AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix BabelioRencontresLe Carnet
EAN : 9782925141419
216 pages
La Peuplade (06/10/2022)
4.04/5   23 notes
Résumé :
Septembre au Nunavik, la toundra se couvre de petits fruits rouges flamboyants. Une jeune femme retourne à Salluit, deux ans après sa dernière visite, et quelques leçons d’inuttitut plus tard. Certains des enfants qu’elle a connus au camp de jour sont maintenant adolescents. Maggie, Sarah, Louisa, Elisapie et Nathan aiment sortir en quatre-roues, pêcher ou encore partir plusieurs jours chasser le lagopède. Ils ont leurs secrets, l... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique

Un automne à Salluit au Nunavik dans le nord du Québec, un roman de nature, de langue et de poésie.

Une femme revient à Salluit où elle a déjà enseigné pour recueillir les poésies des enfants pour en faire un livre.

En plus de ses retrouvailles avec ses amis Inuit, on observe la nature du Grand Nord, on a un aperçu de la culture du Nunavik et des particularités de la langue qui fonctionne par description ou métaphores.

On a aussi la vie personnelle de l'héroïne et les difficultés de ses amours à distance avec l'homme qui l'attend à Montréal.

Un joli roman de dépaysement et d'empathie humaine.

Commenter  J’apprécie          310

«Tungujuangajuq . Vert. On peut le voir dans l'obscurité, quand il y a des aurores.)

L'automne est ses pavloviennes essences.

« On a tout l'automne » le regain d'un retour au Nunavik. Marcher dans les empreintes d'un temps élogieux, de transmission et d'hospitalité.

La toundra accueille une jeune femme, deux années plus tard. Lorsque les liens persistent au vent, à la rudesse du froid, aux laborieuses traductions. Elle pénètre, jeune femme endurante, l'antre des rappels. Les jours sont passés. Les enfants ont grandi. Cercle à Salluit, soudés dans les épreuves. Les nuits polaires et le spartiate du consumérisme. Elle franchit l'automne et se laisse inonder d'effusions, de regards, de paroles à peine troublées. L'inuktitut est sa bataille, son point d'appui et ses ferveurs amicales.

Tremblante par sa vie-même, la mort de sa mère est prégnante et douloureuse. Elle se jette tête la première dans ce bain juvénile. Les retrouvailles sont des fiançailles. Comme si les distances étaient spéculatives. On ressent le magnétisme des liens. La camaraderie croustillante comme du pain frais. D'aucuns ici portent déjà sur leurs épaules, les affres des difficultés.

« Il y a peut-être des personnes qui vont dire que nos grands-pères faisaient des poèmes quand ils chassaient les caribous. Avant, on avait juste nos paroles et nos gestes pour montrer ce qu'on sait. Mais moi je pense que l'écriture peut nous aider. On doit enseigner tout ce qu'on sait aux plus jeunes »

Elle observe, retient, saisit, se laisse aller dans la toundra au fond d'elle-même. Elle voudrait la résilience, quête le baume, neige glacée, le deuil est le passage risqué. Sombrer ou résister ?

« J'avale l'air froid à grandes bouffées, savourant son odeur de neige à venir. »

« On a tout l'automne » Juliana Léveillé-Trudel donne le je à la trame. Narratrice qui se laisse aller dans les chaleureuses amitiés, les adolescents qui de Maggie, Elisapie (quel beau prénom) , Nathan… Grégoire l'ami intime, les langues Babel, « quelques poèmes choisis parmi les textes des enfants, soigneusement recopiés pour elle, pour lui montrer comme ils sont beaux. »

Ce texte est une valeur universelle. Il étonne par sa douceur, son intrinsèque et la facilité d'amour des enfants quasi innée. Les adolescents, pétris d'humanité.

« Des années d'apprentissage dans ces caractères parfois maladroits, un long chemin que les enfants parcourent avant de mettre des mots sur le papier. Ceux qui les ont bercés, consolés, grondés. »

Et elle. Divinement magnanime, attentive, secrète et pudique dans ses douleurs intimes et tenaces.

« On a tout l'automne » est l'heure des recommencements, pour façonner, étreindre, se relever. Merveilleux récit, toundra enneigée . « L'amour d'une mère est le seul chez-soi. »

« Ses histoires à elle que je n'entendrais pas. »

Ce livre est un hymne à la tendresse, à la traduction dans sa splendeur, à l'apprentissage du mot qui sera le liant.

Exaltant de fraternité, il accroche ses bras autour de votre cou. Un havre polaire où chaque degré est une aurore boréale.

« On a tout l'automne » une déambulation dans le Grand Nord, dans le coeur même de la vie. Laissez-venir à vous ce voyage initiatique pour elle, un peu pour nous aussi. Tant d'effusions, de thé brûlant, d'images et de sentiments. Ici, la simplicité est le vaste de la neige juste tombée. « Un ancien portrait d'écolière, ses yeux trop vieux pour une enfant, traversés par un éclat de tristesse. »

Ce livre est une étoile de neige qui ne fond pas et reste dans votre main pour longtemps encore.

Publié par les majeures Éditions La Peuplade.

Commenter  J’apprécie          60

Après deux ans d'absence, une jeune femme revient à Salluit. Cette région est chère à son coeur. Elle retrouve les enfants devenus grands, les anciens amoureux et les vieilles femmes sages. Elle revient sur les images et les souvenirs de sa mère, dont l'absence est encore si douloureuse… Que va lui apporter cet automne au Nunavik ?

On a tout l'automne est un roman où poésie, grands espaces et quête de soi s'emmêlent. le voyage est dépaysant et apaisant.

L'automne est là, dans la neige qui commence à tomber, le vent froid qui s'engouffre sous les polaires, et ces nuits blotties au creux du feu. le rire des enfants, le ronronnement des motos à neige, tout change mais procure encore cette sensation de protection.

On suit les pas de cette jeune femme, éprise de cette vie, de ses habitants, de leur langue chantante et riche. Elle met toute son énergie dans le partage, l'échange, la découverte. Les traditions et les valeurs de ce peuple sont sa raison d'être…

Panser ses plaies, adoucir ses douleurs, accepter ses fragilités. le roman de Juliana Léveillé-Trudet offre des mots, des mélodies, des espoirs et des histoires de résilience…


Lien : https://lire-et-vous.fr/2022..
Commenter  J’apprécie          130

Si vous avez lu "Nirliit" vous retrouverez ici la même narratrice, dans un rôle légèrement différent.

Elle était venue assurer un camp d'été à Salluit, dans le Nunavik (grand nord Canadien) où elle découvrait les injustices envers la communauté Inuit et leur peu de chances de s'en sortir.

Cette fois-ci, elle choisit de revenir à l'automne, et d'animer des ateliers de poésie en inuttitut, langue qu'elle s'efforce d'apprendre depuis quelque temps et qui la met en position d'être à son tour épaulée par les enfants. Ce sont maintenant de jeunes ados et elle est curieuse de voir leur évolution.

Elle retrouve Maggie, Sarah, Louisa, Elisapie et Nathan. Ils sont également heureux de la revoir, même s'ils restent assez réservés sur la vie qu'ils mènent.

La narratrice est à un moment difficile de sa vie, elle ne se remet pas de la mort récente de sa mère. Il y a aussi Gabriel, l'amoureux, dont elle aimerait un peu plus d'engagement.

La nature est très présente, le froid arrive, les occupations sont différentes et la jeune femme toujours intéressée de découvrir le mode de vie des autochtones. Elle essaie de saisir ce qui se passe derrière leurs silences et leurs comportements déroutants.

L'écriture est délicate et poétique, tout en décrivant sans fard la réalité sociale et les difficultés de la communauté Inuit. L'apprentissage de l'inuttitut et les poésies écrites par les enfants permettent d'entrer plus en profondeur dans leur coutumes et leur mode de pensée.

Un reproche cependant, si tous les passages en langue inuttitut sont traduits, il n'en est pas de même pour l'anglais. Ce n'est peut-être pas un problème au Canada, mais j'ai passé trop de temps à chercher les traductions.


Lien : http://legoutdeslivres.haute..
Commenter  J’apprécie          70

Une lecture hivernale parfaite pour ce roman qui nous fait découvrir une culture à travers ses mots, ses paysages et son mode de vie. Une écriture toute en douceur qui décrit le paysage changeant, la nature entre automne et hiver. Un très beau voyage.

Commenter  J’apprécie          00

Citations et extraits (5) Ajouter une citation
Je devais avoir l’air un peu militaire avec mes consignes, mais j’avais seulement envie d’être une maman ourse, de donner l’amour comme je l’avais reçu, parfois tendre et doux, parfois rugueux.
(La Peuplade, p.145)
Commenter  J’apprécie          110
J’aimerais réapprendre à ne rien faire, passer des heures à guetter des oiseaux ou des grenouilles. Inventer des routes sur les cailloux comme sur la rivière de mon enfance, quand on escaladait les rochers avec un sérieux d’alpiniste.
(La Peuplade, p.15)
Commenter  J’apprécie          100
Kingnguq
 (Ressentir le besoin de ce qui est disparu)
La question qui me revenait de plus en plus souvent en tête : existait-il une façon de renouer avec eux ? Sans leur dire quoi faire, cette fois. Plutôt en leur laissant la parole, en écoutant leurs histoires. Faire un bout de chemin pour les retrouver dans leur langue.
Commenter  J’apprécie          40
Dans la classe de Lise, le grand tableau disparait presque sous les cartons de toutes les couleurs et leurs définitions pigées dans « Inuit uqausillaringit ». Un dictionnaire qui ne ressemble à aucun autre, rempli de poésie dans sa façon imagée de décrire le monde.
(La Peuplade, p.143)
Commenter  J’apprécie          00
… je redescends, marchant prudemment sur la mince ligne qui sépare la tranquillité de la solitude.
Commenter  J’apprécie          20

Videos de Juliana Léveillé-Trudel (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Juliana Léveillé-Trudel
VLEEL, Rentrée littéraire Acte 1, 6 éditeurs présentent leur titres de rentrée littéraire 2022
autres livres classés : inuitsVoir plus
Notre sélection Littérature française Voir plus





Quiz Voir plus

Littérature québécoise

Quel est le titre du premier roman canadien-français?

Les anciens canadiens
La terre paternelle
Les rapaillages
L'influence d'un livre
Maria Chapdelaine

18 questions
198 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature québécoise , québec , québécoisCréer un quiz sur ce livre