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EAN : 9782757208649
nombre de pages : 224
Éditeur : Somogy (24/09/2014)

Note moyenne : 4.33/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Gaston III, comte de Foix, vicomte de Béarn, surnommé Fébus, a forgé lui-même sa propre renommée. Il a choisi ce surnom emblématique, Fébus, l’a intégré à son cri de guerre (Febus avant !), l’a apposé sur ses manuscrits, l’a tracé dans sa signature autographe, l’a fait graver sur ses florins d’or (Febus comes) ou dans la pierre de ses châteaux (Febus me fe). Utilisées seules ou combinées, ces marques personnelles ainsi que les pièces poétiques chantées, les document... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
gill
  10 novembre 2014
Il n'aura fallu pas moins d'une vingtaine d'auteurs pour réaliser ce bel ouvrage.
L'objet, le livre est magnifique.
si je n'avais pas peur d'exagérer, j'écrirais presque somptueux.
A le soupeser, à le feuilleter, enrichi comme il l'est par de superbes illustrations*, il se présente comme un de ces beaux volumes qui, fièrement mais vainement, honorent, sans être lus, une bibliothèque qui, pardonnez moi l'expression, "pète plus haut que son cul".
Mais le défi est à la hauteur de l'illustre et puissante silhouette historique.
Ce livre réussit la gageure d'être beau, intelligent et instruit.
C'est aussi et surtout un ouvrage de fond.
A la hauteur d'une recherche universitaire exigeante, se dégageant de tout régionalisme réducteur, il s'adresse, de manière accessible et vivante, à l'amateur, curieux d'Histoire.
Son propos est d'approcher différemment la personnalité du personnage, de situer, à travers les écrits, la culture et l'expression de son pouvoir, ce prince dans le contexte de son époque.
Gaston III, comte de Foix, vicomte de Béarn, surnommé Fébus a lui-même fabriqué sa "fama", c'est à dire sa renommée et même déjà, de son vivant, réussit à entrer dans la légende.
Lorsqu'il hérita du pouvoir, en 1343, à l'âge de douze ans, il était à la tête d'un vaste et puissant territoire...
En 1978, je fis sa connaissance lorsqu'il apparut sur l'écran de la télévision familiale, sous les traits de Jean-Claude Drouot, dans une de ces séries qui ont marqué ma génération.
Il formait, avec Agnès de Navarre incarnée par Nicole Garcia, un couple dont les malheurs impressionnèrent mes quinze ans.
La série me jeta dans les pages de la trilogie écrite, par Myriam et Gaston de Béarn, d'après les archives familiales...Je l'ai lue et relue.
Merci à "Somogy éditions d'art", à l'université de Pau et des pays de l'Adour, à tous les auteurs pour ce magnifique livre d'Histoire dont l'approche et la démarche sont aussi, en plus d'être soignées et passionnantes, un peu originales.
Il est "signé Fébus, comte de de Foix, prince de Béarn", et sous-titré "Marques personnelles, écrits et pouvoir autour de Gaston Fébus".
Son sommaire, qui ne ment pas, annonce un magnifique et passionnant voyage dans le temps...Je suis plongé, depuis plusieurs jours, en cette époque où de Foix à Orthez, de Pau à Mazères, le nom de Gaston Fébus court sur toutes les Pyrénées et n'en reviendrai, en fermant ce beau livre, qu'avec regret !
*cartes, photos, reproductions de parchemins, d'enluminures et même de partitions :
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TheWind
  06 décembre 2014
Avant toute chose, je tenais à remercier vivement les éditions Somogy Editions d'art et Babelio pour l'envoi de ce magnifique livre.
Depuis qu'il trône sur ma table de chevet, je ne me lasse pas de l'ouvrir, d' humer ces pages neuves de papier glacé, d' admirer les photographies des châteaux en Ariège, de suivre du doigt la signature fébusienne apposée sur bien des manuscrits et caresser avec fébrilité les reproductions des pages admirables des Chroniques de Froissart ou encore du Livre de chasse de Gaston Fébus.
J'exagère un peu...mais si peu !
Ce livre est un véritable trésor pour qui s'intéresse à l'iconographie médiévale et aux archives des princes du XIVe siècle. Plus de deux cent pages richement illustrées ! Autant vous dire que c'est Noël avant Noël !

Cet ouvrage somptueux est l'aboutissement d'un programme de recherche de deux années dirigé par Véronique Lamazou-Duplan, maître de conférences à l'université de Pau et des pays de l'Adour. Lors de ces travaux de recherche, une vingtaine de chercheurs, maîtres de conférences, ou encore archivistes se sont penchés sur les marques personnelles laissées par Gaston III dans l'histoire.
On y apprend la volonté du comte de Foix à marquer son passage dans l'histoire, en employant le prénom qu'il s'est donné sur tous les supports : actes, florins, ouvrages qu'il écrit ou qu'il possède, et même forteresses. Il semble bien à travers toutes ces traces que Gaston Fébus tenait à ce que l'on se souvienne de lui, et ceci à travers les siècles. Et de fait,  ainsi que le dit Claudine Pailhès dans un autre ouvrage, «  son ombre plane sur les Pyrénées, son nom se mêle au vent de ses châteaux, sa chasse hante les forêts, les miniatures de son « Livre » illuminent l'iconographie pyrénéenne, son nom fait toujours claquer les oriflammes des fêtes, sa « chanson » habite l 'âme occitane."
C'est un véritable travail de Titans auquel se sont livrés ces auteurs pour recueillir tant de documents, pour décoder les traces du comte de Foix et pour en faire une analyse profonde et extrêmement pointue.
Il est vrai que la lecture fut ardue et que j'ai parfois eu du mal à suivre le décryptage savant et complexe des auteurs. Sans nul doute, ce livre s'adresse aux universitaires et aux initiés. Cependant, le grand public (dont je fais partie ! ) y trouvera son bonheur s'il s'intéresse un tant soit peu à l'histoire médiévale.
Pour ma part, il m'a surtout donné envie d'en apprendre un peu plus sur ce personnage hors du commun qu'était Gaston Fébus ! Figure emblématique du sud ouest de la France, seigneur charismatique aux ambivalences déconcertantes, à la fois Soleil et Nuit, à la fois séducteur et cruel, celui qui s'est donné comme surnom celui de « Fébus » évoquant Apollon Phoebus, dieu antique de la musique, des arts mais aussi de la chasse, n'a pas fini de nous surprendre ! Par conséquent, je gage qu'une des mes futures chroniques portera de nouveau sur ce personnage incroyable.
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Parthenia
  07 décembre 2014
Je connaissais Gaston Fébus à travers la rediffusion de la série télévisée Gaston Phébus : le lion des Pyrénées, qui m'avait beaucoup marquée, enfant. Aussi, c'est avec beaucoup de plaisir que j'ai sélectionné cet ouvrage lors de la Masse critique organisée par Babelio, en espérant en apprendre davantage sur ce seigneur féodal aussi fougueux que tourmenté.
Et franchement, j'ai été enchantée de ma découverte !
Non seulement, d'un point de vue purement esthétique, le livre est une pure merveille avec de magnifiques illustrations de nature très variée (photos, cartes, enluminures, sceaux, partitions de musique, parchemins parafés...), mais sur le fonds, c'est également une mine d'informations extrêmement intéressantes et enrichissantes. Une vingtaine d'historiens et d'archivistes-paléographes ont uni leurs efforts ainsi que leurs connaissances pour faire parler les archives sur la politique menée par ce prince et les moyens qu'il a employés pour diffuser sa propre gloire.
Si la 1ère partie, axée sur la biographie de Gaston Fébus, est accessible aux néophytes, la 2ème portant sur l'héraldique, la numismatique et l'enluminure est moins abordable et plutôt réservée aux connaisseurs de ces disciplines.
Pour en revenir au comte de Foix, Gaston a hérité à 12 ans de territoires non seulement morcelés dans le sud-ouest de la France dans le contexte chaotique de la Guerre de Cent Ans, mais également aux traditions et obédiences différentes (il devait l'hommage féodal au roi de France pour le comté de Foix et au roi d'Angleterre pour le Béarn). En outre, toute sa vie, il a été en concurrence dans cette région avec les puissants Armagnac, alliés du roi de France.
Seigneur très ambitieux, ambivalent et remuant, il a pratiqué le jeu dangereux de la bascule politique, soutenant successivement, au gré de ses intérêts, les Français et les Anglais. Sa relative neutralité lui permet de rester autonome, et d'épargner ses territoires des désastres consécutifs à la Guerre de Cent Ans.
"Gaston était sourcilleux sur les hommages qu'on lui devait (davantage que sur ceux qu'il devait)."
(page 54)
Autoritaire, il accorde pourtant à ses sujets des chartes d'affranchissement ; profondément lié à son peuple, il le protégea de la fiscalité épiscopale ou royale, tout comme il protégea les hérétiques de l'Inquisition.
Seigneur jusqu'au bout des ongles, il pratique le mécénat, s'entoure de musiciens et d'écrivains. Il remporta même adolescent un concours de poésie.
Attaché à sa renommée et à sa diffusion, il n'hésite pas à copier l'usage récent des rois de France de la signature, qui est à la fois acte de gouvernement et volonté d'afficher son niveau de culture ; mais comme il aime se singulariser, Gaston signe de son surnom seul et non de son prénom comme il est alors d'usage.
Comme sa 1ère signature, son surnom est attesté pour la 1ère fois en 1360 ; sa référence au dieu grec Apollon rompt avec la tradition médiévale de se réclamer des héros arthuriens.
Comme on le voit, Gaston participe à la naissance de sa légende, relayée par les écrivains de son temps. Ainsi, le chroniqueur Froissart trace de lui dans ses chroniques un portrait assez marquant "qui fonde la légende, noire et dorée, de ce prince" (page 64). le poète Eustache Deschamps fait allusion dans son Miroir de mariage à l'épisode selon lequel Gaston et ses compagnons au cri de Fébus avant ! délivre la dauphine Jeanne de Bourbon et d'autres princesses de menaces à Meaux !
Un épisode beaucoup plus sombre entache cette propagande mythographique : la mort de son unique héritier légitime, tué de ses propres mains, mais jusqu'à aujourd'hui, aucun acte officiel n'a été mis au jour pour en effacer les zones d'ombre.
Ainsi, Gaston a non seulement fasciné ses contemporains, mais également les générations suivantes jusqu'à aujourd'hui. Dumas lui a même consacré un roman !
Je remercie Babelio et Somogy éditions d'Art pour ce somptueux ouvrage ! D'ailleurs, en compulsant leur catalogue sur leur site, je me suis rendu compte qu'il comportait "Au royaume d'Alexandre le Grand. La Macédoine antique", faisant suite à l'exposition éponyme qui s'était tenue au Louvre et que j'avais visitée début 2012, mais sans pouvoir prendre de photos hélas... Je sais quel livre va rejoindre ma liste de Noël, moi !!!
Lien : http://parthenia01.eklablog...
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
gillgill   10 novembre 2014
Le 28 juillet 1355, de Valognes où il se trouvait, le comte d'Evreux et roi de Navarre Charles II (1332-1387) adressait une lettre à trois de ses conseillers pour les encourager à négocier avec le roi de France au mieux de ses intérêts, comme il les en avait chargés.
Charles avait alors 23 ans, il avait déjà montré, si jeune, ses ambitions politiques.
Sa lettre "De par le roy" était signée de son prénom, écrit de sa propre main...
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gillgill   07 novembre 2014
Ci commence le prologue du livre de chasse que fist le comte Febus de Foys seigneur de Béarn.
En non et honneur de Dieu, créatour et seigneur de toutes choses et du benoist son filz Jhesu Christ, et du Saint Esperit, de toute la sainte Trinité, et de la Vierge Marie, et de touz les sains et saintes qui sont en la grace de Dieu, Je, Gaston, par la grace de Dieu surnommé Fébus, comte de Foys, seigneur de Béarn, qui tout mon temps me suy delité par espîcial en trois choses : l'une est en armes, l'autre est en amours, et l'autre si est en chasse....
(prologue du livre de la chasse, d'après BnF, Fr, 616, fol. et 1v° "et fut commencé ce présent livre le premier jour de may, l'an de grace mil trois cens quatre vins et sept")
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TheWindTheWind   30 novembre 2014
Dans le détail, Froissart a cerné Fébus, en particulier cette ambivalence qui l'a probablement fasciné et qui fonde la légende, noire et dorée, de ce prince. Le comte, grâce à ses qualités, administre remarquablement ses États, les maintient en paix, se montre fin stratège en ces temps chaotiques, réunit une cour cultivée et brillante où se retrouvent des partis politiques pourtant opposés...Mais le chroniqueur, ne cache pas la dureté du prince, y compris avec son entourage, son goût pour l'argent, ses travers inquiétants (il vit la nuit, sait tout avant tout le monde...)et surtout, le fait qu'il se laisse dominer par une colère qui entraîne aux pires extrémités. Autant de traits que Froissart condamne, certes de façon discrète mais présente.
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TheWindTheWind   13 novembre 2014
La famille de Foix est la seule famille languedocienne à avoir survécu à la période la plus difficile qu'ait connue le Midi. Elle a survécu au soupçon d'hérésie, elle a survécu à la résistance armée, elle a survécu à la rébellion, sans prendre le parti des vainqueurs de la croisade, sans jamais prendre le parti du roi. C'est un gène qui a bien dû être transmis...
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gillgill   07 novembre 2014
De Foix à Orthez, de Pau à Mazères, le nom de Gaston Phébus court sur toutes les Pyrénées.
Ces terres de montagne et de frontière eurent une histoire toujours originale, souvent intense, parfois dramatique, en aucun autre temps elles ne connurent un aussi grand prince, une si brillante cour, jamais elles ne furent mises ainsi au coeur des royaumes d'Occident.
Aucun autre seigneur des Pyrénées ne fut ainsi célébré et chanté à travers les cours d'Europe....
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