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EAN : 9780593497272
336 pages
Ballantine Books (02/01/2024)
3.66/5   32 notes
Résumé :
Une famille anglo-grecque mène une vie simple dans un petit village grec : Irini, Tasso et leur fille, la petite Chara. Leur vie s'enflamme en une journée lorsqu'un incendie criminel ravage la forêt et les habitations alentour. Tasso, musicien, a les mains brûlées et ne peut plus jouer de la guitare ; son père a disparu et la beauté naturelle de la région est anéantie. Pour exorciser ce traumatisme, Irini écrit un journal, le Livre du feu, dans lequel elle raconte c... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (29) Voir plus Ajouter une critique
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Christy Lefteri m'avait captivé, enchanté avec L'Apiculteur d'Alep puis Les Oiseaux chanteurs. Aussi, je me suis lancé avec beaucoup d'envie dans la lecture de son dernier roman : le Livre du feu.
Son récit est mené sur deux temporalités : l'une en direct, au moment présent, l'autre est intitulée à chaque fois, à chaque retour en arrière « le Livre du feu », le titre du roman.
Aussitôt, je retrouve, sous la traduction de Karine Lalechère, la verve, le sens de l'écriture fluide, agréable à lire, de Christy Lefteri.
Un promoteur que la narratrice appelle Monsieur Moine - de son vrai nom Michael Trachonides – est sans délai identifié comme l'auteur d'un terrible incendie dont les conséquences s'étalent dans la partie que j'appellerais actuelle.
Quand la narratrice, Irini, reprend la parole, j'apprends qu'elle a un mari, Tasso, une fille, Chara, et un chien, Rosalie. Elle est musicienne, spécialiste du bouzouki, et son mari est un artiste peintre qui excelle à représenter la forêt, cette si belle forêt en train de partir en flammes.
C'est dans les passages intitulés « le Livre du feu » que l'action est la plus intense, la plus stressante. Là, je suis en apnée car il faut suivre Irini et Chara qui tentent d'échapper aux flammes dévorant tout ce qui vit : êtres humains, animaux, insectes et végétaux. Dans cette fuite éperdue, j'apprends que les plus riches ont construit leurs villas au bord de l'eau, barrant tout accès à la mer.
Ensuite, je suis un peu déçu car Christy Lefteri adopte un style feutré, remonte dans les souvenirs de ces Grecs revenus de Londres, pour vivre au pays. Bien sûr, les dégâts causés par le feu font frémir, désolent vraiment. Si l'on connaît le coupable, si l'on incrimine le gouvernement, si l'on reproche aux pompiers une organisation défectueuse, si la police a préféré protéger les biens des plus riches, personne n'évoque le principal responsable de ces gigantesques incendies qui ont dévasté, dévastent encore d'immenses territoires de notre planète : le réchauffement climatique. Cela, Christy Lefteri le détaille très bien dans sa Postface.
Je n'oublie pas le rappel de ces déplacements de populations entre Grèce et Turquie, bien remis en situation, après la chute de l'empire ottoman. D'ailleurs, ces exilés se sont même croisés en chemin… enfin ceux qui ont pu échapper à la violence meurtrière inhérente à ce genre d'évacuation forcée.
Christy Lefteri réussit à mettre un peu de suspense, de tension avec une mort suspecte et l'intervention de la police. Pourtant, ce sont les scènes de la vie familiale, les tentatives pour rétablir la communication dans le couple après le traumatisme de l'incendie qui occupent l'essentiel du roman. Les contes, les histoires racontées aux enfants, à Chara en particulier, par sa maman, révèlent toute leur importance comme celle, si nécessaire, de la nature.
L'autrice décrit très simplement la vie quotidienne de la petite famille. Elle aborde même la question des greffes pour les grands brûlés avec beaucoup de délicatesse mais était-ce nécessaire de placer cette histoire de jeune chacal recueilli par Chara ?
Aussi, en dehors des moments intenses, le Livre du feu donne un ensemble poétique, doux et émouvant, souvent empreint de nostalgie. Au final, ce roman me déçoit un peu mais je respecte le choix de l'autrice qui a privilégié l'intime, le familial par rapport au spectaculaire et au clinquant.
Je remercie Babelio et les éditions du Seuil qui m'ont permis de continuer l'aventure littéraire avec Christy Lefteri.

Lien : https://notre-jardin-des-liv..
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« Chaque livre que j'écris me transforme. »
Avec ce troisième roman Christy Lefteri démontre son talent à se renouveler sans cesse.
Chacun de ses livres m'émeut et m'enjôle autant qu'il me révolte.
Dans son premier opus « L'apiculteur d'Alep » avec Afra et Nuri le couple de migrants j'ai tremblé et protesté durant leur périple de Syrie au Royaume-Uni.
Pour le second « Les oiseaux chanteurs », sous le soleil chypriote avec Petra et Yiannis je me suis rongé les sangs de la disparition de Nisha la nounou sri-lankaise.

« Il était un petit pois un charmant village dans une forêt très ancienne, sur le versant d'une montagne qui dominait la mer. »

Il était une troisième fois ou tout s'embrase.

Chacun de ses romans évoque des drames provoqués par stupidité ou cupidité d'individus, de groupes ou de gouvernements. Chacune de ses phrases me fait ressentir toute la détresse et tout le chagrin que l'on peut lire dans les yeux de ceux qui ont tout perdu.
Le soin apporté à ses recherches sur les sujets les plus atroces comme la disparition d'êtres chers, la perte de biens et de repères confère une épaisseur sans pareille à ses personnages que l'on a envie de choyer ou d'agonir.

Avant d'écrire son livre du feu, Irini jouait du bouzouki, chantait, cuisinait des baklavas, regardait les toiles de son mari, profitait du bonheur de voir sa fille Chara jouer avec Rosalie le lévrier...

Il y a toujours des coupables, des fautifs d'une catastrophe ou d'une calamité mais ne sommes-nous pas tous un peu responsables ?
« Il y a un esprit qui flotte au-dessus de nous, et il n'a rien de divin. C'est l'esprit de notre pouvoir de destruction. »

Merci à Babelio pour m'avoir encore fait passer un joli moment de lecture et merci aux éditions du Seuil de l'envoi de cet ouvrage.

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J'ai découvert Christy Lefteri à l'occasion de la sortie en France de son premier roman "L'apiculteur d'Alep", déjà à l'occasion d'une MC privilégiée, comme cela est également le cas pour celui-ci. J'en remercie évidemment Babelio ainsi que l'éditeur Seuil, surtout que j'avais été enthousiasmée (et très émue) par le périple de Nuri et Afra entre la Syrie et l'Angleterre dans "L'apiculteur d'Alep".

J'ai donc été ravie quand on m'a proposé ce livre, d'autant plus que j'avais raté le coche pour "Les oiseaux chanteurs", paru en 2022. J'avais hâte de retrouver l'écriture immersive et multi-sensorielle de l'auteure, ainsi que des personnages que j'espérais aussi attachants que ceux rencontrés lors de mon expérience précédente.

Le contexte est cette fois bien différent, même si la famille rencontrée ici fuit également devant un grand danger, et va connaître bien des vissicitudes et subira de gros dommages matériels et affectifs.
Irini, musicienne, son mari Tasso, artiste-peintre et leur petite Chara vivaient heureux dans leur maison, située dans un petit village grec bien tranquille au bord de la mer. Mais un jour un promoteur ambitieux s'installa dans le coin, avec le projet d'y bâtir un grand hôtel. Problème : le terrain qu'il convoitait abritait une forêt qui le gênait pour obtenir son permis de construire. Qu'à cela ne tienne ! Il y mit le feu, se disant qu'il contiendrait facilement l'incendie dans le périmètre visé. Une pratique régulièrement utilisée, soit dit en passant...Sauf que, sur ce terrain miné par les sécheresses des dernières années et envahi de broussailles que les habitants ont négligé de nettoyer, des milliers d'hectares vont s'embraser, causant des dégâts irréparables à la faune et à tout l'écosystème local. La famille d'Irini qui vit tout à côté de la forêt doit fuir en catastrophe comme tant d'autres, dont certains vont se retrouver piégés par les clôtures infranchissables des villas qui les séparent de la mer.

Cinq mois plus tard, Irini va se retrouver par hasard face à l'homme par qui le malheur est arrivé, en pleine forêt, dans des circonstances tragiques.

Le roman est bâti alternativement sur ces deux périodes, le jour de l'incendie et ses suites immédiates racontés sous la forme d'un journal-exutoire à la 3ème personne (Le journal du Feu), alors que le présent, qui relate la vie difficile de l'après-incendie avec toutes les séquelles qu'il a laissé, est narré à la 1ère personne par Irini. Ce choix est assez déstabilisant, surtout que certaines phrases reviennent de façon lancinantes, comme lorsqu'on chante une ritournelle. On s'y fait, à force, mais j'avoue que ce parti pris ne m'a pas spécialement accrochée.

De même, je n'ai pas réussi à éprouver autant d'empathie avec les personnages que je l'attendais, surtout après avoir été tant remuée par ceux de "L'apiculteur d'Alep". Même si l'auteure explique dans sa postface comment les méga-incendies en Grèce des dernières années l'ont personnellement impactée, je n'ai pas trouvé la même sincérité, la même authenticité dans ce récit. Les personnages sont un peu chacun figé dans son attitude et sa réflexion, les interrogations sur la culpabilité, l'envie de surmonter (ou pas) le traumatisme, tout ça tourne un peu en rond.

Une semi-déception donc, peut-être parce que j'avais un niveau d'attente trop élevé suite au premier roman.Pour ceux qui souhaiteraient découvrir l'auteure, je conseille soit de commencer par celui-ci, soit de lire plutôt l'un des deux autres et de faire l'impasse sur ce Livre du feu, qui sans être mauvais n'est certainement pas son meilleur.
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C'est le troisième roman de Christy Lefteri que je lis grâce à Babelio et aux éditions du Seuil que je remercie pour leur confiance.
Malgré un début prometteur, un sujet qui revient de plus en plus souvent, de plus en plus dévastateur, laissant derrière lui des paysages morts et des sinistrés désespérés, je me suis rapidement lassée de retrouver ici les mêmes pensées, les mêmes faits qui reviennent sans arrêt à l'esprit de la narratrice. Je reconnais que lorsque l'on est victime d'un traumatisme, on a tendance à ressasser les évènements, mais là, cela ressemble un peu à du remplissage de pages. L'éco-anxiété me concerne au plus haut point. Je m'attendais à une analyse de ce phénomène centrée sur les incendies, mais la question posée est plutôt : peut-on atténuer la responsabilité d'un incendiaire sous prétexte que la sècheresse due au dérèglement climatique partage la responsabilité de l'étendue du feu ?

Mais venons-en un peu à l'histoire que Christy Lefteri a voulu écrire, touchée par les feux qui se multiplient un peu partout et notamment par celui qui a noirci des milliers d'hectares sur l'île d'Evia, en Grèce.
Irini, notre narratrice, habitait encore cinq mois auparavant « un charmant village dans une forêt très ancienne, sur les pentes d'une montagne qui dominait la mer. »
Ce matin, Rosalie, le lévrier, la mène sur les terres ravagées par les flammes, au pied d'un arbre à moitié épargné par l'incendie. Elle l'a vu comme endormi, celui qu'elle appelle M.Moine, le promoteur immobilier qui a allumé le feu. Avec cette rencontre au pied du châtaigner, le brasier refait surface et manque de la consumer alors elle décide d'écrire le drame pour l'éloigner, le voir derrière elle, très loin. Ce sera le Livre du feu pour raconter son histoire de l'extérieur avec une femme qui enseignait la musique, un homme qui peignait la forêt, Chara une petite fille pleine de vie et Rosalie la chienne lévrier.

L'incendie a obscurci tous les matins à venir, ceux, vêtus de leur parure saisonnière, qu'elle aimait tant contempler par la fenêtre. Certains y ont laissé la vie, souffrent de brûlures ou ont perdu leur habitation. Et quand le feu n'a pas pris la vie il a pris la joie.
Le responsable, cet homme froid, sans honte, sans scrupules, sans humanité, s'étant vu refuser un permis pour un projet d'hôtel, mérite-t-il assistance ?
Cette question tournera dans sa tête, l'obsédera, interrogera sa conscience et sera l'occasion d'une mini intrigue mais tellement tirée en longueur qu'elle en perd tout attrait. Avec, de nouveau, des faits qui se répètent.

Son mari qui peignait inlassablement la forêt, prostré dans son jardin depuis l'incendie, devient également une ritournelle. L'image de l'unique arbre, le figuier sous lequel il est assis chaque jour, dans la même position, les mains brûlées, bandées, posées sur les genoux, apparaît trop souvent au lecteur. Cette redite dessert la souffrance que ressent cette victime et diminue l'empathie que l'on pourrait lui porter.
Si certains passages, du moins dans le premier quart du roman, font revivre intensément l'arrivée de l'incendie, avec Rosalie la première à ressentir le danger, puis les oiseaux s'enfuyant, la fumée en masse noire, la chaleur puis les pins en brasier, ils sont vite atténués par la suite en raison de leurs répétitions. Des interminables heures passées dans l'eau avant d'être secourues, elle et sa fille, je n'ai retenu que des dialogues très pauvres. Ce fait, pointant la cruelle inefficacité des secours en cas de catastrophe n'est absolument pas développé.
Les paroles de son beau-père Lazaros, dont les yeux enregistraient ce qui changeait dans la forêt, « La planète est en train de changer. Nous n'avons pas pris soin de notre maison, Irini. » amènent le sujet d'actualité sur la multiplication des incendies et leur ampleur liée au dérèglement climatique. Mais, une fois de plus, il n'est qu'effleuré, en répétant que le sol est de plus en plus sec. Il aurait tant mérité un développement égal à celui des migrants abordés dans l'Apiculteur d'Alep ou celui du braconnage dans Les Oiseaux chanteurs, deux romans qui m'avaient profondément marquée.
Ici, les émotions se sont perdues dans les redites, dans cette petite poignée d'éléments qui occupaient les pensées et les souvenirs d'Irini.
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Le livre du feu :
« […] il était une fois une femme, un homme, leur fille et leur chienne qui habitaient une maisonnette à la lisière d'un charmant village, au milieu d'une forêt très ancienne dominant la mer. »

Puis, un jour ensoleillé et sec, cette forêt proche de la maison d'Irini et Tasso
, leur fille Chara, en Grèce, après s'être embrasée, s'éteint et meurt. Les nuances de vert et de marron des feuillus et conifères se transforment en une morne palette de gris et de noir; les parfums de thym, de pins, de bruyères laissent la place à l'odeur âcre du calciné; les flammes pétillantes, ardentes dansant dans les yeux des villageois ne reflètent plus qu'une infinie tristesse; les cris de détresse des animaux sylvestres font rage avant d'être couverts par le crépitement du brasier qui dévaste tout et le sifflement du vent qui attise, pour finalement s'éteindre dans un silence oppressant, empli de cendres, de colère et de désespoir.

Alors que la désolation est devenue son décor et son quotidien, Irini veut consigner dans un cahier, le livre du feu, l'histoire de cet incendie dévastateur et criminel qui a ravagé cent mille hectares de forêts, brûlé vif des habitants et des animaux, fait partir en fumée tout un écosystème déjà fragilisé par le dérèglement climatique, et fait basculer la vie des rescapés.

Peut-on renaître de ses cendres quand on a tout perdu, des proches, des lambeaux de chair, de son âme, son paysage chéri ? Comment traiter la personne tellement avide de construire un hôtel qu'il a bouté le feu, croyant pouvoir le maîtriser, uniquement pour obtenir un permis de bâtir qui lui était refusé ? Et cette personne, est-elle seule responsable du ravage causé ?

C'est ce que tente de nous conter Christy Lefteri avec beaucoup de succès.
En toute simplicité sa plume nous emmène au plus près du drame, nous donnant l'impression d'être au contact des habitants de ce petit village grec, de la famille que nous allons suivre dans son histoire avant, pendant et après ce feu de forêt. D'ailleurs la construction du roman est réussie, l'autrice alterne entre le passé et le présent, entrecoupés du « Livre du feu » qu'Irini écrit en forme de conte, histoire de mettre de la distance entre elle et son expérience effroyable.

Dès les premières pages, j'ai été touchée par ce roman asphyxiant et douloureux.

Je remercie Babelio pour cette masse critique privilégiée et les Éditions Seuil. C'est un beau cadeau.
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Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
Il avait planté toutes sortes de fleurs et d'herbes. Ses préférees étaient des pivoines qui s'épanouissaient en hiver, des fleurs rouges givrées, originaires du Mont Parnasse. Ces fleurs guériront tes cauchemars pendant les jours froids et sombres, avait-il dit.
Il aimait lui raconter l'histoire de plantes, leur voyage.
_ Imagine qu'elles sont nées dans les montagnes au-dessus de l'antique Delphes pour finir dans ton jardin ! Quand vient l'hiver, si tu fais des rêves, sors et respire leur parfum.
À présent, la terre où elles avaient été plantées était ravagée. Ton jardin tout entier embaumera les pivoines, au doux parfum de rose. Un jardin de fleurs rouges en hiver. Ses yeux brillaient toujours, quand il évoquait la nature, et il se faisait un devoir de transmettre son savoir à sa petite-fille.
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Au cours de mes recherches, je suis tombée sur un néologisme qui m'a marquée : la solastalgie, un concept que l'on doit au philosophe Glen Albrecht. En bref, il désigne la détresse, le chagrin, la dépression, l'anxiété et le regret qu'éprouvent les gens dont les terres, les maisons, les villes ou les villages ont subi des bouleversements graves et imprévus liés au changement climatique. «No More Walks in the Woods » des Eagles illustre assez bien ce sentiment. Je pense que nous pouvons tous nous mettre à leur place. Même si l'on n'a pas connu soi-mêmece genre de catastrophe, il n'est pas difficile d'avoir de l'empathie, de l'imaginer, de la redouter. J'ai l'impression que, d'une certaine manière, nous sommes déjà nombreux à éprouver un tel sentiment au quotidien, parfois sans nous en rendre compte : nous voyons et nous sentons les petits changements, les fleurs qui s'ouvrent trop tôt ou trop tard, les étés brûlants, la hausse des températures, les hivers plus chauds. Tout au fond de nous, même si nous préférerions l'oublier, nous savons que le monde, notre monde est en train de se transformer.
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_ Chère Terre, murmura-t-elle. Terre divine, je te remercie pour la forêt. Je te remercie de m'avoir autorisée à marcher à l'ombre rafraîchissante des arbres pendant toutes ces années. C'est dans la forêt que je suis tombée amoureuse. C'est là que j'ai donné mon premier baiser. C'est là que j'ai regardé mon enfant jouer, rire et grandir. Chère Terre, toi qui es si belle, je te demande de protéger mon mari et de faire qu'il me soit rendu. Je t'en prie, protège ma fille et mon mari. Fais que plus jamais ils ne souffrent comme ils souffrent aujourd'hui.
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N'est-ce pas étrange, l'insistance avec laquelle certains souvenirs nous rendent visite ? Comme un conte de fées entendu mille fois, jusqu'à ce qu'une énigme se dénoue dans notre cœur.
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Du bus, la mère regardait cette ville épargnée par le feu. Elle se pénétrait des arbres et des fleurs qui semaient les talus. Tout pouvait disparaître en un instant, songea-t-elle. Le monde lui semblait soudain infiniment fragile. La destruction pouvait être immense, totale, définitive. Elle revit dans son esprit le gigantisme de l'incendie, un mur de flammes qui se propageait vers l'ouest et s'étirait vers le ciel. Seule l'eau pouvait l'arrêter et, le temps d'arriver aux falaises, il avait presque tout brûlé sur son passage.
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Videos de Christy Lefteri (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Christy Lefteri
Nuri est apiculteur, sa femme, Afra, est artiste. Ils vivent tous deux avec leur jeune fils, Sami, dans la magnifique ville d'Alep, en Syrie. La guerre éclate et ravage tout, jusqu'aux précieuses ruches de Nuri. Et l'inimaginable se produit. Afra ne veut plus bouger de sa chambre. Pourtant, ils n'ont pas le choix et Nuri déploie des trésors d'affection pour la convaincre de partir.
Fous de douleur, impuissants, ils entament alors un long périple où ils devront apprendre à faire le deuil de tout ce qu'ils ont aimé. Et apprendre à se retrouver, peut-être, à la fin du voyage, dans un Londres où les attendent des êtres proches. Pour reconstruire les ruches et leur vie.
Christy Lefteri est née à Londres de parents chypriotes. Elle anime un atelier d'écriture à l'université Brunel. "L'Apiculteur d'Alep", son deuxième roman, lui a été inspiré par son travail de bénévole dans un camp de migrants à Athènes.
"Derrière l'immense tragédie impersonnelle des réfugiés, Christy Lefteri fait émerger une histoire personnelle subtile et bouleversante." Kirkus Review
"Impossible de ne pas être touché par cette ode à l'humanité." The Guardian
Traduit de l'anglais par Karine Lalechère
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