Ainsi, tandis que les hommes qui subviennent aux besoins de la famille sont considérés comme les piliers sur lesquels repose le toit du foyer, les femmes, elles sont de simples outils de travail, de fragiles ustensiles dont on se sert tous les jours, puis qu'on jette.
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MimekoMimeko   05 juin 2020
Depuis les années quatre-vingt, sous réserve d'être munis d'une recommandation de leur village, les paysans pouvaient quitter leurs terres et chercher du travail en ville.
Commenter  J’apprécie          70
Pirouette0001Pirouette0001   21 janvier 2015
Quand un patron voit une photo de famille sur le bureau d'un de ses employés, il se dit : "Mmm... voici un homme responsable et très dévoué à sa famille." Quand un patron voit une photo de famille sur le bureau d'une de ses employées, il se dit : "Mmm... son travail n'est pas sa priorité dans la vie, inutile d'espérer la voir s'investir por la société."
(...)
Quend un patron voit un de ses employés parler à ses collègues, il se dit : "Il doit discuter des derniers projets en cours. Excellent !" Quand un patron voit une de ses employées parler à ses collègues, il se dit : "Pff! Encore en train de médire et de cancaner. Les femmes sont de vraies langues de vipère. C'est la nature qui veut ça."
(...)
Quand un patron voit un de ses employés promu par son directeur, il se dit : " Il doit avoir du potentiel!" Quand un patron voit une de ses employées promue par son directeur, il se dit : "Il y a sûrement quelque chose entre eux ..."
+ Lire la suite
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iarseneaiarsenea   29 septembre 2010
L'argent peut acheter un lit mais pas une bonne nuit de sommeil.
L'argent peut acheter une maison mais pas une famille.
L'argent peut acheter de la nourriture mais pas le bon goût.
L'argent peut acheter des machines pour entretenir le corps mais pas la santé.
L'argent permet de faire du commerce mais pas de s'acheter des amis.
L'argent peut acheter un titre mais pas l'ambition.
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Eve-YesheEve-Yeshe   26 mai 2018
Ingénieur Wu, qui avait grandi dans le silence de sa mère, montrait une profonde empathie à l’égard de filles comme Cinq qui, venues de villages dirigés par des hommes, ne recevaient que peu d’amour et d’attention. Il les comparait à ces brins d’herbe se frayant un passage dans les fissures des rochers pour capter la lumière du soleil, respirer, s’épanouir avant d’être battues par la pluie et le vent. P 91
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