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EAN : 9782330173852
288 pages
Actes Sud (04/01/2023)
3.31/5   40 notes
Résumé :
Tom, psychiatre israélien à l’hôpital de Hod Hasharon près de Tel Aviv, soigne plusieurs patients, parmi lesquels Hephraïm Steiner, musicien octogénaire, et Roshan, jeune Palestinienne enceinte mais enfermée dans le déni de sa grossesse. Deux cas passionnants pour ce médecin dont les recherches portent sur l’inaudible, sur la communication intra-utérine – et qu’obsède ce qu’il a vécu et croit avoir entendu, le 11 septembre 1995, depuis le ventre de sa mère, alors qu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
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Est-ce que le dialogue est la vie ? Est-ce que échanger avec l'autre, c'est exister ? Se construire passe-t-il par les mots ?
Mais quand la parole est entravée par un secret qu'on veut taire, par un jugement qu'on veut oublier, quelle est la part de la vérité des échanges ?
Et les silences ? Les mots tus, ou l'absence à la réalité pour se réfugier dans un ailleurs tout aussi peuplé mais d'une autre façon et y partager une autre forme de communication ? Est-ce cela évoluer, grandir, vieillir, toucher la maturité ? Est-ce cela qui "fait vivre" ?

Dans ce livre, Cécile Ladjali virevolte autour de la notion de communication entre les êtres. de façon toujours aussi enrichissante, elle interroge sur le poids et la valeur de ces échanges qui font vivre ensemble. Ou sur le tranchant des mots ou leur absence qui détruisent vie et affection. Est-ce que les sentiments se partagent par les mots ? Est-ce que l'absence de mots engendre une carence affective ?

En plaçant le lieu du récit en territoire à la fois israélien et palestinien, elle suppose immédiatement une rupture de l'écoute et du mot prononcé entre deux nationalités qui ne parviennent pas à vivre ensemble, entre deux peuples qui ne font aucun effort de langage qu'il soit parlé ou gestuel – celui de la main tendue – pour écrire une histoire commune. Certainement, aucune terre n'est autant baignée des ténèbres du mutisme. Et quand des lèvres murmurent une autre histoire possible du voisinage de ces deux peuples, elle est tue par la violence, bien souvent.
Les poètes s'y sont perdus, eux dont les mots traversent toute frontière, eux dont la prose fait figure de voile de paix.
La musique, autre forme de conversation ou de narration, ne connaît pas les nationalités, fait fi des barbelés et de l'hostilité. La musique serait-elle les seules paroles de paix ?

Tom le psychiatre israélien qui accueille dans son unité une jeune palestinienne qui, sur le point de donner la vie, vient de tenter de se suicider, n'est pas le pilier qu'il paraît, fissuré lui aussi dans ses échanges par le souvenir de paroles et d'actes échangées et commis par sa mère alors qu'elle le portait.
Entre passé et présent, celui-ci s'efforce de définir ou commence le dialogue, où se termine l'échange et ce que représente le pouvoir des mots.
Tout autant est-il question de la folie, cette expression d'une autre approche de la vie et des évènements, une autre narration du quotidien quand d'autres mots sont posés sur les actes ou expriment des points de vue qui s'éloignent des conventions.
Et c'est la rencontre avec Hephraïm, musicien, interné, et curieusement le plus libre dans l'esprit.
En miroir des mots, une autre forme de communication plus spirituelle vient ourler ces pages questionnant autant les personnages que le lecteur.


C'est une lecture qui interroge. C'est un livre qui se lit doucement pour tenter de l'approcher, d'essayer de le posséder, ou du moins essayer de le faire sien. On lit, on relit certains passages pour mieux en éclairer d'autres.
Une lecture qui instruit comme toujours avec Cécile Ladjali mais il faudra y revenir…

Merci à Babélio et aux éditions Actes Sud !
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Passionné par l'énigme de ce qu'entendent et ressentent les bébés in utero, Tom, psychiatre israélien à l'hôpital de Hod Hasharon près de Tel Aviv,est hanté par le souvenir des voix confuses ou fiévreuses qui ont précédé de peu sa naissance

Tom va être amené à soigner plusieurs patients, parmi lesquels Hephraïm Steiner, musicien octogénaire, et Roshan, jeune Palestinienne enceinte mais enfermée dans le déni de sa grossesse.

Pour Tom, Steiner et Roshan pourraient être deux cas d'études rêvés car ses recherches portent sur l'inaudible et la communication intra-utérine.

Deux cas passionnants pour ce médecin dont les recherches portent sur l'inaudible, sur la communication intra-utérine – et qu'obsède ce qu'il a vécu et croit avoir entendu, le 11 septembre 1995, depuis le ventre de sa mère, alors que se jouait dans l'espace un drame : Soyouz ne répondait plus.

Interrogeant sous des formes diverses la difficulté d'être au monde et l'identité, Cécile Ladjali nous propose une fiction étonnante sur l'absolue nécessité du langage avec en toile de fond le conflit israélo-palestinien.La grande force de “La Nuit est mon jour préféré”? Mêler ingénieusement voix des morts et des vivants. Cécile Ladjali, raconte avec énormément de brio à quel point le langage peut permettre rendre possible la rencontre improbable de ces personnages, en questionnant le lecteur sur sa identité et son humanité.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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Tom est psychiatre. Il a la charge d'une vingtaine de patients israéliens et palestiniens (« Des cas cliniquement passionnants mais qui m'abîment »). En exfiltrant leurs souffrances, il s'analyse : « (…) être attentif aux névrosés m'est vite apparu comme le meilleur moyen pour vaincre mes propres démons ».
Les démons prennent la forme des non-dits et des silences. Meredith, sa mère, lui a donné naissance quelques jours après avoir débranché l'appareil respiratoire qui tenait sa soeur en vie. Elle ne s'en remettra pas et se réfugiera dans le silence, synonyme d'indifférence pour le fils qui cherchait son attention.
Un roman sur le sens du silence.
Le silence de Roshan, belle et jeune palestinienne coupable d'avoir trop aimé et d'en porter le fruit, prisonnière de l'honneur familial. le silence d'Hephraïm Steiner, vieux musicien dégoûté du monde réel (« le fou est un mélancolique lucide ») que le souvenir de son enfance clandestine éprouve (il revoit sans cesse « le dernier métro » de Truffaut).
Le silence assourdissant qui sépare deux peuples irréconciliables alors que la moindre parole, le moindre geste suffit à redonner espoir. Comme la parole qui relie Steiner à Roshan. Comme le geste qui réunit Tom et Roshan.
Quand le silence est patience, quand il autorise l'écoute, tout devient possible.
Un roman intelligent et grave qui, tel un rayon de soleil un peu mystique, perce le ciel assombri.
Bilan : 🌹🌹🌹
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Un nouveau livre écrit par Cécile Ladjali ? J'ai aussitôt envie de le lire ! Je ne peux oublier l'émotion ressentie à la lecture d' « illettré » et ses chroniques mensuelles dans le magazine « LIRE » sont chaque fois un plaisir de lecture. Je me réjouissais donc de lire son dernier roman ; mais malheureusement, je n'ai pas adhéré au récit, trop tourné vers la politique (le conflit israélo- palestinien), mais aussi vers l'abstrait. Même si la qualité littéraire de l'écriture est indéniable, c'est le fond qui ne m'a pas plu ici et je n'ai pas pu m'attacher aux personnages, ni donc à ce qui leur arrivait.

« Quand je vois Roshan, elle refuse de me parler. Je suis juif. La situation n'aide pas. Or la politique ne suffit pas é expliquer son silence. Je suis un homme et Roshan est seule face aux hommes. Deux hommes déjà ont décidé de sa vie à sa place : l'amant d'un soir (certainement) et le père qui l'a amenée ici. Elle ne me le dit pas, mais je sais qu'elle me hait parce que je suis un homme. » Roshan, étudiante, a fait un déni de grossesse jusqu'au 32ème mois. Elle a alors voulu se suicider ; ce qui l'amène à être suivie par Tom, psychiatre israélien. Etant Palestinienne, elle le rejette, lui et tout ce qu'il représente.

« L'angoisse me définit (terreurs nocturnes, hébéphrénie, agoraphobie). J'ai passé mon enfance en analyse et étant, comme il se doit, tombé amoureux de ma psy, j'ai décrété à l'acmé du transfert que j'exercerai un jour sa profession. » Tom a beau être psychiatre, il n'en demeure pas moins un homme profondément dérangé. Sous couvert de recherches sur les liens « in utéro » des foetus avec leur mère, il développe des théories liées à son propre vécu.

Au final, un roman dans lequel j'ai eu du mal à me retrouver. Les cent premières pages m'ont surprise, m'ont plu, et puis j'ai eu l'impression de me trouver dans une spirale répétitive : le soignant amoureux de sa patiente, la femme qui repousse l'homme qui revêt le manteau opportuniste du « sauveur », la navette Soyouz qui n'en finit pas de disparaître et de réapparaître, et la tantine qui voit tout en noir parce qu'elle a été larguée par son amoureux du lycée. Les voix s'entendent de partout, mais à trop répéter, on finit par se noyer dans le bruit (ou le silence).

Merci à Babelio pour la Masse critique et à Actes sud pour l'envoi du livre
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Ils sont tous enfermés, physiquement ou mentalement, dans une cave, une maison, une navette spatiale, un territoire, un utérus, un coma, une névrose, des remords. Ils, ce sont les personnages du dernier roman de Cécile Ladjali, "La nuit est mon jour préféré".
Tom est l'un d'eux. Psychiatre dans un hôpital de Tel-Aviv et spécialisé dans la recherche sur l'inaudible, il pense que « le dialogue (…) permet la réparation », mais il a une relation compliquée, voire conflictuelle, avec sa mère Meredith. Il soigne entre autres d'Hephraïm, un vieux musicien juif, autrefois enfant caché pendant la Seconde Guerre mondiale et atteint de paranoïa psychotique. Il a également la charge d'une jeune Palestinienne, Roshan, rejetée par sa famille et internée pour avoir tenté de mettre fin à ses jours à la suite d'un déni de grossesse. Ces deux patients troublent Tom et le renvoient à sa propre histoire, celle d'un enfant rejeté par sa mère enfermée dans l'aigreur, la culpabilité et les secrets. Malgré leur différence, Tom, fasciné par Roshan, va tomber amoureux d'elle.
Dans son nouveau roman, j'ai trouvé que Cécile Ladjali écrivait avec beaucoup d'énergie, beaucoup d'engagements pour présenter ses idées sur l'incommunicabilité ou l'enfermement. Mais cet engouement a plusieurs effets : un premier enthousiasmant avec une écriture pleine de ferveur, un deuxième gênant en raison de propos un peu naïfs et un dernier pesant avec une thématique écrasante.
Le sujet du livre n'est pas joyeux, l'ambiance est lourde, chargée de tension avec des protagonistes qui n'arrivent pas à faire entendre leur voix ou qui se débattent dans les eaux troublantes de l'incommunicabilité. Les personnages sont emblématiques d'une cause ou d'une position, ils avancent avec leur fardeau symbolique sur les épaules et j'ai eu mal pour eux. Cécile Ladjali veut faire passer son message sur les problèmes de communication, mais elle le fait avec tant d'insistance ou de démonstration que la lecture en devient indigeste. L'écriture est même parfois pathétique avec ce type de phrase : « Le stress que ma mère génère lors d'un repas doit être supérieur à celui que ressent un pilote de chasse en sortie. »
Pour couronner le tout, l'histoire entre Tom et Roshan se déroule sur fond de conflit israélo-palestinien et leur amour s'inscrit évidemment dans la haine entre deux communautés, comme entre les Montaigu et les Capulet en leur temps. Tout oppose Roshan et Tom, leur histoire d'amour ne sera pas un long fleuve tranquille. Mais j'en ai aimé la fin ouverte, ni béate, ni angélique. J'ai trouvé également réussie la scène d'amour au bord de la mer Rouge.
Enfin, malgré les symboles ou les messages trop appuyés, j'ai été emporté par la ferveur du texte de Cécile Ladjali lorsqu'elle se focalise moins sur les problèmes de communication que sur l'espoir d'aller à la rencontre d'autrui. Écrite lors du dernier confinement, sa fiction veut transcender l'enfermement, certes de façon un peu mélodramatique ou naïve. L'auteur y rappelle avec candeur que le sacré est ce qui nous relie, ce qui permet de nous ouvrir aux autres, mais elle le fait avec tant de coeur et de conviction que je me suis laissé prendre au jeu. Tom envie Roshan lorsqu'elle prie, lorsqu'elle se relie à « quelque chose de bien plus grand qu'elle, susceptible de lui donner de l'espoir et de l'extraire de sa propre douleur ».
Il serait évidemment puéril de croire que le sacré peut régler les problèmes politiques ou sociaux du Proche-Orient, mais Cécile Ladjali en parle avec tant d'ardeur que sa profession de foi m'a touché. « Le sacré n'est pas le divin, Tom. le sacré, c'est ce qui nous permet de vivre ensemble. » Il permet de nous élever, de nous relier les uns aux autres, tout comme le fait la littérature.
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critiques presse (3)
LaCroix
11 avril 2023
Dans La nuit est mon jour préféré, de l’écrivaine française Cécile Ladjali, les destins entrecroisés des personnages se dénouent autour d’un hôpital psychiatrique de Tel-Aviv.
Lire la critique sur le site : LaCroix
LeSoir
03 février 2023
La souffrance de l’enfermement, la nécessité de l’écoute, le risque du dialogue, la transcendance de l’art. Les thèmes puissants ne manquent pas dans le dernier roman de Cécile Ladjali.
Lire la critique sur le site : LeSoir
Marianne_
23 janvier 2023
Magnifique mise en scène du tragique dans l’amour – sur fond de conflit israélo-palestinien –, le nouveau roman de Cécile Ladjali accorde à la parole donnée et reçue le statut de personnage. Poétique et bouleversant.
Lire la critique sur le site : Marianne_
Citations et extraits (34) Voir plus Ajouter une citation
Il y a beaucoup de points communs entre l'eau et l'espace. L'infini. L'absence de pesanteur. Le noir. La musique du silence. La peur. La désorientation. L'abolition du temps. L'étrange. Le vertige. L'oubli de la faim. Le mépris du monde. La présence pénétrante de l'être aimé, auquel on ne peut que penser quand on se retrouve seul. La certitude qu'il est là, en train de flotter à nos côtés. L'impression que cette absence de couleur devient la teinte de son corps et de son esprit qui se répandent dans la conscience alors béante comme un puits.
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L'angoisse me définit (terreurs nocturnes, hébéphrénie, agoraphobie). J'ai passé mon enfance en analyse et étant, comme il se doit, tombé amoureux de ma psy, j'ai décrété à l'acmé du transfert que j'exercerai un jour sa profession.
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Qu’est-ce que le fœtus perçoit du monde extérieur ? Que ressent-il quand, dès six mois, il entend toutes les voix du dehors ? Du monde aquatique où il évolue, reconnaît-il les rumeurs de la ville, les rires dans la maison, les bruits du bus où sa mère est montée ? Entend-il distinctement toutes les notes de la Petite musique de nuit de Mozart, les beats lancinants du dernier single techno que son grand frère passe en boucle ? L’abondante littérature publiée sur le sujet répond oui à toutes ces questions.
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Il y a plein de raisons à cela. La première est que chacun est centré sur son nombril, sur ses petites préoccupations intimes, au point qu’il ne reste plus de place pour personne. Et il y a d’autres raisons : la fatigue que génère l’empathie, la peur de rencontrer son voisin, le dégoût de la différence, le renoncement au voyage.
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Je suis comme ces adolescents sur la plage, le vendredi soir, alors que le soleil décline. Leurs jambes ressemblent à des bâtonnets de glace qui sortent de leurs shorts en jean, faute de maillots de bain. Sur la plage, ils prennent des selfies, s’allongent sur des transats, la clope au bec, mais l’œil toujours aux aguets. Ils absorbent tout : l’horizon bleu, les touristes rougeauds, les locaux aux abdos luisants, les filles en maillot, les gratte-ciels qui rappellent l’Amérique.
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Vidéo de Cécile Ladjali
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