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EAN : 9791030800890
213 pages
Le Dilettante (04/01/2023)
4.19/5   135 notes
Résumé :
Un soir d’été, Juliette accouche, sidérée, d’un enfant qu’elle n’attendait pas. L’adolescente n’est pas une menteuse, jamais elle n’a consciemment caché quoi que ce soit aux yeux du monde. D’ailleurs, l’enfant n’apparaît pas, fruit lentement mûri, il fait irruption, s’impose dans l’instant, tapi qu’il était, insoupçonné, quelque part dans l’ombre des vertèbres, à l’affût dans un repli du ventre. Dans le clan Conti, coupable de ne pas avoir vu, l’onde de choc se prop... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (57) Voir plus Ajouter une critique
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Petit mais costaud, ce livre est un bijou, un condensé d'émotions fortes, une histoire qui m'aura retourné le coeur. Un pur bijou je vous assure, accouché aux forceps de la nuit.

De Hélène Machelon, j'avais déjà été happée et bouleversée par son premier livre, Envolée/Trois petits tours. C'était hier…

Dans Flagrant déni, l'auteure se penche avec virtuosité sur le déni de grossesse. Juliette, dix-sept ans est prise de violentes crises au ventre. Sa mère pense à l'appendicite. Mais a la clinique, ils sont formels, Juliette va accoucher. Maintenant.
Comment est-ce possible ? du haut de ses 48 kgs, elle avait toujours ses règles, son ventre était plat, Juliette n'en démord pas, elle n'est pas enceinte.

C'est un livre pas très épais que voilà et pourtant j'ai eu l'impression d'une densité incroyable, de voir chaque seconde s'épaissir devant moi. L'auteure dissèque avec une précision d'orfèvre les minutes qui entourent cette révélation. L'antre de Juliette palpite de tous les diables. L'Autre, ce terroriste, cet alien, ce parasite la remplit d'une haine incommensurable. Jusqu'à hier, Juliette faisait des compétitions de natation et vivait légère. Aujourd'hui quelque chose lui broie l'utérus, annihile son avenir, nourrit sa honte, cet Autre n'est rien et pourtant il vient en une seconde de lui saccager sa jeunesse.

Ça clique, ça claque chaque détail minutieux de ce déni de grossesse. Dans une langue qui cogne qui saigne et qui pleure.
L'accouchement comme un viol. L'après, les ecchymoses imaginaires partout. La suite, le corps en charpie, le coeur en miettes, à dix-sept ans, ça tangue, ça tambourine jour et nuit, la honte, la culpabilité. Juliette supplie « laisse-moi stp, va t'en… »

Il y a la famille de Juliette qui fera de son mieux, les parents, la petite soeur Chloé. Mais la décision, Juliette la prendra seule. Elle aura deux mois avant que son enfant ne soit porté à l'adoption.

Bravo Hélène pour ce roman uppercut digne des plus grands ! Cette autopsie clinique du psyché humain m'aura subjuguée tout du long. J'ai aimé cette histoire de sentiments, de corps ébranlés, de vérité inacceptable inavouable, de coeurs entiers. J'ai aimé ce livre pour tous les creux où se tapit l'amour, pour cette justesse linguistique et émotionnelle tellement palpables. Cette rage qui se vautre dans la mélancolie, les peurs, les désillusions. Parce qu'à dix sept ans on est encore qu'une enfant.

Si vous aimez les romans qui vous hantent longtemps, qui vous picotent les tripes, Flagrant déni est un livre à lire d'urgence dans cette rentrée littéraire.
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Hélène Machelon est une autrice qui ose les sujets casse-gueules, ceux qui peuvent fuir les lecteurs par leur charge émotionnelle trop lourde à assumer ou par l'incompréhension dérangeante qu'ils peuvent susciter. Précédemment ses Trois petits tours racontait les quelques semaines ayant précédé la mort d'une fillette hospitalisée pour une leucémie. Avec Flagrant déni, double prise de risque puisque le roman est centré à la fois sur la grossesse précoce d'une lycéenne et sur le déni de grossesse qui l'accompagne.

Juliette a dix-sept ans, c'est une jeune fille brillante qui après son bac ira poursuivre ses études dans une prestigieuse prépa lyonnaise. Des douleurs abdominales la conduisent à l'hôpital où sidérée, elle découvre qu'elle est en train d'accoucher malgré ses 48 kilos et son ventre plat.

Comment accouche-t-on lorsqu'on n'est pas enceinte ?

«A l'intérieur de son corps, un mouvement s'opéra. Son ventre incontrôlable se déplia, se déroula et Juliette perdit son centre de gravité. Ses organes descendirent, attiras par la terre, et de ses mains inutiles, elle voulut les retenir. La réalité prenait corps en elle. Traumatisante. Ce ventre se mit à s'animer, à grossir. L'adolescente, même si elle luttait de toutes ses forces, ne pouvait s'opposer à cette poussée qui la déformait. En silence, l'incrusté qui s'était tapi sournoisement pendant neuf mois, enfin débusqué, sortait de sa planque pour apparaître aux yeux du monde. Il n'était plus un passager clandestin. Il exultait. Prise d'assaut, Juliette Le sentit bouger en elle. Dans sa chambre d'adolescente, quelques heures plus tôt, Juliette s'était mieux préparée à l'idée de mourrir qu'à celle de donner la vie. A choisir, elle préférait accueillir la mort. »

Les phrases d'Hélène Machelon parvient à décrire très précisément l'onde de choc provoqué par l'arrivée de ce bébé non attendu, sur Juliette mais aussi sur sa famille, durant deux mois, la durée légale pour décider définitivement de garder son bébé ou de le mettre à l'adoption.

L'autrice trouve le ton juste. Les mots, les phrases sont à fleur des personnages et de leur ressenti, au plus près des corps, explorant avec intensité et justesse leur intimité. Les corps sont constamment présents, un fil conducteur même de la narration, apparaissant dans tous les titres des chapitres : «  A son corps défendant », « Haut-le-corps », « Faire corps », véritable cartographie de l'évolution du récit.

Si le roman sonne aussi juste, c'est que jamais il ne verse dans du pathos dramatisant les enjeux malgré leur poids, jamais la sensibilité se mue en sensiblerie. Si l'on est touché par l'histoire qui avance. J'ai beaucoup apprécié que Juliette ne soit pas une adolescente posée comme sympathique. On comprend que son caractère est difficile, bien avant la grossesse, qu'elle est dure, ingrate avec ses parents y compris sa mère pourtant très patiente et dévouée qu'elle semble mépriser pour sa gentillesse à toute épreuve. La sympathie, qu'elle finit par susciter irrésistiblement, est construite évidemment par l'épreuve que constitue ce déni de grossesse et surtout par le cheminement qui va la faire évoluer et essayer de le dépasser.

Pas d'idéalisme béat dans le dénouement. Juliette fait un choix qui n'est ni « bon » ni « mauvais », juste le sien conforté par le soutien inébranlable de sa famille. Je regrette cependant que la bascule psychologique qui y mène Juliette soit trop rapidement amenée pour consolider sa crédibilité. A l'instar de la scène ( très jolie au demeurant ) qui explique le choix de la couverture, on sent trop les intentions de l'autrice, ce qui donne au dernières pages un côté « scolaire ». Disons que j'ai préféré la spontanéité très immédiate des deux premiers tiers du roman avec cette violence contenue et singulière qui sourd derrière le déni saisissant et la colère tranchante de Juliette.

Un récit à la fois sensible, délicat et fort qui montre comment réapprendre à vivre en portant fièrement ses cicatrices.

Lu dans le cadre de la Masse critique Babelio de janvier 2023
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Flagrant déni - Hélène Machelon - Roman - Éditions le Dilettante - Lu en février 2023.

"Comment accouche-t-on lorsqu'on n'est pas enceinte ? "

Pas possible me direz-vous. C'est ce que j'aurais répondu avant d'avoir lu Flagrant déni d'Hélène Machelon.

Juliette, 17 ans, brillante étudiante, famille aisée, Agnès et Rafael, parents aimants, Chloé, soeur dévouée, Juliette donc est une jeune fille détestable, "Au lycée, Juliette était ce qu'on appelle méchamment une sainte nitouche... Infernale oui, mais en famille et surtout avec sa mère, Agnès. Juliette était l'étincelle responsable du chaos qui pourrissait avec méthode l'ambiance familiale, et elle semblait s'en délecter" (page 15)

Nice, fin juin, Juliette est emmenée à l'hôpital sans penser un instant qu'elle allait accoucher, c'est la panique, elle refuse l'évidence elle va accoucher. Et pourtant, né par Césarienne un petit garçon voit le jour pour être aussitôt rejeté par sa mère, elle ne veut même pas le voir. Agnès, la grand-mère est immédiatement attirée vers cet enfant venu d'on ne sait encore où.
Rafael le grand-père en voyage revient aussitôt. Petit à petit, on apprend par bribes que Juliette a eu une liaison qui n'a pas duré mais qui a laissé dans son corps cette marque indélébile, un enfant.

Je ne vais pas réécrire toute cette histoire douloureuse, 27 chroniques ont été faites à ce jour, mais il faut que je vous dise qu'Hélène Machelon a le chic pour nous transporter dans l'univers de Juliette et sa famille, dans l'univers du déni de grossesse et des suites que ce déni implique avec une plume qui vous tient en haleine du début à la fin, l'autrice décortique avec réalisme toutes les phases physiques et psychologiques d'une telle situation, du côté de Juliette mais aussi du côté de cette famille qui traverse un tsunami. Tous les sentiments y sont décrits avec une parfaite maîtrise.

Dire que j'ai aimé cette lecture, c'est trop peu, j'ai vraiment adoré malgré le sujet grave et tabou encore aujourd'hui. Est-il possible de découvrir seulement au moment d'accoucher que l'on est enceinte ? Oui. On peut alors imaginer ce que doit traverser une femme dans cette problématique et ici une toute jeune fille étudiante qui n'a pas eu le temps de se préparer à être mère.

J'avais déjà lu d'Hélène Machelon "Envolée/Trois petits tours qui m'avait retourné le coeur, Flagrant déni est de la même veine, il y a de l'humanité dans la plume d'Hélène Machelon, elle "vit" ce qu'elle écrit. Je lirai certainement ses prochaines publications !

Bonnes lectures à tous.

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ÉNORME COUP DE COEUR !!!
Le temps de rassembler mes pensées et me voici avec la bombe qu'Hélène Machelon a eu la gentillesse de m'envoyer il y a quelques jours.
Pourquoi une bombe ? Parce que pour le lecteur et la famille Conti, toutes les convictions sont mises en pièces.
Ce « Flagrant déni ». Quelle claque ! J'avoue n'avoir pas vu le déni de grossesse sous cet angle. Comprendre des femmes qui ne veulent pas d'enfants, les rejettent, parfois les tuent me semblait impossible. Et pourtant…
C'est une sacrée déflagration qui va ébranler la famille Conti : culpabilité, honte, colère… Quel cortège d'émotions… Les vieilles blessures se rouvrent, les souvenirs affluent.
Juliette est une petite fille qui a grandi trop vite, à dix-sept ans l'inattendu va se produire, l'Autre tapi dans son corps va venir au monde. Elle tombe des nues, nous avec.
D'un coup, Juliette perd le contrôle. Son corps est souillé, violé, humilié. Sa réaction est très violente
Ce roman est une belle leçon de vie et de patience. On ressort bouleversé et différent.
C'est un livre choc, dès la première page on est plongé dans l'action. Hélène Machelon va à l'essentiel sans mièvrerie.
Ses livres ce sont des émotions à revendre mais aussi de l'empathie. Et c'est surtout cet art de se fondre dans l'autre de faire ressortir ses pensées les plus intimes qui m'impressionne chez Hélène. Et toujours avec des thèmes plus que difficiles à aborder : la perte d'un enfant et cette fois –ci une grossesse clandestine.
Hélène est l'auteure de «Trois petits tours » renommé « Envolée » que j'avais déjà lu et adoré.
Et je ne peux que la remercier pour ce très beau cadeau.

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Un soir d'été, alors qu'elle croit être emmenée à l'hôpital pour être opérée en urgence d'une crise d'appendicite aiguë, Juliette va finalement accoucher.
Cette jeune fille de 17 ans qui termine une brillante année scolaire de terminale et qui, la veille encore venait de participer à une compétition de natation se retrouve maman d'un petit garçon dont elle ignorait l'existence.
Le déni de grossesse est un thème difficile, on ne comprend pas comment des jeunes filles ou des femmes peuvent avoir été enceintes pendant plusieurs mois sans avoir jamais soupçonné quoi que ce soit.
Leurs familles et leurs amis sont souvent sidérés, parfois, même le corps médical semble ne rien avoir vu, car leurs corps ne montrent aucun signe de cette grossesse, pas de fatigue, de symptômes, de douleurs, et surtout elles arborent un ventre plat alors qu'un bébé s'y cache.
J'ai dévoré ce court roman et j'ai été comme aspirée par une vague géante, qui m'a attrapée par surprise, m'a malmenée et m'a recrachée sur le rivage en me laissant toute contusionnée.
J'ai été touchée par Juliette, qui n'a rien d'une idiote ni d'une écervelée mais qui pourtant, s'est retrouvée enceinte sans le savoir et qui doit affronter cette épreuve soudaine toute seule, car même si les amis et la famille sont présents, il n'y a qu'elle à pouvoir décider du sort du bébé qu'elle vient de mettre au monde.
Juliette va donc devoir accepter ce qui s'est passé, accepter l'idée qu'un être vivant a pris vie dans son corps et est sorti de son ventre, et plus difficile encore, elle va devoir décider si elle souhaite être la maman de ce bébé ou pas.
Il lui faudra du temps, alors qu'elle n'en a pas beaucoup, entre les lois en vigueur sur l'abandon et la rentrée scolaire qui se profile, pour décider du reste de sa vie et de celle d'un petit garçon.
Après avoir refermé ce livre, je me suis sentie vraiment chanceuse de n'avoir jamais vécu une telle chose, de n'avoir pas eu à faire ce choix qui bouleverse forcément de nombreuses vies.
Un roman d'une grande force, dont les mots justes m'ont bouleversé et qui me restera longtemps en mémoire.
Je remercie l'auteure et les éditions le Dilettante pour cet envoi.


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critiques presse (1)
LeFigaro
02 mars 2023
L’histoire bouleversante d’une adolescente confrontée à un déni de grossesse.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (31) Voir plus Ajouter une citation
Juliette entra peu à peu dans le bain brûlant. Le niveau de l'eau chaude la détoura et monta sur elle par paliers en l'effleurant comme une caresse, comme un frisson. La plante des pieds, les chevilles, les mollets, les genoux, les cuisses, les fesses, le ventre, les bras, le dos, la poitrine, les épaules et enfin la nuque. Elle se cala contre la paroi en faïence et sa tête glissa jusqu'à s’immerger entièrement. L’eau l'épousa, ses cheveux, comme des tentacules, lévitaient autour de son visage. Juliette ouvrit les yeux et resta en apnée à regarder à travers l'eau, le plafond flou et mouvant de la salle de bains. Les bulles posées en surface enfermaient chacune un monde convexe et déformé, un monde sans air, elle entendit les bruits sourds des canalisations cachées dans les murs.
L'air manqua à ses poumons et par réflexe, elle ferma les yeux que l'eau piquait. Une force, une main immatérielle maintenait l'adolescente sous la surface. L'image d'un bébé flottant dans sa poche apparut sous ses yeux clos. Son bébé. Elle le voyait distinctement et se sentait bien avec lui dans cette poche des eaux, coupés de l'extérieur.
Puis elle revint à la vie dans une grande inspiration. Elle resta longtemps immobile dans les vapeurs de son bain interdit, à contempler ses chairs se ramollir, les sillons blancs se creuser sur ses doigts. Lorsqu'elle sortit enfin, son corps fut saisi par l’air frais, la buée et fit apparaître dans le miroir son visage brouillé.
(p.133)
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Agnès remplissait les informations du dossier, la lycéenne répondait aux questions de l'infirmière des urgences et décrivait la nature précise de ses douleurs. Juliette était rassurée d'être entre de bonnes mains. À cet instant, un jet incontrôlable inonda ses chaussures. La flaque mêlée à sa honte se répandit sur le sol dans un bruit de robinet ouvert et elle lut la stupeur dans les yeux arrondis de l'infirmière.
-Mais… Mademoiselle, vous accouchez !
Consternée, le menton crâne et le front bombé, l'adolescente rétorqua :
-N’importe quoi.
Comme si l’humiliation des auréoles foncées sur son jean n'était pas suffisante, les regards ahuris des patients de la salle d'attente appuyaient sur sa nuque. Juliette implora le soutien de sa mère, qui de sa main, étouffait un cri. Elle aurait voulu qu'elle la défende, qu'elles rient ensemble de l'énormité, que cette folle venait de prononcer. Elle avait le choix entre pleurer ou mordre. Juliette attaqua, agressive, en brandissant une preuve imparable.
-Non, je ne suis pas enceinte, j’ai mes règles si vous voulez savoir. L'infirmière leva les yeux au ciel avec ironie.
-Très bien, c'est ce que nous allons voir, jeune fille ! Le « jeune fille » prononcé par la femme en exagérant les guillemets avait sonné comme « petite gourde ». Piquée au vif, Juliette balança de son air suffisant d'élève brillante une riposte qui se voulait dédaigneuse.
-Vous êtes médecin peut-être ?
La femme avait l'habitude de se faire rabrouer, elle en avait déjà beaucoup entendu depuis le début de la soirée. L'infirmière ne donna pas la réplique à Juliette et son attaque glissa sur elle sans l’atteindre. Elle contourna la mère, l'adolescente, la flaque et appela le service de nettoyage.
(p.20)
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L’Autre était le terroriste capable de faire sauter sa vie. Malgré le rejet et la haine, il avait tenu, s’était accroché, il fallait qu’il aime sacrément la vie. L’Autre avait mordu les parois de son utérus pour ne plus les lâcher, et pendant neuf mois il avait imprégné ses chairs, la moelle de ses os jusqu’au noyau de ses cellules. Elle l’avait dans la peau, il était sa dope dont elle devait se désintoxiquer. Son corps entier, en manque, criait famine, il la rongeait et la rendait malade.
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Comme un viol, elle se sentait sale et contrainte. L’enfant lui volait sa dignité et son innocence, il tuait son avenir. Il était le corps du délit, l’aveu criant de sa sexualité. L’enfant, vorace comme un parasite, s’était introduit en elle, avait puisé dans ses ressources pour se développer. Il était allé jusqu’à se servir de ses gènes comme point de départ de la construction de son être unique.
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Fin juin, dans la banlieue de Nice.
Soudain, elle eut mal, tellement mal. La douleur la surprit un soir, alors qu'elle lisait sur son lit. Dans un élan contraire, Juliette se redressa violemment puis se recroquevilla en serrant le livre contre son ventre. Elle attendit que passe cette minute d'éternité. Paralysée, elle se concentra sur un détail du motif de l'édredon, puis se força à respirer profondément pour se calmer, pour se raisonner. Tout allait déjà mieux. Ce n'était rien.
(Incipit p.13)
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Vidéo de Hélène Machelon
Découvrez l'émission intégrale ici : https://www.web-tv-culture.com/emission/helene-machelon-flagrant-deni-53601.html Il aura fallu du temps à Hélène Machelon pour oser sa lancer en écriture alors que c'était un rêve d'adolescence, encouragé par une professeure de lettres. Mais les tentatives resteront vaines, la participation à quelques concours d'écriture aura sabordé l'enthousiasme d'Hélène Machelon. Puis vient la vie de famille, puis viennent d'autres envies artistiques, des choix personnels qui mènent la jeune femme aux quatre coins du monde pendant une vingtaine d'années. Revenue en France, riche de ses rencontres et de ses expériences de vie, heureuses ou douloureuses, Hélène Machelon s'autorise à reprendre enfin la plume. En 2021, elle publie aux éditions Mame un livre témoignage remarqué, « Envolée » racontant le décès d'un enfant vu à travers le regard de plusieurs protagonistes. Avec ce nouveau titre, « Flagrant déni » au Dilettante, la jeune femme continue à explorer l'univers de la famille et de l'enfance mais cette fois-ci sous une forme romanesque. Nous sommes à Nice, c'est un soir de juin. Après une nouvelle dispute avec sa mère, Juliette, 17 ans, s'est réfugiée dans sa chambre. Juliette est mal dans sa peau, mal dans sa vie, sans trop savoir pourquoi. Prise de violents maux de ventre, on l'emmène à l'hôpital. le verdict est sans appel, elle est enceinte et s'apprête à accoucher. Elle n'avait rien vu, personne n'avait rien vu. Pour cette famille où l'on s'aime sans savoir toujours se le dire, c'est un séisme. L'enfant est là, Juliette n'en veut pas. Sur les thèmes souvent mal connus et mal perçus, du déni de grossesse, du refus d'enfant, de l'adolescence rebelle, Hélène Machelon nous raconte une famille qui vacille, une famille dans laquelle chacun culpabilise, une famille qui s'est construite sur un secret, une famille qui est au coeur de cette intrigue, avec ses joies, ses peines, ses incompréhensions. Hélène Machelon raconte cette histoire avec pudeur et sensibilité, sans pathos, usant d'une musicalité non feinte qui apporte une lumière bien venue à ce récit douloureux qui interpelle et interroge sur la place d'un nouveau-né, sur l'engagement que représente une naissance, sur le rôle de chacun au sein de la famille. Ce livre est à la fois bouleversant et magnifique. C'est un coup de coeur ! « Flagrant déni » d'Hélène Machelon est publié aux éditions du Dilettante
+ Lire la suite
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