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EAN : 9782715229112
512 pages
Le Mercure de France (10/06/2010)
3.7/5   74 notes
Résumé :
Hong Kong, bastion de l'Occident, et la Chine nouvelle servent de toile de fond à ce récit où l'on voit s'affronter dramatiquement missionnaires chrétiens, réfugiés chinois et jeunes communistes enthousiastes.
Mais le duo d'amour de Suyin, l'Eurasienne, et de Marc, son amant anglais, vient apporter une note d'une étrange douceur tumultueuse et magnifiquement bariolée.

Ils se rencontrèrent en 1949 à Hongkong, à l'époque colonie anglaise et sans ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
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Colchik
  08 août 2017
On relit toujours un livre en se demandant s'il nous plaira tout autant qu'à la première lecture. Pour Multiple Splendeur, c'est le cas, mais les raisons pour lesquelles je l'ai aimé autrefois ne sont plus exactement les mêmes que maintenant. Hier, l'histoire d'amour avait suscité tout mon intérêt. Aujourd'hui bien d'autres choses ont retenu mon attention, et notamment les circonstances historiques dans lesquelles se déroule le récit de Suyin.
Cette jeune veuve, mère d'une enfant, a rejoint Hongkong pour exercer sa profession de médecin. Des milliers de Chinois du continent, riches ou démunis, ont fait de même alors que les troupes communistes achèvent de prendre le contrôle du territoire chinois. En cette année 1949, la pression des migrants est si forte sur la colonie anglaise que les familles s'entassent dans des logements exigus et insalubres ou vivent sur les trottoirs. Suyin peut compter sur l'aide de quelques amis fortunés, mais bien vite elle doit partager une chambre de foyer avec deux autres jeunes femmes et leurs enfants. Heureusement son travail à l'hôpital lui apporte quelques subsides et la passionne. Son origine eurasienne lui permet de frayer avec certains membres de la bonne société et c'est au cours d'une soirée qu'elle fait la connaissance de Marc Elliott, un correspondant de presse anglais. L'attirance mutuelle se transforme très vite en une liaison qui scandalise les dames de la Colonie et les amènent à bannir la jeune femme des réunions mondaines : un couple mixte est impensable dans ce milieu très fermé et, de surcroît, Marc est marié et père de famille. Quel est l'avenir de Suyin et Marc ? le destin se chargera de trancher leurs hésitations de façon douloureuse.
Deux épisodes m'ont paru très intéressants dans le récit quasi autobiographique de l'auteur. Tout d'abord, la description très précise de l'atmosphère qui règne à Tchoungking, dans la province du Sichuan, avant l'arrivée des troupes communistes quand Suyin décide de rendre visite à sa famille paternelle. Elle retrouve la Chine de son enfance, renoue avec les traditions ancestrales et le statut privilégié du clan familial et de son milieu, observe la misère des habitants et les exécutions sommaires de communistes. le monde autour d'elle semble figé par l'attente, un vieux monde empreint de fatalité et d'aveuglement sur ce que lui réserve l'avenir.
le second épisode qui m'a marquée concerne l'affolement des migrants qui cherchent par tous les moyens à fuir Hongkong pour rejoindre les États-Unis ou l'Europe. Pour sortir à tout prix de la souricière que représente à leurs yeux l'enclave britannique, ils nourrissent le trafic de passeports, de visas et de billets de bateau. La soeur de Suyin, Sutchen, n'aspire qu'à rejoindre l'Amérique et son confort, ce qui déclenche chez son aînée une forme de mépris pour cette « Chinoise blanche », un peu trop geignarde à son goût. Elle parviendra à son but et les deux soeurs se sépareront sans trop de regrets, leur éducation ayant produit des effets différents sur leur personnalité. La battante Suyin reste très attachée à sa patrie de naissance et ses études en Angleterre ne l'ont pas éloignée de sa culture chinoise. Paradoxalement, elle reste persuadée d'avoir sa place dans la société nouvelle qui se profile et elle est souvent tentée de retourner en Chine. Avec une certaine naïveté, elle pense pouvoir se mettre au service de son pays, oubliant un peu vite qu'elle est la veuve d'un officier du Kuomingtang. Est-ce ce rêve – ou cette chimère – qui explique que Han Suyin se montrera toujours soucieuse de maintenir de bonnes relations avec le gouvernement chinois ? Pourtant, vu ses origines familiales et son premier mariage, un retour dans la mère patrie se serait soldé à coup sûr par une mise à l'écart, dans le meilleur des cas. Au moment de la Révolution culturelle, le danger d'une élimination pure et simple aurait été très probable.
Il faut lire Multiple splendeur qui possède toutes les qualités d'un grand roman, à commencer par la sensibilité poétique de l'écriture, tout en conjuguant la force d'un témoignage captivant sur une période peu connue du grand public. Enfin, on ne peut lire certaines pages sans penser au drame des migrants et à la condition qui leur est faite dans nos sociétés.
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Thrinecis
  15 septembre 2021
Ce roman d'Han Suyin est avant tout un témoignage passionnant sur l'avancée des troupes communistes en Chine en 1949 et sur la fuite des réfugiés vers Hong Kong. Aux premières loges de ce moment historique, en raison de sa double condition d'Eurasienne, Han Suyin nous donne la vision des américains missionnaires, des riches commerçants chinois, de sa famille, des étudiants. Les tableaux qu'elle brosse de Hong Kong ou de Tchoungking en Chine sont si précis, détaillés et objectifs qu'ils ont la valeur et la dimension historique de reportages.
A Hong Kong, nous déambulons avec elle le long de la Praya pour découvrir la foule qui se presse sur les quais en bord de mer, pour admirer au loin les collines sur lesquelles se construisent nuit et jour des habitations pour les riches chinois qui viennent de Shanghaï tandis que la misère règne dans les camps où s'entassent les pauvres. Nous l'accompagnons dans sa famille chinoise quand elle retourne à Tchoungking pour aider sa soeur à partir aux États-Unis. Nous entrons avec elle dans les salons des familles américaines de missionnaires qui l'invitent jusqu'au moment elle deviendra persona non grata en raison de sa liaison amoureuse.
On découvre le travail des Jeunesses communistes, les fêtes qui accompagnent leur arrivée dans chaque ville conquise, les purges et exécutions dont est victime la population. Han Suyin se défend de juger mais on la sent partagée entre son amour pour la Chine et ses traditions féodales et son attirance envers les idéaux communistes qui la séduisent. Sans doute les germes de ce qui en fera une écrivaine très controversée par la suite...
C'est aussi le récit passionné et autobiographique de sa liaison avec un journaliste britannique, marié et père de famille, liaison scandaleuse au yeux de la colonie britannique en raison de tout ce qui les sépare...
L'écriture est belle, poétique et le ton changeant : tantôt détaché quand Suyin écoute ses amis américains sans s'offusquer ni même sourciller de ce ce qu'ils disent de son pays et de son peuple, tantôt vif et passionné quand elle décrit la splendeur de la lune ou ses moments avec Marc.
Si les deux premières parties sont agréables à lire, j'ai eu plus de mal avec la dernière : le style reflète l'intensité des crises d'exaltation douloureuses ou joyeuses que Suyin traverse, avec ou loin de son amant, et plus on se rapproche du dénouement dramatique, plus la poésie du texte emporte Suyin loin des autres, loin du lecteur, comme détachée du quotidien et de la matérialité.
Une intéressante et superbe lecture !
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zenzibar
  23 septembre 2022
Un livre vintage, qui surgit alors que l'on cherchait autre chose ou à l'occasion d'une nième mise en ordre d'une des piles de livres à (re)lire.
Un prélèvement originaire d'une boite à livre locale ; je connaissais l'auteure dont j'avais lu dans mes vertes années un ou deux livres et l'envie de me reconfronter à ce type de lecture s'était éveillée.
Dans les années 70, pour qui s'intéressait aux péripéties de la Chine contemporaine, Han Suyin était incontournable.
Depuis, outre que l'offre d'ouvrages didactiques pour découvrir et/ou approfondir la culture et la société chinoise s'est considérablement élargie, Han Suyin, estampillée garde rouge masquée, est devenue beaucoup moins fréquentable.
Cependant, si les prestigieuses éditions gallimard ont tout récemment déroulé le tapis rouge à Céline (oui un peu paradoxal pour un auteur à la pensée si brune), il n'y a rien de déshonorant à (re)lire Han Suyin aujourd'hui.
Et ce d'autant plus, qu'au moins dans ce livre, l'auteure n'a pas déployé un dazibao à la gloire de la tyrannie.
Han Suyin considère, non sans raison, que le fanatisme, l'intolérance sont inscrits dans les gênes de l'homme ; les élans a priori les plus nobles sont fatalement contaminés par le poison de la chasse aux « hérétiques ». le communisme, même au sommet de sa popularité, après avoir terrassé l'abomination nazie, ne fait pas exception.
L'auteure dans la rédaction de ce livre en 1950-51 fait preuve d'une lucidité étonnante, alors que le régime pouvait encore bénéficier sinon d'un « état de grâce », tout au moins d'une adhésion pour mettre un terme aux infinies souffrances du peuple chinois, pour un monde plus juste. Elle ne cède pas à une certaine euphorie et sait qu'elle sera enregistrée de par ses origines (eurasienne et fille de notable), son statut (médecin), pro occidentale et « ennemie du peuple », au moins potentielle. Et ce quelle qu'ait été sa vie humble et au service des autres.
Elle a tout à craindre directement, ce n'est pas un manifeste d'intellectuel(le) confortablement installé(e) dans son salon à des milliers de kms des événements.
Sur la quatrième de couverture, on peut relever l'appréciation de l'éditeur, « un roman d'amour exceptionnel » (sic).
A se demander si l'éditeur a lu le livre !! Celui-ci, autobiographique, relate effectivement une romance entre la narratrice et un journaliste anglais, mais cette histoire est presque accessoire.
Les sujets principaux sont la conquête de la Chine par les communistes et les soubresauts d'une société chinoise traditionnelle agonisante.
Davantage qu'« un roman d'amour exceptionnel » le lecteur dispose ainsi d'un témoignage exceptionnel sur ce contexte historique ; nombre de tableaux esquissés ici illustrent la misère extrême du plus grand nombre, l'état d'esprit étriqué de cette micro société anglaise coloniale réfugiée à Hong Kong.
Ce témoignage est magnifié par une écriture raffinée, poétique.

Surtout, ce livre pourrait être qualifié, si la catégorie existait, de roman taoïste.
L'héroïne vit intimement le « wu wei », le non agir au sens de la sagesse du Tao. Elle a conscience que l'ordre du monde, tout au moins en Chine, obéit à des forces qu'il est vain de vouloir modifier. La destinée personnelle s'inscrit dans ce(s) flux. L'auteure s'efforce d'affronter les épreuves avec un certain détachement mais avec lucidité et détermination. Elle sait d'emblée que sa passion pour ce journaliste, Marc, ne peut s'épanouir dans un vrai projet de vie mais elle ne s'interdit pas de vivre ce qui peut l'être, en dépit de la réprobation de la « distinguée » société anglaise.
L'issue, tragique, ne pourra que consolider sa sensibilité et son intuition.
Une lecture que je regrette d'avoir tant tardé à initier de par les qualités de l'ouvrage sus évoquées et qui de surcroit m'a beaucoup touché à titre personnel. Mais même si elle n'éveille pas des échos personnels, une lecture que je ne peux que recommander.
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aouatef79
  08 décembre 2016
"Multiple Splendeur" est un roman de l' écrivaine eurasienne Han Suyin .Il fut publié en 1952. Après sa traduction, il fut salué comme étant un grand livre et connu un grand succès de librairie .Il fut traduit en plusieurs langues au vu de sa qualité littéraire .
Ce roman est largement autobiographique et s' inspire de la vie de Han Suyin. Cette dernière est une femme médecin .C' est à Hong-Kong que Han rencontre, le journaliste anglais, Marc.
Ce roman relate l' histoire d' amour entre Han et Marc .Les deux protagonistes appartenant à deux civilisations différentes mais cela ne les empêche pas
de connaître la passion, le grand amour c' est à dire la
multiple splendeur de l' amour et de la passion .
Han Suyin traduit tout cela avec une beauté de sentiment et de style et une très belle poésie..
Cette belle histoire a pour cadre la ville cosmopolite :Hong-Kong .
Tout se déroule dans une chine pleine de bouleverse-
-ments et de transformations révolutionnaires .
La lecture de ce roman est un vrai plaisir, un régal .
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frandj
  30 septembre 2019
Ce livre a un beau titre et cela fait des années que je l'avais mis dans ma PAL. C'est lui qui a rendu célèbre son auteure Han Suyin (1917-2012). Celle-ci, porteuse d'une double culture, a vécu principalement hors de Chine. Ceci ne l'a pas empêchée de rester fidèle à son pays natal et de soutenir discrètement le régime communiste.
"Multiple splendeur" est un long roman clairement autobiographique. Il relate la rencontre de l'écrivain avec le journaliste Marc (pseudonyme d'Ian Morrison) à Hongkong, en 1949, alors que la guerre civile est en train de s'achever en Chine. Lui, c'est un homme délicat, charmant, connaisseur de l'Orient mais aussi très britannique. Quant à elle, sa culture chinoise compte toujours. Je la trouve étonnamment dure, quand elle dit à son amant: « Pas de promesse entre nous. (…) Tu ne dois jamais faire quelque chose dans le but de m'épargner. Je hais la bonté » (p. 132). Malgré leurs différences, malgré le qu'en-dira-t-on, malgré l'impossibilité d'un mariage, cette liaison est heureuse. Puis Marc est envoyé comme correspondant de guerre en Corée où la guerre éclate en 1950.
Il y a de très belles pages sur cet amour qui n'aime pas se nommer, et aussi sur cet Extrême-Orient bouleversé: non seulement le peuple chinois et ses fortes traditions, mais aussi les civils coréens victimes collatérales de leur "sauveur" américain. Une fois de plus, j'aurais aimé plus de concision. D'ailleurs le début, mettant en scène la société de Hong-Kong, m'a presque découragé de continuer…
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Citations et extraits (30) Voir plus Ajouter une citation
leabharleabhar   30 septembre 2022
Nous ne savions pas si nous nous reverrions jamais. Il allait y avoir de grands changements. Mais la famille en partirait pas. Ils resteraient là. Pas de havre de grâce, pas d'Amérique pour eux! Que vienne l'orage, ils ne s'en iraient pas. Il n'était pas pour eux le monde extérieur: leur monde, c'était la Chine...Leur lot c'était l'acceptation, la foi dans la terre et dans le peuple qui en était issu. A eux la constance dont les journaux ne parlent jamais. Ils ignoraient le sens de la démocratie, mais savaient qu'ici était leur patrie et qu'il leur incombait d'y demeurer. Ils n'étaient pas des feuilles dans la tourmente, poussées ça et là par le vent, cherchant à se sauver individuellement. Ils étaient l'arbre aux profondes racines qui ne sera pas arraché malgré les branches qui tombent.
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leabharleabhar   01 octobre 2022
Voilà, nous avons tous un idéal, un rêve inaccessible d'enfant qui nous fait sourire le soir en nous endormant.
Un absolu, et quand un jour, sur le chemin du hasard se dessine un tel mirage, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs ...
il n'y a pas de vide plus grand que lorsque quelqu'un entre dans votre vie, la chamboule et s'en va...
Continuer d'avancer ou
essayer et faire semblant...
si tu l'aimes, laisse le partir.
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leabharleabhar   23 septembre 2022
La mer et les collines disparaissaient dans l'obscurité totale de la nuit. Mon chauffeur de taxi, omniscient, se guidait d'après les odeurs, car ses phares ne fonctionnaient pas...
Soudain nous fûmes éblouis par l'éclairage au néon, violent, solide, intense...je fus saisie de stupéfaction d'être passée brusquement des perceptions tactiles à une connaissance visuelle...
Dans le noir, je pouvais me donner l'impression d'être un fantôme enveloppé d'un nuage qui se dissolvait et se refermait. Tout autour de moi j'entendais s'agiter une mer d'ébène qui me terrifiait agréablement.
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leabharleabhar   22 septembre 2022
Ainsi donc, ce fut dans le voisinage ...de la maison de la Sagesse, qu'Ovie et moi nous decouvrîmes mutuellement et naquîmes à la vie. C'est sur cette pierre que les ombres qui m'effraient me quittèrent à jamais...mes terreurs s'enfuyaient pour se dissoudre dans le clair de lune, s'évanouir dans la nuit....nous ne dormions ni ne veillions. Nous vivions.
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leabharleabhar   22 septembre 2022
Heureuse de savoir que dans l'univers il était vivant, que j'étais vivante, au même endroit de cette terre...
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Interviewée par Michel POLAC (off), HAN SUYIN parle de ses souvenirs de lecture, des livres et auteurs qui l'ont marqués (Flaubert avec "L'education sentimentale", Simone de Beauvoir, Lu Xun ...), de la poésie (cite un poète de la dynastie Song), de l'idée des contradictions, de la vie qui l'a trop comblée, de l'humanité en qui elle a confiance, de Beethoven qu'elle n'aime pas, des Gardes...
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