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ISBN : 2290119164
Éditeur : J'ai Lu (20/12/1999)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 4.11/5 (sur 612 notes)
Résumé :
Les Croisades vues par les Arabes, c'est l'histoire "à l'envers". Amin Maalouf, écrivain d'origine libanaise, écrit le roman des Croisades vues à travers le regard arabe. Pour cela, il s'inspire des oeuvres des historiens arabes médiévaux dont Francesco Gabrieli a traduit des extraits dans les Chroniques arabes des Croisades. Dans ce roman historique, les princes de l'Islam (Nourredine, Saladin, Baibars...), dénigrés par les chroniqueurs occidentaux, sont présentés ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (61) Voir plus Ajouter une critique
Luniver
  18 mai 2012
Comme le titre l'indique, Amin Maalouf nous raconte l'histoire des croisades à travers les récits des princes et historiens arabes de l'époque.
Le premier contact avec les croisés les rend plutôt perplexe : alors qu'on leur annonce une puissante et nombreuse armée en route, ils font plutôt face aux civils qui ont répondu à l'appel de Pierre l'Ermite : trente mille personnes en guenilles, des femmes, des enfants, des vieillards, totalement désorganisés, qui sont obligés de piller toutes les villes qu'ils rencontrent sur leur chemin pour se nourir. L'empereur byzantin lui-même les débarque rapidement de l'autre côté du Bosphore pour mettre fin à tous les incidents qu'ils provoquent sur leur passage. Ces croisés inexpérimentés se font rapidement écraser par l'armée du sultan local, qui pense en avoir définitivement finis avec les francs.
Mais une véritable armée de lourds chevaliers arrive quelque temps plus tard, qui elle, dévaste tout sur son passage. La faute en revient principalement aux sultans arabes, incapables de faire cause commune, et voyant souvent la conquête francque comme un moindre mal par rapport à un prestige trop important de leurs voisins : les trahisons, promesses non tenues, défections à la veille du combat sont nombreuses. Pour ne rien arranger, des luttes pour le pouvoir se déclenchent dès qu'un sultan meure. Après la chute de Jérusalem, les alliances changent : beaucoup de croisés estiment leur mission terminée et repartent en Europe. Les rois francs des petits états créés doivent lutter pour le conserver. Les alliances n'ont plus beaucoup de liens avec la religion : des francs et des sultans s'allient contre d'autres associations de francs et de sultans. Même quand les arabes arriveront enfin à un semblant d'union, ça ne sera que pour affronter la nouvelle menace mongole qui arrive à l'ouest.
Drôle d'histoire de cette région du monde qui possèdait la culture la plus riche à l'époque, et qui a été incapable de vaincre ses querelles intestines pour la conserver. Les exemples les plus frappants sont la justice (les arabes ont des tribunaux, les francs utilisent encore les ordalies, les "jugements de Dieu") et la médecine (les arabes soignent avec des plantes, les francs incisent le front en forme de croix pour en faire sortir les démons). On est également frappé par la barbarie des seigneurs francs qui n'hésitent pas à massacrer la population des villes qu'ils prennent quand on la compare avec la magnanimité de Saladin.
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Cacha
  24 avril 2019
Comme toujours dans les livres historiques d'Amin Maalouf, cet ouvrage est très bien documenté, relaté et écrit.
D'ailleurs, l'originalité de celui-ci tient surtout au fait que cet évènement majeur pour la compréhension du monde moderne est situé du point de vue des Arabes, c'est-à-dire à l'opposé de celui que nous connaissons mais aussi au fait que les sources (en particulier celles de chroniqueurs de l'époque, ignorés jusqu'à présent) ne sont citées et expliquées qu'à la fin.
Des deux côtés, donc il n'y eu aucune pitié entre assaillants et assaillis. Les croisades sont faites aussi de luttes entre frères, entre tribus, entre clans.
Cependant, cette époque a connu aussi d'assez longues périodes d'alliances, de paix et d'harmonie grâce à l'action de souverains éclairés qui ont laissé des traces dans L Histoire (cf. Aladin), tout autant que les sultans sanguinolents.
Le grand mérite de cet ouvrage est évidemment de présenter un autre point de vue sur les croisades. Dans sa conclusion, l'auteur esquisse un bref parallèle avec la période actuelle dans cette partie du monde, remplie également de bruit, de sang et de fureur.
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IreneAdler
  07 décembre 2013
Conté comme un roman d'aventures, voici le récit du côté des Arabes, de l'invasion des Croisés. Au début, incapables de résister militairement, des chefs émergent, qui seront fédérateurs et victorieux. Plusieurs tribus se succèdent (avec force d'assassinats et trahisons) créant une dynamique de reconquête de leurs terres spoliées. Et les "Franj" repartirent, non sans avoir appris beaucoup des Orientaux.
Et c'est là que le bât blesse, conclue Maalouf. Si les guerriers blonds repartir avec des connaissances nouvelles futur essor de l'Europe, les guerriers en turban restèrent hermétiques. Alors qu'il y avait à apprendre (tous les Croisés ne furent pas de barbares massacreurs.) Et c'est peut-être cela qui a fait décliner doucement cette partie de la Méditerranée, qui n'a pas encore tout à fait digéré cet affront (Et Bush en remet une couche à partir de 2001...). L'âge d'or c'est terni, pour le moment.
S'il manque peut-être une biographie succincte des principaux chefs de chaque camp, cet essai est très accessible, documenté, fouillé, presque romanesque. le lecteur n'est pas enseveli sous des tonnes d'informations, de faits (les détails des querelles de palais, des complots nous sont épargnés), les événements se succèdent avec fluidité.
Maalouf a un réel talent d'écriture quelque soit le genre auquel il se frotte. Il sait faire venir les images, capturé le lecteur. Encore et toujours un auteur à lire.
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aouatef79
  06 mars 2017
L' écrivain franco-libanais , Amin Maalouf, qui a écrit " Les croisades vues par les Arabes" , nous donne le point de vue des Arabes et des Musulmans qui ont
vécu lors de ces événements .Car jusqu' à une certaine époque le point de vue et l' interprétation dominants sont ceux des Occidentaux et ces derniers sont considérés comme des guerriers magnanimes où tout le monde est beau, tout le monde est gentil c' est-à-dire des anges !
Amin Maalouf s' inspirant des chroniqueurs et des historiens de l' époque à l' exemple d ' Ibn-Qalanissi et il y en a d' autres, remet les pendules à l' heure .
Ce point de vue des Arabes va , à peu près, de 1096 à 1291 .Il raconte les pillages et les massacres perpétrés par les Franjs.
Au cours de cette période du Moyen-âge, la suprématie de l' Orient sur l' Occident était réelle car en Orient les savants arabo-musulmans étaient en avance en médecine, en mathématique, en chimie, en physique, en astronomie, en philosophie, en musique...etc
Amin Maalouf revalorise les princes musulmans stigmatisés par les historiens et chroniqueurs occidentaux tels Saladin, Baibars....etc
Ce livre de Maalouf nous permet de revoir une partie de l' Histoire avec une certaine objectivité loin de tous les clichés et stéréotypes qu' on a voulu collé aux Arabes et aux Musulmans de cette époque alors que ces derniers
ne faisaient aucune différence entre Musulmans, Chrétiens et Juifs . Tous vivaient en harmonie et la tolérance régnait .
Beau livre , intéressant à plus d' un titre et qui mérite d' être lu .
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belette2911
  30 avril 2012
Ce livre, lu il y a de ça un certain temps, fut une véritable claque ! Pourtant, j'avais déjà acquis quelques bases solides en la personne d'une connaissance, un musulman, croyant, pratiquant et connaissant plus sur le catholicisme que moi. A l'opposé, moi, catholique non pratiquante et pas très croyante.
Il m'avait déjà parlé de la mauvaise images que nous avions, nous, les occidentaux, sur les Croisades. A nous entendre, nous étions les libérateurs, les meilleurs, les plus catho, les plus... les plus barbares, oui !
Dire que nous traitions les autres de barbares !
Et bien, malgré ses petits cours d'histoire, je fus tout de même abasourdie par ce roman.
Il est à lire pour avoir le bon éclairage sur cette période et que l'on s'est bien gardé de nous expliquer à l'école !
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Citations et extraits (99) Voir plus Ajouter une citation
mellahmellah   26 février 2014
Lisez bien ce témoignage SVP
Une fois, se rappelle Bahaeddine, alors que je chevauchais aux côtés du sultan face aux Franj, un éclaireur de l'armée vint a nous avec une femme qui sanglotait en se frappant la poitrine. «Elle est sortie de chez les Franj, nous expliqua l’éclaireur, Pour rencontrer le maître, et nous l'avons amenée. «Salaheddin demanda a son interprète de l'interroger. Elle dit: « Des voleurs musulmans sont entrés hier dans ma tente et ils ont volé ma fille. J'ai passé toute la nuit à pleurer, alors nos chefs mon dit : « Le roi des musulmans est miséricordieux, nous te laisserons aller vers lui et tu pourras lui demander ta fille. « Alors je suis venue et j'ai mis tout mes espoir en toi.» Salaheddin fut ému et des larmes lui vinrent aux yeux. Il envoya quelqu'un au marché des esclaves pour chercher la fille, et moins d'une heure un cavalier arriva portant l'enfant sur ses épaules. Dès qu'elle les vit la mère se jeta à terre, se barbouilla le visage de sable, et tout les présent pleuraient d’émotion. Elle regarda vers le ciel et se mis à dire des choses incompréhensibles. On lui rendit donc sa fille et on la raccompagna au camp des franj.
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michelekastnermichelekastner   09 janvier 2019
En apparence, le mode arabe venait de remporter une victoire éclatante. Si l'Occident cherchait, par ses invasions successives, à contenir la poussée de l'islam, le résultat fut exactement inverse. Non seulement les Etats francs d'Orient se trouvaient déracinés, après deux siècles de colonisation, mais les musulmans s'étaient si bien repris qu'ils allaient repartir, sous le drapeau des turcs ottomans, à la conquête de l'Europe même. En 1453, Constantinople tombait entre leurs mains. En 1529, leurs cavaliers campaient sous les murs de Venise.
Ce n'est, disions-nous, que l'apparence. Car, avec le recul historique, une constatation s'impose : à l'époque des croisades, le monde arabe, de l'Espagne à l'Irak, est encore intellectuellement et matériellement le dépositaire de la civilisation la plus avancée de la planète. Après, le centre du monde se déplace résolument vers l'Ouest. Y a-t-il là relation de cause à effet ? Peut-on aller jusqu'à affirmer que les croisades ont donné le signal de l'essor de l'Europe occidentale - qui allait progressivement dominer le monde - et sonné le glas de la civilisation arabe ?

Sans être faux, un tel jugement doit être nuancé. Les Arabes souffraient, dès avant les croisades, de certaines "infirmités" que la présence franque a mises en lumière et peut-être aggravées, mais qu'elle n'a pas créées de toutes pièces.
Le peuple du Prophète avait perdu, dès le IXe siècle, le contrôle de sa destinée. Ses dirigeants étaient pratiquement tous des étrangers. De cette multitude de personnages que nous avons vus défiler au cours de deux siècles d'occupation franque, lesquels étaient arabes ? Les chroniqueurs, les cadis, quelques roitelets locaux - Ibn Ammar, Ibn Mouqidh - et les impuissants califes ? Mais les détenteurs réels du pouvoir, et même les principaux héros de la lutte contre les Franj - Zinki, Noureddin, Qoutouz, Baibars, Qalaoun - étaient turcs : al-Afdal, lui, était arménien ; Chirkouh, Saladin, al-Adel, al-Kamel étaient kurdes. (...)
Alors que pour l'Europe occidentale l'époque des croisades était l'amorce d'une véritable révolution, à la fois économique et culturelle, en Orient, ces guerres saintes allaient déboucher sur de longs siècles de décadence et d'obscurantisme. Assailli de toutes parts, le monde musulman se recroqueville sur lui-même. Il est devenu frileux, défensif, intolérant, stérile, autant d'attitudes qui s'aggravent à mesure que se poursuit l'évolution planétaire, par rapport à laquelle il se sent marginalisé. (...)
A la fois fasciné et effrayé par ces Franj qu'il a connus barbares, qu'il a vaincus mais qui, depuis, ont réussi à dominer la Terre, le monde arabe ne peut se résoudre à considérer les croisades comme un simple épisode d'un passé révolu. On est souvent surpris de découvrir à quel point l'attitude des Arabes, et des musulmans en général, à l'égard de l'Occident, reste influencée, aujourd'hui encore, par des événements qui sont censés avoir trouvé leur terme il y a sept siècles.
Or, à la veille du troisième millénaire, les responsables politiques et religieux du monde arabe se réfèrent constamment à Saladin, à la chute de Jérusalem et à sa reprise. Israël est assimilé, dans l'acceptation populaire comme dans certains discours officiels, à un nouvel Etat croisé. Des trois divisions de l'Armée de libération palestinienne, l'une porte encore le nom de Hittin et une autre celui d'Ain Jalout. Le président Nasser, du temps de sa gloire, était régulièrement comparé à Saladin qui, comme lui, avait réuni la Syrie et l'Egypte - et même le Yemen ! Quant à l'expédition de Suez de 1956, elle fut perçue, à l'égale de celle de 1191, comme une croisade menée par les Français et les Anglais. (...)
Dans un monde musulman perpétuellement agressé, on ne peut empêcher l'émergence d'un sentiment de persécution, qui prend, chez certains fanatiques, la fomre d'une dangereuse obsession : n'a-t-on pas vu, le 13 ami 1981, le Turc Mehemet Ali Agca tirer sur le pape après avoir expliqué dans une lettre : J'ai décidé de tuer Jean-Paul II, commandant suprême des croisés. Au-delà de cet acte individuel, il est clair que l'Orient arabe voit toujours dans l'Occident un ennemi naturel. Contre lui, tout acte hostile, qu'il soit politique, militaire ou pétrolier, n'est que revanche légitime. Et l'on ne peut douter que la cassure entre ces deux mondes date des croisades, ressenties par les Arabes, aujourd'hui encore, comme un viol.
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LuniverLuniver   13 mai 2012
La fierté de Maara, c'était d'être la patrie de l'une des plus grandes figures de la littérature arabe, Aboul-Ala al-Maari, mort en 1057. Ce poète aveugle, libre penseur, avait osé s'en prendre aux mœurs de son époque, sans égard pour les interdits. Il fallait de l'audace pour écrire :
«Les habitants de la terre se divisent en deux,
Ceux qui ont un cerveau, mais pas de religion,
Ceux qui ont une religion, mais pas de cerveau.»
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Under_the_MoonUnder_the_Moon   29 novembre 2015
Le sac de Jérusalem, point de départ d'une hostilité millénaire entre l'islam et l'Occident, n'aura provoqué, sur le moment, aucun sursaut. Il faudra attendre près d'un demi-siècle avant que l'Orient arabe ne se mobilise face à l'envahisseur, et que l'appel au jihad lancé par le cadi de Damas au diwan du calife ne soit célébré comme le premier acte solennel de résistance.
Au début de l'invasion, peu d'Arabes mesurent d'emblée, à l'instar d'al-Harawi, l'ampleur de la menace venue de l'Ouest. Certains s'adaptent même par trop vite à la nouvelle situation. La plupart ne cherchent qu'à survivre, amers mais résignés.
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araucariaaraucaria   04 juillet 2013
A Antioche, comme ailleurs, les chrétiens d'Orient - Grecs, Arméniens, Maronites, Jacobites - sont soumis, dès l'arrivée des Franj, à une double oppression : celle de leurs coreligionnaires occidentaux qui les soupçonnent de sympathie envers les Sarrasins et les traitent en sujets de rang inférieur, et celle de leurs compatriotes musulmans qui voient souvent en eux les alliés naturels des envahisseurs.
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Videos de Amin Maalouf (46) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Amin Maalouf
Amin Maalouf, auteur d?exception, était de passage à la Grande Bibliothèque le 20 juin 2019 pour le lancement de son nouveau livre, «Le naufrage des civilisations».
Il était reçu par Jean-Louis Roy, président-directeur général de BAnQ, pour un entretien public.
En collaboration avec l?Université d?Ottawa et Savoir média.
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