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EAN : 9782925141419
216 pages
La Peuplade (06/10/2022)
3.84/5   55 notes
Résumé :
Septembre au Nunavik, la toundra se couvre de petits fruits rouges flamboyants. Une jeune femme retourne à Salluit, deux ans après sa dernière visite, et quelques leçons d’inuttitut plus tard. Certains des enfants qu’elle a connus au camp de jour sont maintenant adolescents. Maggie, Sarah, Louisa, Elisapie et Nathan aiment sortir en quatre-roues, pêcher ou encore partir plusieurs jours chasser le lagopède. Ils ont leurs secrets, l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Un automne à Salluit au Nunavik dans le nord du Québec, un roman de nature, de langue et de poésie.

Une femme revient à Salluit où elle a déjà enseigné pour recueillir les poésies des enfants pour en faire un livre.

En plus de ses retrouvailles avec ses amis Inuit, on observe la nature du Grand Nord, on a un aperçu de la culture du Nunavik et des particularités de la langue qui fonctionne par description ou métaphores.

On a aussi la vie personnelle de l'héroïne et les difficultés de ses amours à distance avec l'homme qui l'attend à Montréal.

Un joli roman de dépaysement et d'empathie humaine.
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«Tungujuangajuq . Vert. On peut le voir dans l'obscurité, quand il y a des aurores.)
L'automne est ses pavloviennes essences.
« On a tout l'automne » le regain d'un retour au Nunavik. Marcher dans les empreintes d'un temps élogieux, de transmission et d'hospitalité.
La toundra accueille une jeune femme, deux années plus tard. Lorsque les liens persistent au vent, à la rudesse du froid, aux laborieuses traductions. Elle pénètre, jeune femme endurante, l'antre des rappels. Les jours sont passés. Les enfants ont grandi. Cercle à Salluit, soudés dans les épreuves. Les nuits polaires et le spartiate du consumérisme. Elle franchit l'automne et se laisse inonder d'effusions, de regards, de paroles à peine troublées. L'inuktitut est sa bataille, son point d'appui et ses ferveurs amicales.
Tremblante par sa vie-même, la mort de sa mère est prégnante et douloureuse. Elle se jette tête la première dans ce bain juvénile. Les retrouvailles sont des fiançailles. Comme si les distances étaient spéculatives. On ressent le magnétisme des liens. La camaraderie croustillante comme du pain frais. D'aucuns ici portent déjà sur leurs épaules, les affres des difficultés.
« Il y a peut-être des personnes qui vont dire que nos grands-pères faisaient des poèmes quand ils chassaient les caribous. Avant, on avait juste nos paroles et nos gestes pour montrer ce qu'on sait. Mais moi je pense que l'écriture peut nous aider. On doit enseigner tout ce qu'on sait aux plus jeunes »
Elle observe, retient, saisit, se laisse aller dans la toundra au fond d'elle-même. Elle voudrait la résilience, quête le baume, neige glacée, le deuil est le passage risqué. Sombrer ou résister ?
« J'avale l'air froid à grandes bouffées, savourant son odeur de neige à venir. »
« On a tout l'automne » Juliana Léveillé-Trudel donne le je à la trame. Narratrice qui se laisse aller dans les chaleureuses amitiés, les adolescents qui de Maggie, Elisapie (quel beau prénom) , Nathan… Grégoire l'ami intime, les langues Babel, « quelques poèmes choisis parmi les textes des enfants, soigneusement recopiés pour elle, pour lui montrer comme ils sont beaux. »
Ce texte est une valeur universelle. Il étonne par sa douceur, son intrinsèque et la facilité d'amour des enfants quasi innée. Les adolescents, pétris d'humanité.
« Des années d'apprentissage dans ces caractères parfois maladroits, un long chemin que les enfants parcourent avant de mettre des mots sur le papier. Ceux qui les ont bercés, consolés, grondés. »
Et elle. Divinement magnanime, attentive, secrète et pudique dans ses douleurs intimes et tenaces.
« On a tout l'automne » est l'heure des recommencements, pour façonner, étreindre, se relever. Merveilleux récit, toundra enneigée . « L'amour d'une mère est le seul chez-soi. »
« Ses histoires à elle que je n'entendrais pas. »
Ce livre est un hymne à la tendresse, à la traduction dans sa splendeur, à l'apprentissage du mot qui sera le liant.
Exaltant de fraternité, il accroche ses bras autour de votre cou. Un havre polaire où chaque degré est une aurore boréale.
« On a tout l'automne » une déambulation dans le Grand Nord, dans le coeur même de la vie. Laissez-venir à vous ce voyage initiatique pour elle, un peu pour nous aussi. Tant d'effusions, de thé brûlant, d'images et de sentiments. Ici, la simplicité est le vaste de la neige juste tombée. « Un ancien portrait d'écolière, ses yeux trop vieux pour une enfant, traversés par un éclat de tristesse. »
Ce livre est une étoile de neige qui ne fond pas et reste dans votre main pour longtemps encore.
Publié par les majeures Éditions La Peuplade.

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Après deux ans d'absence, une jeune femme revient à Salluit. Cette région est chère à son coeur. Elle retrouve les enfants devenus grands, les anciens amoureux et les vieilles femmes sages. Elle revient sur les images et les souvenirs de sa mère, dont l'absence est encore si douloureuse… Que va lui apporter cet automne au Nunavik ?

On a tout l'automne est un roman où poésie, grands espaces et quête de soi s'emmêlent. le voyage est dépaysant et apaisant.

L'automne est là, dans la neige qui commence à tomber, le vent froid qui s'engouffre sous les polaires, et ces nuits blotties au creux du feu. le rire des enfants, le ronronnement des motos à neige, tout change mais procure encore cette sensation de protection.

On suit les pas de cette jeune femme, éprise de cette vie, de ses habitants, de leur langue chantante et riche. Elle met toute son énergie dans le partage, l'échange, la découverte. Les traditions et les valeurs de ce peuple sont sa raison d'être…

Panser ses plaies, adoucir ses douleurs, accepter ses fragilités. le roman de Juliana Léveillé-Trudet offre des mots, des mélodies, des espoirs et des histoires de résilience…
Lien : https://lire-et-vous.fr/2022..
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Si vous avez lu "Nirliit" vous retrouverez ici la même narratrice, dans un rôle légèrement différent.

Elle était venue assurer un camp d'été à Salluit, dans le Nunavik (grand nord Canadien) où elle découvrait les injustices envers la communauté Inuit et leur peu de chances de s'en sortir.

Cette fois-ci, elle choisit de revenir à l'automne, et d'animer des ateliers de poésie en inuttitut, langue qu'elle s'efforce d'apprendre depuis quelque temps et qui la met en position d'être à son tour épaulée par les enfants. Ce sont maintenant de jeunes ados et elle est curieuse de voir leur évolution.

Elle retrouve Maggie, Sarah, Louisa, Elisapie et Nathan. Ils sont également heureux de la revoir, même s'ils restent assez réservés sur la vie qu'ils mènent.

La narratrice est à un moment difficile de sa vie, elle ne se remet pas de la mort récente de sa mère. Il y a aussi Gabriel, l'amoureux, dont elle aimerait un peu plus d'engagement.

La nature est très présente, le froid arrive, les occupations sont différentes et la jeune femme toujours intéressée de découvrir le mode de vie des autochtones. Elle essaie de saisir ce qui se passe derrière leurs silences et leurs comportements déroutants.

L'écriture est délicate et poétique, tout en décrivant sans fard la réalité sociale et les difficultés de la communauté Inuit. L'apprentissage de l'inuttitut et les poésies écrites par les enfants permettent d'entrer plus en profondeur dans leur coutumes et leur mode de pensée.

Un reproche cependant, si tous les passages en langue inuttitut sont traduits, il n'en est pas de même pour l'anglais. Ce n'est peut-être pas un problème au Canada, mais j'ai passé trop de temps à chercher les traductions.
Lien : http://legoutdeslivres.haute..
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J'en attendais tant, projetant un récit au milieu d'une toundra sublime et blanche, découvrant une culture peu racontée, documentée, dans le monde littéraire...
la promesse "feel-good" a malheureusement pris le dessus sur la promesse d'admiration d'une fresque sociale et culturelle intense.
L'histoire mièvre de ces femmes qui se sont connu enfants, dénouée de profondeur, déteint sur les personnages que l'on voit au loin, et ne se rapprocheront jamais assez pour qu'on les rencontre. On survole, on survole et on n'atterri jamais. cela donne une impression d'avoir seulement lu un résumé de 216 pages.
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Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
La ville a disparu depuis plusieurs heures, avec sa chaleur d'été incrustée dans l'asphalte malgré septembre qui avance. Je migre à l'envers dans le ciel bleu éclatant, un jour de Grand Nord qui se montre doux, qui fait semblant que ce n'est pas si froid chez lui et que la vie n'y est pas si rude. (Incipit)
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Je ne sais pas s'il existe un endroit pour nous deux, je pense à tout ce qui peut dérailler quand deux êtres humains essaient de bâtir quelque chose ensemble, et aussi à la beauté fragile d'une charpente qui tient le coup, malgré tout.
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Dans deux jours tout va être correct, c'est l'arrivée qui est bizarre. Le contraste entre les bruits de la ville qui donnent l'illusion qu'on n'est pas seule et le silence ici qui ne permet pas de s'en faire accroire. Dans deux jours tout va être correct.
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J’aimerais réapprendre à ne rien faire, passer des heures à guetter des oiseaux ou des grenouilles. Inventer des routes sur les cailloux comme sur la rivière de mon enfance, quand on escaladait les rochers avec un sérieux d’alpiniste.

(La Peuplade, p.15)
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Vu d'ici, on dirait que rien n'a changé, mais le paysage vieillit peut-être, lui aussi, épuisé par les industries des hommes.
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