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Karine Laléchère (Traducteur)
EAN : 9782021417111
320 pages
Éditeur : Seuil (05/03/2020)

Note moyenne : 4.12/5 (sur 38 notes)
Résumé :
Nuri est apiculteur, sa femme, Afra, est artiste. Ils vivent tous deux avec leur jeune fils, Sami, dans la magnifique ville d'Alep, en Syrie. La guerre éclate et ravage tout, jusqu’aux précieuses ruches de Nuri. Et l'inimaginable se produit. Afra ne veut plus bouger de sa chambre. Pourtant, ils n’ont pas le choix et Nuri déploie des trésors d’affection pour la convaincre de partir.

Fous de douleur, impuissants, ils entament alors un long périple où il... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
Cancie
  22 mars 2020
Nuri est apiculteur et adore son métier qui lui a été enseigné par son cousin Mustafa et avec qui il le pratique. Sa femme Afra est artiste-peintre. Ils vivent à Alep avec leur jeune fils Sami. L'éclatement de la guerre civile va mettre fin à ce bonheur.
C'est l'histoire de ce couple que Christy Lefteri a choisi de nous raconter, ce couple qui va devoir fuir son pays la Syrie, les ruches sacrées de Nuri ayant été détruites et leur enfant Sami tué. Afra est devenue aveugle à la perte de son fils et Nuri doit tout tenter pour la convaincre de partir.
L'auteure va alterner le récit de cette vie à Alep et de l'exode entrepris pour fuir l'invivable avec la narration de leur vie actuelle dans une pension, tout au sud de l'Angleterre où ils attendent depuis deux semaines d'avoir terminé les formalités de demande d'asile.
Le premier chapitre du roman commence avec la description de l'attente au Royame-Uni. Il porte évidemment le chiffre 1 sous lequel se trouve une abeille. Il se termine sur une phrase inachevée à laquelle il manque un mot. Ce mot sera le titre du récit suivant, récit du périple pour arriver jusqu'en Angleterre. Il sera ainsi le dernier mot de la phrase et le premier du paragraphe suivant. Nous passons ensuite au chapitre 2 avec l'abeille puis un autre mot et ainsi jusqu'au chapitre 14 où les deux récits se rejoignent. Une façon très originale pour enchainer à la fois le présent et le passé.
Christy Lefteri a mis en opposition, d'une manière remarquable, la vie heureuse, avant la guerre, dans la magnifique ville d'Alep et la tragédie vécue tout au long du périple vers une autre vie. Elle a su transcrire à merveille les couleurs, les senteurs les odeurs, de même que l'amour de Nuri pour sa femme et pour ses abeilles, abeilles qui ne le quitteront jamais. Tout au long du roman, le thème des abeilles et des ruches sera omniprésent et aidera souvent Nuri à ne pas perdre pied complètement.
En convoquant ici une famille parmi la multitude des réfugiés, l'écrivaine parvient ainsi avec cette histoire personnelle à nous faire vivre et ressentir au plus profond de nous-mêmes, ce qu'est le calvaire de ces gens poussés sur la route malgré eux, alors qu'ils vivaient heureux jusque-là, vers un avenir complètement incertain en prenant des risques immenses, dans des conditions inhumaines.
Quel beau livre puissant de Christy Lefteri, née à Londres, livre qui lui a été inspiré, comme elle nous le dit en fin d'ouvrage par son travail de bénévole dans un camp de migrants à Athènes en 2016 et 2017. Il n'a pas été sans me rappeler le roman graphique de Fabien Toulmé : L'odyssée d'Hakim.
Ce roman, L'apiculteur d'Alep m'a touchée, émue, bouleversée et je ne trouve plus juste résumé que ce qui est écrit sur le bandeau : Une histoire d'amour fou, une odyssée vers l'espoir.
À noter la très belle couverture où deux mains nous présentent deux moitiés de grenade, ce beau fruit, cadeau de Nuri à Afra.
Je remercie Babelio et les éditions du Seuil pour m'avoir permis de découvrir ce magnifique deuxième roman de Christy Lefteri. J'ai par ailleurs bien apprécié le post-scriptum en bas de page de la lettre d'envoi dans laquelle l'équipe du Seuil mentionnait :"Nous ne pouvons être tenus pour responsable de toute envie de miel découlant de cette lecture".

Lien : http://notre-jardin-des-livr..
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Fandol
  17 avril 2020
Christy Lefteri a été profondément marquée par son engagement bénévole auprès des réfugiés, à Athènes. Les rencontres, les histoires racontées par ces femmes, ces hommes, les dessins des enfants l'ont poussée à écrire ce magnifique roman, dur et émouvant : L'apiculteur d'Alep.
Nuri Ibrahim, le narrateur, vit heureux en famille, à Alep (Syrie) où, avec son cousin, Mustafa, ils possèdent de nombreuses ruches dont ils extraient un miel délicieux produit par ces abeilles merveilleuses, indispensables à notre survie.
Hélas, tout dérape. Guerre civile, intégrisme religieux, luttes politiques insensées, sécheresse et c'est le peuple qui souffre, des milliers d'innocents qui voient leurs vies brisées. Mort, destruction, toute une société s'écroule. Une seule solution pour tenter de survivre : la fuite vers notre Occident rêvé où il est si difficile d'être accepté.
D'autres écrivains comme Louis-Philippe Dalembert dans Mur Méditerranée, m'ont fait partager ce cauchemar, ces souffrances inouïes, la rapacité des passeurs mais aussi la générosité des bénévoles oeuvrant pour les organisations humanitaires et Christy Lefteri donne un autre éclairage qui m'a profondément ému, troublé, révolté parfois.
Il est indispensable de lire de tels livres dans ce XXIe siècle qui apporte aujourd'hui d'autres drames et nous fait oublier un peu trop facilement que, chaque jour qui passe, des enfants, des femmes, des hommes tentent de fuir la guerre, la famine, la misère, au péril de leur vie.
L'apiculteur d'Alep, sur les pas de Nuri et d'Afra, son épouse, sans Sami, leur fils, tué par une bombe avant leur départ, est un roman remarquablement construit. Comme d'autres avant moi, je remarque et j'apprécie cette liaison subtile entre le présent – Nuri et Afra sont en Angleterre et attendent une régularisation – et ce qu'ils ont enduré pour en arriver là. Une phrase se termine par un mot écrit en caractères gras au centre de la page suivante et ce même mot est le début d'une nouvelle phrase. C'est original et je pense qu'il faut saluer le travail de la traductrice, Karine Lalechère, qui a su respecter et transcrire en français l'écriture talentueuse de Christy Lefteri.

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Pancrace
  22 mars 2020
Dès les premières pages, j'ai perdu mes repères.
Du bonheur au malheur, d'heure en heure l'apiculteur se meurt.
Livre détresse, lecture frayeur.
Les prédateurs brûlent ses repaires.
Il a eu son heure.
Nuri, bombe et cauchemar, fuite essentielle et vitale, son parcours, lourd.
Quitter son pays, partir avec Afra son amour.
De Syrie au Royaume-Uni.
De migrant à réfugié, tout est écrit dans ce road-movie de la vie.
D'Istanbul à Lesbos sans pathos et d'Athènes à Londres à se morfondre.
Happy, apiculteur, quand la mort te susurre des serments veloutés, que rien n'est moins sûr,
que rien n'aura plus d'importance. Ni la chaleur, ni les piqûres…
Je me suis senti mal à l'aise dans cette fiction qui sent trop fort la réalité.
Personnages de création dans un environnement réel, actes glaçants : tu as envie de t'entraîner au tir ? Simple, deux soldats parient celui qui va tirer, c'est un jeu, pour abattre…un enfant de huit ans !
J'ai approché l'errance et ses souffrances dans les lignes de Christy, je ne me suis jamais posé, ni reposé. J'ai couru tout le temps, haletant à tâcher de trouver un peu de baume au coeur pour Afra et Nuri dans les parcs piégés laissés à l'abandon où ils sont abrités avec leurs compagnons. J'étais sans cesse sur le qui-vive pour tous ces gens qui bravent la mort chaque jour qui commence.
Merci Christy de ce témoignage qui va me hanter, je croyais m'y perdre, je m'y suis trouvé encore un peu plus d'humanité.
Merci à Bashung à qui j'ai emprunté quelques lignes de sa superbe chanson : L'apiculteur.
Merci infiniment à Babelio et Seuil pour leur cadeau de masse-critique privilégiée.
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Biblioroz
  17 mars 2020
J'ouvre L'apiculteur d'Alep. À l'intérieur s'y trouvent les paroles de Nuri. Dès ses premiers mots, je retiens mon souffle et je pressens, d'ores et déjà, qu'ils vont éveiller chez moi des émotions multiples. Je le laisse alors parler de sa femme, Afra, de ses yeux aveugles où il n'y rencontre plus qu'un vide abyssal terrifiant. Il nous dit que son rire aux éclats dorés comme de l'or s'est enfui, bien loin. Envolé aussi son don à faire vivre un paysage du bout de ses pinceaux. Envolé, leur petit Sami, victime de l'absurdité humaine.
Ils ont fui Alep pour rejoindre le cousin Mustafa et sa famille déjà exilés en Angleterre. Maintenant, ils sont dans l'attente de papiers, dans une pension anglaise. Pour l'acceptation de leur demande d'asile, leur unique privilège « nous venons du pire endroit sur terre. »
Pour ne pas nous perdre, pour accentuer aussi la transition entre ce lieu de demande d'asile et le passé, l'auteure utilise un mot, isolé sur une page vierge. Ce mot peut être une couleur, le nom d'une ville quittée ou traversée, un moment, comme la nuit, la dernière nuit syrienne avant le passage de la frontière et l'adieu à son pays. Ces mots nous propulsent à chaque fois dans le passé qui fut doux comme le miel qui s'écoule des ruches d'Alep, comme le partage de mets syriens en famille, mais rapidement terrifiant, comme l'inquiétude grandissante, la guerre, leur fuite, leurs haltes de réfugiés faites d'attentes interminables dans des camps sordides où plane toujours la peur, omniprésente.
Les paroles de Nuri sont sensorielles. S'en échappent des parfums de jasmin, de miel, d'épices, de fleurs de citronnier. le parfum de roses de sa femme puis celui du chaos, des ruches brûlées, d'ordures, de mort. Lui revient souvent le bourdonnement des abeilles et la beauté des paysages arides d'Alep. Bouleversante sa sensation de brûlure, sa répulsion et sa peur au moindre effleurement de la peau de sa femme. Alors qu'elle est à ses côtés, il la recherche éperdument, il guette son retour.
Quoique très souvent mutique, les perceptions d'Afra nous guident vers d'autres traumatismes.
Chaque mot, chaque geste, chaque personnage, chaque perception ont une terrible importance dans ce roman. Se ressentent la déchirure du pays quitté, la peur de l'exil, la douleur des pertes mais aussi la puissance des liens familiaux ou amicaux, les souvenirs comme moteur d'un avenir possible.
Les fleurs symboliseront l'espoir en renfermant le pouvoir de dessiner un sourire au milieu des ténèbres. Et n'oublions pas les abeilles que l'on suit, docilement, toujours affairées, source de prospérité et de vie.
Intérieur, extérieur, ce livre est magnifique. Des objets ramenés des décombres de leur ville, Nuri dépose dans les mains d'Afra la grenade fraîche de la couverture, avec ses graines qui étaient comme des joyaux, avant, avant les ténèbres.
Christy Lefteri, à travers cette fiction terriblement émouvante, vous avez admirablement raconté l'histoire de ces réfugiés. Comme vous vous adressez au lecteur en fin d'ouvrage, je vous remercie personnellement pour l'intensité émotionnelle de cette très belle lecture, pour les paroles de Nuri qui résonnent et résonneront longtemps en moi. Merci aux éditions du Seuil et à Babelio pour l'envoi de ce très beau roman.
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Cigale17
  13 mars 2020
« Christy Lefteri est née à Londres de parents chypriotes » précise la très brève biographie de l'auteure proposée par les Éditions du Seuil. Je n'ai pu m'empêcher de penser à la partition de Chypre et à l'immigration qui a accompagné cet événement… de plus, comme elle a travaillé dans un camp de migrants, on comprend que le sujet lui tient à coeur. Elle va nous raconter la douloureuse aventure de Nuri, apiculteur accompli, passionné par son travail, et d'Afra, sa femme, peintre de talent, tous deux vivant à Alep avec leur fils Sami. Ils ont une vie confortable, dans un milieu aisé, jusqu'à ce que « la situation devienne intenable ». le cousin de Nuri, Mustafa, son mentor et associé, a déjà envoyé sa femme et sa fille en Angleterre, mais là, tous doivent partir, sans tarder, et dans des conditions qui n'ont rien à voir avec un voyage d'agrément…
***
Tous numérotés et décorés d'une abeille, chacun des 14 chapitres commence à Londres. Les 13 premiers chapitres nous font voyager dans l'espace et dans le temps. Nuri, narrateur à la première personne, nous explique leur présent de réfugiés, mais relate aussi les différentes étapes de leur périple. À peu près à la moitié de ces 13 chapitres, on découvre, seuls sur une page blanche, un ou deux mots en caractères gras, mots qui sont à la fois les derniers du récit « de Londres » et les premiers de celui « du voyage ». J'ai trouvé le procédé intéressant, en cela qu'il rend indissociables les deux parties et rattache les traumatismes subis au présent et à l'avenir de cette famille brisée. On sait très vite que Nuri et Afra ont tout perdu ; Sami, leur fils, est mort, et Afra est devenu aveugle. On soupçonne que les deux événements sont liés, mais on ne possède pas de détails. Parce que le roman commence à Londres, on comprend qu'ils sont arrivés sain et saufs (si l'on peut dire), mais on ne découvrira qu'au fil du texte à quel point le voyage a été éprouvant.
***
C'est un roman touchant et émouvant, éprouvant aussi par moment. J'ai trouvé particulièrement réussi la juxtaposition, parfois la superposition, des souvenirs heureux, des bonheurs apportés par les soins prodigués aux abeilles, des beautés d'Alep et de la Syrie, des moments partagés sans réserve avec ceux que l'on aime, et des horreurs de la guerre, des morts absurdes, des compromissions, des profiteurs, etc. J'ai trouvé habile aussi de nous présenter des gens aisés, qui pourraient voyager dans de bonnes conditions, mais qui, à cause des circonstances, vont se trouver à accomplir la plus grande partie du voyage dans les mêmes conditions de précarité que les autres migrants, quel que soit leur pays d'origine et les motifs de leur exil. J'ai compris aussi que le syndrome de stress post traumatique (SSPT) pouvait revêtir des formes extrêmement diverses, et à quel point il pouvait être tentant de se laisser submerger pour y échapper.
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Citations et extraits (54) Voir plus Ajouter une citation
armand7000armand7000   16 mai 2020
« J’ai peur des yeux de ma femme. Rien n’en sort, rien n’y entre. Ce sont des pierres, des pierres grises, des pierres marines. Regardez-la. Regardez-la, assise au bord du lit, qui fait rouler la bille de Mohammed entre ses doigts, sa chemise de nuit par terre. Elle attend que je m’occupe d’elle. Mais je prends mon temps pour enfiler mon maillot de corps et mon pantalon, car je suis las de l’habiller. Voyez les plis de son ventre couleur de miel du désert, la peau plus sombre dans les creux, les fines, fines lignes argentées sur ses seins, et les petites coupures au bout de ses doigts, dont les crêtes et les sillons étaient autrefois tachés de peinture bleue, jaune ou rouge. En ce temps-là, son rire était d’or. On le voyait autant qu’on l’entendait. Regardez-la, car je crois qu’elle est en train de disparaître.
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CancieCancie   25 mars 2020
Le matin, l'appel du muezzin invitait les maisons vides à la prière. Je sortis pour essayer de trouver de la farine et des œufs, car il n'y avait presque plus de pain. Je marchais dans la poussière. Elle était si dense qu'on avait la sensation de patauger dans la neige. Il y avait des voitures carbonisées, des cordes à linge avec des vêtements crasseux sur des terrasses abandonnées, des fils électriques qui pendouillaient dans les rues, des magasins éventrés, des immeubles au toit arraché, des tas d'ordures sur les trottoirs. Ça puait la mort et le caoutchouc brulé. Au loin, des serpentins de fumée s'élevaient dans le ciel. J'avais la bouche sèche, les mains crispées et tremblantes. Je me sentais prisonnier de ces rues distordues. Dans la campagne, les villages étaient incendiés et un flot humain se déversait sur les routes, les femmes terrorisées parce que personne ne contrôlait les milices et qu'elles craignaient d'être violées. Pourtant, ici, à côté de moi, il y avait un rosier de Damas en fleur. Je fermai les yeux, humant son parfum, et pendant un instant je pus faire comme si je n'avais pas vu ce que j'avais vu.
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CancieCancie   24 mars 2020
Chaque matin, je sortais et je fouillais les ruines pour trouver à manger, et je lui rapportais un cadeau. Je déterrais un tas d'objets dépareillés, des morceaux de la vie des gens, cassés ou intacts : une basket d'enfant, un collier de chien, un téléphone portable, un gant, une clé. C'est bizarre de trouver une clé lorsqu'il n'y a plus de portes à ouvrir. À vrai dire, ça l'est encore plus de trouver une chaussure ou un gant quand il n'y a plus ni pied ni main pour les enfiler.
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CancieCancie   26 mars 2020
Dépense ton argent sagement : les passeurs tenteront de t'extorquer le maximum, mais n'oublie pas que le voyage sera long. Tu dois apprendre à marchander. Les êtres humains sont très différents des abeilles. Nous ne travaillons pas ensemble, nous n'avons pas de véritable notion du bien commun. Voilà ce que j'ai découvert.
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FandolFandol   22 avril 2020
Le souk Al-Madina était le plus ancien marché du monde, une étape essentielle sur la route de la Soie, qui attirait des commerçants venant d’Égypte, d’Europe et de Chine. Afra parlait d’Alep comme s’il s’agissait d’un pays magique dans un conte. Comme si elle avait oublié tout le reste, les années qui avaient conduit à la guerre, les émeutes, les tempêtes de sable, la sécheresse, la lutte constante qu’il fallait mener pour survivre, déjà avant les bombes.
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Videos de Christy Lefteri (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Christy Lefteri
Christy Lefteri discussed what inspired her to write 'The Beekeeper of Aleppo'
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