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EAN : 9791020907776
205 pages
Les liens qui libèrent (09/10/2019)
3.75/5   18 notes
Résumé :
La croissance et le PIB ne sont pas, ne sont plus, la solution : ils sont devenus le problème. Car ce que l’on compte aujourd’hui dans nos sociétés n’est pas ce qui compte vraiment.
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Analyse très convaincante de la prégnance mondiale de l'indicateur de croissance PIB et de son « impertinence ». A l'aide de nombreux exemples et de tableaux chiffrés, parfois un peu austères, l'auteur démontre de façon implacable les errements actuels d'une économie mondialisée qui n'est pas (et loin s'en faut) au service de la majorité des habitants de la planète. Il préconise, en expliquant très bien que l'indicateur (ou les indicateurs) qui devraient prévaloir s'appuieraient sur le bien être, la résilience et la soutenabilité. Cet ouvrage a le mérite de présenter de nombreux exemples factuels qui viennent étayer ses propos et il est d'une lecture facile. C'est une excellente raison de le recommander aux curieux qui voudraient changer la direction de la marche de l'humanité pour sa sauvegarde.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
D’où l’importance de considérer le rôle de l’État dans le capitalisme. La puissance publique peut servir de pouvoir de régulation, de contre-force ou d’accélérateur des effets néfastes potentiels de certaines formes de capitalisme. La raison pour laquelle le capitalisme danois n’est pas aussi destructeur que le capitalisme américain tient précisément au rôle de l’État dans la mise en œuvre d’une législation environnementale qui contrecarre l’inclinaison du système économique actuel à traiter les ressources environnementales du seul point de vue de la rentabilité à court terme. L’État danois parvient également à limiter le pouvoir destructeur de l’inégalité sociale au moyen de taxes et de transferts considérablement plus élevés (et plus justes) que dans le reste du monde.
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Dans un discours prononcé à l’université du Kansas le 18 mars 1968, peu de temps avant son assassinat, Robert Kennedy expliqua aux citoyens américains, dans un langage pénétrant et accessible, la nécessité d’aller au-delà du produit national brut (le PNB, une variante du PIB) pour saisir le sens véritable du développement humain. La croissance, affirmait-il, « mesure tout sauf ce qui vaut la peine de vivre ». Les recherches universitaires ont vite fait écho à la critique éloquente et puissante de Kennedy. Dans une série d’articles publiés entre 1972 et 1973, les économistes William Nordhaus et James Tobin suggérèrent que la « croissance » était devenue « obsolète ». Ainsi naquit, il y a près d’un demi-siècle, ce que l’on nomme aujourd’hui « l’agenda au-delà du PIB ».
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Les responsables qui continuent de se fier à la croissance sont rendus aveugles aux deux dimensions les plus essentielles de l’existence : la santé du corps et de l’esprit et la vitalité de la biosphère (qui conditionne la possibilité de poursuivre l’aventure humaine sur la planète). Ils et elles négligent les questions d’égalité, de répartition et de redistribution, confondant la croissance avec le progrès social. Ils et elles dégradent les écosystèmes pour des gains économiques de court terme, nuisant au bien-être humain tout en croyant l’améliorer. La politique économique finit par divorcer des connaissances scientifiques et, plus grave encore, des aspirations des citoyens.
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L’économie mondiale ne s’est donc pas dématérialisée avec la transition numérique, mais au contraire rematérialisée, ce qu’aucun indicateur de croissance, y compris qualitatif, ne nous permet de comprendre.
Aucun pays n’illustre mieux le caractère insoutenable (et largement inutile) de la croissance mondiale que celui qui l’alimente en grande partie depuis près de trente ans : la Chine.
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En dehors du PIB, de son évolution (la croissance), de ses composants (consommation, investissement, échanges extérieurs) et de quelques indicateurs macroéconomiques relatifs au marché du travail, les députés et les sénateurs ne reçoivent aucune information officielle sur l’état social et écologique du pays au moment de voter le budget. Pour le dire simplement, les parlementaires français sont mal informés sur l’état du pays qu’ils représentent et qu’ils ont bien du mal à se représenter.
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